Éditions Rivages

  • Selon Stefan Zweig, « nous ne faisons qu'obéir à l'ordre incontestable de la Nature, lorsque, au lieu d'attacher notre regard aux ruines d'un monde qui s'écroule, nous essayons d'en construire un nouveau, qui soit meilleur que l'ancien ». Dans ces trois textes jusqu'ici méconnus, il dépeint la naissance d'époques et de mondes nouveaux. Ce recueil est composé de L'Échec de Wilson, Les Pêcheurs du bord de Seine et du texte inédit Jean-Jacques Rousseau.

  • Matin intérieur et autres textes de jeunesse Nouv.

    Si nous menions une vie plus conforme à la nature, nous n'aurions pas besoin de nous défendre du chaud et du froid : elle serait pour nous une nourrice et une amie fidèle, comme elle l'est déjà pour les plantes et les animaux. Si nos corps étaient nourris de substances simples et pures, nous n'aurions pas besoin de plus d'aliments qu'il n'en faut à un rameau sans feuilles, et nous le verrions prospérer comme les arbres, dont même l'hiver favorise la croissance.
    Une intense méditation du jeune Thoreau (1817-1862), mêlant poésie, observation naturaliste et réflexion éthique, sur l'harmonie du monde naturel et la relation que l'homme doit restaurer avec celui-ci, en résistant aux sirènes de la civilisation.

  • Marc Augé, à qui l'on doit l'introduction des notions de non-lieux et de surmodernité, se confronte avec l'acuité qui lui est propre à des questions centrales relatives à l'humanité même de l'homme : le bonheur, la dignité, la confiance, l'augmentation préoccupante des inégalités. Ce volume, qui trouve dans le sens profond du partage de l'humanité générique habitant chacun d'entre nous son fil rouge, se présente comme une sorte de vadémécum pour le temps présent.

  • L'une des tâches de la philosophie a toujours été de faire apparaître des pans du réel restés cachés. Le corps a été un l'un d'eux. La sexualité a été l'un d'eux. Mais cela n'était jamais encore arrivé à une partie du corps. Cette partie, qui n'en est pas vraiment une, parce qu'elle est une tout à elle seule, c'est le clitoris. Organe dit du plaisir de la femme. Organe longtemps ignoré, souvent mutilé. L'organe du plaisir effacé.
    Inédit

  • Dans ce nouveau livre, Vivian Gornick revient sur les auteurs qui ont marqué sa vie, lus et relus à différentes périodes. L'occasion pour elle de combiner son génie de lectrice et sa capacité à se raconter. C'est la première fois que le public français pourra apprécier un de ses talents majeurs, la critique littéraire, après avoir plébiscité son travail autobiographique. A ses côtés, on arpente sa bibliothèque intime - Colette, Duras, Doris Lessing, etc. - et, en pointillés, son existence. Un livre singulier, qui pétille d'intelligence et d'humour. 

  • L'abondance frugale comme art de vivre. La frugalité fait l'économie de toute consommation non nécessaire. La réhabilitation de la joie de vivre à la base du projet de la décroissance passe largement par celle des saveurs. L'art de bien manger fait partie de cet art de vivre préconisé par la décroissance.

  • L'amitié pour Aristote est absolument nécessaire à la vie. Les livres VIII et IX de l'Ethique à Nicomaque, que nous proposons ici dans une nouvelle traduction, forment un tout intégralement consacrée à l'amitié.

  • La métamorphose, tout vivant y passe. C'est l'expérience élémentaire et originaire de la vie, celle qui définit ses forces et ses limites. Depuis Darwin, nous savons que toute forme de vie - l'être humain compris - n'est que la métamorphose d'une autre, bien souvent disparue. De notre naissance à notre alimentation, nous en faisons tous l'expérience. Dans l'acte métamorphique, changement de soi et changement du monde coïncident. Affirmer que toute vie est un fait métamorphique signifie qu'elle traverse les identités et les mondes sans jamais les subir passivement. Cet essai novateur jette les bases d'une philosophie de la métamorphose.

  • L'histoire a retenu de Gandhi qu'il fut un partisan de la désobéissance civile. Et ce fut bien le cas ! Les écrits d'Henry David Thoreau, inventeur de l'expression, le marquèrent profondément. Cette influence pourtant n'aboutit pas à une simple reprise ou imitation. Gandhi préféra discuter les enjeux de la désobéissance civile et mettre celle-ci en résonance avec sa vision, plus générale, de la résistance non violente : le Satyagraha. Réunissant un ensemble de textes inédits en français, cet ouvrage suit le chemin de la pensée et de l'action du Mahatma. S'efforçant d'en restituer toute l'intelligence, il nous conduit bien au-delà de l'icône muette à laquelle on réduit trop souvent ce grand homme du xxe siècle.
    Inédit

  • Les « affaires de moeurs » constituent une épreuve pour la société, non seulement parce qu'elles la mettent en face de son silence passé, mais parce qu'elles l'exposent, en guise d'expiation, à un empiètement de la vertu sur les libertés.

  • Ce livre rassemble deux pamphlets, inédits en français, du grand écrivain anglais Daniel Defoe. Bien que l'un d'entre eux ait été publié la même année que Robinson Crusoé, c'est à mille lieues des îles désertes qu'ils nous conduisent. L'auteur, on le sait peu, fut aussi commerçant et contraint de déclarer banqueroute. Il nous guide au coeur d'un lieu qu'il connaît bien : la City de Londres. Le regard porté sur les affairements dont elle est le théâtre n'a rien de complaisant. L'endroit et les usages indélicats qui y sont monnaie courante sont mis à nu. Le repas des cannibales de Robinson Crusoé fait bien pâle figure à côté du festin des spéculateurs insatiables, qui n'ont de scrupules envers rien ni personne. Écrits il y a de cela trois cents ans, ces pamphlets, encore pleins de verve, ne manquent pas de nous parler. On y retrouve bien des questions demeurées actuelles à propos de la réglementation et du contrôle des marchés ou encore du rôle de l'information et de ses manipulations.

  • La philosophie a-t-elle encore quelque chose à dire à nos peines et des consolations à nous prodiguer ? Ses grands édifices métaphysiques se sont effondrés et les sublimes consolations qu'ils soutenaient ont volé en éclats ; sa parole universelle colle mal à la singularité de nos douleurs ; et elle a appris elle-même à se méfier de toute consolation et de ceux qui en font commerce. Pourquoi l'âme en peine ouvrirait-elle un livre de philosophie ? Et que pourrait encore lui dire la philosophie, qui ne soit pas fausses promesses, dénégations, mépris dissimulé ou simple ignorance de nos souffrances ? Plutôt que de proposer une philosophie de la consolation, ce livre s'interroge sur ce que pourrait encore signifier aujourd'hui une consolation philosophique.

  • Un livre et une femme incroyables : María Sánchez, vétérinaire, poétesse, porte-parole de territoires et d'individus oubliés, déclassés, mal-aimés. La Terre des femmes est un récit intime, familial, politique à sa manière, qui redonne leur place aux femmes dans le monde rural, à leurs mains, à leurs gestes. Une histoire de filiation et de destin. De transmission. Et un pas de côté pour réfléchir à nos propres vies. Phénomène en Espagne, avec plus de 6 réimpressions, le livre a enthousiasmé la critique et bouleversé les lecteurs.

  • "Venise sauvée" est une pièce de théâtre inachevée de Simone Weil sur le projet avorté du renversement de la République Vénitienne par les Espagnoles en 1618. Le texte drammaturgique est intégralement imprégné des idées et de la philosophie de l'auteure, dont il constitue un mode l'exposition tout à fait original et singulier. Il s'agit de l'une des très rares oeuvres "littéraire" dont nous disposons de la main de Simone Weil.

  • L'image que l'on se fait souvent de Nietzsche (1844-1900) est celle du penseur solitaire, errant et sans attaches. Seul, il n'était pourtant pas sans amis. En témoignent ses relations avec Richard Wagner, Paul Rée, Malwida von Meysenbug ou Lou Andreas-Salomé : amitiés spirituelles, passionnées, orageuses, débouchant parfois sur une violente inimitié, à la hauteur de l'espérance que lui inspirait l'objet de son sentiment. Embrassant une décennie entière, de la parution d'Humain, trop humain à l'écriture d'Ecce Homo, le présent volume propose pour la première fois, dans une nouvelle traduction, un choix d'aphorismes et de poèmes où Nietzsche expose ses vues sur l'amitié, à la fois déroutantes, provocantes et paradoxales. Le philosophe ne fait-il pas dire en effet à son Zarathoustra qu'il faut voir en l'ami son meilleur ennemi ?

  • Le palindrome le plus long de la littérature française. Il y a dans ce livre deux parties simplement alternées. Il pourrait presque sembler qu'elles n'ont rien en commun, mais elles sont pourtant inextricablement enchevêtrées. Aucune des deux ne peut exister seule. Et pour cause : la seconde n'est autre chose que la lecture inversée des lettres de la première. Autrement dit, Sorel Éros est un palindrome : les personnages qui l'habitent se croisent, errent mais dans une direction précise, dans le carcan des mots... Au centre de l'ouvrage, le détail d'un tableau, les doigts de la main droite d'Agnès Sorel, figure un W. C'est la lettre-pivot, celle qui annonce le renversement du texte mais qui n'apparaît pourtant nulle part, sauf par évocations. C'est aussi le W cher à Georges Perec. S'instaurent ainsi un jeu et un dialogue avec le lecteur qui, aux aguets, se piquera de lire entre les lignes, et de reconnaître les références littéraires disséminées dans l'opus... En 1969, Georges Perec réalise le plus long palindrome de la langue française avec 5 566 lettres. En février 2002 (précisément le 20/02/2002...), Jacques Perry-Salkow et Frédéric Schmitter se lancent le défi fou de le surpasser. Il aura fallu quinze ans aux deux auteurs pour mener leur barque à bon port : Sorel Éros compte 10 001 lettres, un record éditorial.

  • Le belge Franz Cumont (1868 - 1947) a bouleversé l'histoire des religions en y intégrant ce que l'on rattachait alors à l'histoire des sciences : l'étude des mouvements des étoiles, ou zodiaque. Son texte « Zodiacus » forme une synthèse magistrale sur l'origine de la pratique astrologique. Décrivant les éléments proprement astronomiques en jeu (constellations, course des planètes, phénomène de la précession des équinoxes) et son origine babylonienne, Cumont retrace d'abord les voies de transmission et l'évolution du zodiaque en Orient (Syrie), en Égypte, en Grèce, à Rome.

  • Le nom de Virginia Woolf est indissociable du quartier de Bloomsbury. Mais ses promenades dans Londres dépassaient de loin ce cadre étroit. On se souvient des rues bruyantes parcourues par Clarissa Dalloway pour aller chercher - elle-même - ses fleurs, et des cloches de Big Ben que l'on entend, de près ou de loin, sonner les heures, de Westminster à Bond Street. Romancière de génie, Virginia Woolf était aussi une essayiste prolifique. Les quinze essais proposés ici portent la trace de sa connaissance intime de la capitale, de son regard amusé ou amoureux. Dans ces textes de détails sur des quartiers bien précis (Hampstead ; Wembley ; Bloomsbury ; Oxford Street) ou des vues d'ensemble (« En avion au-dessus de Londres »), retrouve toute son intelligence du contemporain, son regard humaniste et son sens aigu du style.
    Edition illustrée et complétée par des cartes des différents quartiers.

  • Le bien dans les choses de Emanuele Coccia Traduit de l'italien par Martin Rueff Editions Rivages Regardez les murs de la ville : ils regorgent d´écrits et d´images qui nous disent comment mieux vivre, comment être nous-mêmes, comment devenir moraux. Pour qui sait la regarder, la publicité est porteuse de la morale publique. Si c´est le cas il faut revenir avec plus de soin sur ce qui relie espace public et publicité. Le premier a mobilisé l´attention des philosophes et des sociologues ; la seconde a attiré la foudre des moralistes. Et pourtant, la publicité exprime la morale à venir. Pour le reconnaître, il faut opérer une véritable conversion du regard : la morale n´est pas renfermée dans le rapport que nous entretenons avec les hommes et les femmes qui nous entourent ; elle est aussi, et pour une grande part, dans le rapport que nous avons avec les choses. Emnanuele Coccia est maître de conférences à l´EHESS. Il est l´auteur de La Vie sensible.

  • Dans la culture occidentale, principe, création et commandement sont des notions étroitement liées. L'archè (l'origine) est toujours déjà le commandement, et le commencement toujours le principe qui gouverne et commande. C'est vrai aussi bien dans la théologie que dans la tradition philosophique et politique, où principe et création, commandement et volonté forment ensemble un dispositif stratégique au fondement de notre société. Les cinq textes rassemblés ici cherchent à désamorcer ce dispositif au moyen d'une enquête archéologique des concepts d'oeuvre, de création, de commandement et de volonté.

  • L'insolence de Mark Twain (1835-1910) c'est celle de la jeunesse. Jeunesse d'une nation, jeunesse d'une langue qu'il aide à forger, jeunesse d'une culture qui conquiert son indépendance. Ce recueil, composé des textes « Comment raconter une histoire drôle », « Le moment crucial de ma vie », les « Journaux d'Adam » et « d'Ève », témoigne de l'expérience d'écriture de Twain avec toute son intelligence et son humour si caractéristique. L'auteur y dépeint ce monde de l'enfance où la langue s'invente et où Twain devient Twain. Ces textes courts, d'un humour mordant, forment une introduction originale à l'oeuvre de Mark Twain et tracent le portrait d'une Amérique en train de naître où tout est encore possible.

  • Un petit guide impertinent, drôle mais très sérieux au fond, à l'usage des mélomanes ordinaires comme des maniaques du disque.

  • Né dans une famille hindoue de caste traditionnellement végétarienne, Gandhi s'abstint donc tout naturellement de viande et de poisson. Cette abstinence, mise à rude épreuve lors de son séjour en Angleterre, se muera en abstention : une décision personnelle et réfléchie de ne pas prendre part à une action. Quoique né végétarien, Gandhi considérera qu'il ne le devint vraiment que le jour où il en décida lui-même, sur le fondement d'arguments moraux qu'il présente dans ce recueil : un devoir de non-violence envers les animaux. Dans la délibération, le végétarisme quitte la sphère obscure du tabou pour entrer dans celle, claire, de la rationalité éthique.

  • Rajacandra (1867-1901) eut un influence décisive sur Gandhi a qui il inspira les valeurs de la non-violence et de la force d'âme. Il livre dans ce texte à la fois poétique et philosophique l'essence de sa pensée, ses réflexions sur le Soi, sa nature intrinsèque et les moyens d'atteindre sa réalisation.

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