Editions P.J Varet

  • Variations

    Guy Savel

    Variations, textes poèmes et collages de Guy Savel.

    « Pendus aux murs, les tableaux attendent le curieux, l'amateur, le collectionneur, le critique, la vieille fille refoulée, le poète égaré, le journaliste commis d'office.



    Assis sur le seuil de la galerie, l'artiste attend la reconnaissance qui tarde à venir, la gloire illusoire, éphémère et problématique. L'artiste attend la fortune. Il rêve aussi aux tableaux qu'il peindra plus tard, lorsque l'expo sera finie et qui surclasseront tous ceux qu'il a brossés jusqu'alors.




    Au beau milieu de son cadre, chaque tableau fait le beau et soigne son image irrémédiablement figée dans le vernis d'une oeuvre paradoxalement en perpétuel mouvement.




    Au rez-de-chaussée, les optimistes de la première période profitent d'un rayon de soleil pour raviver leurs couleurs, rehausser leur tonalité. Ils chantent comme le fit l'artiste au soir d'une vente rondement menée puis dépensée. Dans leur coin, les oeuvres de jeunesse s'alanguissent et exhalent leur nostalgie.




    Au mur du fond, sur de grandes toiles, gronde la révolte du peintre. Les cadres trop étroits au bord de l'éclatement.




    A l'étage, le pessimisme des années douloureuses suinte et étale sa palette froide et verte et bleue. Sombre comme une crise boursière.




    Sur la table du vernissage, une nappe, un bouquet, quelques verres, deux ou trois bouteilles attendent les invités que le peintre accueillera avec empressement et ravissement. Il répondra fébrilement à leurs questions embarrassantes, remerciera aux compliments douceâtres, serrera les mains amies et les autres.




    Assis sur le seuil de la galerie, l'artiste attend l'inauguration de sa rétrospective. Il s'est peigné pour ne pas effrayer la chance si elle venait à passer...




    L'expo va boucler ses portes ouvertes presque en vain. Peu de curieux se sont dérangés, le maire ne s'est pas fait représenter, ni excuser. Le journaliste est allé traquer le scoop ailleurs. La renommée ne dépassera toujours pas le cercle des fidèles amis de plus en plus clairsemés.




    Après avoir décroché ses toiles, jeté les roses fanées, mis la clé sous la porte, le peintre s'en est allé se saouler au bistrot d'à côté qui, lui, ne désemplit jamais ».

  • La liberté est un collage - Hommage à Jiri Kolar
    Edition intégrale au format ebook de l'ouvrage « La liberté est un collage - Hommage à Jiri Kolar »parut en 2012 (version papier : format 21x28 cm, 96 pages dont 60 reproductions couleurs de 60 artistes différents)

    Présentation

    Entreprendre une biographie de Jiri Kolar c'est déjà rassembler les fragments d'un gigantesque découpage, tant sa vie semble constituée de rencontres improbables et de trajectoires croisées (chiasmage). C'est également questionner les divers Fragments, selon la méthode préconisée par Jiri Kolar lui-même : découper ce n'est pas détruire, disait-il en substance, mais interroger. C'est encore saisir toute l'ironie d'une telle entreprise : peut-on raisonnablement rapporter en un livre l'essentiel de la vie d'un artiste qui l'a justement consacrée à découper des milliers d'ouvrages ? C'est enfin méditer sur les traces et détours du langage lui-même, dont on ne dira jamais assez l'importance qu'ils revêtent pour les collagistes : l'enfer, disait-il encore, consisterait à remettre en ordre tous les morceaux des livres que j'ai découpés. Le poète qu'il était ne pouvait pas ignorer que "l'enfer" est aussi le terme désignant cette partie d'une bibliothèque nationale où sont rangés les ouvrages à ne pas mettre entre toutes les mains...surtout pas celles des collagistes, même de celles et de ceux qui lui rendent hommage à travers cet ouvrage...

    Bertrand Athouel

  • Equilibres fragiles de Christian Gastaldi. Collection art du collage et poésie.



    Et si la seule recherche qui vaille la peine dans la vie était celle du balancement d'une phrase.
    Si l'une des facettes les plus brillantes de la beauté était une succession visuelle de sons rythmés.
    A l'origine peut-être ses sons étaient des mots d'une langue étrangère. Leur sens importait peu, mais le rythme... Tout était là !
    Alors, libre devant la toile blanche, traduisant pour les yeux l'émotion de l'oreille, on peut crier ses démons intérieurs et rythmer les écrits. Découper les mots, accrocher les signes le long de déchirures, s'inventer une poésie graphique. Une mélodie de signes.
    Evidente.
    Il reste des éblouissements, le goût des couleurs et des contrastes forts. Libertaire, avec la mer pour horizon, Sète vous pousse à découvrir le monde. Ainsi, après des études menées pour vivre et travailler à l'étranger, les installations au Zimbabwe, en Hollande, Brunei, Argentine, Angola, Azerbaïdjan... furent ses 'liquides nourriciers'. En 2005, le projet artistique devient une absolue nécessité et démarre sans avoir fait les Beaux-Arts. Les ateliers se créent et se déplacent : Levallois, Luanda, Frontignan, Courbevoie, Bakou...
    Depuis 2010, Gastaldi travaille à partir d'affiches déchirées, récupérées sur des lieux d'affichage sauvage.
    Ce livre est une introduction à cette partie de son travail.

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