Tallandier

  • Sonia Delaunay s'est longtemps effacée derrière l'oeuvre de son mari Robert qu'elle vénérait. Mais qui est-elle vraiment ? Moderne, exigeante et visionnaire, du couple Delaunay, la vraie créatrice, c'est elle. Seule femme peintre parmi l'avant-garde du XXe siècle naissant, Sonia souffre toutefois d'une réputation de « touche à tout ». Avec ses tissus imprimés, ses meubles, ses objets, ses vêtements, elle fait vivre sa famille, mais surtout crée l'art d'embellir le quotidien. Généreuse, elle se lie d'amitié avec les artistes majeurs de son époque - Apollinaire, Cendrars, Tzara, Diaghilev, Kandinsky... - qui s'invitent à sa table et avec lesquels elle collabore dans une camaraderie joyeuse et inventive.
    Sophie Chauveau raconte avec passion le destin d'une artiste exceptionnelle, une vie magnifique, bousculée par deux guerres et toutes les révolutions picturales du XXe siècle. De l'Ukraine des shtetls au Saint-Pétersbourg des tsars, en passant par Berlin, Paris ou l'Espagne, voici le destin de celle qui ne vécut, jusqu'à 94 ans, que pour son art.

  • SEPTEMBRE 1901. PAUL GAUGUIN S'INSTALLE AUX ÎLES MARQUISES POUR RÉALISER LE RÊVE DE SA VIE : CONSTRUIRE UNE MAISON ATELIER OUVERTE SUR LA NATURE, PEINDRE, SCULPTER, ÉCRIRE, FAIRE DE LA MUSIQUE... LOIN DE L'EUROPE, IL VEUT RETROUVER UNE VIE LIBRE ET SAUVAGE.

    Envouté par l'austère beauté des Marquises, Gauguin découvre un peuple d'artistes. Ils sont sculpteurs, danseurs, tatoueurs. Mais la colonisation est à l'oeuvre, et Gauguin choisit son camp, celui des indigènes. Il s'engage pour défendre leurs droits et surtout leur culture que les missionnaires combattent. Un aspect méconnu de la vie de Gauguin qui meurt aux Marquises, incompris et seul. La valeur des arts premiers sera reconnue cent ans plus tard.

    Paul Gauguin a fait découvrir les Marquises au monde entier, il les a sublimées dans ses toiles, si bien que, suivant ses traces et celles de Jacques Brel, on reconnaît les paysages familiers de l'artiste : des montagnes bleues, des cascades et des rivières où jouent les enfants, une plage rose où galopent des chevaux, comme si on entrait dans le tableau.

  • Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842) est un véritable prodige : à 13 ans, elle réalise son premier portrait. À 21 ans, elle est déjà célèbre. À 23 ans, elle est appelée à Versailles pour peindre Marie-Antoinette dont elle est, jusqu'en 1789, la portraitiste attitrée et à laquelle, ardente royaliste, elle voue une fidélité sans faille. Jolie, courtisée, admirée, Élisabeth Vigée Le Brun reçoit toute la haute société qui se presse pour la voir peindre dans son atelier. Mariée à Le Brun, marchand de tableaux cupide, elle le quitte en 1789 pour émigrer. Au fil de douze années d'exil, les souverains et les cours d'Europe sollicitent son talent, tant sa réputation est grande. Partout, elle croule sous les commandes. On la célèbre à Rome, Naples, Vienne et Saint-Pétersbourg. Ses tableaux et sa délicatesse en font la meilleure ambassadrice de l'ancienne France. En 1802, elle revient en Paris où, déçue, elle ne retrouve pas l'art de vivre et la société qui avaient enchanté sa jeunesse. Infatigable, elle continuer de voyager, tient salon et peint Caroline Bonaparte. À l'aide de ses Souvenirs (1835-1837), Inès de Kertanguy reconstitue la vie d'une Européenne avant l'heure, amie et portraitiste des reines, qui est aujourd'hui la plus illustre des artistes françaises.

  • Claude Monet a joué sa vie sur le motif. Il a bien failli Frédéric Martinez perdre. Le chef de file des impressionnistes lègue à la postérité l'image d'un artiste heureux parmi ses fleurs, peintre jardinier annonçant l'art abstrait dans son domaine de Giverny. Il fut surnommé le Raphaël des eaux, tant ses jours et ses oeuvres suivent le cours de la Seine. Mais il n'est pas si paisible. Monet eut deux femmes et une seule maîtresse : la lumière. Sa peinture illustre leurs amours passionnés. Cette vie au fil de l'eau vous fera dériver de Londres à Venise, en passant par la Normandie, Paris et la Bretagne, Alger, la Creuse et la Riviera. Vous rencontrerez Georges Clemenceau, Octave Mirbeau, Émile Zola, Jean-Léon Gérôme et ses gladiateurs, des nymphes, quelques fantômes, le père Poly et même un pharaon. Et puis bien sûr des nymphéas, qu'il vaudrait mieux ne pas croiser. Mais c'est une longue histoire.

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