Autrement

  • Tocqueville passe pour le penseur de la démocratie et de la liberté dans un monde qui n'aime ni la démocratie ni la liberté. En fait, à le lire vraiment, on découvre qu'il fut assez peu démocrate et très peu défenseur de la liberté : en effet, ce philosophe justifie le massacre des Indiens d'Amérique, la société d'apartheid entre Noirs et Blancs, la violence coloniale en Algérie, le coup de feu contre les ouvriers quarante-huitards qui demandent du travail et du pain pour leur famille. Il ne faut pas s'étonner que ce libéral de gauche ait pu servir sous Mitterrand à justifier la conversion du socialisme au libéralisme en 1983 et, sous couvert de droit d'ingérence, les guerres néocoloniales initiées dès 1990.
    Si l'on est Blanc, catholique, Européen, propriétaire, Tocqueville est le penseur ad hoc. Sinon, l'auteur de La démocratie en Amérique ne craint pas de justifier et de légitimer ce que l'on nomme aujourd'hui ethnocide ou crime de guerre.

  • Le livre pour célébrer les magiciennes de la littérature !

    30 ensorcelantes écrivaines qui ont marqué leur époque, reconnues ou injustement oubliées, illustrées et racontées dans toute leur puissance.

    Toni Morrison, Virginia Woolf, Emily Dickinson, mais aussi María Sabina, Audre Lorde, Yumiko Kurahashi, Octavia E. Butler... Alchimistes du verbe, elles nous emportent dans un envoûtant tour du monde et révèlent le pouvoir des femmes de lettres.

  • Au XVIIIe siècle, un nouveau fluide fascine le monde : l'électricité. L'intensité devient un idéal ordinaire pour l'homme et un concept savant de philosophie, de la puissance nietzschéenne au vitalisme de Deleuze, de l'excitation nerveuse des libertins à l'adrénaline du désir, de la performance et des sports extrêmes...L'intensité est une puissance qui organise le monde et vivre le plus fort possible représente la valeur suprême de l'existence. Un idéal contemporain séduisant mais aussi un piège, qui produit peut-être le contraire de ce qu'il promet. Tristan Garcia bâtit une magnifique philosophie éthique de l'intensité.

  • « Cet été-là, alors que mon pays se divisait pour savoir si un adolescent noir non armé méritait de mourir, quelque chose a changé en moi. Cet été-là, je me suis réveillée. »
    La ségrégation raciale fait désormais partie du passé. Officiellement. Pourtant, chaque jour, aux États-Unis et ailleurs, femmes et hommes noirs continuent d'être victimes de discrimination, voire bien pire.
    Confrontée à la violence diffuse du racisme institutionnalisé, Brit Bennett s'interroge, dans neuf essais aussi brillants que corrosifs, sur ce qu'être noir.e signifie dans la Great America revendiquée par Trump. À travers le prisme d'objets du quotidien ou d'une actualité souvent tragique, Brit Bennett montre que si le racisme a changé de visage, il n'en est pas moins toujours réel.

  • Vous ne pouvez pas vous empêcher de paresser, décaler, lambiner, atermoyer, ajourner, proroger, différer, musarder, zigzaguer, suivre des chemins de traverse? Ce livre est pour vous!

    Le philosophe américain John Perry bâtit un plaidoyer souvent inattendu, toujours convaincant en faveur de la procrastination structurée, ce «défaut» qui, bien utilisé, peut vous transformer en foudre de guerre.

  • La curiosité a mauvaise réputation. Loin d'une passion triste et voyeuriste, Jean-Pierre Martin l'envisage surtout comme une vertu, un élan salutaire.
    Avec l'étonnement ou le doute - sources de l'activité philosophique -, la curiosité provoque la rencontre d'un objet inattendu, jusque-là exclu de notre pensée. Elle va de question en question. Au désir de savoir, elle oppose une surprise. Elle va plus loin encore : elle s'insurge contre l'indifférence. Son étymologie (cura) nous dit qu'elle prend soin du monde. Invitant à une conversion du regard, elle est une manière de penser, mais aussi une raison de vivre.
    Jean-Pierre Martin est lauréat de la bourse Cioran 2019 pour cet ouvrage.

  • Un match de football, un but marqué et cinq cents supporters crient spontanément leur joie. Robert Misrahi voit dans cette réaction immédiate le signe de notre liberté première : une liberté par essence, non choisie, antérieure à toute action. Sans le savoir, sans rien y pouvoir, nous sommes libres !
    Mais il est une autre liberté. Une liberté qui s'apprend. Concrète et réfléchie, véritablement heureuse, elle est à l'origine de toute création.

  • «Je voudrais que ces pages soient consolatoires. Si elles vous donnent le goût d'écouter une chanson, de lire, de danser, ou vous divertissent simplement, leur mission sera accomplie.»

    Eva Bester rassemble et raconte mille et un remèdes à la mélancolie glanés au fil de ses entretiens sur France Inter. Livres, musique, films, recettes, idées réconfortantes : de Bertrand Blier à Sébastien Tellier, de Marie Desplechin à Gérard Garouste, de Tonino Benacquista à Philippe Starck, chacun dévoile ses antidotes personnels en cas de spleen.
    Le livre que vous avez dans les mains est une consolation en soi, mais aussi la promesse de découvertes jouissives, de plaisirs inattendus, de rires et de poésie pure.

    La présente édition de Remèdes à la mélancolie comporte un essai inédit de l'auteure sur l'oeuvre du peintre Léon Spilliaert (1881-1946).

  • Dans un monde que l'on traverse en quelques heures et où s'expatrier semble si simple, la notion de foyer a-t-elle encore un sens ?
    Oui, découvre Daniel Schreiber lors d'un long séjour dans l'une des capitales européennes où il a ses habitudes. Une rupture amoureuse qui ravive le sentiment d'un vide ancien le ramène à son enfance dans un village de RDA, où la vie n'était pas tendre pour le petit garçon efféminé qu'il était. Sur les traces d'une grand-mère haute en couleurs, il se met en quête de ses racines. Cette promenade personnelle, historique et intellectuelle s'interroge avec Arendt sur le sens de la patrie, avec Didier Eribon sur le rapport à son milieu social, avec Maggie Nelson sur la possibilité d'inventer son foyer ou encore avec J. M. Coetzee sur le rôle de l'imagination dans la reconstruction autobiographique.
    Loin des lieux communs, cet essai élégant esquisse avec pudeur les contours d'une nouvelle façon d'habiter le monde.

  • Petrograd, octobre 1917 : portés par un idéal de liberté et de justice, galvanisés par la possibilité d'un monde meilleur, les bolcheviks s'emparent du pouvoir. Pourtant, pour nombre d'historiens, 1917 n'a pas été une révolution du peuple, mais un coup d'État, une manoeuvre politique destinée à installer au pouvoir le premier régime communiste de l'histoire, qui fera le lit du totalitarisme stalinien. Fin du débat ? Pas si simple.
    Olivier Besancenot a fait le choix de se pencher sur le principal acteur de cette période, le peuple russe, qui s'est dressé il y a cent ans contre le tsarisme et contre la guerre, et s'est auto-organisé pour bâtir une société nouvelle. À travers l'exemple de 1917, c'est aussi la question de l'émancipation humaine, aspiration spontanée, universelle et intemporelle, qui est ici posée.
    Un essai vigoureux qui offre un regard à contrecourant sur l'un des événements les plus discutés de l'histoire contemporaine.

  • Alors qu'on assiste au crépuscule des grandes idéologies, rarement la difficulté d'admirer aura paru si sensible, si propice aux éclats polémiques. Pourtant, contre l'indifférence et le cynisme érigés en norme ou les emballements immédiats devant tout et n'importe quoi, l'admiration reste une force. La force de s'étonner et de s'incliner devant le beau, le sublime. Toutefois, admirer ne signifie pas se soumettre. C'est même en cela que l'admiration est le contraire de l'idolâtrie.
    Michel Crépu se penche sur les vertus et les dangers de l'admiration et revisite les oeuvres littéraires de Stendhal, Cioran, Chateaubriand, Céline, Heidegger ou Barthes, et de grandes figures historiques - Napoléon et Malraux notamment -, à la lumière de ce sentiment que Descartes qualifiait de « première des passions ».

  • Parce qu'il ose tenir le cap de l'idéal dans un monde où le vice invite au reniement, Don Quichotte incarne la figure même du héros. Cette passion furieuse pour les idées au détriment de la réalité a pourtant un sens moins chevaleresque et plus philosophique : le personnage de Cervantès est l'homme pour qui « le réel n'a pas eu lieu ». Déclarant la guerre au banal, il veut le merveilleux, le romanesque : des géants plutôt que des moulins à vent, un château plutôt qu'une auberge crasseuse, une belle jeune femme plutôt qu'une vieille servante poilue... Ce chef-d'oeuvre du XVIIe siècle, d'une inaltérable modernité, est le grand roman de la dénégation. Que nous apprend-il sur cette attitude ô combien contemporaine ? Michel Onfray y répond dans le premier tome de sa « Contre-histoire de la littérature ».

  • Pourquoi Sade qui fut, au dire même de ses hagiographes, coupable de séquestrations, de viols en réunion, de menaces de mort, de traitements inhumains et dégradants, de tortures, de tentatives d'empoisonnement, fut-il porté aux nues par l'intelligentsia française pendant tout leXXe siècle ?
    De Breton à Bataille, de Barthes à Lacan, deDeleuze à Sollers, tous ont vu en lui un philosophe visionnaire, défenseur des libertés, un féministe victime de tous les régimes ?
    Fidèle à sa méthode, Michel Onfray croise la vie, l'oeuvre et la correspondance de Sade. Romancier, il n'y aurait rien à redire à ses fictions ; mais Sade se réclame de la philosophie matérialiste, mais il laisse une place possible à la liberté, puis fait le choix du mal. Dès lors, cet homme triomphe moins en libérateur du genre humain qu'en dernier féodal royaliste, misogyne, phallocrate, violent.

    © 2014 Autrement

  • - Moi, j'aimerais trop y aller, à l'école des femmes. Ça doit être chaud.Rafik, 15 ans- Franchement, je ne vois pas pourquoi on se pose plein de questions sur la mort alors que quand on sera mort on ne se posera pas de questions sur la vie.Margaux, 18 ans- Putain, c'est qui le bâtard qui m'a niqué mon quatre couleurs?- Demande poliment, s'il te plaît.Nathan et Djamel, 13 et 14 ansQu'il soit question d'autorité, de culture générale, de la vie à l'école ou à la maison, de Dieu, de Ronaldo ou de Cyrano, nos enfants ont le sens de la formule ! Au programme : un florilège de perles savoureuses récoltées avec bienveillance par Dominique Resch, professeur dans un lycée des quartiers nord de Marseille.

  • «Chacun se proclame si facilement héros qu'on serait presque prêt à faire l'éloge du conformisme et de la soumission rien que pour leur dire Non.»

    Jamais dire Non n'aura été aussi à la mode - jamais être anti-conformiste n'aura été aussi répandu. Mais mesure-t-on vraiment l'importance vitale que revêt ce petit mot?
    Paradoxalement fécond, c'est un mot qui agit plus qu'il ne signifie. Or que se passe-t-il quand je dis Non? Du premier refus de l'enfant à la résistance politique, la révolte ou la destruction, en passant par un délicat «Non merci!» aux pouvoirs insoupçonnés, Non irrigue nos vies et nos sociétés. Mais comment éviter la posture stupide ou le repli stérile, comment en faire bon usage?
    Vincent Delecroix explore les vertus du refus, déconstruit ses mythologies et propose, enfin, un autre Non. Un Non qui n'est pas simple négation, mais un certain usage de la négativité, du retrait, de l'impertinence ou de l'ironie. Un Non intime, intelligent et indispensable à la vie de l'esprit - et à la vie tout court.

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    La vision dominante et institutionnelle de la Révolution française est jacobine, masculine, construite autour de l'icône de Robespierre, chantre de la Terreur. Elle a toujours fait abstraction du rôle et des combats des femmes.
    Dans cet essai, Michel Onfray propose une nouvelle lecture de cette période clé de l'histoire de France, réhabilitant celles qui ont fait le pari des Lumières contre celui de la violence.
    Les portraits d'Olympe de Gouges, de Charlotte Corday ou de Madame de Staël prouvent non seulement que ces femmes ont compté mais aussi qu'elles avaient une cohérence d'action et de pensée. Révolutionnaires, républicaines, girondines, opposant l'intelligence à l'échafaud, ces oubliées de l'histoire incarnent la force du sexe que l'on dit faible.

  • « Écrire c'est comme l'amour. Cette étrange formule, c'est l'écrivain portugais António Lobo Antunes qui l'a eue un jour - un jour qu'il était de fort méchante humeur. » Depuis vingt ans, la journaliste et romancière Florence Noiville sillonne le monde à la rencontre des plus grands écrivains contemporains. En 29 portraits - drôles, émouvants, inattendus, profonds -, elle nous invite à partager un moment unique en compagnie de ces géants de la littérature.

  • Un sursaut irréfléchi, une défaillance... Jim, le héros du chef-d'oeuvre de J. Conrad, abandonne le Patna, le navire en détresse transportant des pèlerins vers la Mecque. Seconde chance au prix de l'exil et d'une vie dangereuse, il part sur une grande île sauvage de l'archipel malais, le Patusan...

  • On a tous en mémoire un professeur qui a marqué notre vie d´écolier : une personnalité d´exception, un poète, un tyran... Pour le jeune Philippe Claudel, « un prof, c´était vieux, ça naissait vieux et ça n´avait pas d´existence hors de la salle de classe », jusqu´à cette rentrée de terminale où une jeune professeur de philosophie aux yeux presque mauves vient bousculer ses idées reçues... Pour l´élève de cinquième Magyd Cherfi , c´est grâce à Monsieur Castin, inflexible sur les fautes de prononciation et les subjonctifs imparfaits, qu´il est « devenu quelqu´un », le premier de la cité à passer en seconde, puis le chanteur aux phrases ciselées.
    Quatorze personnes, connues ou moins connues, anciens cancres ou premiers de la classe, sont invitées à se souvenir d´un de leurs professeurs. Ces récits courts, tantôt drôles, tantôt doux-amers et parfois cruels, reconstituent le film de l´école, le film de la vie.

  • Les mots de l'époque

    Didier Pourquery

    Qui n'a jamais entendu un éditorialiste souligner une idée « clivante », un politique vouloir « réenchanter » la vie, un ado répondre « ah ouai, j'avoue », un joueur de football se satisfaire d'avoir « fait le job » ? Qui n'a jamais voulu monter « sur » Paris, éviter les endroits « improbables » ou « déconnecter » ? Au travail, au détour d'une rue, à la terrasse d'un café, dans une rame de métro, Didier Pourquery tend l'oreille, sort son carnet et se transforme en enquêteur, curieux, agacé mais bienveillant. Tics fâcheux, air du temps, dérapages, clichés et autres expressions toutes faites : impossible de ne pas s'y reconnaître !
    En 100 billets, issus de sa chronique « Juste un mot », l'auteur nous propose un passionnant jeu de piste dans le langage quotidien. Quelques repères étymologiques, un sens aigu de l'observation et l'humour comme fil conducteur : pas de doute, ce petit livre instructif et drôle « fait le job»!

    Conception graphique : Raphaëlle Faguer © Autrement © Éditions Autrement, Paris, 2014.
    Www.autrement.com

  • Fascinante et terrorisante, Carmen, enfermée à tort dans la figure de la femme fatale, se révèle plus complexe et plus troublante. Au-delà de l'image attendue de la séductrice aux prises avec les hommes dans une histoire d'amour et de mort, Carmen revendique sa liberté, bouleverse l'ordre établi, incarne l'attrait de l'interdit et la promesse de transgression. Figure de l'ambivalence, elle franchit les limites du féminin, et même de l'humain. Entre l'homme et l'animal, Carmen se métamorphose, changeant de sexe et d'espèce, dévoilant sa masculinité et son animalité. Elle féminise les hommes par inversion des rôles, fait valoir sa force virile jusqu'à détruire l'identité masculine. Son combat final, métaphore de la corrida, l'identifie au taureau mis à mort. Figurant la belle et la bête, Carmen, dans sa lutte et son entêtement mâles, se laissera entraîner vers son destin fatal.

  • Tordre le bras de son ami, renier ses promesses sans en avoir l'air, jouer de la menace pour impressionner, nouer les bonnes alliances, éviter les quiproquos désastreux... La diplomatie est un art qu'il faut manier avec habileté pour parvenir à ses fins.En 13 leçons, Frédéric Encel décrypte les stratégies, souvent contestables, des grands de ce monde. Celles qui font et défont les puissances. Il nous dévoile les arcanes du pouvoir et nous permet de plonger au coeur des relations internationales, aux côtés de Barack Obama, Vladimir Poutine, François Hollande et Bachar el-Assad. Là où tout, ou presque, est permis.Une source d'inspiration universelle !

  • Meilleur chevalier de la cour arthurienne, amoureux de la femme du roi, Lancelot se trouve à la jonction des deux grands mythes du Moyen Age que sont la quête du Graal et l'amour absolu dit courtois.

  • Chaque siècle apporte à la mince histoire originelle de Salomé sa contribution, ses motivations psychologiques et sa collection d'objets symboliques. Mais, en 1890, le personnage semble se figer. Les auteurs nous offrent donc dans ce travail une mise en scène du mythe de Salomé.

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