Vie politique dans le monde

  • « Le meurtre de Mike Brown par un policier blanc a marqué un point de rupture pour les Afro-Américains de Ferguson (Missouri). Peut-être était-ce à cause de l'inhumanité de la police, qui a laissé le corps de Brown pourrir dans la chaleur estivale. Peut-être était-ce à cause de l'arsenal militaire qu'elle a sorti dès les premières manifestations. Avec ses armes à feu et ses blindés, la police a déclaré la guerre aux habitants noirs de Ferguson. »
    Comment le mouvement Black Lives Matter a-t-il pu naître sous le mandat du premier président noir ? L'auteure revient sur l'« économie politique du racisme » depuis la fin de l'esclavage, le reflux des mouvements sociaux des années 1960 et l'essor d'une élite noire prompte à relayer les préjugés racistes et anti-pauvres. Elle défend le potentiel universaliste de BLM : afro-américain et tourné contre les violences policières, il peut parfaitement rallier d'autres groupes et s'étendre à une lutte générale pour la redistribution des richesses.
    Militante antiraciste, féministe et anticapitaliste, Keeanga-Yamahtta Taylor enseigne au Département d'études afro-américaines de l'université de Princeton. Black Lives Matter, son premier livre, a reçu de nombreux prix et a été plusieurs fois réimprimé depuis sa sortie aux États-Unis.

  • Policiers du monde et protecteurs attentifs de leurs intérêts nationaux, bien que pris dans des logiques d'interdépendance croissante, les États-Unis continuent de déterminer une grande partie de la politique internationale. Comme aucun autre président ne l'avait jamais fait avant ni ne le ferait par la suite, Wilson exalta sans retenue la fonction messianique de l'empire américain. La religion, le capitalisme, la démocratie, la paix et la puissance des États-Unis, tout cela ne faisait qu'un. « Voyez loin, disait-il à des représentants de commerce, gardez à l'esprit que vous êtes des Américains, que vous êtes faits pour apporter la liberté, la justice et les principes de l'humanité partout où vous allez, vendez des marchandises qui rendront les gens heureux et convertissez-les aux principes de l'Amérique. » Dans son discours de campagne, il déclarait en 1912 : « Je crois que Dieu a présidé à la création de cette nation. Nous avons été choisis pour montrer à toutes les nations le chemin à suivre pour marcher sur les chemins de la liberté. » Au XXe siècle, les États-Unis mènent une politique étrangère qui en a fait la puissance hégémonique mondiale. Mais c'est une hégémonie à double face, qui leur impose à la fois de garantir l'ordre capitaliste et de favoriser les intérêts des entreprises, des banques et des lobbies américains. Une difficulté qu'aggrave leur économie, prise dans l'interdépendance croissante des économies rivales et de plus en plus soumise au développement du crédit. Retraçant l'histoire de cette politique étrangère, étudiant ses stratèges et les problèmes auxquels elle est confrontée, Perry Anderson met en garde ceux qui sous-estimeraient la durée de vie de l'empire américain : « Sur le plan politique, son sort n'est pas encore réglé. » Historien britannique, Perry Anderson est l'un des fondateurs de la New Left Review, qu'il a dirigée pendant plus de quarante ans. Il a publié, en français aux éditions Agone, Le Nouveau Vieux Monde (2010) et (à paraître) Sur le marxisme occidental puis À la recherche du matérialisme historique.

  • Le nouveau vieux monde

    Perry Anderson

    • Agone
    • 30 Avril 2018



    Dans le contexte de la montée générale du néolibéralisme, l'autosatisfaction des élites européennes et de leurs porte-parole accompagne le mépris des populations. À ce niveau, l'absence d'un réel clivage politique empêche l'émergence d'une véritable sphère publique en Europe. La bonne conscience entretient les illusions, comme celle d'une autonomie vis-à-vis des États-Unis. Entre la réalité d'un régime politique produisant des effets plus ou moins uniformes sur l'ensemble de son territoire et l'intensité incomparablement supérieure de la vie interne de chacune des nations qui la composent, l'Europe ressemble beaucoup à un objet impossible. Ce livre veut contribuer à rompre le concert d'échos médiatiques qu'est aujourd'hui l'Union européenne pour en faire un objet de véritables choix politiques.
    Une partie du chapitre consacré à la France est déjà parue sous le titre La Pensée tiède (2005), ici actualisée et replacée au sein d'une réflexion globale sur place de la vieille Europe dans le nouvel ordre mondial.
    L'auteur rassemble ici quinze ans d'observations et de réflexions pour retrouver le fil rompu des grands penseurs politiques de l'Europe. Alternant les points de vue généraux sur l'organisation du continent et sur les réalités nationales, il envisage aussi bien la question des origines historiques que les enjeux les plus actuels - comme l'élargissement vers l'Orient.

empty