Editions L'Harmattan

  • Quelle place existe-t-il pour des vandales devenus stars du marché de l'art ? Banksy, artiste emblématique du mouvement street art, semble bien décidé à détruire tous les repères du monde de l'art. Entre actions coups de poing et délinquance, quel est le véritable visage de cet artiste à l'identité toujours inconnue ? Ce livre s'interroge également sur la portée et le sens de sa démarche. Que signifie son engagement anticapitaliste alors que ses pochoirs se vendent des millions d'euros dans les ventes aux enchères ? Banksy est-il devenu un simple produit de consommation ?

  • Comptant parmi les peintres les plus importants de sa génération, Foujita Tsuguharu (1886-1968) fut un artiste hors norme. Un homme entre la France et le Japon, et dont il est difficile, aujourd'hui encore, de cerner toutes les couleurs et les nuances. S'appuyant sur des documents et des témoignages parfois inédits, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur sa personnalité complexe, sur ses idées et son univers artistique, à la fois originaux et hybrides.

  • La pratique picturale de He Jiaying nous place face à un paradoxe esthétique : en dépit de sa dimension hétérotopique, l'oeuvre de cet important représentant de la peinture en gongbi peut-elle être considérée comme une oeuvre contemporaine ?
    Or, en quoi consiste au fond le contemporain ? Pouvons-nous le considérer comme le produit de l'évolution d'une tradition qui se renouvelle toujours dans le présent ? Ou encore comme le qualificatif désignant une nouvelle norme artistique et actuelle relatif au monde de l'art ? Le contemporain n'est pas une chose que l'on montre. Il se montre lui-même dans les présences qu'il habite parce qu'il échappe justement à la représentation. De fait, il est une expérience et se vit comme telle. Dans sa quête de spontanéité, nous l'appréhendons dans un présent toujours en fuite. De sorte qu'en dehors du temps, ou temps d'entre les temps, il relie les différentes temporalités qui construisent la continuité chronologique. En cela, il n'y a rien de caché. Ou plutôt, ce qui se dissimule dans les oeuvres est ce quelque chose que l'on ne voit pas mais à quoi on est sensible. C'est le trouble que nous renvoie la sensation étrange d'un temps hors du temps.

  • Caricaturiste, auteur de bandes dessinées, peintre, illustrateur, Feng Zikai (1898-1975) est considéré comme l'inventeur d'un genre artistique nouveau, le manhua, néologisme chinois emprunté au japonais (manga) dans les années 1920. Il demeure profondément attaché à l'héritage de l'encre et du pinceau du lettré. Grand amateur de poésie, il élabore une caricature au style sobre et naïf, empreinte de lyrisme et d'humour, inspirée de modèles occidentaux et japonais et à laquelle il confère une identité chinoise.

  • Entre 1768 et 1825, Jacques-Louis David tient un atelier formant à la peinture d'histoire, où quatre cent cinquante jeunes gens se pressent durant plus d'un demi-siècle. Parmi eux, vingt-six femmes dont établir l'identité est une gageure tant "l'atelier féminin" de David est protéiforme et changeant. Simples élèves, collaboratrices ou encore inspiratrices, les artistes réalisent nombre d'oeuvres, ouvrent des ateliers d'enseignement et exposent pendant plusieurs décennies au Salon où elles sont en compétition avec leurs collègues masculins. Ainsi Guillemine Benoist et Anne-Louis Girodet, parmi les plus brillants élèves de David, s'aventurent à présenter au public les portraits du Citoyen Belley (1797) et d'Une femme noire (1800), oeuvres en miroir, atypiques et virtuoses, représentant des modèles noirs.

  • Lors du séminaire du 11 mai 1966 Jacques Lacan évoque Les Ménines de Vélasquez comme support iconographique de son cycle d'étude sur la remise en question du statut de l'objet par l'expérience analytique. Au cours du séminaire suivant, Michel Foucault qui vient de publier Les mots et les choses est son invité surprise. La confrontation des deux maîtres du structuralisme s'annonce comme une joute oratoire titanesque. Le surréaliste contre le constructiviste. Quelle affiche !

  • L'art africain bénéficie depuis quelques années d'un regain d'intérêt en Occident. Mais les pays africains n'en profitent pas tous également. Le Burkina Faso, qui est resté longtemps en marge de cette évolution, assiste aujourd'hui à l'émergence d'un véritable milieu de l'art. Ce livre, après l'analyse des conditions de cette évolution, se propose d'esquisser un état de la création contemporaine dans ce pays à travers la présentation de quelques artistes et de leur démarche.

  • Le propos de l'auteur étant lié à l'idée que même le plus abstrait des concepts peut être traité par l'image et que, autant que les mots, le tableau, la peinture, la représentation plastique peuvent être signifiants et démontrer ainsi la force de la peinture.

  • Edmond Astruc est né en 1878 à Marseille, ville dont il fera son principal modèle. Il a dix ans lorsqu'il signe son premier dessin. Élève de l'école des Beaux-Arts de 1892 à 1906, il expose, cette année-là, Carrières d'argile à Saint-Henri, toile où il affirme d'emblée le pouvoir de la couleur et son attirance pour le fauvisme. La carrière du peintre, passionnée d'aviation, est lancée. Elle est retracée dans ce très bel ouvrage, qui s'appuie sur de nombreuses reproductions et citations de l'artiste.

  • Aloïse Corbaz, née en 1886 à Lausanne, a été internée de 1918 jusqu'à sa mort en 1964. C'est dans un cadre et dans ces circonstances, à l'asile de la Rosière, qu'elle a réalisé l'ensemble de son oeuvre picturale. Cette oeuvre, d'abord élaborée dans le secret à partir de moyens très rudimentaires, comprend pas moins de 2000 pièces : dessins à simple ou double face, cahiers, rouleaux de papier. Aloïse est à juste titre considérée comme l'une des plus importantes figures de l'Art Brut.

  • À l'aube des Temps modernes, de nombreux théoriciens de la peinture ont signalé une crise dans l'ordre de la représentation. L'histoire nous dit que la destruction de la tradition commence pendant cette période, avec pour conséquence philosophique principale le désenchantement des anciennes croyances, des vieilles idéologies et, à terme, l'émergence du « Sujet ». Comment ce processus se produit-il donc concrètement dans la peinture ?

  • Prendre les peintres aux mots, c'était, dans des face-à-face, tenter d'écarter le caractère circonstanciel et le cadre convenu qui enserre la production proliférante des textes qui poursuivent des buts mercantiles ou de communication. Le dit des peintres énonce un savoir ou des formes de connaissance, que ne détiennent pas les esthéticiens ou les historiens d'art. Cet ouvrage recueille les témoignages de Claude Briand-Picard - Bernard Cousinier - Dominique De Beir - Monique Frydman - Speedy Graphito - Jean Le Gac - Florindo Nanni - Aurore Pallet Paul Rebeyrolle - Florence Reymond.

  • "L'oeuvre de Chizuko Asano est un lieu où naissent des fleurs dansantes, des nuées flottantes, des éclats étoilés et des particules picturales qui semblent subir la capture d'un arrêt sur image d'une multiple saisie des sphères dans le temps." Fatima Guemiah

  • Recevant le mot d'ordre général de « rester à la maison », l'auteur s'est lancé au jour le jour dans une série de longues aquarelles, vivantes et gaies, d'abord inspirées
    par le logement lui-même puis par d'autres lieux plus proches de la nature. Bientôt s'est fait sentir le besoin de mouvement, remettant en mémoire d'autres expériences de plus en plus anciennes. La série se termine avec l'ouverture des parcs, fermés au public pendant cette mémorable période. Ces aquarelles du printemps 2020 sont complétées par diverses réactions reçues en temps réel de correspondants situés au même moment à Paris, ailleurs en France, et jusqu'en Chine.

  • La précarité aujourd'hui prend de plus en plus de place dans notre vie quotidienne. Elle place celui ou celle qui la subit dans un état incertain, une situation instable ou un temps indéterminé. Comment le graphiste peut-il abandonner ses moyens traditionnels et être un pilier incontournable pour agir et faire avancer la société ? Quel est le sens des actions graphiques menées autour, dans et à partir des espaces précaires, surtout quand il s'agit de collaboration directe avec ses habitants ? Dans quelle éthique la relation entre le graphiste et ces personnes doit-elle s'envisager lors de la construction d'un travail collaboratif ?

  • Une concordance des temps s'établit grâce au calendrier de certaines expositions parisiennes, entre 2017 et 2019, conduisant à une concordance picturale, à laquelle l'auteure est attentive. Elle évoque différentes origines de l'abstraction en peinture. Le propos accorde une place importante à Claude Monet, retrouvé par de nombreux artistes et certains critiques américains. Avec Meyer Schapiro et Robert Motherwell, autant que par Kazimir Malévitch, sont introduites des dimensions historiques et politiques. La référence à Ludwig Wittgenstein philosophe, devenu ponctuellement architecte, renforce ce retour réflexif sur le parcours d'une artiste abstraite néo minimaliste. De l'Antiquité à aujourd'hui, dans certains lieux d'Occident et d'Orient, émergent des chemins teintés de biographie.

  • Si traditionnellement la peinture recouvre une surface en deux dimensions dans les limites du cadre, le tableau lui se produit dans la réalité de l'espace qu'il occupe. Ainsi, quand la peinture déborde du tableau et crée un espace physique continu en dehors du cadre ou s'articule avec d'autres médiums, elle se déploie dans l'espace réel et le spectateur se retrouve non plus devant la peinture mais bien dans la peinture.
    Les paroles des peintres réunies ici reviennent sur les processus qu'ils mettent en oeuvre pour sortir la peinture du tableau et l'habiter.

  • Mary Beale (1633-1699) est la première femme peintre professionnelle en Angleterre. Son activité de portraitiste fut l'unique source de revenus de la famille. Les carnets de notes de son mari Charles nous invitent au sein de la vie artistique et domestique du couple, rythmée par les séances de pose et les tracasseries financières. A travers Mary et Charles Beale, leurs amis et leurs clients, c'est l'histoire esthétique de l'Angleterre au 17e siècle qui se dessine.

  • Le tatouage devient de plus en plus un fait de société. Mais pourquoi un tel geste ? Redécouverte de soi ? Détournement ? Retour aux sources ? Le tatouage comporte un aspect paradoxal qui donne l'illusion de la transparence à travers des motifs souvent explicites alors que le secret sous-jacent reste inaccessible au plus grand nombre.

  • Le Beatus de Gérone (975) cristallise un moment clé de l'histoire espagnole et européenne puisqu'il naît de l'Espagne des trois cultures (judaïsme, islam, christianisme y coexistent 8 siècles durant). Il s'agit d'une copie du Commentaire de l'Apocalypse - l'Apocalypse de Jean. Cette étude se propose d'articuler la formalisation de certains idéaux politiques et religieux à travers l'analyse picturale des miniatures qui ornent le manuscrit. Ce travail d'analyse est développé à la lumière du contexte historique qui voit l'émergence de la peinture Mozarabe dont le Beatus de Gerone est un éclatant exemple...

  • Ce livre porte sur l'analyse des évolutions des arts plastiques et de la réflexion esthétique des artistes du Bengale entre 1939 et 1977. C'est à la lumière des faits marquants politiques, sociaux et culturels que traverse alors cette partie du sous-continent indien que s'est effectué cet examen des productions artistiques.
    Décomplexée par rapport à son héritage colonial, empruntant librement à la modernité occidentale tout comme à l'art populaire bengali, apparaît une génération de créateurs soucieux de revendiquer à la fois sa spécificité et son appartenance au monde contemporain.

  • Roman Opalka, peintre contemporain, soutient depuis 1965 une démarche picturale " extraordinaire " à plus d'un titre. Elle donne lieu à une oeuvre qui, au niveau du discours sur sa raison d'être est, pour le peintre, indissociable de sa vie d'artiste. Cette démarche, cette oeuvre, ce discours où oeuvre et vie se confondent, posent des questions qui concernent le champ de l'art. Mais ils s'avèrent aussi d'une aide précieuse pour reconsidérer des problèmes toujours débattus en psychanalys, en particulier ceux de l'élaboration psychique du trauma ou de son rôle dans la création.

  • Dans le recueil d'articles qui constituent ce livre, le critique d'art new-yorkais Raphaël Rubinstein associe dans un même regard, dans une même actualité, l'art français et l'art américain (anglo et hispano-américain). De Rancillac à Julio Gala,, de Jonathan à Noël Dolla, de Shirley Jaffe à Miguel Angel Rios, il tisse les éléments d'une interrogation phénoménologique à la fois passionnée et raffinée sur l'essence de la peinture et, plus généralement, sur le sens de notre besoin d'arts visuels...

  • En 1931, le jeune Fernand Poncelet, boucher d'un petit village de France, apprend la mort d'Octave Morillot, un peintre des îles de Polynésie dont l'oeuvre le passionne. Cherchant dès lors à rentrer en contact avec tous ceux qui ont connu le peintre, le jeune boucher va entretenir une correspondance avec académiciens et écrivains célèbres afin de perpétrer la mémoire de celui qu'il a tant admiré. Leur correspondance ici restituée offre une pittoresque galerie de personnages de ce siècle. A la fin de sa vie, et à sa grande surprise, Poncelet est devenu le premier expert reconnu du peintre Morillot.

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