Religion & Esotérisme

  • «  Jusqu'à sa disparition en 2010, maître Isogushi enseignait au dojo d'Ishen dans le sud du Japon. Son enseignement comportait deux disciplines inséparables  : pour le corps et pour le mental, la transmission de l'ensemble des arts martiaux traditionnels  ; pour l'âme et pour l'esprit, un guide nouveau pour la conduite de la vie. On ignore combien d'élèves forma maître Isogushi, venus des cinq continents, et il ne reste de cet enseignement que les notes de cours prises par mon vieil ami Emiliano Zapoga dit «  le Mexicain  », ici rassemblées.   Le maître a voulu que ses propos soit autonomes, tout en formant un modèle éthique complet, utilisable de manière concrète par n'importe quel homme ou femme. A quoi j'ajoute jeune adulte qui cherche une conduite à sa vie  ».
     
    Ainsi commence cet extraordinaire ouvrage de Patrice Franceschi  : une «  éthique  » personnelle, forgée au fil des années par l'auteur, entre ses études approfondies de philosophie à la Sorbonne, sa passion pour les stoïciens  ; et sa pratique des arts martiaux, de l'engagement et de la lutte, depuis l'Afghanistan jusqu'au kurdistan syrien... Ce «  petit manuel de combat  » rassemble 327 courts chapitres, mélodieux, philosophiques, universels. Ici une brève parabole  ; là un aphorisme surprenant  ; ici encore, un paradoxe. Chaque ligne étonne, secoue, oblige. C'est à la fois une éthique  ; un manuel de haute tenue pour une époque où rien ne semble tenir, et nous tenir. Et la recherche d'une voie, à l'évidence humaniste, poétique - à la manière d'un Kipling écrivant à son fils.
    Romancier, explorateur, baroudeur, Patrice Franceschi est aussi un passionné de sagesse, une sagesse active, vive, enthousiaste - il nous offre ici le plus beau des traités, dans une langue nette et forgée par le temps.
     

  • Les discours religieux fondamentalistes actuels expriment une obsession croissante de la pudeur des femmes. Réduite aux parties de son corps susceptibles d´éveiller le désir, la femme est « génitalisée » à outrance. Faut-il alors couvrir sa nudité ? Faut-il la renvoyer à son destin : le voilement ?Delphine Horvilleur analyse successivement les sens de la pudeur et de la nudité, l'obsession du corps de la femme et sa représentation comme "être orificiel" pour proposer une autre interprétation de la tradition religieuse. Elle met à mal les lectures qui font de la femme un être tentateur, et de la pudeur l'instrument de sa domintation. Ainsi nous montre-t-elle comment la nudité recouverte d'Adam, d'Eve ou de Noé, renvoie à une culture du désir et non à une volonté de le tuer. Comment le voile est à l'origine destiné, non à rejeter, mais à approcher l'autre. Comment le féminin concerne aussi les hommes qui endossent, dans la prière et la pratique judaïques, les attributs des femmes et du maternel. On découvre alors, dans cette plongée au coeur des grands monothéismes, un autre visage de la femme, de la pudeur, et de la religion.

  • A l'heure des replis communautaires et des identités figées, que signifie appartenir et transmettre ? Contrairement à ce qu'affirment tous les fondamentalismes, la transmission d'un héritage ne doit pas être une réplication à l'identique. Elle dépend d'une infidélité partielle, garante de surgissements inattendus, aujourd'hui comme hier. Mariant filiation et rupture, la tradition juive ne se renouvelle qu'en étant bousculée et nourrie par sa rencontre avec d'autres ; cela implique l'ouverture à l'Etranger, ainsi que l'ouverture au Féminin. Cet ouvrage est donc d'abord un plaidoyer pour une « religion matricielle » qui, à la manière d'un utérus, est un lieu de fertilisation. Les textes sacrés eux-mêmes y sont fécondés par des lectures inédites. Illustrant brillamment cette vision ouverte de la religion, Delphine Horvilleur revisite, loin des interprétations convenues, quelques épisodes fameux de la Genèse, notamment Adam et Eve, Caïn et Abel, l'histoire biblique des premiers parents et des premiers enfants de l'humanité. Elle montre aussi sa capacité à repenser les grands problèmes contemporains à partir de la tradition rabbinique. Trois thèmes sont successivement abordés : Comment, selon le judaïsme, se fabriquent un parent, une identité et un désir, c'est-à-dire la possibilité d'enfanter l'avenir. Procédant avec clarté et humour, citant aussi bien Emile Ajar et Amos Oz que la Genèse et le Talmud, elle conclut son livre par une analogie entre le Texte et le Féminin, dotés d'une même capacité de croître et de multiplier.

  • Penser l'Islam

    Michel Onfray

    • Grasset
    • 16 Mars 2016

    « Il est difficile, ces temps ci, de penser librement et encore plus de penser en athée. Affirmer que les idéaux de la philosophie des Lumières sont toujours d'actualité nous fait paradoxalement passer pour des réactionnaires, des islamophobes, voire des compagnons de route du Front National assimilé au fascisme. Dans un monde qui prétend en masse « Je suis Charlie », Voltaire revenu passerait pour un défenseur du fanatisme ! C'est le monde à l'envers. Je me propose de réactiver la pensée des Lumières dans ce Penser l'Islam. Non pas le penser en faveur ou en défaveur, ça n'est pas le propos, mais en philosophe. Je lis le Coran, examine les hadiths et croise avec des biographies du Prophète pour montrer qu'il existe dans ce corpus matière au pire et au meilleur : le pire, ce que des minorités agissantes activent par la violence, le meilleur, ce que des majorités silencieuses pratiquent de manière privée. Comment la république doit-elle considérer ces deux façons d'être musulman ? Y-a-t-il des relations et des points de passage entre minorités agissantes et majorités silencieuses, sachant que l'histoire est faite par  les premières, pas par les secondes ? Ce livre remet également en relation ce qu'il est convenu d'appeler le terrorisme   avec la politique étrangère  islamophobe menée par la France derrière l'OTAN depuis des années. Nous nommons barbarie ce que nous ne voulons pas comprendre. L'islam terroriste a été partiellement créé par l'occident belliqueux. Les choses ne sont pas aussi simples que ce que, de part et d'autre, on voudrait nous faire croire. D'où la nécessité de se remettre à penser. Sur ce sujet comme sur d'autres.» M. O.

  • "Merci mon Père de révéler aux petits ce que vous avez dissimulé aux sages et aux intelligents." Les sages et les intelligents, depuis, se sont bien vengés :
    à force de concasser les Evangiles, ils en ont fait un petit tas de pièces et de morceaux trop hétéroclites pour signifier quoi que ce soit...
    Mais ils n'auront pas le dernier mot ! René Girard pense, comme Simone Weil, que les Evangiles sont une théorie de l'homme avant d'être une théorie de Dieu.
    Une carte des violences où son orgueil et son envie enferment l'humanité.
    Découvrir cette théorie de l'homme et l'accepter, c'est rendre vie aux grands thèmes évangéliques relatifs au mal, oubliés et évacués par les croyants - de Satan à l'apocalypse. C'est également ressusciter l'idée de la Bible tout entière comme prophétique du Christ.
    Ainsi les Evangiles, loin d'être "un mythe semblable à tous les autres", comme on le répète à l'envi depuis deux siècles, seraient la clef de toute mythologie derrière nous, et au-devant de nous, de l'histoire inouïe qui nous attend. Dans le dépérissement de toutes les pensées modernes, est-ce que seules les Ecritures Saintes tiendraient debout ?

    René Girard a longtemps enseigné à l'université de Stanford, où il réside toujours. Ses livres sont étudiés et traduits dans le monde entier. Parmi les plus célèbres : Mensonge romantique et vérité romanesque (Grasset, 1961), La violence et le sacré (Grasset, 1972), Des choses cachées depuis la fondation du monde (Grasset, 1978), Le bouc émissaire (Grasset, 1982).

  • Contestant à la science (Darwin, Freud...) la capacité de parler d'autre chose que des objets du monde, Marie Balmary part à la recherche des origines de l'être parlant. Cette nouvelle visite, de la langue de nos mythes fondateurs à nos deux genèses (celle de l'humanité et celle du fils de l'Homme) conduit l'auteur à lire dans le texte biblique lui-même la révélation du sujet commun créé, s'éveillant à lui-même par la reconnaissance de l'autre dans le lieu qu'offre à leur alliance la loi symbolique. La pratique de la cure par la parole aura alors d'autres fondations que la théorie scientifique.

  • Longtemps, lorsqu'un homme mourait, ses proches étaient heureux de pouvoir dire : " Soyez tranquille, il a eu le temps de se préparer. " Aujourd'hui, pour la première fois dans l'histoire, on se rassure : " Consolez-vous, il ne s'est rendu compte de rien. " De la mort, nous avons tout oublié, tout ce que notre culture avait érigé en sagesse. Même la science est devenue ignorante. Tellement que des savants tirent la sonnette d'alarme : il faut, disent-ils, réhabiliter l'agonie, écouter les mourants, étudier ce passage aussi capital que la naissance.

    Psychiatres, cardiologues, chirurgiens, biologistes et physiciens, dans les laboratoires les plus sophistiqués des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France (récemment), mais encore en Inde et partout dans le monde, analysent, sondent, interrogent la mort, ou du moins ceux qui ont frôlé la mort, collectionnent leurs récits, examinent leurs témoignages, confrontent leurs expériences... Et l'on découvre que la mort cacherait une clarté à l'éblouissante beauté, pleine de vie, pourrait-on dire. La source noire. Aux portes de la mort, c'est une nouvelle approche de la vie, de la connaissance, de la mémoire...

  • Rien ne serait plus périlleux, aujourd'hui, que de décrypter les tumultes qu secouent le monde arabe par le prisme de l'opposition entre démocratie et dictature. Ce sont là des catégories qui, sans être dépourvues de pertinence, ne rendent pas compte d'une réalité fondamentale : l'antagonisme immémorial des sunnites et des chiites. C'est pourquoi, dans cet ouvrage, Antoine Sfeir a choisi de remonter aux sources historiques et théologiques de cette guerre de «l'islam contre l'islam», afin d'en mieux saisir les implications géopolitiques. De l'Iran à l'Egypte, du Qatar à la Syrie, du Maghreb à «l'Orient compliqué» - et, surtout, du prophète Mahomet aux luttes de succession ouvertes par sa mort -, il brosse une freque magistrale du monde arabe tel qu'il est, de ses «printemps» à ses éventuels automnes. Une exploration minutieuse et pédagogique qui, en brassant un immense passé, éclaire singulièrement notre présent.

  • On pourra chercher tant qu'on voudra à tourner la difficulté, fréquenter les cafés philosophiques et les lieux initiatiques en tout genre, rien n'y fera : il est impossible d'entrer vraiment dans la philosophie si l'on ne prend pas le temps de comprendre en profondeur au moins un grand philosophe. C'est dans cette perspective que Luc Ferry offre au lecteur une introduction aux trois ouvrages majeurs de Kant - ses trois Critiques - qui correspondent à la théorie de la connaissance, à la morale et à l'esthétique. Il a cherché à lui ouvrir quelques portes, à lever les principaux obstacles qui peuvent entraver d'entrée de jeu la compréhension - expliquer, par exemple, pourquoi la Critique de la raison pure commence par une question en apparence technique, d'un intérêt très médiocre, celle des « jugements synthétiques a priori » ; ou encore, indiquer les raisons pour lesquelles la morale prend la forme d'un « impératif catégorique », dès lors que le propre de l'homme, ce qui fait sa dignité et le distingue des animaux, est situé dans sa liberté ou dans sa « perfectibilité ». Par delà le travail d'introduction proprement dit, ce livre propose une interprétation d'ensemble du système kantien qui part de ce qui en constitue à la fois le coeur et la principale difficulté : la question de la chose en soi. Lire Kant est et restera toujours difficile et ce livre ne prétend pas à la facilité. Du moins peut-on s'efforcer de rendre la tâche tout à la fois plus sensée, en souligant les enjeux, et moins ardue, en donnant les clefs de l'édifice. Le jeu, comme on dit, en vaut la chandelle.

  • « Jusqu´au bout de la foi est, en toute logique, la suite de Crépuscule sur l´Islam. L´avenir est contenu dans le passé, et la douleur du second livre est contenue dans le premier. Il m´apparut que je n´avais pas pris assez de distance avec le matériau à l´origine de ce premier livre, que je l´avais par trop tenu pour acquis. Il m´apparut qu´il y avait là matière à s´interroger, comme ce dut sans doute être le cas dans le monde classique à l´époque où celui-ci fut supplanté par ce phénomène inconnu qu´était alors le christianisme. De nombreux ouvrages avaient été écrits sur cette transition, et ce dont j´étais témoin, me semblait-il, méritait plus ample réflexion. Au lieu de le tenir pour un fait acquis, il me fallait considérer l´effet que pouvait avoir sur les individus la mise à mal ou le renversement de leur culture. Ainsi ce livre a-t-il pour thème l´histoire d´individus pris dans la déferlante de changements historiques. »V.S. Naipaul

  • Alexandre Adler, comme tous les grands rationalistes, se passionne depuis des années pour ce qu´on appelle communément les « sociétés secrètes ». Ces dernières forment une nébuleuse opaque, entre syncrétisme et croyances archaïques, où l´on croise, pêle-mêle, franc-maçonnerie, rose-croix, légendes classiques, superstitions diverses, hurluberlus et sectes Mais ces sociétés sont aussi « une société en soi », le reflet souterrain de ce que notre époque, dans son apparence lumineuse, recherche, poursuit, désire, sans jamais se l´avouer. Mircea Eliade, en son temps, y consacra un essai. Alexandre Adler s´est à son tour plongé dans l´aventure. Il nous fait découvrir, en conteur génial, une histoire de France et de l´Europe que l´histoire officielle mésestime - ou cache. On rencontre ainsi l´architecte de la Cathédrale Saint-Paul de Londres, Christopher Ren, Isaac Newton le physicien, des alchimistes, des imposteurs, le Cardinal de Richelieu et son fils naturel, Nicolas Pavillon. On découvre des lieux sous un angle nouveau : Saint-Sulpice, cathédrale alternative à Saint-Pierre de Rome, l´atelier de Nicolas Poussin, où se prépare, sous influence, le tableau Les Bergers d´Arcadie, le bureau de Cassini, qui invente le « méridien de Paris », dominé par une célèbre horloge astronomique Ces fils épars, parfois ténus, faits de soie sanglante, de corde ou du chanvre des illusions, Alexandre Adler les rassemble avec force. Ils convergent, pour beaucoup, vers le début du XX ème siècle et l´aventure de Rennes-le-Château, où tous cherchent, aujourd´hui encore, un trésor. Est-ce le tombeau véritable du Christ ? Est-ce le signe architectural que son héritier est parmi nous ? Est-ce un manuscrit énigmatique ? Seul un historien pouvait nous faire connaître l´aventure fascinante des sociétés secrètes, qui traverse la littérature, la peinture, la petite et la grande histoire.

  • Jean-Claude Milner y poursuit la réflexion sur le judaïsme engagée dans les Penchants criminels de l'Europe démocratique ainsi que dans les Leçons données, ces dernières années, dans le cadre de l'Institut d'Etudes lévinassiennes de Jérusalem. Le livre oppose ces deux figures apparemment voisines et, en réalité, parfaitement antinomiques que sont la figure du « Juif de l'Etude » et la figure, plus moderne, fruit et coeur de ce que l'on a appelé le processus de l'assimilation, du Juif de Savoir. Comment Judaïsme et Savoir se sont-ils noués demande Milner ? Comment, au terme de quel processus, la figure traditionnelle du Sage, voué à la lecture et au commentaire des « lettres de feu » du Talmud, a-t-elle cédé la place à cet autre type d'humain qu'incarnent, pour aller vite, Leo Strauss, Gershom Scholem, Sigmund Freud ou Walter Benjamin ? D'où vient que cette histoire se soit jouée, pour l'essentiel, sur la scène de la culture et de la langue allemande ? Et d'où vient qu'elle se soit dénouée, enfin, dans la forme de la tragédie ? A travers ce livre - dont les protagonistes sont, aussi, Hannah Arendt, Michel Foucault, Martin Heidegger - c'est toute l'aventure de l'Europe qui se profile : passée et, surtout, à venir.

  • Rashi

    Elie Wiesel

    • Grasset
    • 17 Mars 2010

    « Il est la première référence. Le premier secours. Grâce à une étincelle venant de lui comme un sourire, tout s´éclaire. » Ainsi parle Elie Wiesel, qui rend un hommage poignant, dans ce livre bref et singulier, à l´une des figures majeures de la pensée juive : Salomon, fils d´Isaac, rabbin de Troyes au XIème siècle, plus connu sous le nom de Rashi. Né en 1040 et mort en 1105, Rashi fut l´un des plus grands commentateurs du Talmud. La légende rapporte que ses parents possédaient une pierre précieuse, que l´Eglise voulut leur acheter ; plutôt que de céder à la tentation, ils jetèrent cette pierre à la mer - et le ciel, en récompense, leur donna un fils qui, par son esprit, brillait plus encore que cette pierre précieuse. Mais Rashi n´est pas que légende : il est aussi le témoin d´une époque où la communauté juive, en France, jouissait d´un certain prestige et d´une certaine renommée. L´érudition rabbinique de Rashi, sous la plume à son tour lumineuse d´Elie Wiesel, est le signe d´une extraordinaire ouverture à toutes choses de l´esprit. Un appétit de chercher, de connaître, de comprendre, qui va bien au-delà de la lecture des textes sacrés ; un gai savoir qui nous parle encore, par delà les siècles.

  • A-t-on le droit, à la fin du XXe siècle, de penser ensemble Dieu et la science ? De dépasser le vieux conflit entre le croyant - pour qui Dieu n'est ni démontrable, ni calculable - et le savant - pour qui Dieu n'est même pas une hypothèse de travail ? Tel est, en tout cas, l'enjeu de ce livre qui, de ce fait, s'autorise d'une évidence : aujourd'hui, la science pose des questions qui, jusqu'à une date récente, n'appartenaient qu'à la théologie ou à la métaphysique. D'où vient l'univers ? Qu'est-ce que le réel ? Quels sont les rapports entre la conscience et la matière ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? De ce fait, tout se passe comme si l'immatérialité même d'une transcendance devenait l'un des objets possibles de la physique. Comme si les mystères de la nature relevaient, également, d'un acte de foi. Jean Guitton, Igor et Grichka Bogdanov ont ainsi voulu transformer l'ancien conflit du croyant et du savant en un débat essentiel. A travers l'échange de leurs arguments, de leurs interrogations, c'est bien de l'homme et de sa place dans l'univers qu'il est ici question.

  • Le Prophète de l'Islam a vécu il y a quatorze siècles, dans une société de tradition orale. Les témoignages de ses contemporains, sur sa personne et son action, ont été fixés par écrit plus d'un siècle, voire deux, après sa mort. Ils ont d'abord été transmis sur des supports de fortune, avant d'être recueillis par différents chroniqueurs, qui les ont triés, compilés, rédigés chacun à sa manière. Les textes laissés par ces chroniqueurs forment un volumineux corpus, portant le titre générique d'Al Sîra, ou « Chroniques du Prophète de l'Islam » (à distinguer des « Dits du Prophète » - Hadîths et des commentaires du texte sacré Le Coran). Grasset en a publié un premier choix : « Le Prophète delIslam raconté par ses compagnons ». Voici la suite. Le portrait de Mahomet que nous livre la Sîra est celui d'un être supérieur, aux prédispositions spirituelles précoces, enclin à la solitude et à la méditation. Sa vie bascule, à l'âge de quarante ans, quand il entend la voix de l'Ange Gabriel, qui lui révèle que Dieu l'a choisi comme Son Messager. Il va défier les siens, renier ses ancêtres, insulter leurs idoles et assumer l'immense solitude qui en découle. Puis il va se muer en homme d'État, en chef de guerre, en bâtisseur dune Cité nouvelle. Les Chroniques qui retracent cette trajectoire constituent pour les musulmans un réservoir d'exemples à suivre, de gestes à méditer, de vérités à retrouver au quotidien.

    Mais peu de gens les lisent dans le texte. A la mosquée, à l'école ou à la télévision, ils en reçoivent sans cesse des bribes, le plus souvent extraites de leurs contextes, tronquées, voire carrément réinventées, afin de servir les différents discours du moment. C'est en partant de ce constat, et pour contribuer à rétablir la vérité de ces textes, que les Mahmoud Hussein ont voulu présenter la Sîra sous une forme accessible au lecteur d'aujourd'hui. Ajoutons enfin et ce point est essentiel que les chroniques de la Sîra proposent une vision de l'Islam plus « libérale », plus tolérante, plus ouverte à l'individu. Cette caractéristique explique peut-être le fait que cette source théologique ait été, si souvent, négligée ou dissimulée, au profit dune orthodoxie coranique plus stricte.

    Le premier volume rassemblait, essentiellement, des « chroniques » relatives à la vie du Prophète. Celui-ci, en revanche, rassemble les chroniques qui illustrent son action de « chef d'État ». Du coup, ce second volume est plus politique et moins théologique que le premier.

  • La sagesse des maitres soufis

    Geoffroy

    • Grasset
    • 11 Novembre 1998

    Le soufi égyptien Ibn "Atâ" Allâh (1259-1309) est l'auteur d'une oeuvree qui a pénétré tous les milieux mystiques de l'islam. Dans la Sagesse des maîtres soufis, son dernier ouvrage, Ibn "Atâ" Allâh rend hommage à son maître al-Mursî et au maître de celui-ci, le Marocain Abû l-Hassan al-Shâdhilî, fondateur de l'ordre shâdhilî - l'une des principales composantes du soufisme actuel.
    Ibn "Atâ" Allâh le premier - ni al-Mursî ni al Shâdilî n'avaient écrit -, nous révèle l'essentiel de la doctrine de son ordre et dresse un plaidoyer très étayé en faveur du soufisme et de la sainteté. Soucieux de toucher un public large, Ibn "Atâ" Allâh émaille son récit d'anecdotes savoureuses ayant pour cadre l'Egypte du XIIIe siècle.
    « Il est plus difficile de connaître le saint que de connaître Dieu », affirmait al-Mursî. A l'évidence, la relation privilégiée qui s'est tissée ici entre maître et disciple fournit un témoignage incomparable suir la sainteté en terre d'islam, qui a valeur universelle.

  • Depuis plus de mille ans, les guides de la pensée musulmane imposent aux croyants ce postulat : le Coran étant la Parole de Dieu, ses versets ne sont tributaires ni du temps ni de l´espace. Ils embrassent, pour toujours, tous les contextes possibles. Ce postulat repose sur le sophisme selon lequel la Parole de Dieu doit être de même nature que Dieu lui-même. Dieu étant éternel, chacune de ses Paroles ne pourrait être qu´éternelle comme lui.Or, le Coran ne dit pas cela.Il dit même, et très précisément, le contraire de cela.

  • Les catholiques

    Tincq-H

    • Grasset
    • 16 Avril 2008

    Ce livre sans équivalent en France est le fruit d´une enquête longue et minutieuse, nourrie des informations les plus récentes sur la planète des catholiques : plus d´un milliard d´hommes répartis sur cinq continents. Il s´articule en huit grands chapitres qui éclairent tous les aspects de cette religion aujourd´hui : « Le Pape en sa ville », « Mémoires », « Pouvoir », « Doctrine », « Morale », « Rituel » , « Tribus », « Géographie ». Synthèse magistrale, partant du cas singulier d´un chef de religion qui est à la fois pasteur et homme de pouvoir, le livre procède à une analyse historique, dogmatique et politique de la religion catholique. Révélant les arcanes les plus secrets de l´organisation du pouvoir au Vatican, il fait l´état des contentieux entre l´Eglise et la modernité à travers l´histoire, sans jamais rien cacher des torts qu´a pu avoir le catholicisme. Classant les sept grandes familles qui composent la communauté des croyants, des traditionalistes aux rebelles, il nous amène à constater les profonds bouleversements de la géographie de la chrétienté dans le monde, de la France à la Chine, de l´italie au Brésil. Y-a-t-il crise ? Ou au contraire regain d´influence ? Quel est, depuis l´autorité restaurée de la papauté depuis Jean-Paul II, le chemin que prend l´Eglise de Rome ? A la fois savant et alerte, ce livre tente de répondre aux questionnements que soulève, dans un siècle redevenu profondément religieux, ce milliard de catholiques qui intrigue, inquiète parfois, intéresse toujours.

  • On se souvient de l'émotion produite lorsque parut le livre de Jean Guitton, Portrait de Monsieur Pouget. Le portrait d'un vieux prêtre aveugle, savant, philosophe et théologien, un grand sage frotté à toutes les vies. François Mauriac écrivait alors : "Je vais vous dire ma vraie pensée, c'est avec La Pesanteur et la Grâce de Simone Weil, le livre le plus important qui ait paru ces dernières années." En 1954, alors que le Père Pouget est mort depuis des années, Jean Guitton nous donne à nouveau à l'entendre. A son Portrait, il ajoute ces dialogues, comme en diptyque. Il suppose que le Père Pouget, revenant parmi nous, se laisse interroger sur les problèmes majeurs qui tourment les consciences. Et c'est un extraordinaire mélange de discussions philosophiques et religieuses, d'anecdotes, de souvenirs. Toutes les grandes questions sont abordées : la pluralité des mondes, le Mal, le Christ et son message, l'avenir de l'Humanité à l'heure atomique, la foi, la fin du monde, la mort de l'espèce...
    Jean Guitton nous peint son modèle, qui ne le voit pas : il nous tend un miroir de notre humanité.

  • Le Prophète de l'islam a vécu il y a quatorze siècles, dans une société de tradition orale. Les témoignages de ses contemporains, sur sa personne et son action, ont été fixés par écrit plus d'un siècle, voire deux, après sa mort. Ils ont d'abord été transmis sur des supports de fortune, avant d'être recueillis par différents chroniqueurs, qui les ont triés, compilés, rédigés chacun à sa manière. Les textes laissés par ces chroniqueurs forment un volumineux corpus, portant le titre générique d'Al Sîra, ou « Chroniques du Prophète de l'Islam » (à distinguer des « Dits du Prophète » - Hadîths - et des commentaires du texte sacré - Le Coran). Le portrait de Mahomet que nous livre la Sîra est celui d'un être supérieur, aux prédispositions spirituelles précoces, enclin à la solitude et à la méditation. Sa vie bascule, à l'âge de quarante ans, quand il entend la voix de l'Ange Gabriel, qui lui révèle que Dieu l'a choisi comme Son Messager. Il va défier les siens, renier ses ancêtres, insulter leurs idoles et assumer l'immense solitude qui en découle. Puis il va se muer en homme d'Etat, en chef de guerre, en bâtisseur d'une Cité nouvelle. Les Chroniques qui retracent cette trajectoire constituent pour les musulmans un réservoir d'exemples à suivre, de gestes à méditer, de vérités à retrouver au quotidien. Mais peu de gens les lisent dans le texte. A la mosquée, à l'école ou à la télévision, ils en reçoivent sans cesse des bribes, le plus souvent extraites de leurs contextes, tronquées, voire carrémenmt réinventées, afin de servir les différents discours du moment. C'est en partant de ce constat, et pour contribuer à rétablir la vérité de ces textes, que les Mahmoud Hussein ont voulu présenter la Sîra sous une forme accessible au lecteur d'aujourd'hui. Ajoutons enfin - et ce point est essentiel - que les chroniques de la Sîra proposent une vision de l'Islam plus « libérale » ; plus tolérante, plus ouverte à l'individu. Cette caractéristique explique peut-être le fait que cette source théologique ait été, si souvent, négligée ou dissimulée, au profit d'une orthodoxie coranique plus stricte.

  • Les déserteurs de Dieu

    Florence Heymann

    • Grasset
    • 23 Septembre 2015

    On les appelle les « sortants vers la question », ces hommes et ces femmes issus des milieux utra-orthodoxes israéliens qui, un jour, décident de rejoindre la vie laïque. Ce choix douloureux les plonge dans un univers inconnu où ils sont coupés de leur famille, souvent sans ressources et sans éducation autre que religieuse. Là d'où ils viennent, la vie est réglée de façon précise et immuable, soumise à une loi implacable mais rassurante. Là où ils vont, ils sont seuls face à eux-mêmes. Au sein d'une association d'aide aux sortants, à Jérusalem, Florence Heymann a rencontré beaucoup de ces déserteurs. Elle restitue leurs cheminements chaotiques à travers des portraits intimes et attachants : des dissidents, des « apostats sortis du placard », des suicidaires, des marginaux, des « kippas roses », des voyous... Autant d'individus réclamant simplement le droit de choisir leur vie, loin de leur monde religieux d'origine, ultra sectaire, dans lequel même le sexe et le téléphone sont estampillés cashers. Parfois réussies, parfois tragiques, ces sorties du « ghetto » sont toujours un voyage fascinant, un apprentissage de la liberté semé d'embûches et de doutes. Un travail totalement inédit qui nous donne à découvrir le monde fermé des ultra-religieux et les parcours poignants d'êtres en quête de leur vérité.

  • Les années obscures de Jésus

    Aron-R

    • Grasset
    • 30 Septembre 1960

    "Les "années obscures de Jésus" se situent entre son retour à Nazareth, après le mystère de sa naissance, et son baptême par Saint-Jean, au début de sa prédication. Ce sont en effet trente années sur lesquelles l'on en sait à peu près rien, sur lesquelles les Evangiles se taisent, à l'exception d'un épisode relaté par saint-Luc, la visite de Jésus au temple de Jérusalem à l'âge de douze ans et son entretien avec les docteurs. (...) Jésus, dont Pascal a écrit qu'il serait en agonie jusqu'à la fin du monde, ne traverse-t-il pas aujourd´hui de nouvelles années obscures? L'histoire d'Israël, mieux connue, permet-elle de les éclairer?"

  • Dieu et nous

    Jean Daniélou

    • Grasset
    • 1 Janvier 1967

    "Ce livre voudrait aider ceux qui cherchent Dieu à tâtons en leur montrant les voies par lesquelles il se fait connaître. Il voudrait guider ceux qui connaissent Dieu en leur expliquant comment il se révèle de bien des manières, mais comment sa révélation en Jésus Christ et éminente et définitive. Il voudrait aider les chrétiens à situer dans leur connaissance de Dieu les diverses voies qui leur sont posées et à aimer la Bible sans déprécier la théologie et à faire de la théologie, mais sans négliger la mystique. Il voudrait surtout, dans un monde où Dieu paraît si absent, restituer les étapes par lesquelles Il s'est manifesté et par lesquelles il peut êtreretrouvé." J.D.

  • Chacun le sait, notre monde prendra fin le 21 décembre 2012. Cette promesse d'apocalypse nous viendrait de l'antique calendrier maya, censé s'achever à cette date fatidique.
    Deux cents personnes suivent la prophétie de très près : les habitants de Bugarach, petit village de la haute vallée de l'Aude, en plein pays cathare. Il serait le seul à survivre au cataclysme.
    Bugarach est devenu le lieu de toutes les folies, où se concentrent tous les fantasmes millénaristes, prophétiques, délirants. Et aussi bien les intérêts d'argent. Nicolas d'Estienne d'Orves a passé plusieurs semaines à Bugarach pour tenter de comprendre. A mi-chemin entre enquête ésotérique et journal de bord drôlatique, son récit dresse le portrait d'une France parallèle, où le plus fou est toujours possible. Bienvenue dans le village de la fin du monde.

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