Presses de l´Université Saint-Louis

  • Le constat n'étonnera personne : les faits, les manifestations ou les phénomènes religieux attirent aujourd'hui l'attention, à des degrés divers. Face à la question de savoir ce que les religions viennent faire dans la société et la culture, on dispose d'un large éventail d'analyses et de réponses. Toutefois, en centrant ainsi l'intérêt sur ce que les religions font, une autre question est souvent laissée dans l'ombre : celle de savoir ce qui fait la religion, ou encore Qu'est-ce que la religion ? Les contributions rassemblées dans ce recueil n'entendent pas traiter la question de manière abstraite, ni trancher l'épineux problème d'une définition théorique de la religion. Il s'agit plutôt de prêter attention à ce que la religion donne à entendre, quand on l'interroge sur ce qui la fonde et la constitue, dans le champ de la conscience et de la pensée humaines, dans celui des rapports sociaux, et face aux pôles de sens et de vérité qui aimantent les traditions religieuses et leurs divers itinéraires. La théologie chrétienne se doit aujourd'hui de reprendre ce questionnement, pour envisager comment le christianisme se comprend lui-même comme religion, en ayant dépassé l'opposition duelle entre foi et religion. L'interlocution avec d'autres religions se tient certainement au coeur de cette tâche. Mais en même temps, ce questionnement appelle aujourd'hui le christianisme à revoir ses propres bases anthropologiques, où ce qui fait la religion prend naissance.

  • Les rapports entre religion et politique sont, à nouveau et de manière insistante, à l'avant-plan des interrogations et des débats : crise du l'État national classique et de la forme-Nation ; interrogation, dans l'espace européen, sur la plausibilité d'une identité postnationale et la construction d'une nouvelle culture politique reconnaissant, à certaines conditions, la légitimité publique des traditions religieuses dans leur teneur éthique : revendications culturelles et identitaires des minorités... Autant de phénomènes qui désignent l'émergence d'un nouveau champ politique : celui de la socialisation des individus en régime de modernité avancée. C'est à ce champ nouveau que sont confrontés mouvements religieux et grandes traditions religieuses. Le propos de la session théologique 1992 de l'École des sciences philosophiques et religieuses des F.U.S.L., dont les contributions sont reprises dans le présent volume, est d'alimenter le dossier du nouveau rapport théologico-politique qui se cherche en ordonnant des points de vue divers - et parfois divergents - autour de la triade : individu-citoyen-croyant, sans oublier, d'un point de vue catholique, le pôle collectif et communautaire qu'est l'Église, avec ses héritages et ses interrogations.

  • Les publications sur le baptême se multiplient en ce moment, reflets de et réponses à un problème pastoral et ecclésial préoccupant, parce que vital, pour l'Église et pour les chrétiens. Le livre que voici vient s'ajouter à ce dossier complexe et difficile en présentant un point de vue plus synthétique : il s'efforce de situer la difficile question pastorale (en gros, celle du baptême généralisé des petits enfants) dans une perspective plus ample, celle d'une réflexion sociologique, exégétique, historique et théologique, qui permet de dégager l'extrême charge de sens que porte le rite baptismal pour l'existence chrétienne et par là même de mesurer les ambiguïtés de la pratique baptismale actuelle et de tracer quelques perspectives d'orientation pastorale. L'ouvrage réunit les contributions présentées à une session théologique tenue en 1982 à l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis.

  • Le « retour de Satan », observable aujourd'hui en des manifestations fort diverses, pourrait bien renvoyer à la redécouverte, bruyante ou quotidienne, à la suite d'évènements terrifiants ou d'une déréliction sans remède au plan de l'histoire d'un « abîme noir » en l'humain. Redécouverte qui se laisse appréhender comme un double brouillage d'identité : l'image de Dieu oscille entre un versant positif et un versant négatif et l'humain s'en trouve comme traversé d'une fêlure, voire dédoublé. Si la foi toute chrétienne tient, tout entière, à la reconnaissance d'un salut gratuitement donné dans l'Événement christique insondable comme tel, comment fait-elle droit à la dimension d'épreuve, de combat, mais aussi à l'impératif de solidarité sans lesquelles la réalité et l'annonce du salut seraient privées de signification et de résonance ? Tels sont la question et l'enjeu de la session théologique, tenue aux F.U.SL. en 1991. Le parcours proposé comporte deux étapes : des mises en situation historiques - restitution de synthèses doctrinales et de glissements historiographiques - et anthropologiques font écho et interrogent des apports exégétiques, éthiques et théologiques visant à préciser ce qui nous est suggéré, à travers les figures du démoniaque, de ce qu'il peut advenir de la liberté humaine lorsqu'elle se retourne vers « Celui qui a, par la Croix, vaincu le Prince de Monde ».

  • Au premier regard, il semblerait que nos sociétés occidentales soient désormais dépourvues de messianisme et d'utopie, que ce « constat » soit interprété comme l'installation dans une société enfin libérée de toute altérité historique ou comme l'entrée dans une « crise sans précédent, et pour la première fois dans l'histoire, non pas transitoire, mais permanente, définitive » (P. Ricoeur). Ces positions appellent cependant réserves et perplexi­tés. Ne s'établissent-elles pas sur un oubli massif des représentations propres aux parties du monde et aux groupes humains marginalisés ? Au prix de quelles prétentions des ressources d'imaginaire et d'action acquièrent-elles leur légitimité ? Avec le statut de la modernité comme rupture, c'est l'identité chrétienne, selon la matrice apocalyptique, qui est, au plus vif et comme à nu, questionnée. Les textes ici rassemblés reprennent les interventions de la session théologique 1993 qui s'était donné pour objectif de « penser l'espérance chrétienne », comme mémoire d'une promesse ouvrant l'avenir, au gré de relectures bibliques et de relèves philosophiques, face aux incertitudes actuelles sur le temps et l'histoire.

  • Une des tâches les plus urgentes pour les chrétiens soucieux d'offrir à leur foi l'hommage d'une pensée qui en respecte le mystère et la spécificité consiste à en assumer, de manière renouvelée, la détermination centrale qui la qualifie comme monothéisme trinitaire. De la foi chrétienne, le mystère de la Trinité exprime l'audace conjointe quant à la vérité de Dieu et quant à la vérité de l'homme. Il en commande aussi les équilibres les plus délicats. L'urgence naît d'un double défi : celui qui vient du dialogue avec les grandes religions et de l'attrait grandissant des sagesses hénologiques et des (ré)enchantements polythéistes ; celui qui vient des évaluations critiques du rôle joué par le christianisme dans le champ de l'imaginaire et des institutions politiques en Occident. Le présent volume reprend les contributions de la session théologique organisée en 1990 aux Facultés universitaires Saint-Louis, dans le cadre de l'École des sciences philo­sophiques et religieuses. L'ensemble, composé d'approches multiples et de perspectives nova­trices, se veut une contribution à ce travail. On pourra y mesurer l'avancée et l'approfondissement de la perspective pneumatologique déjà opérante dans plusieurs sessions précédentes publiées dans la même collection.

  • Fruit d'une session théologique organisée en novembre 1996 par l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis, ces études sur la Providence ouvrent différentes perspectives. Face à une attitude « providentialiste » la Bible nous suggère déjà diverses approches. Une vue sécularisée de la toute-puissance de Dieu pourrait également nous entraîner dans un déterminisme absolu qui semblait sous-jacent à certaines sociologies. Dans une perspective politique, comment se frayer un chemin au delà du « providentialisme » ? Il importe pour chacun, non d'exécuter un plan préétabli, mais d'inventer la façon de devenir « Providence pour soi et pour l'autre... » À Gethsémani, l'agonie et le « oui » de Jésus nous conduisent au centre du mystère qui nous interpelle et nous ouvre à l'imprévisible.

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