Peinture / Arts graphiques

  • Le portrait dit des Époux Arnolfini a été peint par Jan Van Eyck en 1434 : énigmatique, étrangement beau, sans précédent ni équivalent dans l'histoire de la peinture... Cet ouvrage offre un voyage au coeur de ce tableau, qui aimante par sa composition souveraine et suscite l'admiration par sa facture. Touche après touche, l'auteur décrypte les leurres et symboles semés par l'artiste sur sa toile, à l'image d'un roman policier à énigmes. Alors le tableau prend corps, son histoire se tisse de manière évidente et les personnages qui nous regardent dans cette scène immuable prennent vie devant nous...

  • Giacometti

    Charles Juliet

    Giacometti est l'exemple type de l'artiste aux prises avec les difficultés de la création.
    À la fois dessinateur, peintre et sculpteur, il a édifié l'essentiel de son oeuvre au cours des vingt dernières années de son existence.
    Bien que tragique, sa vision de l'homme n'a rien de désespérée. Ses portraits aux regards effarés et qui interrogent, ses sculptures filiformes expriment certes notre solitude, la douleur d'être, la précarité de notre condition, mais ils affirment aussi avec autorité que la vie est finalement plus forte que tout ce qui la ronge et cherche à l'abattre.

  • La plupart du temps, quand un peintre choisit de traiter un sujet philosophique, il peint un texte. Un texte ou une phrase de ce texte, un moment de ce texte, voire un mot. Comme il est difficile de peindre une idée, il lui faut peindre un clin d'oeil qui dira cette idée à laquelle se résume la totalité de la pensée du philosophe : ce clin d'oeil est un détail, or le diable est dans les détails. Ce qu'il faut voir dans une peinture que je dirai philosophique, c'est le détail qui résume cette philosophie. Pour Anaxagore, c'est une lampe à huile, des légumes pour Pythagore, une cruche pour Socrate et Xanthippe, des larmes pour Héraclite, un rire pour Démocrite, une coupe pour Socrate, une lanterne pour Diogène, une caverne pour Platon, un crocodile pour Aristote, une lancette pour Sénèque, un pain pour Marc-Aurèle, une coquille pour Augustin, ceci pour rester dans les limites de la philosophie antique. De Pythagore à Derrida, via Descartes et Kant, Montaigne et Rousseau, Voltaire et Nietzsche parmi d'autres, en trente-quatre toiles, donc en trente-quatre philosophes, Michel Onfray propose une histoire de la philosophie par la peinture !

  • Józef Czapski (1896-1993) a vécu de nombreuses vies au cours de ses quatre-vingt-seize années d'existence. Il était étudiant à Saint-Pétersbourg pendant la Révolution russe et peintre à Paris durant les Années folles. En tant qu'officier de réserve polonais luttant contre l'envahisseur nazi aux premières semaines de la Seconde Guerre mondiale, il a été fait prisonnier par les Soviétiques. Au camp de Starobielsk, il fut l'un des très rares détenus à avoir échappé au massacre de Katyn, un meurtre de masse ordonné par Staline et mis sur le compte des Allemands. (Voir Proust contre la déchéance et Souvenirs de Starobielsk, chez Noir sur Blanc - et Libretto -, ainsi que Terre inhumaine, repris dans la « Bibliothèque de Dimitri »).
    Czapski n'est jamais retourné en Pologne après la guerre. Installé en région parisienne avec sa soeur et les intellectuels de la revue polonaise Kultura, il a travaillé sans relâche à faire connaître le sort de sa patrie soumise au totalitarisme.
    Czapski était une personnalité publique de tout premier plan, mais c'est la peinture a donné un sens à sa vie. Eric Karpeles, également peintre, révèle la complexité de Czapski, réunissant ici tous les fils de cette vie remarquable.
    Né en 1953 dans l'État de New York, Eric Karpeles est peintre, écrivain et traducteur. Il est diplômé de la New York Arts Students League et membre du Czeslaw Milosz Institute du Claremont McKenna College en Californie.
    Son précédent ouvrage, Le Musée imaginaire de Marcel Proust (Thames & Hudson), a connu un très grand succès tant en anglais qu'en français. C'est d'ailleurs en menant ses recherches sur Proust qu'il a découvert le nom, puis l'oeuvre de Joseph Czapski, pour lequel il s'est pris d'une passion singulière.
    Publié en 2018 aux États-Unis, Presque rien - L'art et la vie de Joseph Czapski fut magnifiquement reçu par la critique américaine, faisant naître un intérêt inédit pour la figure de Czapski à l'étranger. Fort de ce succès, Eric Karpeles vient de faire paraître en anglais, chez Thames & Hudson, une monographie des peintures et dessins de Joseph Czapski : Apprenticeship of Looking (L'apprentissage du regard), 2019.

  • Et si un dessin vous aidait à y voir plus clair ?
    Désirs de renouveau, ambitions refoulées, doutes, inquiétudes... Nous sommes tous confrontés, un jour ou l'autre, à ces indécisions et à ces envies. Mais comment y voir plus clair ? Cet ouvrage enrichi de plus de 80 exercices propose une méthode simple pour vous exprimer et représenter tout simplement sous forme visuelle vos idées, pensées, rêves, etc.
    N'ayez crainte, nul besoin d'être un artiste pour vous approprier ces techniques ! Les auteurs vous fournissent une boîte à outils prête à l'emploi. Vous pourrez l'utiliser aisément au quotidien (pictos, croquis, objets, etc.) pour définir vos valeurs et motivations, cerner vos objectifs, prendre les bonnes décisions. Grâce à elle, vous pourrez enfin vivre pleinement vos rêves !
    Prenez votre vie en main, découvrez ce que vous voulez vraiment et donnez vie à vos projets !

  • «Des mots dans la peinture occidentale ? Dès qu'on a posé la question, on s'aperçoit qu'ils y sont innombrables, mais qu'on ne les a pour ainsi dire pas étudiés. Intéressant aveuglement, car la présence de ces mots ruine en effet le mur fondamental édifié par notre enseignement entre les lettres et les arts. Toute notre expérience de la peinture comporte en fait une considérable partie verbale. Nous ne voyons jamais les tableaux seuls, notre vision n'est jamais pure vision. Nous entendons parler des oeuvres, nous lisons de la critique d'art, notre regard est tout entouré, tout préparé par un halo de commentaires.
    Ce n'est pas seulement la situation culturelle de l'oeuvre, mais tout le contexte dans lequel elle se présente à nous qui est transformé par le titre : la signification de cette organisation de formes et couleurs change tout au long de la compréhension parfois fort progressive de ces quelques mots. La composition la plus "abstraite" peut exiger que nous lisions son titre pour nous déployer toutes ses saveurs, toutes ses vertus.»
    Michel Butor.

  • Avec Bacon

    Franck Maubert

    'Francis Bacon incarne, plus que tout autre artiste, "la" peinture. Il est l'homme le plus extraordinaire qu'il m'ait été donné de connaître. Dans les années 1980, je l'ai rencontré à plusieurs reprises. À Londres, tout d'abord, dans son atelier de South Kensington, puis en diverses
    occasions, lors de ses passages à Paris. Nous conversions aussi parfois au téléphone, tôt le matin. Il parlait en toute liberté, sans tabou, de
    tout et de choses sans importance. Bacon adorait parler, parler l'excitait.
    Je l'observais, l'enregistrais, prenais des notes, rien ne le gênait.
    Rendez-vous dans son atelier, dans les restaurants, les bars londoniens ou parisiens, de jour comme de nuit, à discuter, boire, manger, jouer : ce livre retrace ces moments rares partagés avec Bacon, joyeux nihiliste, et éclaire l'homme exquis qu'il fut, loin de sa réputation de "monstre"'.
    Franck Maubert.

  • Vendu à 2,5 millions d´exemplaires et traduit en 17 langues, cet ouvrage est l´introduction à la pratique du dessin la plus répandue dans le monde.
    Que vous pensiez n´avoir guère de talent, que vous soyez un artiste professionnel ou que le dessin soit pour vous un simple hobby, ce livre vous fera prendre confiance en vos capacités et approfondira votre perception artistique, de même qu´il vous encouragera à développer une nouvelle appréhension du monde qui vous entoure.
    Dans cet ouvrage de référence, Betty Edwards vous offre la clé pour maîtriser l´art du dessin en vous faisant découvrir les cinq compétences fondamentales de cet art : la perception des contours, des espaces, des relations, de la lumière et des ombres, et du tout (gestalt).
    Cette nouvelle édition comprend :
    - une nouvelle introduction ;
    - des mises à jour tirées des études récentes sur la plasticité du cerveau et sur l´avantage de l´acquisition de nouvelles compétences en utilisant l´hémisphère droit (visuel et intuitif) du cerveau ;
    - un nouvel accent sur le rôle de l´apprentissage du dessin grâce aux fonctions du cerveau droit - en réponse au culte grandissant porté à l´hémisphère gauche (analytique et verbal) dans notre société ;
    - de nouvelles reproductions d´oeuvres maîtresses.

  • Explorez une nouvelle approche de l'aquarelle, en abandonnant l'esquisse préalable pour peindre directement au pinceau, sur le vif, avec plaisir.

    Construit à la manière d'un workshop, avec plus d'une cinquantaine d'exercices progressifs, cet ouvrage vous invite à expérimenter l'aquarelle en traduisant l'espace par les formes et la couleur, en masses et en valeurs, et non par des contours ou des règles strictes de perspective.

    Marion Rivolier, dont les magnifiques aquarelles ponctuent le livre, vous invite à une pratique vivifiante.

  • Vous savez tracer un carré, un triangle ou un rectangle ?

    Alors, vous savez dessiner !

    Rough : le dessin en 2 traits 3 mouvements est une méthode d'initiation au dessin qui s'appuie sur un constat tout simple : le corps humain, mais aussi tout ce qui nous entoure, peut être décomposé en formes géométriques élémentaires. La technique que propose Pierre Pochet n'a pas d'ambition académique, mais elle vous permettra de rapidement dessiner de mémoire une expression de visage ou un mouvement du corps, d'élaborer une mise en scène, de créer une perspective ou un cadrage.

    Cette approche du dessin se révèle particulièrement utile pour celles et ceux qui n'ont pas de formation artistique mais qui envisagent une carrière dans un secteur de création : la publicité, le design, le graphisme... mais aussi pour toute personne qui souhaite simplement apprendre à dessiner !

  • Le monde animal est d'une telle diversité que représenter chaque spécimen relève du défi pour un dessinateur débutant.Il suffit pourtant de prêter attention à un petit nombre de caractéristiques, toujours les mêmes, pour obtenir un dessin réaliste quel que soit le sujet observé : le volume global de l'animal, l'articulation de ses membres, comment pattes ou nageoires se rattachent au corps... Pour vous aider à visualiser facilement les points essentiels, tous les modèles sont décomposés en 2 à 5 étapes simples.Pour finaliser votre dessin, diverses techniques vous sont expliquées, qui vous permettront de donner relief et caractère à votre sujet. Laissez-vous simplement guider !

  • Envie de vous essayer à la gouache, mais vous manquez de technique ?

    Vous maîtrisez la gouache, mais vous êtes en panne d'inspiration ?

     

    J'ose la gouache propose 41 défis qui vous aideront à développer votre technique, booster votre créativité et trouver votre style : choisir son matériel, entretenir une pratique régulière, constituer un carnet d'inspiration, jouer avec les contrastes et les couleurs, s'inspirer de la nature et de ce qui vous entoure, mélanger les techniques... Vous passerez ensuite de la feuille au volume, du motif à l'objet grâce aux dernières parties de l'ouvrage : guirlande décorative, cadre ou papier cadeau personnalisés, etc. Quatre créatrices internationales vous livreront leur savoir-faire pour marier la gouache à d'autres disciplines et ainsi réaliser un carnet, un tablier décoré en punch needle, une mosaïque wax et une pochette en cuir.

    Des conseils concrets pour vous lancer et des portraits d'artistes pluridisciplinaires pour trouver l'inspiration.

    Des pas à pas détaillés pour découvrir divers processus de création.

    Des exercices ludiques pour réinvestir vos acquis et vous aider à affirmer votre propre style.

     

    Attention : la version originale de cet ebook est en couleur, lire ce livre numérique sur un support de lecture noir et blanc peut en réduire la pertinence et la compréhension.

  • Klimt

    Serge Sanchez

    "Le goût, c'est bon pour les amateurs de vin et les cuisiniers. L'art n'a rien à voir avec le goût."
    Figure centrale de la Sécession viennoise, Gustav Klimt (1862-1918) est le peintre emblématique de la Vienne fin de siècle, celle de Sigmund Freud, Gustav Mahler et Arthur Schnitzler, tous fondateurs de la modernité européenne. Il fit exploser les normes académiques et permit à l'art autrichien de s'ouvrir à l'impressionnisme et au symbolisme. Il fut aussi l'ami et le protecteur des jeunes expressionnistes Oskar Kokoschka et Egon Schiele. Ornemaniste de génie, portraitiste renommé de la haute société et paysagiste introverti, Klimt, enfin, ne cessa de représenter les métamorphoses de la femme. À la fois classique et scandaleux, il restera comme le peintre des grands mystères de la sexualité et de la mort. Son Baiser vient se placer au premier rang des oeuvres les plus célèbres de l'histoire de l'art.

  • Lorsque l'on débute, on hésite à représenter des bâtiments variés faute de maîtriser les règles de la perspective.Tours, châteaux, ponts, igloos et autres édifices sont pourtant constitués de volumes simples, qui sont simplement déformés quand ils sont soumis aux lois de la perspective. À main levée, vous pourrez reproduire ces effets pour donner à votre dessin un aspect réaliste. Pour vous aider à visualiser facilement chaque principe de construction, tous les modèles sont décomposés en 2 à 7 étapes simples. Pour finaliser votre dessin, diverses techniques vous sont expliquées, qui vous permettront de donner relief et caractère à votre sujet. Laissez-vous simplement guider !

  • Lumineuse et spontanée, l'aquarelle est une peinture dont la simplicité n'est qu'apparente. Laissez-vous guider pas à pas pour choisir le matériel adéquat, apprivoiser l'eau, faire vos premiers pas... Vous expérimenterez plusieurs méthodes indispensables que vous apprendrez ensuite à combiner pour obtenir un résultat unique.Au fil de l'eau et des couleurs, votre sensibilité prendra forme sur le papier et vous saurez tirer parti des multiples surprises que réserve l'aquarelle. Plus de 50 exercices, focus techniques et modèles en étapes vous guideront progressivement... tout simplement.

  • "Comme il arrive qu'un lecteur à demi distrait crayonne aux marges d'un ouvrage et produise, au gré de l'absence de la pointe, de petits êtres ou de vagues ramures, en regard des masses lisibles, ainsi ferai-je, selon le caprice de l'esprit, aux environs de ces quelques études d'Edgar Degas. Ceci ne sera donc qu'une manière de monologue, où reviendront comme ils voudront mes souvenirs et les diverses idées que je me suis faites d'un personnage singulier... Cependant qu'au regard naïf, les oeuvres semblent naître de l'heureuse rencontre d'un sujet et d'un talent, un artiste de cette espèce profonde, plus profond peut-être qu'il n'est sage de l'être, diffère la jouissance, crée la difficulté, craint les plus courts chemins." Paul Valéry.

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    Polygraphe et correcteur d'imprimerie, il collabora pendant vingt ans au Grand dictionnaire encyclopédique Larousse.

  • La figure humaine est réputée difficile à représenter. Elle est d'une très grande mobilité, et il faut tenir compte à la fois de ses proportions et de jeux musculaires complexes pour la dessiner de façon convaincante. Chaque visage est pourtant composé de quelques formes élémentaires et nos traits s'animent selon une logique que vous maîtriserez bientôt pour obtenir un dessin réaliste. Représentés dans des expressions caractéristiques, tous les modèles sont décomposés en 3 à 8 étapes simples.Pour finaliser votre dessin, diverses techniques vous sont expliquées, qui vous permettront de donner relief et caractère à n'importe quelle figure. Laissez-vous simplement guider !

  • Dictionnaire du cubisme

    Brigitte Léal

    • Bouquins
    • 13 Septembre 2018

    En 1928, André Breton, dans Le Surréalisme et la peinture, dénonçait les " pauvres témoignages de quelques scribes " qui s'acharnaient, selon lui, à réduire l'aventure cubiste aux " proportions d'un simple fait divers ou d'un phénomène artistique local ". Près d'un siècle après, si cette aventure a trouvé toute sa place dans l'histoire de l'art, il manquait encore une vision d'ensemble permettant de traiter, sans tabou et en toute liberté, les multiples aspects du continent cubiste.
    Une équipe internationale mêlant grands experts et jeunes chercheurs, issus de l'université ou des musées, apporte un regard neuf sur ce phénomène surgi avec force au début du XXe siècle. Dans le panorama complet et détaillé du monde cubiste qu'offre ce livre figurent les domaines attendus : étapes stylistiques marquantes, noms et oeuvres phares du mouvement. Mais l'ouvrage va plus loin. Longtemps résumé à la création de quatre artistes pionniers - Pablo Picasso, Georges Braque, Fernand Léger et Juan Gris -, le cubisme est ici réévalué à la lumière de ses relations avec les autres formes artistiques : littérature, musique, danse, théâtre, représentées notamment par Apollinaire, les Ballets russes de Diaghilev, Cocteau. Ce dictionnaire explore également ses liens avec les sciences humaines, les arts populaires, la philosophie ou l'occultisme.
    L'ensemble témoigne de la grandeur et de l'actualité de ce mouvement d'art total qui n'a rien perdu de sa vitalité. Une épopée poétique dont l'esprit fut ainsi résumé par Picasso : " Faire des tableaux était moins important que de découvrir sans cesse des choses. "

  • Harmensz van Rijn Rembrandt (Leyde, 1606 - Amsterdam, 1669) Tout chez Rembrandt est un mystère complet, son esprit, son caractère, sa vie, son oeuvre et sa méthode de peinture. Mais ce que nous pouvons deviner de sa nature profonde à travers sa peinture et les incidents triviaux ou tragiques de sa vie malheureuse (son penchant pour le faste le poussa à la faillite), dont les infortunes ne s'expliquent pas complètement, révèle une effervescence de ses idées et de ses sentiments, des impulsions contradictoires émergeant des profondeurs de son être comme la lumière et l'ombre de ses toiles. Malgré cela, rien dans l'histoire de l'art ne nous donne une plus profonde impression d'unité que ses peintures, bien que composées d'éléments très hétéroclites aux significations les plus complexes.
    On a le sentiment que son esprit, génial, brillant et libre, audacieux et ignorant toute servitude, qui le mena aux plus nobles considérations et aux plus sublimes rêveries, jaillissait de la même source que ses émotions. C'est de là que provient cette composante tragique qu'il imprima à tout ce qu'il peignait, quel que fût le sujet. Son oeuvre était donc inégale, car le sublime, qui était le propre d'un homme tel que lui, n'est pas une chose quotidienne.
    C'est comme si cette personnalité singulière, étrange, attirante et presque énigmatique à la fois avait été lente à se développer, ou du moins à connaître sa pleine dimension. Que Rembrandt ait possédé un talent précoce et une vision originale du monde, ses dessins de jeunesse et ses premiers autoportraits des années 1630 le prouvent assez. En peinture, cependant, il ne trouva pas immédiatement la méthode pour exprimer les choses encore incompréhensibles qu'il avait à dire, la technique audacieuse, globale et personnelle que nous admirons dans ses chefs-d'oeuvre de la maturité et de la vieillesse, mais qui, en dépit de sa subtilité, fut jugée brutale et contribua certainement à l'éloigner de son public. Il adopta d'abord un style sophistiqué très similaire à la manière des «Petits Maîtres » de son pays.
    Toutefois, à ses débuts et au temps de ses premiers succès, l'éclairage joua un rôle majeur dans sa conception de la peinture et il en fit le principal instrument d'investigation des arcanes de sa vie intérieure. Il lui révéla la poésie de la physionomie humaine lorsqu'il peignit le Philosophe en méditation, ou La Sainte Famille, si délicieusement absorbée dans sa modeste intimité, ou l'ange Raphaël quittant Tobias. Mais bientôt il exigea plus, et La Ronde de nuit marqua immédiatement l'apothéose de sa réputation. Peu à peu, il évolua en s'éloignant du naturalisme des premières heures et des clairs-obscurs abrupts, arrondissant les angles et se tournant vers un monde plus coloré. Il songea aux grands vénitiens et emprunta leurs sujets pour produire une forme d'art né d'une vie intérieure et d'une émotion profonde. Les sujets mythologiques et religieux étaient traités comme ses portraits. Car tout ce qu'il puisait dans la réalité et même dans les oeuvres des autres, il le transmutait immédiatement en sa propre substance.

    1 autre édition :

  • Ce livre développe une question critique posée et reposée à nos certitudes devant l'image. Comment regardons-nous ? Pas seulement avec les yeux, pas seulement avec notre regard. Voir rime avec savoir, ce qui nous suggère que l'oeil sauvage n'existe pas, et que nous embrassons aussi les images avec des mots, avec des procédures de connaissance, avec des catégories de pensée. D'où viennent-elles, ces catégories ? C'est la question posée ici à la discipline de l'histoire de l'art, dont le développement actuel - la finesse de ses outils, son impressionnante capacité d'érudition, sa prétention scientifique, son rôle dans le marché de l'art - semble autoriser le ton de certitude si souvent adopté par les professionnels de l'art, les savants de l'image. Or, qu'est-ce qu'un savoir lorsque le savoir porte sur ce Protée que l'on nomme une image ? La question exige de mettre à jour la « philosophie spontanée » ou les modèles discursifs mis en jeu lorsque nous cherchons, devant un tableau ou une sculpture, à en tirer, voire à en soutirer une connaissance. Entre voir et savoir se glissent bien souvent des mots magiques, les philtres d'une connaissance illusoire : ils résolvent les problèmes, donnent l'impression de comprendre. Ces mots magiques, Vasari, le premier historien de l'art, au XVIe siècle, en a inventé de fameux, qui traînent encore dans notre vocabulaire. Panofsky, le « réformateur » de l'histoire de l'art, au XXe siècle, les a critiqués dans un sens, à l'aide d'un outil philosophique considérable - la critique kantienne de la connaissance -, mais il les a restaurés dans un autre sens, au nom de l'humanisme et d'un concept encore classique de la représentation. C'est du côté de Freud que l'on a cherché ici les moyens d'une critique renouvelée de la connaissance propre aux images. L'acte de voir s'y est littéralement ouvert, c'est-à-dire déchiré puis déployé : entre représentation et présentation, entre symbole et symptôme, déterminisme et surdétermination. Et, pour finir, entre la notion habituelle du visible et une notion renouvelée du visuel. L'équation tranquille - métaphysique ou positiviste - du voir et du savoir laisse place dès lors à quelque chose comme un principe d'incertitude. Quelque chose comme une contrainte du regard au non-savoir. Quelque chose qui nous met devant l'image comme face à ce qui se dérobe : position instable s'il en est. Mais position qu'il fallait penser comme telle pour la situer malgré tout dans un projet de connaissance - un projet d'histoire de l'art. Ce livre est paru en 1990.

  • L'aventure des Maeght est une saga qui traverse le XXe siècle, ses deux Guerres, ses révolutions politiques, intellectuelles et artistiques, de Moscou à Berlin, de Paris à New York.
     
    Aimé et Marguerite Maeght, le fils d'un cheminot du Nord tué lors des premiers combats de l'été 1914 et la fille d'une lignée d'épiciers cannois sont devenus les amis et les marchands des plus grands artistes : Bonnard, Matisse, Braque, Miro, Giacometti, Léger, Chagall, Calder... Partis de presque rien, ils ont construit la plus importante galerie d'art moderne au monde puis la première Fondation en France, à Saint-Paul-de-Vence.
    Cette histoire unique, Adrien Maeght, leur fils, l'a vécue au plus près, dès sa plus jeune enfance. Editeur, imprimeur d'art, il a partagé l'existence, les joies, les espoirs et les affres de ces artistes. Cette histoire, il la raconte pour la première fois.
     
    Son récit dévoile l'intimité des peintres : la rencontre improbable en 1940 avec Pierre Bonnard et l'affaire du faux testament ; les séances de pose chez Henri Matisse filmées sous la surveillance de la belle Lydia  ; la folle exposition des surréalistes et l'affaire de l'eau bénite de Saint-Augustin  ; les séances de travail dans l'atelier de Georges Braque à Paris, ses courses de vitesse jusqu'à Varengeville, ses balades dans la campagne normande à la recherche de l'inspiration, ses relations orageuses avec Picasso  ; les coulisses de la création de la Fondation de Saint-Paul-de-Vence avec Miro, Chagall, Giacometti et Sert ; l'influence des femmes russes, Nina Kandinsky, Nadia Léger, Vava Chagall...
    Amour, jalousies, amitiés, rivalités artistiques, argent, conflits de succession... Dans ce livre, rien n'est laissé dans l'ombre.

  • Un manuel tout en images pour apprendre aux enfants à créer leur première bande dessinée. Lorenzo Chiavini transmet son savoir-faire d'auteur de bande dessinée pour accompagner les 6-12 ans à chaque étape de conception : les bases du dessin, la création des personnages, du décor, de l'histoire, la composition et la mise en couleurs manuelle ou numérique. Un livre qui se lit cahier et crayon en main pour réaliser les exercices proposés et donner naissance, au fil des pages, à sa propre bande dessinée !
    Attention : La version ePub de ce livre numérique est en fixed-layout. Pour des conditions de lecture optimales, veillez à ce que votre tablette ou ordinateur supporte ce type de format.

  • Voici un ouvrage dont le titre à soi seul est devenu une expression commune. Il est vrai que Michael Fried a posé en des termes tout à fait nouveaux la question : de quand date la peinture moderne? De David, de Manet, de Cézanne, dira-t-on ; les candidats à l'acte fondateur ne manquent pas. Fried pose autrement le problème. Moins qu'aux grandes individualités, c'est à ce qu'elles eurent en commun que l'auteur s'intéresse : le courant nouveau de figuration qui très vite devint la tradition moderne et auquel ces peintres participèrent ou s'opposèrent.
    Cette tradition naît au XVIIIe siècle avec la critique d'art - notamment Diderot - et celle-ci formule une interrogation : quelle place le tableau doit-il réserver au spectateur ?
    De Greuze à David, la peinture refuse la théâtralité. Michael Fried montre les deux moyens que Diderot expose pour combattre la fausseté de la représentation et la théâtralité de la figuration : une conception dramatique de la peinture, qui recourt à tous les procédés possibles pour fermer le tableau à la présence du spectateur, et une conception pastorale qui, à l'inverse, absorbe quasi littéralement le spectateur dans le tableau en l'y faisant pénétrer. Ces deux conceptions se conjuguent pour nier la présence du spectateur devant le tableau et mettre cette négation au principe de la représentation.

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