Grasset

  • A partir d'une douzaine de « cas », tirés de son expérience de magistrat, Serge Portelli, spécialiste du droit des victimes, raconte ici le parcours chaotique de douze récidivistes. Affaires de vol, de viol et de violence, parfois de meurtre, maladie mentale et addiction de toutes sortes, errances et transgressions, arrestations et condamnations composent les destinées particulières de ces mineurs délinquants ou de ces grands « professionnels », dont les juges, bien souvent, ignorent tout. Ponctuant chaque « histoire » de brèves données, juridiques, historiques ou statistiques, éclairent à leur tour la complexité de la récidive et révèlent l'inadéquation et l'insuffisance des moyens existants.

    « Depuis quelques années, meurtres, viols, agressions sur des mineurs révoltent l'opinion publique et soulèvent une émotion considérable. Or, ces affaires criminelles ne représentent qu'une infime part de la criminalité et de la récidive elle-même. En vérité, la masse des récidivistes est composée d'êtres en déshérence dont la vie n'est plus regardée qu'au travers d'un relevé de condamnations. Paradoxalement, l'indifférence est proportionnelle à la longueur du casier judiciaire. Ce qui devrait alerter lasse. Ce qui devrait intriguer effraie. La répétition de l'infraction semble anesthésier le sens commun. Elle est un lieu de prédilection de la démagogie et du populisme. La diabolisation des récidivistes les enferme dans la fausse uniformité des «monstres», des «irrécupérables», que seule une fermeté sans faille pourrait stopper.

    Ce livre propose d'humaniser le débat, de le dé-diaboliser. De plonger dans la réalité singulière. En essayant de se tenir à égale distance de la naïveté et du cynisme. Surgissent alors de multiples figures de notre société, des figures étranges et parfois inattendues qu'on trouve un peu en cours d'assises mais qui peuplent surtout les audiences correctionnelles de comparution immédiate, lieux peu connus du public. » S. P. (extrait de l'introduction)

  • La machine égalitaire

    Alain Minc

    • Grasset
    • 16 Septembre 1987

    La social-démocratie classique et l'Etat providence, non contents d'être devenus complètement incapables d'arbitrer les problèmes qui leur sont soumis, ont de plus en plus d'effets pervers. Le vieux discours sur la "justice sociale" ne sert, bien souvent, qu'à produire plus encore d'injustices. Ces nouvelles injustices, ces nouvelles inégalités, moins quantitatives que jadis, tournent, le plus souvent, autour de biens immatériels (le temps, la qualité de la vie, etc.) et induisent de nouveaux clivages sociaux. Des remèdes "révolutionnaires" sont donc nécessaires. Avec, au coeur de la thérapeutique, cette thèse qui fera scandale : c'est en faisant jouer les mécanismes du marché qu'on redonnera corps au vieux rêve égalitaire. Alain Minc reste un homme de gauche. Mais un homme de gauche moderne, rompant avec les archaïsmes de sa famille politique.

    Par ses thèses autant que par son itinéraire, Alain Minc fait un peu figure de modèle ou de maître à penser pour les "têtes d'oeuf" de sa génération.

  • éloge du travail

    Jérôme Chartier

    • Grasset
    • 27 Février 2013

    Quand les Français admettront-ils que la seule révolution dont ils ont encore besoin est celle qui transformera notre idéologie et notre législation du travail ?

  • Xavier Lameyre est juge. Il condamne les coupables mais avec mesure, et en demandant des lois humaines. Que ce soit comme enseignant ou comme magistrat, il a vu l'évolution d'une législation toujours plus sévère et toujours plus inefficace. Avec ce livre, il revient sur la politique punitive que mène l'Etat français depuis près de vingt ans.D'une réflexion nourrie par l'expérience et éclairée par des chiffres éloquents, il tire une conclusion alarmante : non seulement ces lois bâclées n'ont aucune efficacité, mais c'est l'Etat qui sort pratiquement et moralement affaibli d'une politique indigne d'une République humaniste.

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