Les Presses Littéraires

  • À la sortie de la regrettée école des Beaux-Arts de Perpignan, diplôme en poche, je travaille quelques années dans des agences de communication en tant que graphiste et illustrateur avant de voler de mes propres ailes au début des années 2000.
    Je viens d'entrer dans ma trentaine et dans le dessin en tant que moyen d'exister.
    Dessinateur, graphiste, photographe et tatoueur : je ne me disperse pas mais je m'intéresse à la création peu importe le support. Avec le temps j'affine ma démarche, de projets en projets et d'expositions en expositions. En une vingtaine d'années, le noir et blanc va devenir ma marque de fabrique, je vais progressivement abandonner la couleur et les dégradés pour une approche de la composition épurée, contrastée, tout en gardant une certaine richesse de trait.
    Mes inspirations sont variées, je lis beaucoup, de tout, depuis mon plus jeune âge : de la bande dessinée « franco-belge » (Druillet, Shuitens, Moebius), des comics (F. Miller, S. Bisley, J. Kirby) , des mangas (M. Shirow, K.Otomo). J'ai aussi dévoré ce que j'ai pu trouver sur l'art contemporain (R. Lichtenstein, A.Tapiès, V. Velikovic) ou sur la peinture romantique et symboliste allemande (K.G. Freidrich, A. Bcklin), le surréalisme (H.R. Giger), l'architecture (T. Ando, N. Foster) et le cinéma (D. Lynch, R. Scott).
    Je lis aussi des livres sans images (M. Onfray, A. Camus, E. Cioran, F.Herbert...) quoique l'esprit donne parfois forme à ce qu'écrit l'auteur, ainsi les images deviennent aussi présentes bien qu'intangibles, oniriques.
    Je visite autant de musées et de galeries que j'en ai l'opportunité, c'est souvent l'unique but de mes voyages.
    Tout cela forme le socle culturel à partir duquel je m'exprime.
    Dans cette série de formats carrés, le dessin de presse est aussi convoqué, dans sa façon extrêmement synthétique de faire passer une histoire, un message en une seule et unique composition, d'être le plus lisible et le plus parlant possible avec parfois une économie de moyen qui ne cesse de me fasciner.
    Le projet Squares est issu d'une expérimentation ludique à l'occasion de la création d'une carte de voeux : un carré, la force du noir et la vigueur du trait : révélation ! Un dessin, puis deux, puis dix : un format et un style qui permettent de dessiner tout ce qui me passe à portée de crayon : actualité, culture, philosophie.
    Ces dessins sont des objets graphiques composites, créés et encrés d'abord sur papier « à l'ancienne » avec crayons et feutres à pigment, puis scannés et assemblés sous Photoshop, processus permettant d'affiner la composition et de retravailler l'ensemble jusqu'à « coller » le plus possible au concept original.
    Aphorismes graphiques ou haïkus mêlant traits et mots, parfois parodiques, parfois ironiques, ces bandes-dessinées d'une case ont plus vocation à questionner qu'à affirmer, en tout cas telle est mon intention.

    Steve Golliot-Villers, septembre 2019

  • On a besoin du dessin. Ne dit-on pas qu'il est la probité de l'art ? Son intégrité re?ète ainsi son créateur. Et il nous ouvre le champ des possibles... Bienvenue dans l'univers allégorique de Steve Golliot-Villers.
    Dans l'absolu, on a presque tous pratiqué le dessin à nos plus jeunes âges ; on en a ensuite tous visionné, dans une recherche perpétuelle d'évasion. Ces ?gures représentatives ou abstraites ont, depuis la nuit des temps, oeuvré à l'expression. Une expression qui se doit d'être libre aujourd'hui, à l'heure sombre où des décapitations peuvent survenir pour un dessin jugé offensant. Notre temps est troublé, fragmenté, symptôme de nos sociétés malades qui semblent de moins en moins réelles. Aujourd'hui plus qu'hier, on a besoin d'un Steve Golliot-Villers.
    [...] Les créations graphiques de Steve sont irrévérencieuses, bourrées de références à la culture (pop ou générale) mais pas que... La religion, l'histoire, la philosophie ou la sociologie sont aussi des domaines qu'il sonde à travers ses dessins, nous conduisant à nous faire ré?échir sur nos états de faits, et nos convictions. Érudit et curieux, Steve sous-titre son livre d'un « idées claires / idées noires », faisant ouvertement référence au travail de Franquin. Comme lui, il utilise le noir et le blanc pour s'épancher, avec un maniement nuancé de la largeur du trait, une souplesse dans les formes, jouant avec les profondeurs de champs et les cadres. Ces couleurs binaires l'épaulent dans l'exploration de son thème de prédilection : la mort... Et l'émanation du renouvellement... Son cycle sans ?n.
    [...]. C. D.

  • Ecorchée vive
    "Mais à quoi pense-t'elle ?" est la question que Suzy Krueger se posa la première fois qu'elle vit une performance de Shibari, l'art traditionel japonais des cordes qui repousse les limites de l'érotisme, à Tokyo. Fascinée par les corps et les expressions des modèles, elle décida de se mettre à leur place en acceptant de se faire attacher à plusieurs reprises, afin de répondre à cette interrogation. Ecorchée Vive regroupe plusieurs textes et illustrations exposant ce qu'il se passe dans l'esprit des modèles une fois que les cordes sont attachées et que le temps s'arrête.
    A Tormented Soul
    "What is she thinking about ?" is the question Suzy Krueger asked herself the first time she saw a Shibari performance, a traditional Japanese rope art that pushes the limits of eroticism, in Tokyo. Fascinated by the models' bodies and expressions, she decided to put herself at their place by getting tied up several times herself in order to find the answer. Ecorchée Vive is a collection of texts and illustrations about what happens in a model's mind once the ropes are tied together and time stops.

  • Né en 1972 à Charleville-Mézières, dans les Ardennes, Olivier Lizot se consacre depuis une vingtaine d'années à la peinture de paysage, à l'illustration naturaliste et à la gravure. Amoureux de nature et d'ornithologie, il réalise dans le début des années 1990, des dessins d'oiseaux à l'encre de chine, inspirés par le journal « La Hulotte ». Il collabore plusieurs années avec les associations naturalistes du Limousin en illustrant de petits ouvrages. A partir de 1999, il réalise ses premiers paysages au pastel à l'huile. Vers 2003, il découvre la peinture à l'huile et poursuit son travail sur le paysage. En 2008, il devient assistant dans un atelier de restauration d'art et se perfectionne sur la technologie du métier de peintre. Pendant trois ans, il peint, en compagnie de trois autres peintres, des portraits de villageois et des paysages de la montagne d'Alaric. Il réalise ses premières gravures à l'eau forte et à l'aquatinte. En 2013, ses paysages, ses scènes d'intérieur et quelques portraits sont exposés pour la première fois à la Galerie 113. Depuis l'artiste y présente régulièrement ses travaux. Aujourd'hui installé dans un petit village du Lauragais, Olivier Lizot se consacre entièrement à son art.

  • Peu importe le style, pourvu qu'il soit mûri. La réflexion est chez Jonnystyle une impérieuse constante qu'il s'exige tant à lui-même qu'au spectateur, et qu'il conjugue à l'aide de mots, de couleurs et de personnages. Pour sa seconde exposition à la galerie At Down, nous le retrouvons une nouvelle fois scénariste d'un monde qui l'a vu grandir, et dans lequel il évolue depuis 1997, celui du graffiti. Du fond et de la forme et ses treize poèmes nous convient dans les profondeurs de son impertinence, nourrie d'analyses cruellement méditées.
    Écrite dans le plus pur et dur respect des règles classiques de la poésie française, cette série se lit telle une typologie des acteurs du mouvement graffiti, aussi pluriels soient-ils : de l'avide collectionneur à l'expert auto-proclamé, du naïf suiveur au caïd déraisonné, de la groupie sans saveur au fils de, autant de portraits donc dans lesquels Jonnystyle distille critiques viscérales et analyses cyniques, enjolivés à coups de figures de style, allitérations et rimes riches. C'est donc sous une forme audacieuse car littéraire, que Jonnystyle choisit d'évoquer non sans passion, la culture dans son intégralité, qui agite ses mains et son esprit. Enveloppé dans le culot qui le caractérise et qui l'a fait connaître début 2005 à Montpellier, Jonnystyle n'accuse pas plus qu'il ne juge, mais pose tout simplement le doigt là où bon nombre d'entre nous n'oserait pas songer : le graffiti dans son ensemble, porté aux louanges et manifestement très en vogue actuellement, est-il un mouvement artistique aussi vertueux qu'il ne le prétend ? L'engouement enthousiaste qu'il reçoit doit-il nous endormir sur l'authenticité présumée que les artistes défendent ? On connaît certes, les formes du graffiti, mais le(s) fond(s), à quoi ressemble(nt)-il(s) ? Outre ce travail plein d'âme, l'oeuvre entière de Jonnystyle est imprégnée de poésie, d'aigre-doux et de clins d'oeil à des références qui s'adressent à tout le monde, jeunes et moins jeunes. Dessins, peintures sur toile de lin, installations et parfois films d'animation composent un univers exclusivement figuratif et qui n'en reste pas moins conceptuel.

  • La marge, ce serait cet espace quasi-scolaire, sur le bord d'une feuille de papier, après une interrogation écrite, qui regorge d'annotations, qui corrige ou rectifie. La marge, ce serait la ponctuation adulte du travail d'un enfant - c'est aussi la place où l'enfant s'exprime, à coup de dessins qui n'ont de sens que pour lui, sur le moment, face à la chose dite ou cherchant à y échapper, et qu'il dissimulera sous le coude au passage de l'adulte.
    Dans le travail d'Alexandra Guillot, la question demeure cependant de ce qui est « à la marge » : le texte ou le dessin ?

  • ... l'idée d'harmonie est justement au coeur de Filiation Commune, l'exposition qui réunit ces deux personnalités artistiques. Unis par les liens familiaux en tant que cousins, enracinés dans la même culture graffiti, façonnés par la chaleur du Sud, Maye et Momies ont beau avoir une génération de différence, ils se comprennent mutuellement, jusqu'à partager avec élégance une même vision de la peinture : l'interaction certes, la sublimation du lieu bien sûr, mais le plaisir avant tout. Déjà invités à l'occasion de festivals (Grenoble, Toulouse, Nouméa), le duo construit depuis une esthétique commune tout en conservant chacun leur propre style. Lorsque les fougues abstraites de l'un fusionnent avec les silhouettes élancées de l'autre, quand le fond se confond avec le premier plan, que le troublant réalisme des scènes et détails épouse un univers défiant les lois de la gravité, la filiation prend forme sous nos yeux, brûlante d'équilibre. Avec eux, pas de hiérarchie, de début ou de fin, d'envers ou d'endroit. Il s'agit simplement d'évidence et de sincérité. Filiation Commune s'adresse ainsi à tous, nous auréolant de bienveillance, dans le simple et pur esprit propre à la culture graffiti. Sabella Augusto

  • Hello Klito

    Gum

    Gum est né en 1976. Réside à Montpellier.
    Il est un héritier de la rue, évoluant dans ce monde avec son unique arme : la bombe.
    Acidulé, Bubble, ludique... le plastique est le point central de sa démarche artistique et le fil conducteur de ces thèmes de prédilection : la pub, la consommation et la surconsommation, le sexe...
    A travers ses oeuvres, Gum redéfinit les codes préfabriqués d'une société à l'agonie. L'ironie lui sert à détourner, chambouler, mettre en exergue les contradictions d'un monde de consommation, d'une schizophrénie sociale, où plus rien n'est à sa place. Et comme notre terre est submergée de plastique, de gaspillage... ses oeuvres aussi. Le plastique y fond à cause du réchauffement climatique, pendant que le monde regarde ailleurs.

  • Smole

    Smole

    Smole, s'est engouffré corps et âme dans le monde buté du graffiti à peine âgé de quinze ans. Sous l'impulsion d'une première génération de tagueurs montpelliérains, des mentors pour lesquels il porte une éternelle reconnaissance, il découvre dès le début des années 2000 son support de prédilection : le train. À partir de ce moment précis, c'est une déferlante de Smole et autres C4, TF1 ou FTW (les noms de ses crew) qui s'abat sur l'Europe : de Rome jusqu'à Barcelone en passant par Bruxelles ou Bucarest, très vite son nom circule tant sur les murs, les wagons que sur les lèvres d'initiés, intrigués. Devenu obsessionnel, quasi compulsif, le graffiti revêt alors chez lui l'apparence d'une addiction vagabonde, lui offrant tour à tour des amitiés mais aussi les inexorables sirènes judiciaires. Pour cette exposition personnelle, Smole a concentré toute son énergie à magnifier l'univers du rail qu'il connaît si bien. Récemment installé à Sète, une ville de tout temps aimé des artistes, il s'est livré à la récupération d'objets et de matériaux trouvés ci et là sur les voies ferrées des alentours. Sélectionnés, ces objets reçoivent une seconde vie grâce aux lettrages et autres pérégrinations artistiques de ce grand gosse de 34 ans. " Rail 'n' Peace " est ainsi la preuve de la sincérité de la démarche de Smole. Une marque d'affection pour un univers d'initiés, le témoignage d'un vécu long d'une vingtaine d'années et qui n'est pas prêt de cesser. Car Smole mange et dessine, respire et tague, dors puis va peindre. Avec grande humilité.

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