Académie royale de Belgique

  • Le mythe de Prométhée fait partie de l'histoire de la pensée, de la littérature et des arts en Occident ; il continue à y exercer une influence plus ou moins grande, mais jamais négligeable. Son rôle et sa survie ont déjà fait l'objet de travaux importants, tel le livre remarquable de Raymond Trousson, Le Thème de Prométhée dans la littérature européenne, édité une première fois en 1969. Toutefois, on ne s'est pas encore interrogé sur les références qui se multiplient à partir des années 1960 à propos d'avancées technologiques, sans commune mesure avec celles du passé. Dans un tel contexte, Prométhée est régulièrement présenté comme leur promoteur, pour le meilleur et pour le pire, et suscite dès lors admiration confiante ou crainte pessimiste pour l'avenir. Il n'apparaît donc pas inutile de remonter aux sources grecques qui ont été le point de départ de notre connaissance du mythe et d'étudier, à travers une confrontation entre le passé et l'actualité récente, la part de l'héritage et de l'innovation créatrice qui se manifestent dans les enjeux auxquels Prométhée a été rattaché par les Grecs et par nous.
    Monique Mund-Dopchie est docteure en philologie classique et agrégée de l'enseignement supérieur. Aujourd'hui professeure émérite, elle a mené toute sa carrière à l'Université catholique de Louvain où elle a enseigné la littérature grecque et l'histoire de l'humanisme. Ses recherches portent sur la survie des auteurs grecs dans la culture occidentale, particulièrement à la Renaissance. Elle est membre de la Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques de l'Académie royale de Belgique.

  • Après avoir, dans un premier temps, reposé le problème préalable et inévitable de l'idéologie célinienne dans un précédent ouvrage (Louis-Ferdinand Céline : mort et vif... !), Jacques Joset aborde désormais l'examen de ce qui fait de Céline un des plus grands écrivains français du XXe siècle : son écriture. à cet effet, l'auteur la compare d'abord au style de Marcel Proust, globalement considéré d'une manière dédaigneuse par l'auteur de Voyage au bout de la nuit, et en rassemblant ensuite les caractéristiques de l'écriture célinienne procurées par le Docteur Destouches à différents moments de sa vie littéraire. L'ouvrage est une tentative originale de comprendre les raisons de l'ébranlement produit dans les lettres françaises par l'écriture célinienne, encore timide dans Voyage au bout de la nuit (1932) et radicale dans les oeuvres de la trilogie allemande D'un château l'autre (1957), Nord (1960) et Rigodon (1969). Jacques Joset est philologue hispaniste et Professeur émérite de l'Université de Liège. Ses domaines de recherches sont la littérature espagnole médiévale et des Siècles d'Or, ainsi que la littérature hispano-américaine contemporaine. Il est membre de l'Académie royale de Belgique depuis 2012.

  • La littérature est à la source de la culture chinoise. Bien avant nous, la musique s'y est associée dans les cérémonies rituelles ou galantes et dans les différentes formes d'opéras chinois. Au moment où la Chine s'ouvre aux échanges avec l'Occident, cette musique doit réagir à l'arrivée d'instruments qu'elle ne connaît pas comme les violons ou les pianos. Se posent alors deux questions : comment préserver le caractère culturel original d'une musique soumise à une appropriation adaptée d'éléments occidentalisants tout en préservant un fort caractère artistique malgré un dirigisme politique qui entend s'imposer ? Passionné de musique, Jean-Marie André est chimiste de formation. Spécialiste de la chimie quantique des polymères, il est lauréat du Prix Francqui (1991). Membre de l'Académie royale de Belgique depuis 1992, il en a été le Président (2008) et le premier Président du Collège Belgique (2009-2011).

  • Le « printemps arabe » fut une surprise pour tous : les gouvernements des pays concernés, les observateurs étrangers, mais aussi les intellectuels arabes. Néanmoins, nombre d'entre eux avaient déjà inclus dans leurs oeuvres des scènes de révolte populaire, qu'elles soient fictives ou réelles, depuis l'époque coloniale jusqu'à cette fin d'année 2010, marquée par la révolution du jasmin à Tunis. Depuis, d'autres poètes, nouvellistes et romanciers ont pris la plume pour décrire à leur manière les différentes révoltes qui constituent ce fameux printemps, affrontant la difficulté de s'emparer d'un événement en cours, aux contours encore mal définis, qui par nature demanderait un temps de réflexion et de maturité pour en parler de la meilleure façon. Nous proposons ici une analyse de quelques-uns de ces textes, dus à des auteurs connus et moins connus, qu'ils soient d'Égypte, de Syrie, de Libye, du Qatar ou du Maroc. Xavier Luffin enseigne la langue et la littérature arabes à l'Université libre de Bruxelles. Il a traduit une douzaine de livres (romans, nouvelles, théâtre, poésie), essentiellement d'auteurs du monde arabe (Égypte, Liban, Soudan, Maroc, Tunisie, Palestine), mais aussi de Turquie et du Libéria. Il est également l'auteur de Religion et littérature arabe contemporaine. Quelques aspects critiques (2012).

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