Karthala

  • Notre époque assiste à une montée des fondamentalismes religieux. Dans des milieux en crise d'identité profonde, ce type de conviction peut sécuriser en donnant des repères considérés comme sûrs, immuables, véridiques. Depuis les attentats du 11 septembre 2001 et la proclamation de l'État islamique d'Irak et du Levant, la nébuleuse fondamentaliste islamique, dans sa forme djihadiste, inquiète par sa capacité croissante à attirer des musulmans et à recruter des non-musulmans fraîchement convertis, jusqu'en Europe. Or l'extrémisme d'inspiration musulmane, perçu à travers une actualité dramatique, ne se réduit pas à des conjonctures sociales et internationales. Il s'inscrit dans un fondamentalisme religieux particulier ou, plus exactement, dans un faisceau d'idéologies politico-religieuses qui, depuis plus d'un siècle, ont circulé dans les sociétés du monde musulman, surtout dans sa partie arabe, en réponse à une série de crises internes et externes. Malgré sa pertinence, l'analyse sociopolitique n'est donc pas en mesure, à elle seule, de rendre compte de la dérive fondamentaliste. La nature religieuse du phénomène ne peut être éludée. Elle implique une prise en compte des logiques inhérentes à la réflexion théologique. C'est ce que les spécialistes de l'islam réunis autour de Michel Younès ont entrepris d'expliquer. Ils vont au-delà d'une représentation superficielle de ce courant de pensée et des mobilisations qu'il inspire. Ils nous aident à comprendre plus profondément un phénomène religieux et politique devenu crucial en ce début du xxie siècle. Michel Younès, professeur de théologie et d'islamologie à l'Université catholique de Lyon, dirige le Centre d'études des cultures et des religions (CECR). Ont contribué à cet ouvrage : Samir Amghar, Maurice Borrmans, Malek Chaieb, Bénédicte du Chaffaut, Philippe Dockwiller, Ali Mostfa, Emmanuel Pisani, Haoues Seniguer, Bertrand Souchard et Michel Younès. Préface de Ghaleb Bencheikh

  • La question identitaire s'est substituée à la question sociale et politique. L'islam s'est mué en nouvel ennemi de l'intérieur, en remplacement du communisme défunt. L'idée laïque, constitutive de la loi de 1905 actant la séparation des cultes et de l'État et la neutralité de celui-ci en matière religieuse, s'est transformée en idéologie laïciste et en religion nationale, mettant l'islam sous contrôle politique. Djihadistes et laïcistes sont devenus des ennemis complémentaires, se renforçant mutuellement de leur haine réciproque. Aussi bien Daech que la droite identitariste entendent réduire ce que l'une et l'autre nomment la « zone grise » des citoyens qui ne se reconnaissent ni dans la nouvelle religion nationale ni dans la guerre sainte. Qui sème le vent culturaliste récolte la tempête identitaire.

  • De leur victoire électorale à la répression féroce qu'ils ont subie après le coup d'État du maréchal Sissi, les Frères musulmans égyptiens ont connu un destin mouvementé depuis la révolution de 2011. Par-delà ces événements, le défi majeur qui s'est imposé à cette organisation islamiste a été de sortir de l'ambivalente clandestinité à laquelle elle était tenue sous l'ancien régime. Depuis des décennies, la Gama`a des Frères musulmans, ce mouvement de nature indéfinie, interdit mais toléré, à la présence sociale aussi étendue que déniée, existait comme un « secret public ». Une plongée ethnographique dans trois quartiers du Grand Caire permet de montrer comment ce secret public façonnait l'ancrage social de la Gama`a et quels étaient les ressorts de sa mobilisation sous le régime de Moubarak. Au fil des pratiques quotidiennes d'action politique et sociale de leurs députés, apparaît une tension irréductible entre la large implantation des Frères musulmans dans la société, et la perpétuation, en leur sein, d'un entre soi clos et hiérarchisé. Dans l'interdépendance entre les structures de l'ancien régime et les réseaux des Frères, des processus de politisation, diffus et aléatoires, reposaient sur les sociabilités locales et des sensibilités éthiques partagées. Au-delà du seul cas égyptien, ce livre invite à penser l'imbrication des logiques de coproduction et de contestation de l'ordre autoritaire. Il éclaire aussi d'un jour nouveau les néoconfréries nées de la réforme de l'islam, au début du XXe siècle, et les dynamiques internes des mouvements islamistes. Marie Vannetzel est chargée de recherche au CNRS (Centre universitaire de recherche sur l'action publique et le politique, UMR 7319), et participe au programme ERC-CNRS « When authoritarianism fails in the Arab World » (WAFAW).

  • Ce livre éclaire simultanément les processus d'islamisation de l'Afrique et d'africanisation de l'islam. Il analyse les multiples configurations dans lesquelles les musulmans d'Afrique inscrivirent leur action depuis plus d'un millénaire. Récusant la vision d'un Islam étranger à l'Afrique et dont l'expansion suivrait un modèle linéaire, l'historien américain David Robinson décrit la formation d'espaces musulmans originaux, dans des contextes particuliers, qui étaient soit païens, soit chrétiens, soit même déjà musulmans. Il raconte les luttes menées dans un esprit de réforme et d'où naquirent le sultanat du Maroc ou le califat de Sokoto (Nigeria). Il montre la façon dont l'islam était pratiqué en bonne entente avec des rois païens comme dans l'Ashanti (Ghana) ou dans un contexte de compétition comme au Buganda (Ouganda) où ils se trouvaient confrontés à des néophytes chrétiens. Autre cas étudié, celui de l'Éthiopie où l'islam coexista plus ou moins bien avec le christianisme, religion revendiquée des milieux dirigeants, alors qu'une première pénétration venant de La Mecque avait atteint cette région en 615, peu avant l'Hégire. L'ouvrage se termine par des chapitres sur l'État du Mandi au Soudan et sur la confrérie transnationale des Mourides au Sénégal, ainsi que sur la place des Africains dans l'islam contemporain : ils forment actuellement le quart de la population musulmane mondiale. Tout au long de récits très vivants, le lecteur est guidé par des cartes et des illustrations. Chaque chapitre est suivi de conseils de lectures complémentaires, mettant en regard les bibliographies anglophones et francophones, ce qui fait de cet ouvrage un excellent outil de travail pour les étudiants, les enseignants et les chercheurs.
    David Robinson mène depuis plus de trente années des recherches sur l'Islam en Afrique de l'Ouest, à Yale University et depuis 1978 à Michigan State University où il a reçu le titre de University Distinguished Professor of History en 1992. Il a été fait Docteur honoris causa à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar en 2007. Ses livres les plus marquants ont été traduits en français aux éditions Karthala : La Guerre sainte d'al-Hajj Umar, Le Soudan français au milieu du XIXe siècle et Sociétés musulmanes et pouvoir colonial français au Sénégal et en Mauritanie 1880-1920.

  • En dépit de sa présence déterminante sur la longue durée, l´islam en Afrique a encore du mal à se départir d´une image de « religion importée » et « bricolée » face à un monde musulman arabophone. Si cette présence au sud du Sahara n´a nullement été linéaire et s´inscrit au contraire dans des effets de replis et de reprises successifs, le puissant mouvement de réislamisation, qui s´amorce à la fin du XVIIIe siècle pour s´accélérer dans les dernières décennies du XXe siècle, ne permet plus de faire l´économie de la dynamique sociale et politique du religieux pour comprendre l´Afrique actuelle et, singulièrement, de la place qu´y occupe l´islam.
    Au fil d´un parcours à travers cinq pays de l´Afrique de l´Ouest, le Burkina Faso, la Côte d´Ivoire, le Mali, le Niger et le Sénégal, cet ouvrage souligne combien l´Afrique musulmane est inscrite dans la modernité et participe de ce que l´on peut appeler la globalisation islamique. Mais plus encore qu´une active présence au monde, l´Afrique d´aujourd´hui donne à voir des pratiques politiques et sociales originales qui puisent massivement dans la ressource religieuse, cherchant ainsi à pallier la faillite morale, politique et économique des États.
    Décrivant et analysant les configurations des expériences démocratiques en cours, le phénomène d´assimilation réciproque des sphères politique et religieuse, et le degré d´organisation des acteurs islamiques au sein des sociétés civiles, cet ouvrage pose en final la question de l´émergence d´un nouveau type de rapports entre l´État et la société, que l´on peut qualifier d´« espace public religieux ».
    Gilles Holder est anthropologue au Centre d´études des mondes africains à Aix-en-Provence (CEMAf, UMR 8171 du CNRS). Travaillant depuis une quinzaine d´années au Mali sur le fait politique, il s´intéresse à la place du religieux dans la sphère publique et coordonne le programme ANR PUBLISLAM (Espaces publics religieux : États, sociétés civiles et islam en Afrique de l´Ouest). Il a notamment publié Poussière, Ô Poussière ! La cité-État sama du pays dogon (Société d´ethnologie de Nanterre, 2001) et, en collaboration avec Anne-Marie Peatrik, un numéro spécial du Journal des africanistes intitulé Cité-État et statut politique de la ville en Afrique et ailleurs (2004).
    Ont également participé à cet ouvrage : Jean-Louis Triaud, Michèle Leclerc-Olive, Robert Launay, Benjamin F. Soares, Souley Hassane, Robert Launay, Rudolph Ware, Fabienne Samson Ndaw, Marie Nathalie LeBlanc, Maud Saint-Lary, Jean-Pierre Dozon, Abdourahmane Seck.

  • En Mauritanie, le renouveau religieux va de pair avec le retour en force de la thématique de l'esclavage, la persistance des tensions ethniques et la montée du radicalisme islamique, voire terroriste. Saisir l'enjeu des transformations en cours exige de prendre concrètement en compte le redéploiement de l'État confessionnel postcolonial dans cette république islamique à cheval entre l'Afrique noire et le Maghreb arabe. Quelles sont les dimensions ou les chances de succès d'une offre politique islamiste plurielle et mouvante ? Sous quelles formes la religion islamique se trouve-t-elle engagée dans les luttes sociales et dans les controverses publiques alors que les enjeux de l'inégalité entre groupes sociaux prennent des dimensions religieuses ?
    Fruit d'une vingtaine d'années d'enquête de terrain et d'observation rapprochée, ce livre nous explique de façon inédite comment les changements socioreligieux affectent tout à la fois la conception et le vécu de l'islam, le contenu moral de la religion, le rôle public de la charia, la place du terrorisme dans l'espace public « confessionnel » et la négociation des rapports sociaux au sein d'une « cité musulmane ». Il nous donne à voir un islam simultanément facteur et produit du changement social, sujet de mutations souvent mal appréhendées. Il nous montre en outre ce qu'être musulman veut dire aujourd'hui.
    Au-delà du cas particulier de la Mauritanie, cet ouvrage constitue une contribution originale à l'analyse de l'islam politique. Il met notamment en évidence les processus de différenciation de la « communauté musulmane » et les diverses modalités d'insertion de ses membres dans la modernité globale contemporaine.
    Titulaire d'un doctorat en science politique (Sciences-Po Lyon, 1996), Zekeria Ould Ahmed Salem est professeur à l'université de Nouakchott (Mauritanie) et chercheur associé au Centre d'études et de recherches internationales de Sciences-Po (Paris). Il a notamment publié Les trajectoires d'un État-frontière : espaces, évolution politique et transformations sociales en Mauritanie (Dakar, Codesria, 2004).

  • L'organisation des Frères musulmans a été fondée en 1928 par Hasan al-Bannâ. Avec elle est né le plus grand mouvement islamique que le Monde arabe et islamique ait connu au cours du XXe siècle. Les Frères musulmans ont été au coeur des événements qu'a vécus la région depuis cette date. C'est un mouvement aux multiples visages dont les priorités varient en fonction du contexte politique. A l'instar des régimes arabes, les Européens n'ont pas traité de la même manière les différents mouvements se réclamant de "l'école des Frères musulmans".
    Dans cet ouvrage, l'auteur fait le récit et l'analyse des évolutions qu'a connues le mouvement. C'est un modèle d'action politique et sociale que les Frères cherchent à incarner dans une nouvelle phase politique. Amr Elshobaki s'interroge enfin sur l'étendue de la transformation survenue dans le discours des Frères musulmans vis-à-vis du processus démocratique. Le mouvement a-t-il favorisé ou non l'ouverture démocratique et l'acceptation des règles du pluralisme politique ?

  • En Afrique, depuis une trentaine d'années, les organisations musulmanes ont pris pied dans l'espace public et sont parvenues à faire émerger un nouveau champ politique qui se définit moins sur un plan institutionnel que par ce que font politiquement les gens. Alors que les pouvoirs d'État, convertis au libéralisme, opèrent une sorte de transfert de la raison politique vers la sphère économique, les sociétés procèdent en parallèle au transfert de cette même raison vers une sphère religieuse, où chacun peut agir politiquement sans que cela soit perçu comme tel.

    La redéfinition en cours des espaces de l'agir public à travers une éthique islamique est précisément ce dont traite cet ouvrage. D'un réenchantement à l'autre, de celui du religieux à celui du politique, l'islam comme espace d'affirmation d'une identité africaine permet de relire les mémoires, les réveils et les populismes du continent. Entre conservatisme et postmodernité, foi et citoyenneté, éthique et action publique, islam politique et islamisation du politique, les politiques de l'islam en Afrique proposent de mettre en place une guidance démocratique de l'État et de la société, sous l'égide du gouvernement d'Allah.

  • Malgré sa grande importance symbolique, encore perceptible de nos jours, l'histoire de la mission chrétienne vers l'islam fut d'abord celle d'un échec retentissant. Face au constat de l'inconvertibilité du monde musulman, les missionnaires se concentrèrent sur les populations chrétiennes présentes en terre d'Islam, parmi lesquelles ils s'efforcèrent de restaurer le « vrai christianisme », « corrompu » par leur environnement et l'éloignement de l'Église.
    À côté de cette action en direction des chrétiens, un autre mouvement d'ampleur, auquel est consacré cet ouvrage, se dessina : la mission chrétienne se réfugia dans les périphéries réelles ou imaginaires de ces territoires musulmans qui se refusaient à elle. Des peuples et des espaces, figurant les marges spirituelles de l'islam (druzes, nusayrîs, yazidîs, Ahl e-Haqq, Javanais abangan) ou géopolitiques (Inde du Grand Mogol Akbar, Kabyles et autres montagnards du Kurdistan ou du Liban), nourrirent des espoirs de conversions. Réputées mal islamisées, ces populations furent l'objet de projets particuliers, fondés sur leur aptitude au syncrétisme, voire leur caractère crypto-chrétien.
    Au sein d'une littérature missionnaire sur l'islam oscillant entre ignorance volontaire et déclarations méprisantes ou fanfaronnes, l'identification de communautés musulmanes hétérodoxes suscita des écrits d'un nouveau genre. Ces sources, ainsi que les projets parfois mis en oeuvre, permettent de jeter un regard nouveau sur la mission chrétienne en terre d'Islam. À des époques et au sein d'aires culturelles variées, loin des discours stéréotypés, ils témoignent de compromis religieux et culturels concrets, mais aussi, à travers leur dimension utopique, du désarroi des missionnaires et des prosélytes chrétiens confrontés au monde musulman.

  • Mille ans de présence, cent vingt millions d'adeptes, soit un huitième de la population musulmane mondiale, tel est, en cette fin de Xe siècle, le bilan de l'islamisation de l'Afrique subsaharienne.
    Mais pour longue et significative que soit la présence au sud du Sahara de l'islam, religion d'une personne sur trois, il demeure encore assez méconnu. Fondé en 1987, la revue Islam et sociétés au sud du Sahara, animée par des chercheurs d'Europe, d'Afrique et Amérique et autres a contribué à mieux faire connaître cet islam. Cet ouvrage reprend une série d'articles publiés dans ses colonnes sur l'islam contemporain et actualisés pour les besoins de cette publication.
    Visant à mieux faire connaître un islam contemporain, au croisement de la longue durée historienne et de l'interrogation politologique, ce livre se veut introduction et illustration du champ islamo-africaniste. La perspective d'ensemble y est combinée avec l'étude de cas, l'outil de vulgarisation avec la recherche de pointe.

  • Le sous-continent indien réunit la plus importante communauté musulmane du monde. Majoritaires au Pakistan et au Bangladesh, les musulmans forment également la deuxième communauté religieuse de l'Inde. Entre le milieu du XIXe et la fin du XXe siècle, ils ont été soumis aux profonds bouleversements que la région a connus : la colonisation britannique, le développement des nationalismes et, enfin, l'indépendance avec la partition de l'empire des Indes. Cet ouvrage analyse comment les Khojah, un groupe de musulmans chiites ismaéliens, ont fait face à ces défis majeurs.
    Majoritairement établis dans le Sindh, aujourd'hui situé au Pakistan, les Khojah étaient répartis en un ensemble disparate de castes, jusqu'à l'arrivée en 1843 d'un chef religieux, l'imâm des chiites ismaéliens, connu sous le nom d'âghâ khân. La majorité des Khojah accepta l'autorité de l'âghâ khân. Après avoir subi des défections en leur sein, surtout des conversions au chiisme duodécimain, ils formèrent une communauté à peu près homogène. Dominés par des groupes de marchands, les Khojah surent largement profiter de l'essor économique impulsé à Karachi par les Britanniques. Sur le plan religieux, leur identité était ouverte aux autres traditions religieuses, jusqu'à en intégrer certains éléments.
    En 1947, la création du Pakistan, un État créé pour les musulmans des Indes, remit en cause cet équilibre. D'autant que dix ans plus tard disparaissait le troisième âghâ khân, Sultân Muhammad Shâh (1877-1957), qui avait été imâm pendant plus de soixante-dix ans. Face à l'islamisation progressive des lois au Pakistan, les Khojah durent réadapter leur tradition religieuse pour être plus en phase avec la nouvelle norme islamique. Simultanément, le nouvel âghâ khân, Shâh Karîm, mit en oeuvre un processus de globalisation pour intégrer toutes les composantes de ses fidèles, y compris ceux des pays arabes ou d'Asie centrale. Et malgré la radicalisation islamique que connaît aujourd'hui le Pakistan, les Khojah demeurent une communauté puissante et respectée, mais en même temps fragile.
    Ce livre montre comment l'islam peut s'adapter aux cultures locales et, inversement, comment un groupe particulier peut assimiler les nouvelles interprétations de l'islam.

  • Comment représenter dans un cadre littéraire, impliquant par définition la liberté de création et d'imagination, des personnages historiques aussi importants et intouchables que le Prophète Muh?ammad et des événements remontant à l'aube de l'Islam ? Ce livre offre pour la première fois une analyse de la façon dont les ont traités des écrivains maghrébins aussi différents que les romancières Assia Djebar, Anissa Boumediène, et les romanciers Driss Chraïbi et Salim Bachi. L'auteur part du concept du sacré en Islam et de ses exigences, puis elle se penche rigoureusement sur les sources historiographiques et philosophiques arabes, - dont les ouvrages de T?abarî, d'Ibn Saad et d'Ibn Arabî - ainsi que des productions européennes - telles le Mahomet de l'orientaliste français Maxime Rodinson - où ces écrivains ont puisé leur inspiration. Ce livre original décode les rapports très différents que les écrivains retenus entretiennent avec leurs sources, dont le Coran. Ces relations vont de l'empathie à la subversion, celle-ci s'appuyant délibérément ou non, sur une lecture erronée de l'histoire, marquée par le parti pris, le préjugé ou le désir de se conformer aux attentes prêtées au lecteur occidental. Hanan Elsayed est professeur de littératures francophone et arabe à l'institution universitaire de l'Occidental College de Los Angeles. Avec Warren Montag, elle prépare un ouvrage collectif consacré à Etienne Balibar, Citoyen/Sujet (Edinburgh University Press).

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