Fayard

  • Une jeune fille rêve près de la fenêtre. Le jour entre à flots, caresse les surfaces, épouse les reliefs et dore son visage... Dans cette intimité ouverte et recluse à la fois, les murs et les êtres reçoivent, comme une grâce, l'ondoiement de la lumière, et tout évoque un ailleurs dont le chemin s'est perdu. En un mot, le monde est beau. C'est l'unique leçon de Vermeer. Encore faut-il ouvrir les yeux... Mais comment faire ? Comment regarder ce qu'en général nous voyons sans y prêter attention ? Ou comment voir ce qu'ordinairement nous regardons sans y penser ? En donnant la parole à ces éducateurs du regard qui empruntent le chemin de la connaissance pour en venir à la simplicité même. Au bout du savoir, c'est l'évidence qui nous attend. Et la saveur inaltérée d'un monde stupéfiant, lumineux et serein : le nôtre. Jacques Darriulat a enseigné la philosophie en classe de Lettres supérieures au lycée Henri IV, à Paris, puis la philosophie de l'art à la Sorbonne (Paris-IV). Il est l'auteur d'un site consacré à la philosophie : www.jdarriulat.net Raphaël Enthoven enseigne la philosophie autant que possible, sur toutes les estrades qu'on lui prête. Le goût de transmettre lui vient (entre autres) des cours de Jacques Darriulat dont il fut l'élève en hypokhâgne.

  • Gauguin

    David Haziot

    • Fayard
    • 18 Octobre 2017

    Son oeuvre mise à part, la vie de Paul Gauguin est un extraordinaire roman. Le Pérou, Orléans, Copenhague, Paris, la Bretagne, Arles, la Méditerranée, le Brésil, le Chili, Panama, Cap Nord et Cap Horn, la Baltique, la Martinique, la Nouvelle-Zélande, Tahiti, les îles Marquises... Combien d'hommes au xixe  siècle ont pu errer ainsi sur la planète à la recherche d'eux-mêmes  ? Et ses ascendances ne le cèdent en rien à la géographie, un aïeul vice-roi du Pérou, une arrière-grand-mère intime de Simon Bolivar, une grand-mère féministe et révolutionnaire, Flora Tristan, un père au coeur battant de la Révolution de 1848, tant de figures croisées, George Sand, Pissarro, Degas, Manet, Seurat, Émile Bernard... Et le face-à-face tragique avec Van Gogh. Lui-même officier de marine, fusilier marin, boursier, conspirateur, père de famille nombreuse au destin tourmenté, peintre, sculpteur, journaliste, écrivain. Personnage hors normes, dont les ombres ne seront pas estompées. Le roman vrai conté ici défie parfois l'imagination.
    Gauguin fut aussi un créateur puissant, majeur, lent à s'épanouir, dont l'oeuvre irrigue le xxe  siècle et notre avenir, car il comprit le premier en pleine clarté les racines inconscientes de la beauté et ouvrit l'art occidental à l'imaginaire des autres peuples et civilisations. Un artiste-monde qui chercha à agréger toutes les formes héritées des hommes pour donner des éclats de lumière neufs.

  • Elle se voulait libre d'aimer et de peindre en un temps où seuls les hommes pouvaient prétendre à mener une vie de bohème. Qui était donc cette Suzanne Valadon, qui, au début du siècle, brave préjugés et interdits par amour de son art ? Au-delà de tout scandale, sa vérité à elle tenait en un seul mot : la peinture. De ce désir de vivre pleinement et sans entrave naquit en effet - et quel qu'en fût le prix à payer pour elle et ses proches - une oeuvre puissante et singulière trop méconnue aujourd'hui. Pourtant, il n'est pas de livre sur le Montmartre de la Belle Epoque qui ne parle de « Suzanne la folle » de la « mauvaise mère » d'Utrillo le maudit. Les biographes de Toulouse-Lautrec ou d'Erik Satie évoquent la maîtresse du peintre ou du musicien. Mais, à ce jour, en dehors de quelques monographies, aucun ouvrage ne lui était entièrement consacré : Suzanne Valadon n'existait qu'à travers les hommes de sa vie. La présente biographie romanesque vient réparer cet étrange oubli.

  • A cinquante ans, Henri Rouart (1833-1912) mit un terme à sa carrière de grand industriel pour se consacrer à la peinture, à ses collections et aux expositions impressionnistes où son rôle d´exposant et de mécène fut considérable. Ami de Degas, son condisciple au Lycée Louis-le-Grand, il le retrouva des années plus tard, pendant la guerre de 1870, lorsqu´il devint son capitaine. Ils restèrent liés toute leur vie. De son côté, la peintre impressionniste Berthe Morisot, modèle d´Edouard Manet, épousa son frère Eugène. Elle eut une fille unique, Julie, qui épousa un fils d´Henri Rouart, Ernest, élève de Degas. Proche de Mallarmé, Berthe côtoyait Renoir et Degas et recevait souvent ses nièces Paule et Jeannie Gobillard, la future épouse de Paul Valéry.  Le salon d´Henry Lerolle, dessinateur et grand amateur de musique, était fréquenté par les artistes les plus célèbres. Il était très lié à son beau-frère Ernest Chausson et fit une rencontre décisive avec Debussy dont il devint le mécène. Ses filles Yvonne et Christine furent les fameuses Jeunes filles au piano de Renoir, et les modèles de Degas. Yvonne épousa Eugène Rouart, fils d´Henri, ami de Gide qu´il inspira dans son oeuvre littéraire. Christine épousa elle aussi un fils Rouart : Louis. Membre-fondateur de la NRF, critique d´art et éditeur de Maritain, il transmit son amour dévorant pour les mots à son petit-fils Jean-Marie Rouart, le journaliste, écrivain et académicien.
    Dans cette histoire de famille racontée avec brio , David Haziot retrace une époque et des destins exceptionnels, brisés parfois par le malheur ou l´ombre tutélaire d´un père trop influent.

  • Voir Manet

    Frédéric Vitoux

    • Fayard
    • 3 Janvier 2013

    Dans cet essai passionné et vagabond, Frédéric Vitoux, obsédé depuis des décennies par le peintre d´Olympia ou du Déjeuner sur l´herbe, explore les secrets de cet homme dont ses proches aimaient l´ « âme ensoleillée » mais qui cachait, barricadait même en lui tant de sombres secrets, sous une apparence irréprochable de grand bourgeois. Il interroge surtout son oeuvre si étrangement somnambulique qui mettait en fureur ses contemporains et qui n´a cessé, depuis, de déconcerter ses admirateurs. Voir Manet ! Tout est là...

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