Éditions Triptyque

  • «J'appelle théories caraïbes les groupes d'hommes en larmes, nègres marrons affolés d'amour qui, d'une rive à l'autre, jettent leur langue nationale dans l'eau salée, dans la bouche ouverte, sans fond, de l'abysse.»
    «Voilà notre patrie», disent-ils, dans le patois des colonies.
    Parole d'eau salée, étrangère à la langue et comme incantatoire, qui ne cesse de la rendre plus profonde, à mi-chemin de l'origine et du monde. Et le poète ajouta:
    «Le drapeau va au paysage immonde et notre patois étouffe le tambour.»

  • Métaspora essai sur les patries intimes J'appelle métaspora la perversion digitale de la nostalgie. En plus d'être une expérience du don et de l'émotion, la métaspora est aussi une catégorie esthétique, un emblème du Beau.
    La métaspora, par ses effets

  • « La géographie, ça s'apprend par les pieds », disait Raoul Blanchard. Lorsqu'il s'agira de communiquer l'expérience de la ville, cependant, on n'aura sans doute pas de mal à dénicher un romancier pour dire que le roman est capable de bien plus d'acuité qu'un travail scientifique. D'ailleurs, le romancier n'est-il pas un peu explorateur ?

    Montréal et la métropolisation... est le résultat d'un travail de géographie littéraire qui vise à aborder un phénomène généralement étudié à travers ses composantes économique et politique : la métropolisation. L'approche de ce concept passe ici par la ville romanesque, en particulier le Montréal tel qu'on le retrouve dans un corpus de romans publiés entre 2003 et 2006. Une étude que l'auteur aborde selon trois axes : les limites de la ville, la fragmentation de la ville et la connectivité au sein de celle-ci.

    Avec cet ouvrage Pierre-Mathieu Le Bel offre une réflexion toute en nuances sur l'avenir de nos métropoles, hors des lieux communs de la sociologie appliquée ou de la géographie traditionnelle.

  • Des Chambres de bois (1958) à Un habit de lumière (1999), les héroïnes d'Anne Hébert s'adonnent à une rêverie qui leur permet de plonger dans une autre vie. Elles explorent une révolte dont l'articulation passe par de la fièvre et des hallucinations. On assiste alors à une désorganisation, autant physique que psychique, centrée sur l'exploration de l'agressivité extrême, des interdits érotiques (inceste, adultère) et de la mort. Une telle révolte expose les femmes à une fantasmagorie sensuelle et blasphématoire, où peut émerger l' être surnaturel - qu'il soit sorcière, diable ou vampire.

    Le présent essai dégage les signes avant-coureurs de la désorganisation et des visions, au confluent de l'enfance sauvage et de l'allégorie. Il soutient que la représentation diabolique succédant à l'agitation fiévreuse est au service de l' émancipation et des impulsions du corps. Cette analyse de l'intrication métamorphose/désir s'appuie sur les idées de Georges Bataille, en particulier celles répondant à la volonté de révéler une existence souveraine, dégagée des servitudes qu'impose le quotidien. La lecture des récits d'Anne Hébert amène à poser la question suivante : en quoi les transports érotiques constituent-ils une forme d' émancipation susceptible de rencontrer, par-delà la fièvre et le délire, une possible réalisation de soi ?

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