12-21

  • Libertin jamais repenti ou grand seigneur flamboyant, séducteur notoire ou amoureux éconduit. A chacune de ses missives, Sade se révèle un autre. Du débauché embastillé au révolutionnaire endiablé, toutes les personnalités du marquis s'incarnent dans sa correspondance, marqué d'une plume de feu : celle de l'insolence suprême et de la liberté absolue.

  • Ce facétieux " petit traité souvent drôle et toujours intelligent sur l'art et la manière d'entrer en littérature afin d'y tracer un chemin " est le fruit d'une double expérience : l'écriture d'une vingtaine de livres et la transmission de cette pratique dans le cadre des enseignements artistiques de Sciences-Po ou des Ateliers de la NRF au sein des éditions Gallimard. Bertrand Leclair y partage librement la formidable dynamique que peut impulser une initiation collective au geste d'écrire. Qu'il s'agisse de plonger dans la langue, de faire preuve d'adresse, d'ouvrir l'espace et le temps du jeu, il déplie et déploie tous les sens du terme " débuter ". Car débuter, c'est débusquer, jouer mai aussi laisser venir, laisser pousser, tel le jardinier espérant avoir la main verte. Le lecteur désireux d'entrer en littérature afin d'écrire un roman ou un récit y trouvera donc un bréviaire lui permettant de toujours faire confiance aux mots qui surgissent, pour les interroger jusqu'à comprendre ce qui les amène et ce qui leur permet de créer l'élan et le ressort du texte.
    Inédit

  • Le livre de référence sur la vie et l'oeuvre de Guy Debord. Astre noir de la littérature, cultivant le paradoxe et la provocation, Guy Debord demeure aujourd'hui plus célèbre et fascinant encore que de son vivant. Son oeuvre, dont le titre le plus connu est La Société du spectacle, ouvrage prophétique, a trouvé des millions de lecteurs un peu partout dans le monde. Christophe Bourseiller, dans ce livre qui a fait date à sa sortie en 1999, en enquêteur obstiné et implacable, réussit le pari de reconstituer le parcours de Guy Debord, pourtant rempli de zones d'ombres, depuis l'enfance et les amitiés avec les surréalistes, jusqu'à son suicide en 1994. Il met en lumière le rôle intellectuel et historique de ce penseur iconoclaste, fondateur et chef de file du mouvement situationniste, à la fois brillant analyste et farouche ennemi de la société contemporaine. La magie de ce livre est de rassembler les pièces éparses du " puzzle Debord " pour donner sens à un apparent chaos. Préface inédite de l'auteur

  • Comment Tolkien aurait-il jugé les adaptations cinématographiques de son oeuvre, récentes et plus anciennes ? Pourquoi le roi Arthur est-il caché au coeur de l'oeuvre de Tolkien ? Qui a écrit Le Seigneur des Anneaux, dont l'histoire se déroule... avant l'invention de l'écriture ? Túrin est-il le frère de Tristan ? Quel rapport entre l'invention de langues et l'invention d'un monde ? Que lire de Tolkien, lorsque l'on a aimé Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux ? Pourquoi cet auteur est-il si souvent rangé dans la littérature de jeunesse, alors qu'il a écrit presque exclusivement pour les adultes ? Pourquoi a-t-il marqué si durablement J.K. Rowling et G.R.R. Martin ?
    Ce livre propose, au fil des chapitres, quelques clés pour comprendre la création de la Terre du Milieu, monde marqué par l'imaginaire qui s'appuie sur une connaissance parfaite de textes médiévaux... mais aussi pour mieux apprécier la fantasy moderne, qui doit tant à Tolkien !
    C'est donc une invitation, faite à tous, amateurs ou non, de lire Tolkien.

  • Le premier ouvrage proposant une histoire et une anthologie de l'élégie.
    Qu'entendre par élégie, si ce n'est un poème plutôt plaintif, qui évoque la fuite du temps et déplore la disparition d'êtres chers. Cette définition ne rend pas compte de la variété, la souplesse, la profondeur réflexive de ce genre dont les pages les plus nobles méditent sur le sort commun, évaluent nos raisons d'être, et mesurent le prix réel des biens et des attachements terrestres. Cet ouvrage montre que l'élégie peut être d'une richesse morale et philosophique tout opposée aux stéréotypes moqueurs qui n'y voient qu'un discours larmoyant recueillant les larmes de coeurs blessés dans des mouchoirs mouillés.
    Pour cela, l'ouvrage propose successivement une étude thématique et formelle, une histoire et une anthologie, depuis les origines antiques de l'élégie jusqu'à nos jours.

  • L'édition française a beaucoup changé depuis le début des années Apostrophes. Dans les années 1970, « la galaxie Gutenberg », encore largement artisanale et familiale, est engagée dans une politique de qualité. Mais la distribution s'industrialise et l'influence des médias de masse s'accroît ; elle doit alors se tourner vers le grand public au moment où de puissants groupes industriels et financiers investissent dans le livre. Les séries d'avant-garde, les publications de prestige sont abandonnées au profit de fast books chroniqués partout avec ferveur. La littérature française elle-même, insensiblement, se fait plus informelle ; les auteurs pour beaucoup livrent des productions relevant du « degré zéro de l'écriture », présentées comme des oeuvres dignes du prix Nobel.
    Comment cette transformation s'est-elle passée ? Quels en sont les acteurs ? Quelles ont été les tactiques et stratégies des vieux labels de Saint-Germain-des-Prés pour s'imposer en librairie ? Dans cette chronique détaillée de la vie quotidienne du livre sous Bernard Pivot, de la disparition de Gaston Gallimard à la marketisation du produit Houellebecq, Olivier Bessard-Banquy raconte, à partir de sources inédites, trente ans d'édition qui sont aussi trente ans d'histoire littéraire immédiate. Délivrée de ses secrets, l'édition apparaît ici toujours aussi fascinante, d'autant plus qu'elle se trouve au carrefour du papier et de l'électronique.

  • Présentes à tous les points de passage de la modernité politique, philosophique et esthétique, les oeuvres de Sartre ne se réduisent pas à des intentions théoriques ; chacune constitue un projet en soi, s'inscrivant dans une révolution permanente des formes et des pouvoirs du langage, dans un renouvellement de communication avec les autres, dans un questionnement de l'étrangeté du monde. Sartre est le nom d'un philosophe qui n'aura cessé de repenser la conscience, la liberté et l'histoire ; le nom d'un dramaturge créateur de mythes modernes ; le nom d'un écrivain qui ne s'est jamais résolu aux profits immédiats de l'écriture. Dès ses premiers écrits -L'Imagination(1936),La Transcendance de l'ego(1937),La Nausée(1938),Esquisse d'une théorie des émotions(1939) etL'Imaginaire(1940) -, la singularité de Sartre repose sur l'invention d'un rapport inédit entre la prose littéraire et la langue philosophique, qui se prolonge à l'automne 1943 avecL'Être et le Néant, l´un des ouvrages philosophiques les plus importants du XXesiècle, dont Michel Tournier évoque le retentissement dansLe Vent Paraclet(1977) : « Nous avions le bonheur inouï de voir naître une philosophie sous nos yeux. » Qu'il s'agisse de métaphysique, de psychanalyse ou d'éthique, chaque fois Sartre affirme l'ontologie de la liberté. À travers la diversité des genres (philosophiques, romanesques, théâtraux...), il s'agit de mettre en oeuvre une véritable relation dynamique entre fiction et spéculation, expérience et théorie, vérité et littérature. Il nous revient de suivre ces éclats de lumière dans la constellation de la pensée sartrienne.

  • Les références morales et culturelles du Moyen Âge français, d'une étonnante modernité.0500L'écriture est toujours, consciemment ou non, donneuse de leçons, de règles de vie. La fin du Moyen Âge, les XIVeet XVesiècles, a été, en la matière, particulièrement originale. Fille d'une tradition remontant à l'Antiquité et d'une morale chrétienne omniprésente, elle s'en dégage pour offrir un visage infiniment plus contrasté. Aux proverbes et « sagesses » elle ajoute des sentences longues, qui épousent les contours de « mini-moralités ». Le style est volontiers plus vif, nourri de dérision et d'autodérision. Le regard sur soi et sur l'histoire, souvent peu indulgent, se fait leçon pour autrui. Et lorsque les guides ont nom François Villon, Christine de Pizan, Charles d'Orléans, Philippe de Commynes..., suivons-les en confiance : tristes ou joyeuses, graves ou moqueuses, leurs morales ont une saveur, une valeur universelles.Écoutons nos grands anciens, ils nous parlent des temps présents.Amis lecteurs, au pire et à défaut de sagesse, vous y prendrez du plaisir.  0300« La chose qui plus fait errer un homme en son jugement est pensée courte et parole précipitée. » Guillaume de Tignonville L'écriture est toujours, consciemment ou non, donneuse de leçons, de règles de vie. La fin du Moyen Âge, les XIVeet XVesiècles, a été, en la matière, particulièrement originale. Fille d'une tradition remontant à l'Antiquité et d'une morale chrétienne omniprésente, elle s'en dégage pour offrir un visage infiniment plus contrasté. Aux proverbes et « sagesses » elle ajoute des sentences longues, qui épousent les contours de « mini-moralités ». Le style est volontiers plus vif, nourri de dérision et d'auto-dérision. Le regard sur soi et sur l'histoire, souvent peu indulgent, se fait leçon pour autrui. Et lorsque les guides ont nom François Villon, Christine de Pizan, Charles d'Orléans, Philippe de Commynes..., suivons-les en confiance : tristes ou joyeuses, graves ou moqueuses, leurs morales ont une saveur, une valeur universelles. Amis lecteurs, au pire et à défaut de sagesse, vous y prendrez du plaisir.

  • De ses études philosophiques auprès de Gaston Bachelard, jusqu'à sa rencontre avec Gilles Deleuze, Régis Debray, Jacques Derrida ou Pierre Bourdieu, Édouard Glissant a construit une philosophie de la Relation. Essayiste, romancier, dramaturge, Glissant est avant tout le poète des imaginaires et des archipels du Tout-Monde.
    Son engagement, depuis la création du Front antillo-guyanais en 1961, l'amène à penser une politique de la mondialité, contre les effets désastreux de la domination.
    Sa relation aux artistes ouvre son oeuvre à une nouvelle esthétique : la trace, l'éclat, le tremblement, l'errance, le divers. Mêlant souffle poétique et philosophique, Glissant est le Montaigne de notre temps.
    INEDIT

  • La condition humaine semble la plupart du temps passer à côté de la jouissance, qui, par excellence, nous déborde, nous retourne, nous perturbe. Et, puisqu'une volupté est toujours amplifiée d'être dite, il vaut le coup de trouver à chacune son langage bien particulier, tantôt strident comme un saxo, tantôt sirupeux comme une caresse à se tordre, ou violent comme la vengeance qui nous occupe mieux que tout autre divertissement. Du sexe libertin à l'orgasme mystique, de l'hypersuperficialité du tissu à la profonde volupté fidèle, de ces chansons de lit qui font remuer les reins malgré nous à la mort frôlée par la vitesse sportive, ce livre va aussi chercher les jouissances qu'on n'a guère dites tant elles gênent, comme le rire bête, consternant mais vertigineux, la brutalité fictive lorsqu'elle devient trop énorme, ou le plaisir d'avoir raison et d'y prétendre...
    INÉDIT

  • Conduit le roman dit "international ". Ainsi Umberto Eco n'a-t-il pas hésité à "réécrire" Le Nom de la rose à l'intention des lobotomisés du Culturel : suppression des citations latines, passages amputés des descriptions, appauvrissement du vocabulaire.
    Un processus de vulgarisation où seul subsiste le scénario, en attendant le video game. Ce qu'on appelle encore "roman" est ainsi devenu le lieu même de la destruction de la langue et de la littérature. La tiers-mondisation culturelle de la France le proclame de toutes parts. Et quand, à la mise à mort de la littérature, s'ajoute la négation de l'idée de nation, n'est-ce pas au néant qu'on donne droit de cité ? Ainsi, le massacre perpétré par Anders Breivik, en Norvège, loin de constituer l'acte d'un homme seul, encore moins celui d'un aliéné, renvoie les politiques et agents "culturels" au miroir d'une société qui, par-delà le scénario "multiculturaliste", a choisi de renoncer à toute communauté de destin, à ses racines vivantes, chrétiennes, donc littéraires.

  • Comment lire

    Ezra POUND

    • 12-21
    • 24 Avril 2014

    Comment lire 1924 : après douze ans en Angleterre et quelques saisons de vie parisienne, au cours desquels il est passé d'une poésie encore très fin de siècle aux confins de dada, Pound s'installe en Italie. Et fait le point sur ses idées-force : la poésie est universelle et commence avec la poésie chinoise ancienne (la méthode idéogrammatique, qui influera tant sur les Cantos) ; traduire, traduire encore, traduire toujours (" Tout âge prétendument grand est un âge de traductions ") ; apprendre à " charger de sens au plus haut degré le langage ". Et tailler dru dans " le business de la fioritura"... " Je prie le lecteur d'observer que je suis extrêmement iconoclaste. " Le contraire eût été étonnant.
    Voici une réédition de Comment lire dans une nouvelle traduction complète de Philippe Mikriammos, annotée et postfacée par ses soins.

  • Lire Philippe Muray

    Alain CRESCIUCCI

    • 12-21
    • 24 Avril 2014

    " Une histoire de la littérature en fonction des consensus qu'elle désespère à travers les âges serait à faire. On y croiserait les niaiseries de chevalerie (le kitsch du XVIe siècle, ce que lisaient les midinettes de l'époque) mises à mal par Cervantès, ou encore l'obscénité sulpicienne parvenue à son plus haut degré et démolie par Sade. On y trouverait Molière en train d'affliger le parti dévot. Et aujourd'hui quoi ? Quelles images " fédérantes " et intimidantes ? Notre Télébazar de la charité, probablement, avec sa légitimité quotidiennement renouvelée par l'audimat. Notre parti dévot à nous. " Ironie du sort, Philippe Muray (1945-2006), impitoyable critique du Moderne, est aujourd'hui plus consensuel que jamais... Fêté par les bobos ! Celui qui dénonça les horreurs de la Fête permanente. Pétrifié dans le rôle du comique de talk show ! celui qui s'escrima, sa vie durant, à pulvériser les discours dominants de l'Empire du Bien. Pour conjurer ce néoconformisme, il est donc urgent de revenir à la démarche romanesque de Philippe Muray. D'en suivre, pas à pas, les découvertes explosives.
    Ce collectif est dirigé par Alain Cresciucci, auteur notamment des Désenchantés (Fayard, 2011) et d'une biographie d'Antoine Blondin (Gallimard, 2004).

  • Spécialiste des l'histoire des mentalités, docteur ès Lettres, professeur de littérature comparée, l'auteur explore dans cet ouvrage les permanences et les reconversions des stéréotypes antijuifs dans la littérature populaire avant de proposer un florilège de textes révélateurs de l'imaginaire antisémite du Moyen Age (théâtre liturgique, contes, recueils de miracles) aux périodes moderne et contemporaine (livrets de colportage, extraits de romans-feuilletons, chansons de café-concert, hymnes nationalistes et xénophobes...
    ). A la croisée du folklore et de la théologie, du discours savant et du merveilleux, ces textes visaient à édifier, à endoctriner, mais aussi à divertir, à provoquer le rire par la dérision. Ils mettent en évidence la surprenante stabilité des thèmes antijuifs, ainsi que leur faculté d'adaptation à la conjoncture historique.
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  • Une réflexion à l'exacte croisée de notre perception métaphysique de la vie et de l'exploration d'un nouveau territoire romanesque. De Proust à Bolaño, en passant par Thomas Bernhard et les dramaturges de l'absurde, l'auteur de cet essai veut " libérer " ce refoulé qu'est la mort au coeur de notre vision des choses. Par cet essai Jean-Philippe Domecq envisage une nouvelle donne littéraire comme le fit en son temps, par exemple, Alain Robbe-Grillet pour le Nouveau Roman.

  • "Que ceux qui se trouvent bien de ce qui se passe dans les arts, en littérature et en politique en France referment aussitôt ce livre." Parce qu'il y a quelque chose qui ne va pas, parce que la crise des arts, de la littérature et du politique persiste depuis plus d'un quart de siècle, parce qu'elle est entretenue par ceux qui en rendent compte, parce que Domecq et Naulleau ne s'y résignent toujours pas, ces entretiens sans complaisance analysent ce qu'est aujourd'hui pour eux la situation des esprits en France. Loin d'en rester à un état des lieux peu encourageant, ils proposent des alternatives qui jamais ne s'érigent en dogme. Et stimulent ainsi la réflexion de ceux pour qui la vie ne se vit pas à n'importe quel prix.

  • Frédéric Dard nous avait-il tout dit de lui ? San Antonio s´était bien sûr épanché tout au long d´une saga phénoménale...mais son créateur avait encore des révélations à faire.Ces entretiens enregistrés en marge du documentaire qu´ont réalisé en 1995 Francis Gillery et François Rivière nous font, une dernière fois, « entendre » la voix reconnaissable entre toutes du père de San-A. et Béru. L´écrivain nous raconte son enfance provinciale auprès d´une grand-mère boulimique de lecture, ses débuts à Lyon, ses rencontres avec Simenon, Édith Piaf, le dessinateur Dubout et bien d´autres, sans oublier son amitié avec Robert Hossein.Des propos pleins de truculence et d´émotion, décapants souvent et sincères toujours... Un éclairage unique sur la vie et l´oeuvre d´un être lucide et généreux.

  • Portrait de Tel Quel en groupe de jazz ? De Philippe Sollers en leader de quatuor ou en clarinette solo ? Le rythme, le swing et la vitesse sont au coeur de l´oeuvre de celui qui compose Paradis ou Improvisations comme une partition musicale. De Purcell à Miles Davis et à Paul McCartney, l´écrivain explore l´allégresse de l´écriture (musicale, romanesque, philosophique) comme mouvement, comme puissance d´arrachement. Nietzsche à Venise, Mozart à Prague, Casanova à Paris, autant de figures qui inspirent Sollers dans sa recherche du « sublime », dans son rapport à l´infini. L´existence, comme l´art, peut-elle devenir un champ d´expérimentation et de renouvellement ? Réponse de Sollers qui, à travers trois entretiens, partage ici ses passions, admirations, indignations, coups de gueule ou coups de sang. L´écrivain fait entendre les voix, les textes, la musique qu´il aime. Question de goût, partage du plaisir. Ces fragments d´intensité sont une nouvelle invitation au voyage.

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