Arthaud

  • Intellectuel engagé ou écrivain dégagé ? Est-ce qu'on choisit ? En 1936, le célèbre et sulfureux André Gide soutient la révolution soviétique. Le Parti communiste l'invite en URSS, espérant qu'il fasse la publicité du régime. Gide accepte, et séjourne deux mois en Union soviétique, accompagné de cinq autres écrivains : Pierre Herbart, Eugène Dabit, Louis Guilloux, Jef Last et Jacques Schiffrin. Mais rien ne se passe comme prévu, et dès son retour en France, Gide publie Retour de l'URSS, dans lequel il dénonce le stalinisme naissant.
    Fille d'un poète communiste, petite-fille d'émigrés russes, je remonte le temps et fais à mon tour le voyage. Je compare les souvenirs des uns et des autres, j'interroge les miens, et j'essaie de comprendre. Pourquoi Gide a-t-il été si peu écouté ? Pourquoi tant d'écrivains ont-ils choisi de se taire ? L'appartenance à une minorité sexuelle est-elle une arme de discernement ? Pourquoi mon père est-il resté si longtemps communiste ?
    Traversée des mémoires, visite aux fantômes, descente en rappel au fond du puits de mon âme, chevauchée dans ma bibliothèque, ce livre est le journal d'une expédition intime, politique, et littéraire, au coeur brûlant du XXe siècle.

  • « À mesure que grandissent notre savoir et notre puissance matérielle, notre volonté d'homme se manifeste de plus en plus impérieuse en face de la nature. » Si l'homme était plus attentif à la beauté de la nature, il cesserait de courir et s'arrêterait pour cueillir le bonheur au détour d'un ruisseau. Le modeste ruisseau comme le fleuve majestueux, la cascade légère comme l'imposant glacier deviennent sous le regard d'Élisée Reclus des sources inépuisables de savoir, des manifestations sublimes de l'harmonie naturelle. C'est avec la curiosité du savant et l'émerveillement du poète qu'il nous livre ses réflexions sur l'origine des montagnes et des cours d'eau, mû par le désir de retrouver une simplicité originelle dans l'observation de la nature. Pourquoi l'homme ne prend-il pas exemple sur le ruisseau qui creuse son chemin tout en composant avec l'ordre environnant ? L'observation de la nature doit nous apprendre un progrès raisonné et respectueux. C'est à cette seule condition que l'homme pourra se vanter d'être la plus intelligente des créatures terrestres. Accompagner Élisée Reclus le long de ses marches, c'est se donner l'opportunité d'en prendre conscience.

  • «Ces lieux façonnent des gens un peu verticaux, austères et tenaces... C'est un fond dont je ne me suis jamais départie, et le travail d'écriture, depuis plus de vingt ans, m'y confronte constamment [...] ; ce nord du Cantal, ce pays perdu à mille mètres d'altitude, est fondateur ; et le sauvage n'est jamais loin ; il palpite sous l'écorce des choses.»

    Marie-Hélène Lafon a grandi dans une ferme isolée du Cantal, au coeur de la vallée de la Santoire, et ses livres s'en souviennent. À travers ces conversations, elle nous invite dans son pays perdu, ces terres volcaniques de moyenne montagne où la sauvagine, toujours proche, palpite sous l'écorce des choses. Voyage au coeur d'un monde intense, aux sources de la beauté.

  • « Au fil de l'ascension, une belle montagne, sur l'autre versant de la vallée, se révéla progressivement dans toute sa masse et m'apparut comme un cône gigantesque : elle "prit forme" tandis que je m'élevais, son dessin d'ensemble ne me devenant perceptible que quand j'eus atteint une certaine altitude. Voici l'intérêt de prendre de la hauteur : la forme du monde, cachée pour le passant des fonds de vallée, nous apparaît miraculeusement à mesure que nous montons. Elle devait être assez somptueuse cette montagne, car je me rappelle m'être émue d'un petit banc, vraiment tout seul sur un épaulement, posé devant la majesté de la chaîne comme au bord de l'infini. »

    Belinda Cannone est une marcheuse, et même lorsqu'elle danse, elle marche encore puisqu'elle pratique le tango. La randonnée de haute montagne, dans les Alpes surtout, a constamment nourri son imaginaire, sa vision du monde et ses métaphores. Ce nouvel essai, qui s'inscrit dans le prolongement de S'émerveiller et de Un Chêne, enrichit sa réflexion sur les manières d'habiter poétiquement notre monde fragile.

  • « Je suis vie qui veut vivre, entouré de vie qui veut vivre. » Précurseur de l'écologie, Albert Schweitzer a été le premier à utiliser la formule du « respect de la vie » pour fonder une éthique qu'il voulait élémentaire et universelle. Le respect de notre propre vie et de celle des autres sont deux choses absolument inséparables, telle est la prise de conscience qui devrait s'imposer de façon claire et immédiate à chacun d'entre nous.
    Théodore Monod présentait son ami le Dr Albert Schweitzer, « tour à tour musicien, théologien, penseur et médecin », comme « l'un de ces hommes qui aujourd'hui empêchent quand même de désespérer tout à fait de l'humanité ».
    Pour la première fois, les textes fondamentaux d'Albert Schweitzer sont réunis en un recueil qui dévoile sa pensée écologique visionnaire.

  • Voyageurs, ils devinrent écrivains. Écrivains, ils se firent voyageurs. Les uns - Loti, Conrad, Segalen, Bouvier - partent au bout du monde pour courir les rêves nés de leurs lectures d'enfance ; les autres - Kipling, London, Kessel ou Chatwin - prennent la route pour nourrir leurs pages blanches. Les arpenteurs d'océans - Slocum, Kavvadias ou Moitessier -, de déserts - Thesiger - et de cimes enneigées - Alexandra David-Néel - font leurs les propos de Stevenson : "Je ne voyage pas pour aller quelque part, mais pour voyager. Je voyage pour le plaisir du voyage." Quant aux plumitifs en herbe - Cendrars, Simenon ou Gary -, ils proclament, à l'instar de Kerouac : "Écrire est mon boulot... Alors il faut que je bouge!" Tous - sans se préoccuper de savoir s'ils sont voyageurs avant d'être écrivains, ou l'inverse - entendent dire le monde, transmettre leur passion pour la littérature d'aventure, et inciter leurs lecteurs à boucler leur sac pour emprunter leurs pas.

  • De la police de Louis XIV au dernier transfuge de la guerre froide, Bruno Fuligni présente plus de quarante affaires politiques ou judiciaires à travers son extraordinaire collection de documents historiques : lettres de cachet, fiches de police, avis de recherche, rapports des services secrets...
    Autant de trésors découverts sur le pavé des brocantes, aux puces, aux enchères ou sur des sites de vente en ligne et qui nous entraînent dans les méandres de la grande histoire.

  • Les montagnes sont les cathédrales de la Terre. L'homme a tout oublié du passé : les siècles d'isolement et d'obscurité, le monde clos des vallées perdues, le climat rigoureux, l'absence de ressources. Il aura suffi d'une centaine d'années pour que la montagne, qui était hostile, lui apporte tout : l'énergie de ses eaux, les richesses du sous-sol, et cette nouvelle forme d'apport et d'économie que sont le tourisme d'été et d'hiver. Par la montagne, l'homme a pu quêter la beauté, trouver le repos de l'âme dans l'action physique salutaire, s'évader des termitières métropolitaines, comprendre la poésie du silence retrouvé.

  • Naître aujourd'hui, c'est toute une histoire. Jamais les bébés n'ont été autant désirés, jamais les hommes et les femmes n'ont autant forcé les limites de la nature. Dons de sperme et d'ovocytes, location d'utérus, embryons à vendre, la fabrique du vivant est devenue à travers le monde une véritable industrie répondant aux lois du marché, qui crée des filiations anonymes déconnectées de la sexualité, dans des familles à géométrie variable.
    Haim Cohen s'interroge sur ces enjeux biologiques, philosophiques et éthiques, derrière lesquels se profile une révolution en profondeur de notre société, dopée par les découvertes des neurosciences et les progrès de l'intelligence artificielle, où la place que l'humain occupera demain est menacée.
    Au fil de sa pratique de pédiatre néonatalogiste, Haim Cohen a accueilli, examiné, réanimé des milliers de nouveau-nés et les a suivis au sein de leur fratrie. Il a soutenu leurs parents dans des contextes familiaux aussi variés que singuliers.
    C'est le fruit de cette expérience que l'auteur livre à un bébé à naître, en l'invitant à mesurer sa chance de venir au monde aujourd'hui mais aussi à s'imposer comme un bouclier pour préserver l'humanité.

  • « C'est en se mettant au diapason des tabloïdes chers à notre époque, en adoptant des tactiques provocatrices et loufoques que PETA n'a pas tardé à se faire un nom et à compter parmi les groupes de défense des animaux les plus durables et les plus influents de la planète. Inutile de dire que pour ce faire, nous avons dû bien souvent nous résigner à passer pour des crétins, mais j'ai beau déplorer la disparition de toute réelle gravité dans nos propos publics, je n'ai eu aucun mal à m'adapter aux nouvelles règles, parce que je suis, au fond, un parfait crétin. »
    Choquantes et parfois provocantes, les campagnes de sensibilisation à la défense des animaux de l'association PETA (Pour une éthique dans le traitement des animaux) ont révolutionné l'engagement pour la cause animale. Industrie de la fourrure, expérimentations scientifiques, élevages en batterie... derrière ces campagnes médiatiques qui ont frappé le monde entier se cache Dan Mathews, joyeux trublion et charismatique agitateur à l'imagination débordante.
    Depuis la scène rock hollywoodienne jusqu'aux hauts lieux de la mode new-yorkaise, en passant par les commissariats du monde entier et même un hôpital psychiatrique parisien, Dan Mathews relate son tour du monde militant rendu possible grâce à une détermination sans faille et un inébranlable optimisme.

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