Fayard

  • Ce livre est le récit de mon voyage au pays du pouvoir. Il commence au lendemain de l´abolition de la peine de mort en octobre 1981 et s´achève à mon départ de la Chancellerie, en février 1986. Il y est beaucoup question de justice, parfois de politique. Le temps écoulé rend singulières les passions que soulevait alors mon action. Le cardinal Lustiger m´avait prévenu au lendemain de l´abolition : « On ne touche pas à la mort impunément. » . Ces années de luttes, je les raconte telles que je les ai vécues. Le lecteur ne sera pas surpris d´y trouver, mêlée au récit des événements, l´expression de mes convictions sur ce que devrait être la justice dans la République. De tout ce que j´ai pu réaliser à cette époque, l´essentiel demeure : irréversibilité de l´abolition, suppression des juridictions d´exception, dépénalisation de l´homosexualité, progrès des droits des victimes, ouverture aux citoyens de la Cour européenne des droits de l´homme, amélioration du régime des prisons, et bien d´autres mesures encore. Je n´ai pas non plus dissimulé mes échecs, qu´il s´agisse de la surpopulation carcérale, de la pauvreté budgétaire, ou de convaincre l´opinion que la première mission de la justice est de faire respecter la loi et de garantir les libertés individuelles comme le prescrit la Constitution, et non d´être le pompier de la délinquance, comme on s´obstine à le faire croire. En achevant cet ouvrage, ma conclusion est simple : « Lecture faite, persiste et signe. » R.B.

  • Ce mardi 22 février, au petit matin, une dépanneuse tracte une Peugeot 405 beige hors des flots de l'Yonne. L'habitacle est vide mais la voiture est connue des services de police. C'est celle de Marie-Laure que toute la région recherche.
    Dix jours plus tard, un corps féminin dérive, dos face au ciel. La jeune fille est identifiée et les résultats de l'autopsie révèlent qu'elle a été assassinée.
    Pour cette affaire, comme pour les quatre autres révélées dans ce livre, la police fait appel à deux psychocriminologues afin d'aider ses enquêteurs : Florent Gathérias et Emma Oliveira. Suivant leur rigueur méthodologique sans cesse renouvelée, les deux professionnels ont pour mission de traquer les détails permettant de cerner la personnalité du criminel.
    /> Comment le meurtrier a-t-il opéré ? Qui est sa victime ? Pourquoi elle ? Depuis l'affaire Merah jusqu'à celle du « tueur de l'Essonne », Florent Gathérias et Emma Oliveira lèvent enfin les mystères et fantasmes qui enveloppent leur profession. Une plongée haletante dans la psychologie des criminels.
    Florent Gathérias a créé le service de psychocriminologie de la police judiciaire française en 2009, et Emma Oliveira l'a rejoint en 2012.

  • La robe noire

    Cotta Francoise

    • Fayard
    • 23 Janvier 2019

    La robe noire de Françoise Cotta, avocat pénaliste, a trempé dans les faits divers et le crime pendant des dizaines d'années. Trait distinctif  : elle ne dit pas avocate, mais avocat. Elle a, entre autres, défendu des mères infanticides, des pères incestueux, des pédophiles, des trafiquants de drogue. Pour elle, le vrai sujet, c'est la responsabilité. Femme engagée, elle dénonce particulièrement les errements du tout-répressif et pose un regard sans concession sur la justice spectacle et l'absence criante en prison de soins psychiatriques dignes de ce nom.
    Narratrice à la première personne de sa vie et de sa carrière, celle que le barreau appelle Françoise est l'une des rares à avoir occupé l'espace très masculin de ces audiences. Alors qu'elle a décidé de raccrocher - mais le peut-on vraiment  ?-,elle fait ici le récit de ces histoires criminelles qu'elle a côtoyées et où apparaissent de singulières figures d'hommes et de femmes.
    «  Il y a le métier d'avocat et la vie, écrit-elle, j'aime les déglingués dans les dossiers, pas dans la vie. On a une éthique, heureusement  ! Sinon on devrait être fan de l'inceste pour défendre une personne accusée d'inceste, et il faudrait que l'on soit cocaïnomane pour défendre un trafiquant. Je leur dis souvent  : `'Je ne porte aucun jugement sur vous, je ne suis pas là pour ça.''  »
     
    Françoise Cotta, 67 ans, a revêtu la robe noire en 1980 et fait ses classes au tribunal correctionnel des flagrants délits. Elle ouvre son cabinet en 1983 et devient pénaliste.

  • La guerre des copyrights

    Emmanuel Pierrat

    • Fayard
    • 25 Janvier 2006

    Une guerre inédite s'intensifie depuis quelques années sur le front de la propriété intellectuelle. Car chacun sent bien, l'auteur compositeur comme les Majors de la musique, le petit artisan de l'atelier de couture aussi bien que les industriels du luxe, que si ces droits ne sont pas respectés, c'est à terme à la fin de la création et à la mort de la recherche que nous assisterons.

    Mais cette course à la protection, cette lutte contre la piraterie ne sont pas sans conséquence sur la culture, l'économie, la science, la santé, l'agriculture. D'où le clivage qui s'affirme, chaque jour davantage, entre le droit du consommateur/internaute et celui du créateur. Opposition entre droit à l'information et droit de l'information, droit à la culture et droit de la culture. D'où aussi cette contradiction exacerbée entre pays du Nord et du Sud pour l'accès aux nouvelles semences, aux vaccins, aux traitements médicaux, aux publications savantes.

    Or, rien n'est tout noir ou tout blanc au nouveau royaume du copyright. Ainsi l'artiste qui s'indigne du pouvoir des marques est le premier à recourir aux mêmes instruments pour défendre ses oeuvres Et l'entreprise qu'il fustige se plaint elle-même des redevances qu'elle doit payer pour l'usage de ses photocopieuses, la musique d'attente ou la revue de presse internet.

    En une quinzaine de chapitres, Emmanuel Pierrat dresse un tableau des nouveaux enjeux dont la propriété intellectuelle se fait tour à tour l'instrument ou le révélateur. Le tout chiffres à l'appui, mais avec le talent du conteur d'anecdotes et l'expérience du professionnel qui, sur ce terrain, aura approché ou conseillé des intérêts parfois des plus divergents sur plusieurs continents...

  • Depuis quarante ans, la société française souffre d´une grave maladie : le chômage de masse.Ce mal a suscité une déferlante législative à tel point que le droit du travail apparaît aujourd´hui comme une forêt obscure où seuls les spécialistes peuvent trouver leur voie. Loin de favoriser l´emploi, le Code du travail suscite ainsi un rejet souvent injuste.
    Il faut réagir.
    Il n´est pas de domaine de l´Etat de droit qui ne repose sur des principes fondamentaux. C´est à mettre en lumière ces principes, disparus sous l´avalanche des textes, que cet ouvrage est consacré. Sur leur base, il appartiendra aux pouvoirs publics et aux partenaires sociaux de décliner les règles applicables aux relations de travail, selon les branches et les entreprises.
    Mais rien ne sera fait de durable et d´efficace sinon dans le respect de ces principes. Puisse l´accord se faire sur eux, dans l´intérêt de tous.
    Robert Badinter est professeur émérite de l´université Paris I Panthéon Sorbonne et ancien président du Conseil constitutionnel.
    Antoine Lyon-Caen est professeur émérite de l´université Paris Ouest Nanterre et directeur d´études à l´Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).
    Dessins © Plantu

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