Vie politique dans le monde

  • La fin du courage

    Cynthia Fleury

    • Fayard
    • 3 Mars 2010

    Chaque époque affronte, à un moment de son histoire, son seuil mélancolique. De même, chaque individu connaît cette phase d´épuisement et d´érosion de soi.
    Cette épreuve est celle de la fin du courage. Comment convertir le découragement en reconquête de l´avenir ? Notre époque est celle de l´instrumentalisation et de la disparition du courage. Mais ni les démocraties ni les individus ne peuvent en rester à ce constat d´impuissance. Nul ne résiste à cet avilissement moral et politique. Il s´agit de surmonter ce désarroi et de retrouver le ressort du courage, pour soi, pour nos dirigeants si souvent contre-exemplaires, pour nos sociétés livrées à une impitoyable guerre économique. Le plus sûr moyen de s´opposer à l´entropie démocratique reste l´éthique du courage et sa refondation comme vertu démocratique.
    Dans cet essai enlevé, Cynthia Fleury rappelle qu´il n´y a pas de courage politique sans courage moral et montre avec brio comment la philosophie permet de fonder une théorie du courage qui articule l´individuel et le collectif. Car si l´homme courageux est toujours solitaire, l´éthique collective du courage est seule durable.
    Cynthia Fleury, philosophe, professeur à l´American University of Paris, travaille sur les outils de la régulation démocratique.

  • Je viens d´un pays qui est né à minuit.Quand j´ai failli mourir, il était juste midi passé.Lorsque les talibans ont pris le contrôle de la vallée du Swat, au Pakistan, une toute jeune fille a élevé la voix. Refusant l´ignorance à laquelle la condamnait le fanatisme, Malala Yousafzai résolut de se battrre pour continuer d´aller à l´école. Son courage faillit lui coûter la vie.Le 9 octobre 2012, alors qu´elle n´avait que quinze ans, elle fut grièvement blessée par un taliban dans un car scolaire. Cet attentat censé la faire taire n´a que renforcé sa conviction dans son combat, entamé dans sa vallée natale pour la conduire jusque dans l´enceinte des Nations unies. À seize ans à peine, Malala Yousafzai est la nouvelle incarnation mondiale de la protestation pacifique et la plus jeune candidate de l´histoire au prix Nobel de la paix.Moi, Malala est le récit bouleversant d´une famille exilée à cause du terrorisme ; d´un père qui envers et contre tout a fondé des écoles ; de parents courageux qui, dans une société où les garçons sont rois, ont manifesté un amour immense à leur fille et l´ont encouragée à s´instruire, à écrire, à dénoncer l´insoutenable et à exiger, pour toutes et tous, l´accès au savoir.

  • L'abondante littérature qui analyse les dérives populistes dans le monde laisse curieusement de côté Israël, où elles sont pourtant patentes. À plusieurs reprises au cours des douze dernières années, cette démocratie s'est trouvée au bord du gouffre.
    Retraçant la trajectoire de la «  seule démocratie du Proche-Orient  », de sa naissance aux années Netanyahu, Samy Cohen montre combien elle est hybride, fragile et fragmentée. La société a éclaté en deux camps. L'un, attaché aux valeurs libérales, est prêt à des compromis avec les Palestiniens, quand l'autre, sensible aux sirènes nationalistes et religieuses, reste indifférent à l'État de droit.
    Qui l'emportera  ? C'est l'avenir de la démocratie israélienne qui est en jeu.
     
     
    Samy Cohen, directeur de recherche émérite à Sciences Po (CERI), est l'auteur notamment de Tsahal à l'épreuve du terrorisme (Seuil, 2009, Prix du Grand livre 2009 des professeurs et maitres de conférences de Sciences po) et Israël et ses colombes. Enquête sur le camp de la paix (Gallimard, 2016).

  • Dans ce portrait choc de Donald Trump et de la famille qui l'a façonné, Mary Trump, psychologue et unique nièce du président américain, apporte un regard éclairant sur le clan Trump afin de comprendre comment son oncle est devenu l'homme qui menace aujourd'hui l'équilibre sanitaire, économique et social du monde entier.
     

  • En ces premières années du XXIe siècle, le monde présente de nombreux signes de dérèglement. Dérèglement intellectuel, caractérisé par un déchaînement des affirmations identitaires qui rend difficiles toute coexistence harmonieuse et tout véritable débat. Dérèglement économique et financier, qui entraîne la planète entière dans une zone de turbulences aux conséquences imprévisibles, et qui est lui-même le symptôme d'une perturbation de notre système de valeurs. Dérèglement climatique, qui résulte d'une longue pratique de l'irresponsabilité... L'humanité aurait-elle atteint son « seuil d'incompétence morale » ? Dans cet essai ample, l'auteur cherche à comprendre comment on en est arrivé là et comment on pourrait s'en sortir. Pour lui, le dérèglement du monde tient moins à une « guerre des civilisations » qu'à l'épuisement simultané de toutes nos civilisations, et notamment des deux ensembles culturels dont il se réclame lui-même, à savoir l'Occident et le Monde arabe. Le premier, peu fidèle à ses propres valeurs ; le second, enfermé dans une impasse historique. Un diagnostic inquiétant, mais qui débouche sur une note d'espoir : la période tumultueuse où nous entrons pourrait nous amener à élaborer une vision enfin adulte de nos appartenances, de nos croyances, de nos différences, et du destin de la planète qui nous est commune.

  • Le vote de 2016 sur le Brexit a provoqué la stupeur dans le monde et au Royaume-Uni, généralement considéré comme l'incarnation de la mondialisation heureuse. Même si la Grande  Bretagne est un pays insulaire, très différent des États membres continentaux de l'Union européenne, et intuitivement eurosceptique, ce scrutin a en réalité marqué le début d'une ère populiste où l'expertise et les faits sont rejetés au profit des passions  souvent négatives. Les thèmes dominants exploités par des démagogues issus eux-mêmes des classes privilégiées ont été la haine des élites, le rejet de l'immigration et un réflexe identitaire profond fondé sur la nostalgie d'un âge d'or fantasmé. Cela a été révélateur d'un basculement du monde, qui a trouvé sa réplique quelques mois plus tard aux Etats-Unis avec l'élection de Donald Trump, mais aussi en Italie avec l'émergence du mouvement 5 étoiles et de la ligue de Salvini, en Allemagne avec l'arrivée d'une centaine de députés d'extrême droite de l'AFD au Bundestag, et en France avec les gilets jaunes. Pendant que l'Union européenne se défait, la Chine poursuit sa politique de puissance géoéconomique alors que les États-Unis ont initié une nouvelle guerre froide tous azimuts. La pandémie de Covid a mis en lumière et accentué ce phénomène et le monde se définit désormais par rapport à la rivalité entre ces deux géants, qui devrait être le facteur déterminant des prochaines décennies.Dans ce contexte, le Royaume-Uni malgré la proclamation d'une « global Britain » a choisi un chemin solitaire, pris en étau entre Pékin et Washington qui limitera ses choix au lieu de les augmenter. L'Union européenne doit maintenir une ligne solidaire afin de préserver sa liberté et exercer le rôle d'une puissance d'équilibre.

  • Le concept de "reconnaissance" est aujourd'hui essentiel à notre identité politique et culturelle : il recouvre des exigences aussi diverses que celles de se respecter mutuellement comme membres égaux d'une communauté de coopération ; de garantir une reconnaissance inconditionnelle à la singularité de l'autre ; ou de témoigner de considération aux minorités culturelles.
    Or les cultures française, britannique et allemande divergent profondément dans leur façon de concevoir le sens et le contenu de la rencontre interhumaine. Si, dans le contexte français, l'effort individuel pour acquérir un statut social ou une existence socialement assurée fait naître la crainte de la perte de soi, dans le contexte britannique, le besoin individuel d'approbation sociale dispose les sujets à exercer un contrôle moral sur eux-mêmes ; tandis que, dans le contexte germanophone, la nécessité où se trouve l'individu d'entrer dans une relation de reconnaissance réciproque ouvre la possibilité de l'autodétermination.
    Axel Honneth s'interroge sur le lien qui existe entre les trois approches : ne font-elles qu'éclairer différemment le même phénomène de reconnaissance intersubjective, ou bien en révèlent-elles des aspects complémentaires qui, rassemblés, fourniraient une image plus complexe de ces processus ?
    La reconnaissance est suivi, en annexe, de "Abolir les injustices, l'emporter sur le crime : retour sur les souces de la solidarité européenne" (traduit de l'allemand par Julia Christ).

  • Le populisme est le produit de deux secousses telluriques. Premier séisme : la montée d'un immense ressentiment contre les partis et les institutions politiques. Face à l'échec de la droite et de la gauche à contenir les excès du capitalisme, la radicalité " anti-système " a brisé les compromis que l'un et l'autre camps étaient parvenus à édifier. Deuxième séisme : la fin de la société de classes, au profit d'une société d'individus pensant leur position sociale en termes subjectifs. Une nouvelle polarité en résulte, qui sépare les " confiants " des " méfiants " envers autrui. La droite populiste surgit au croisement d'une double méfiance – à l'égard des institutions politiques et à l'égard de la société. Elle prospère sur le désenchantement démocratique, tout en renouvelant le clivage gauche-droite. Fondé sur des données inédites, cet ouvrage se révèle essentiel pour comprendre le présent et l'avenir des sociétés démocratiques.
    Doyen de l'École d'affaires publiques, Yann Algan est professeur d'économie à Sciences Po. Économiste, Elizabeth Beasley est chercheuse au CEPREMAP. Daniel Cohen est directeur du département d'économie de l'École normale supérieure et professeur à l'École d'Économie de Paris. Martial Foucault est directeur du CEVIPOF, professeur à Sciences Po.

  • Le premier livre du journaliste primé
    du Prix Pulitzer 2018
    La politique étrangère des États-Unis subit une mutation désastreuse, modifiant pour toujours le rôle de l'Amérique dans le monde. Les institutions diplomatiques souffrent de coupes budgétaires drastiques et les diplomates, qui ont permis les plus fines négociations et protégé des citoyens aux quatre coins du monde, sont démis de leurs fonctions du jour au lendemain. Des bureaux entiers du ministère des Affaires étrangères restent vides, alors qu'à l'extérieur, l'industrie et l'armée reprennent les rênes tenues autrefois par les artisans de la paix.
    Dans une exploration fascinante des coulisses du pouvoir, de Washington jusqu'aux recoins les plus isolés et dangereux de la planète - Afghanistan, Somalie, Corée du Nord notamment - l'éminent journaliste Ronan Farrow éclaire l'un des changements les plus conséquents et les moins compris de l'histoire de l'Amérique. Son expérience d'employé du ministère des Affaires étrangères nous dévoile aussi une vision personnelle des derniers défenseurs de l'État, dont Richard Holbrooke, qui a obtenu la paix en Bosnie avant de la tenter en Afghanistan.
     
    S'appuyant sur des documents jamais dévoilés, et enrichi d'interviews exclusives d'éminences politiques (de Henry Kissinger à Hillary Clinton), Paix en guerre nous alerte sur une profession en voie d'extinction et dont la dégradation a débuté pendant l'ère Bush après des décennies de politique de la lâcheté et de manque de vue à long terme.

  • "Nous les avons accueillis avec sympathie, un brin amusés par leur accoutrement folklorique. Quelques années plus tard, nous découvrîmes presque à l'improviste que cet islamisme qui nous paraissait si pauvrement insignifiant s'était répandu dans tout le pays."

    Boualem Sansal, l'une des grandes voix de la littérature algérienne, s'interroge sur les acteurs de la propagation de l'islamisme : les États prosélytes, les élites opportunistes, les intellectuels silencieux, les médias, "la rue arabe"... Il questionne aussi l'échec de l'intégration dans les pays d'accueil des émigrés.

    Une synthèse engagée, documentée, des prises de position humanistes qui dénoncent à la fois le pouvoir militaire algérien et le totalitarisme islamiste.

  • Un récit incroyable sur les coulisses de l'administration  Trump  à la Maison Blanche.
    Conseiller à la Sécurité Nationale de Donald  Trump, John Bolton a passé 453 jours au coeur du pouvoir américain avant d'être remercié. Vivez heure par heure son histoire.
    John Bolton nous offre un compte rendu précis de la gestion des crises internationales et nous révèle de nombreuses anecdotes sur Trump : la position américaine sur le climat, la Corée du Nord et son dictateur «  Rocket Man  », l'Iran, la Syrie, l'Ukraine, les batailles au G7, le plan fou pour amener les Talibans à Camp David..., et nous livre la méthode  Trump  pour gérer les relations internationales des États-Unis. Ce qu'il en a vu l'a estomaqué  : un président focalisé sur sa réélection, quitte à  demander l'aide de la Chine pour soutenir la politique agricole américaine, ou demander au président ukrainien d'enquêter sur son rival politique.
    Il nous dépeint un président  addict  au chaos, qui embrasse les ennemis des États-Unis et méprise ses alliés historiques. Bolton n'en revient pas de voir  Trump  gérer la politique étrangère comme une négociation immobilière. Avec pour résultat d'affaiblir la position des États-Unis face à la Chine, la Russie, l'Iran, et la Corée du Nord.
    Dès son arrivée, Bolton est confronté à la crise des attaques chimiques en Syrie, les échanges avec la France, le détail des appels téléphoniques entre  Trump  et Macron.
    Un ouvrage de géopolitique passionnant.

  • Plus personne ne croyait en sa candidature. Et pourtant, c'est sur lui que parie l'Amérique anti-Trump. Une Amérique lassée, étourdie par quatre années au pouvoir d'un président incontrôlable et provocateur, prêt à tout pour satisfaire sa base électorale et se maintenir au pouvoir.Joe Biden pourrait être le président le plus âgé de l'histoire des États-Unis. Il se pose en candidat de la transition, prêt à laisser le flambeau à la jeune génération une fois la «menace » Trump éliminée.Biden a commencé sa carrière politique il y a près de 50 ans. Il manque cruellement de charisme et d'énergie. La campagne Trump tente de le faire passer pour un homme sénile, qui sera la marionnette de la gauche « radicale ». Mais derrière ses gaffes légendaires et ses faux-pas, se cache un homme attachant, empathique, qui a su faire preuve d'une immense résilience dans sa vie, ponctuée de tragédies.Joe Biden fait de ses qualités humaines un message politique, alors que les États-Unis font face à des défis historiques, sur les plans sanitaire et économique.Qui est vraiment Joe Biden ? Comment ce candidat d'une autre époque, ancien vice-président de Barack Obama, a-t-il réussi à se poser en « sauveur » des démocrates ? Pourra-t-il unir une Amérique plus divisée que jamais ?
    Sonia Dridi, correspondante à Washington pour plusieurs médias français, a interrogé les conseillers politiques de Joe Biden, ses soutiens, mais aussi ses opposants pour tenter de décrypter l'homme et le candidat. Elle propose une analyse en profondeur, sans concession, et parfaitement documentée de la vie de Joe Biden.

  • « La Russie est un rébus enveloppé de mystère au sein d'une énigme. Mais il y a peut-être une clé : l'intérêt national de la Russie. » (W. Churchill)

    Plus de 100 cartes et infographies pour comprendre les problématiques actuelles et les enjeux pour la Russie.

    o Traditions, démographie, retards d'équipements : les faiblesses d'un géant.
    o Énergies, industrie spatiale, aéronautique, nucléaire, armée : la puissance russe retrouvée.
    o Basculement vers l'Asie et tensions avec l'Europe : la dérive géopolitique du continent.

    Crise ukrainienne, évolution des frontières, nouvel équilibre mondial : cet atlas met en perspective les intérêts géostratégiques de la Russie d'aujourd'hui.

  • « La Chine n'est plus communiste » : la rumeur s'est répandue, comme une évidence. Mais ne serait-ce pas le plus grand malentendu de notre époque ?

    Malgré l'ouverture économique de 1978, les mesures d'internationalisation des entreprises d'État, l'établissement de relations diplomatiques avec les puissances occidentales, la Chine demeure fidèle à ses racines rouges. « Le communisme est un idéal vers lequel nous devons tous tendre » affirment aujourd'hui encore les cadres du Parti.

    Renforcé par l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2013, le Parti communiste chinois s'infiltre au quotidien dans toutes les strates de la société : politique et économique, bien sûr, mais aussi culturelle, artistique, éducative, sociale ou religieuse, et ambitionne d'étendre cette influence à l'international.

    Il fallait bien sept années d'observation et plus de 400 entretiens menés par Alice Ekman auprès de hauts cadres du Parti et fonctionnaires, diplomates, représentants d'entreprises, chercheurs et étudiants pour parvenir à comprendre la Chine contemporaine, son fonctionnement, ses évolutions récentes et sa stratégie de puissance, dans un contexte périlleux de tensions avec les États-Unis et de rapprochement avec la Russie. Car, alors que l'idéal libéral est de plus en plus contesté, la Chine cherche désormais à s'imposer comme une puissance de référence, une « solution » pour le monde, selon les propres mots de Xi Jinping, pour un jour parvenir à la « disparition ultime du capitalisme et la victoire finale du socialisme ».

  • Chili, Pérou, Argentine, Equateur, Brésil, Bolivie, Venezuela, Nicaragua, Colombie... en octobre-novembre 2019, la quasi-totalité des pays d'Amérique latine ont été secoués par des crises politiques et sociales de grande ampleur, plaçant le sous-continent au premier plan de l'actualité internationale. Malgré leur simultanéité, et la similarité de certaines revendications, les crises de l'"automne des peuples" ont des origines et des effets profondément divergents, et sont la manifestation d'un cycle de crises politiques initiées depuis 2009. De l'exil forcé du Hondurien Zelaya en 2009 à celui d'Evo Morales en 2019, cet ouvrage revient sur une décennie de crises en Amérique latine pour mieux comprendre les dynamiques politiques à l'oeuvre et leurs conséquences à l'échelle internationale.

  • Un livre de plus sur le Proche-Orient ? Non.
    À côté de l'image commune et quotidienne que nous avons de cette région - bombardements, attentats, exodes massifs de population -, Nadine Picaudou expose les ressorts et les formes spécifiques de
    l'action politique - les modes de construction de l'État et les dynamiques de mobilisation des acteurs dans le long XXe siècle.
    Elle s'interroge, en alternant les moments de récit avec les plages d'analyse, sur la définition même de la chose publique dans les sociétés concernées, sur le découpage d'un espace du politique dans ses rapports avec les autres instances du social : loin d'être le degré zéro du politique, la violence apparaît alors comme un instrument de négociation pour l'accès aux ressources, comme la poursuite de la politique par d'autres moyens.
    Cet ouvrage aide à comprendre comment et pourquoi les affrontements politiques revêtent aussi aisément le visage de fractures communautaires qui mystifient les peuples pour mieux les écraser.

  • On peut regarder l'histoire politique du XXe siècle comme l'histoire du combat de la démocratie contre ses ennemis extérieurs : le fascisme et le communisme. Ce combat s'est achevé avec la chute du mur de Berlin. D'après certains, il se prolonge contre de nouveaux ennemis - islamo-fascisme, terrorisme, dictateurs sanguinaires... Pour Todorov, ces dangers, certes réels, ne sont pas des candidats crédibles à cette succession. Le principal ennemi de la démocratie, c'est devenu elle-même, ou plutôt certains aspects plus ou moins visibles de son développement, qui en menacent jusqu'à l'existence même. Le premier est une forme de démesure, un avatar de la vieille hubris des Grecs : ayant vaincu ses ennemis, certains des tenants de la démocratie libérale sont pris d'ivresse. Quelques dizaines d'années après la décolonisation, les voici lancés dans une succession de croisades où il s'agit d'apporter les bienfaits de la civilisation à des peuples qui en sont privés. Or cette démesure, non contente d'être plus meurtrière qu'on ne le dit (car les " bombes humanitaires " tuent autant que les autres), est aussi destructrice de nos propres valeurs : on part se battre pour une juste cause, et on se réveille avec le cauchemar d'Abu Ghraïb ou de Guantanamo. Le deuxième est une étrange filiation : pour Todorov, il y a en effet une continuité entre le messianisme européen du XIXe siècle, qui a notamment ouvert la voie idéologique de la colonisation, le communisme et le néo-libéralisme contemporain. Ce sont des doctrines proprement révolutionnaires, dont le but est d'établir un nouvel ordre du monde, et où la fin justifie les moyens. C'est une chose de croire dans l'universalité de ses propres valeurs et de souhaiter les promouvoir ; c'en est une autre de le faire avec une violence moins visible, et sans une considération attentive des peuples objets de notre sollicitude. La troisième menace est la tyrannie des individus : une doctrine de protection des libertés s'est aujourd'hui hypertrophiée jusqu'à donner à quelques puissants le privilège de s'approprier non seulement les richesses, mais aussi le pouvoir politique et la parole publique - bref d'occuper tout l'espace et d'exercer la liberté des renards dans le poulailler... Liberté et barrières, tolérance et responsabilité, balance des contre-pouvoirs - seul un dosage subtil pourra permettre à la démocratie de durer en étant autre chose qu'un paravent ou un faux-semblant : un modèle où les forces contradictoires qui agitent individus et sociétés trouvent une forme d'équilibre perpétuellement instable, et où le " vivre-ensemble " garde un sens.

  • Ce manuel d'histoire de la pensée politique présente, depuis leur genèse jusqu'à nos jours, les grands systèmes de pensée : autoritarisme, libéralisme, socialisme. Pour chaque courant, l'évolution des idées et le contenu de la pensée des principaux auteurs sont expliqués.
    L'auteur a actualisé notamment les développements relatifs à l'intégrisme religieux, au libéralisme, au néolibéralisme, et au socialisme démocratique.
    POINTS FORTS
    - Les principaux repères de l'histoire de la pensée politique en seulement 160 pages ; auteurs importants et analyse des concepts issus de leur réflexion sont analysés.
    - Grande qualité pédagogique de l'auteur : ce n'est pas un agrégat de dates et de noms, mais une véritable histoire, d'accès facilité par un plan très structuré qui favorise la compréhension et la mémorisation.
    - Accessible et d'un excellent rapport qualité-prix sur un marché essentiellement occupé par de gros volumes, plus chers.
    - Convient particulièrement aux étudiants désireux de se mettre rapidement à niveau ou de réviser leur programme.
     
    SOMMAIRE
    1 - Genèse de la pensée politique moderne.
    Première partie  L'autoritarisme
    2 - Le traditionalisme.
    3 - Le scientisme élitiste.
    4 - Le nationalisme.
    5 - Le fascisme.
    Deuxième partie  Le libéralisme.
    6 - L'assaut contre l'absolutisme.
    7 - L'État libéral.
    8 - Le néolibéralisme.
    Troisième partie  Le socialisme.
    9 - Le socialisme pré-marxiste.
    10 - Le marxisme-léninisme.
    11 - Le socialisme démocratique.
    Conclusion  :La quête de nouveaux modèles ?
    PUBLIC
    1er et 2nd cycles de droit et de science politique, IEP, préparations aux concours administratifs et classes préparatoires.

  • Tout dans ce livre est incroyable.Et le pire, c'est que tout est vrai
    Donald Trump est président des Etats-Unis. Officiellement, il n'a aucun rapport avec la Mafia.Il reconnait juste avoir été obligé de négocier avec certaines familles qu'il qualifie de « very nice people ».En réalité, la vie cachée de l'ancien promoteur repose sur des décennies de concubinage avec la criminalité organisée, italo-américaine puis russe. Mais pas une seule inculpation !Au fil des années les motifs n'ont pourtant pas manqué, mais à chaque fois, Donald s'en est tiré. Le secret, bien gardé, de cette stupéfiante survie ? Le FBI, que le futur Président a manipulé, alternant dénégations et... dénonciations. Un temps menaçant, celui-ci finit étrangement par le protéger. Cette stratégie périlleuse lui ouvrira les portes de la Maison Blanche. Et de sa réélection ?
    C'est ce que montre cette enquête extraordinaire qui s'appuie sur des témoignages inédits, des archives judiciaires et des rapports officiels.
    Fabrizio Calvi, déjà auteur de nombreuses enquêtes explosives, dont L'oeil de Washington, avec Thierry Pfister, nous entraine dans une fascinante plongée au coeur des coulisses de l'organisation Trump.

  • Né en Italie, le Baroque a rayonné sur l´Europe entière et même au-delà, engendrant ici ou là des styles, voire des genres propres aux sensibilités et aux particularités locales. Il était normal que cette lame de fond européenne n´atteigne qu´avec un certain retard l´Allemagne luthérienne, à la fois réformée et ruinée par une guerre atroce. Mais elle y trouvera des modes d´expression très particuliers et féconds pour l´avenir.

    Dans la pratique quotidienne de la musique, et par elle, un peuple entier acquiert en effet des réflexes de comportement et une vision du monde. On mène en ces terres une existence empreinte de spiritualité et de musique.

    La musique n´est-elle pas, selon Johann Crüger, Himmelsfreude, joie céleste ?

    /> De ce tissu musical vivant émergent les compositeurs les plus en vue : Schütz, Buxtehude et quantité d´autres dont Bach sera l´héritier et le plus illustre.
    Gilles Cantagrel présente en cet ouvrage synthétique les trajectoires de vie, les oeuvres et les préoccupations quotidiennes, reliant les chefs-d´oeuvre et la société qui les fait naître, les spéculations et le savoir-faire en un tout cohérent qui embrasse la musique et la vie.

    Auteur de multiples ouvrages sur la musique,Gilles Cantagrela notamment publiéLe Moulin et la Rivière, air et variations sur Bach, Bach en son tempsetDieterich Buxtehude.Il a également dirigé leGuide de la musique d´orgue.

  • Jérusalem cristallise haines et passions. Plus ou moins sanctifiée par deux milliards et demi de chrétiens, de musulmans et de juifs, disputée par deux nations antagonistes, l'antique cité fait ici l'objet, cartes à l'appui, d'une analyse authentiquement

  • Lassé. A neuf mois de l'élection présidentielle américaine, j'étais lassépar toutes ces analyses savantes écrites depuis un bureau à Paris, NewYork ou San Francisco, expliquant que Trump était LA catastrophe del'Amérique. Il avait pourtant été élu, voulu, cet homme-là !Pour comprendre ce qui allait se jouer en novembre 2020, le seulmoyen était donc de rencontrer ses électeurs, toujours conquis oudéçus : ces Américains que l'establishment des grandes villes jugeait« déplorables », minables, racistes.Alors je suis parti. J'ai acheté une vieille Cadillac et j'ai sillonné l'Amériquede l'intérieur, dormi chez l'habitant ou dans des motels sordides, àla rencontre de pêcheurs de crevettes en Louisiane, de militants proarmesdu Texas, d'un shérif de Virginie-Occidentale, d'une étudiantestrip-teaseuse du Nebraska, d'un candidat de l'Idaho qui veut virer lesCaliforniens libéraux, et de dizaines d'autres personnages qui sont lesEtats-Unis de 2020.Je l'avoue : j'étais « trumpiste », séduit par la revanche de ces rednecks,ces « sans-dents », sur les élites moralisatrices qui veulent enterrer lagrandeur de leur pays.Mais en cours de route, la donne a changé. Un virus a tout renversé. Jeme suis retrouvé moi-même malade, aussi malade que ma Cadillac. J'aidécouvert une Amérique qui perdait les pédales, dirigée par un leaderincompréhensible, parfois ridicule. Une nation qui n'avait jamais étéaussi humiliée depuis le Vietnam.Qui gagnera ? Peu importe. En quatre ou huit ans de mandat, Trumpaura laissé une marque indélébile dans le pays.Plongée au coeur de l'élection la plus folle de l'histoire des Etats-Unis

  • Homme d'affaires, politicien, animateur de télé-réalité, « artiste » (comme il aime à se définir) : le personnage de Donald Trump est multiple. Cependant, toutes ses facettes se résument en quelques mots : un expert en marketing. Il sait, à l'instinct et sans scrupules, analyser le marché potentiel pour un produit donné, identifier ses cibles (consommateurs ou électeurs), et se positionner afin d'optimiser ses parts de marché (ou le nombre de votes en sa faveur).
    Ce que l'histoire retiendra de Donald Trump, c'est que, le temps d'un mandat, il aura transformé la Maison Blanche, la Bible, sa femme, les Mexicains, les Afro-américains, la communauté LGBTI+, le drapeau des États-Unis, le désarroi d'une classe moyenne en déclin, et la misère crasse d'une classe ouvrière droguée aux opiacés, en outils marketing de conquête du pouvoir.
    Paradoxalement, si de nombreux ouvrages ont été publiés sur ce personnage hors normes, aucun n'a pris Trump a son propre piège : en conduisant une analyse marketing du marketeur.
    L'exercice, pourtant, pourrait être salutaire : Trump n'est ni le premier ni le dernier des populistes ; et une considération rapide des « méthodes com' » utilisées par Boris Johnson, Jair Bolsonaro, Marine Le Pen, Recep Tayyip Erdogan, ou Viktor Orbán, mettrait à jour de nombreux points communs dans leurs stratégies.
    Cet ouvrage, écrit par un enseignant-chercheur en marketing, tente de combler cette lacune, avec l'espoir que les pièges marketing ici exposés serviront à éviter, dans un pays comme la France, l'accession au pouvoir d'un populisme du même acabit.
    Zeil a reçu un doctorat d'Arizona State University (États-Unis), un MBA de l'Université du Texas à Austin (États-Unis), et un mastère de Grenoble École de Management. Auteur de divers articles académiques sur le comportement du consommateur, il a été enseignant-chercheur aux États-Unis (où il résida durant 16 ans), en France, au Canada, aux Caraïbes, et au Moyen-Orient. Il est l'auteur de Sup de Cons (Éditions de la Différence 2017) et du Manuel d'anti-marketing (Éditions Hermann, à paraître, 2021). Il est directeur général associé d'Alasala College of Business.

  • Sommes-nous en dictature ? Non. Sommes-nous en démocratie ? Non plus. Les puissances d´argent ont acquis une influence démesurée, les grands médias sont contrôlés par les intérêts capitalistes, les lobbies décident des lois en coulisses, les libertés sont jour après jour entamées. Dans tous les pays occidentaux, la démocratie est attaquée par une caste. En réalité, nous sommes entrés dans un régime oligarchique, cette forme politique conçue par les Grecs anciens et qu´ont oubliée les politologues : la domination d´une petite classe de puissants qui discutent entre pairs et imposent ensuite leurs décisions à l´ensemble des citoyens.
    Si nous voulons répondre aux défis du XXIe siècle, il faut revenir en démocratie : cela suppose de reconnaître l´oligarchie pour ce qu´elle est, un régime qui vise à maintenir les privilèges des riches au mépris des urgences sociales et écologiques.
    Car la crise écologique et la mondialisation rebattent les cartes de notre culture politique : l´Occident doit apprendre à partager le monde avec les autres habitants de la planète. Il n´y parviendra qu´en sortant du régime oligarchique pour réinventer une démocratie vivante. Si nous échouons à aller vers la Cité mondiale, guidés par le souci de l´équilibre écologique, les oligarques nous entraîneront dans la violence et l´autoritarisme.
    Au terme de ce récit précisément documenté mais toujours vivant, le lecteur ne verra plus la politique de la même façon.

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