Editions du Cerf

  • Tribu, secte, peuple, religion, qui sont les Druzes, ces musulmans du Porche Orient que l'islam ne reconnaît pas comme siens ? Ce livre lève enfin le voile sur une communauté ancestrale qui témoigne des plus anciennes croyances de l'humanité. Une découverte. Minorité religieuse du Moyen-Orient actuel, les Druzes de Syrie, du Liban et d'Israël forment des communautés dont les chefs spirituels se caractérisent par une pensée ésotérique originale. Leur livre saint, la
    Sagesse, développe une interprétation nouvelle du Coran et jette les fondements d'un ésotérisme dogmatique qui tranche avec le shi'isme ismaélien dont il est issu.
    Sur le socle de leurs doctrines secrètes, les savants druzes du xve siècle établirent une doctrine juridique singulière en islam et des institutions propres à gérer les affaires privées des croyants. Le droit druze en dit long sur cette normativité, à l'instar de l'interdiction de la polygamie, de la répudiation ou du mariage mixte. Quels sont les fondements historiques de ce particularisme communautaire ? D'aucuns l'attribuent à un personnage mythique, l'émir al-Sayyid (m. 1479), quand d'autres y voient la preuve d'une singularité religieuse. Wissam H. Halawi examine cette période de transition en confrontant sources narratives et juridiques inédites.

  • Première mondiale, ce monument savant et accessible, qui réunit trente spécialistes internationaux, offre, en trois mille pages, une synthèse complète et critique des travaux passés et des recherches présentes sur les origines du Coran, sa formation et son apparition, sa composition et sa canonisation : vingt études exhaustives sur le contexte introduisent ici à l'analyse circonstanciée du texte, les éléments archéologiques et épigraphiques, les environnements géographiques et linguistiques, les faits ethnologiques et politiques, les parallèles religieux éclairant, verset après verset, en un commentaire total les cent quatorze sourates du livre fondateur de l'islam.
    Une aventure inédite de l'esprit.
    Une somme sans précédent dans l'histoire.
    Une contribution majeure à la science.
    Une avancée décisive pour la compréhension mutuelle des cultures.
    VOLUME 3 : Bibliographie des études sur
    le Coran.

  • Apparu en Arabie au VIIe siècle, le Coran entend récapituler la Torah et l'Évangile. Pourtant, le Livre saint des musulmans affirme offrir le portrait authentique de Jésus, détenir la réalité première de sa doctrine et en restituer la vérité contre les chrétiens eux-mêmes qui les auraient corrompus. Qu'en est-il ? Comment comprendre ces divergences ? Qu'est-ce que lire le Coran en lui-même et qu'est-ce le lire d'un point de vue chrétien ? À rebours des idées reçues et des préjugés hâtifs, un ouvrage clair et méthodique, qui a valeur de classique, pour instaurer une compréhension mutuelle qui ne fasse pas l'économie des différences fondamentales.

  • Contre les fondamentalismes, le principal penseur de l'islam ouvert explore ici l'anthropologie musulmane afin d'en refonder l'humanisme. Un événement présentant d'une manière inédite le véritable état du débat.
    Violence, terrorisme, citoyenneté, allégeance à l'État, rapport aux autres religions : nul ne tente au Proche-Orient de penser de manière rénovée l'islam d'aujourd'hui comme le fait Muhammad Shahrour. Réfléchir sur la religion et poser à nouveaux frais son articulation à l'éthique, au politique ou au social constituent pour lui une des tâches les plus urgentes. L'islamologue et exégète syrien, qui suscite de nombreuses réactions dans le monde arabe, interroge ici la définition même du mot " islam ".
    Audacieux et radical, ce livre fait table rase de la tradition religieuse et du corpus exégétique, théologique et juridique, afin de faire advenir, à partir du Coran, le geste primordial qui a présidé à la naissance de l'islam. Les résultats de cette recherche surprennent par leur modernité : ils réinstallent les dimensions axiologiques au coeur de la profession de foi islamique et conduisent également à lutter contre l'intolérance.
    Un livre inégalé qui propose de nombreuses pistes pour le renouvellement de la pensée de la loi, du statut de la femme ou du rapport entre politique et religion.

  • Coran, sunnisme, chiisme, soufisme, charia,wahhabisme, Frères musulmans, salafisme, mosquées, laïcité, djihadisme... Ces mots nous les entendons sans les comprendre. À la fois religion et système politique, l'islam est un fait complexe, souvent mal appréhendé. Jacques Huntzinger nous offre ici une initiation claire et approfondie, minutieusement documentée, pour nous permettre de mieux saisir ses réalités actuelles, en nous plongeant dans son histoire : le Prophète à La Mecque et à Médine, le temps des conflits, le choc avec l'Europe et sa modernité, les premières expériences de laïcité, le grand débat sur la réforme jusqu'à la naissance de l'idéologie islamiste issue du fondamentalisme... Un ouvrage essentiel pour mieux décoder la deuxième religion de France.

  • Le texte persan des Maqâlât est un cas exceptionnel pour une période ancienne, mais il s'agit de l'enseignement direct d'un maître hors du commun, un enseignement restitué à travers les notes prises par ses disciples. Des notes relues par le maître

  • Le titre du présent ouvrage est inspiré du Livre de la Preuve (Kitâb al-hujja), oeuvre d'une des autorités religieuses les plus importantes du shi'isme, al-Kulaynî (mort vers 940). Pour la première fois, des extraits sont traduits de l'arabe et largement commentés. Dans la terminologie shi'ite, " la Preuve " est un des qualificatifs de la figure centrale de la spiritualité mystique, la personne du Guide, imâm en arabe : homme divin et théophanique, guide initiateur aux enseignements secrets et, en même temps, horizon et modèle ultimes du fidèle. De nos jours, il devient de plus en plus indispensable de montrer de manière sereine et rigoureuse que l'islam en général et l'islam shi'ite en particulier ne se réduisent pas à ce que nous présente quotidiennement une actualité douloureuse. Le shi'isme, en l'occurrence, n'est pas uniquement l'idéologie politico-religieuse de son " clergé ". Il représente une religion, dans le sens le plus complexe du terme, qui a joué un rôle considérable dans l'enrichissement de la pensée et de la spiritualité musulmanes, parfois avec une finesse et une sophistication peu communes. Ce livre est consacré à ce qui en constitue la substantifique moelle. Mohammad Ali Amir-Moezzi, professeur des universités, est directeur d'études à l'École pratique des hautes études / PSL Research University. Il est membre du Laboratoire d'études sur les monothéismes (CNRS) et chercheur à l'Institute of Ismaili Studies (Londres).

  • Au XVIIe siècle en Iran, un clerc shi'ite aux penchants soufis, Qu b al-D n A kevar , achève d'écrire l'histoire universelle de la sagesse depuis le premier homme Adam jusqu'à son propre temps. Rédigé dans les deux principales langues savantes de l'Islam, l'arabe et le persan, cet ouvrage qui porte le titre de Ma b b al-qul b, littéralement « l'Aimé des coeurs », est pour diverses raisons resté longtemps confidentiel. Son premier volet, dont Mathieu Terrier propose ici la traduction et le commentaire, occupe une place importante dans ce que l'on peut appeler « l 'histoire de l'histoire de la sagesse en Islam », étant à la fois la dernière oeuvre du genre rédigée à l'époque classique et la première composée d'un point de vue shi'ite imamite. Cette autre histoire de la philosophie ancienne manifeste une fidélité inattendue à son sujet, retrouvant la vocation de la philosophie grecque antique à être à la fois un discours théorique et un mode de vie conduisant l'homme à « se rendre semblable au divin autant qu'il est possible », selon la parole de Socrate. Elle est aussi un acte de résistance spirituelle contre les forces de l'« orthodoxie » autoproclamée. Ce livre témoigne de la vivacité de la philosophie en Islam iranien à l'aube de la modernité.

  • Contre la guerre des armes, il faut mener la bataille des idées. Contre la menace commune, il faut réconcilier l'islam et la République. Contre la tentation des anathèmes réciproques, il faut renouer avec l'unité nationale. C'est en tant que croyant musulman et citoyen français, en tant qu'imam de formation et de terrain, en tant qu'érudit formé dans plusieurs écoles de l'étranger et pasteur ayant exercé dans diverses mosquées de l'Hexagone, qu'Abdelali Mamoun livre ici un manuel de contre-offensive. Ce livre dit, sans concession, la vérité sur les islamistes, salafistes, takfiristes et djihadistes. Il dévoile, comme jamais, leurs présupposés et leurs méthodes. Il dresse, de l'intérieur, les moyens de les combattre. Pour la première fois, il indique comment détecter les signes de radicalisation, déminer les entreprises de radicalisation, déminer les discours de radicalisation à partir de l'islam lui-même. Mais il montre aussi combien il est urgent de réformer le projet de l'islam de France qui est désormais à la dérive. C'est à un sursaut commun aux musulmans et aux non-musulmans qu'en appelle ce manifeste qui brise idoles, tabous et préjugés de toutes sortes, de toutes parts.

  • Il était une fois le Maghreb qui réinventait l'islam sur le mode de la liberté. Une étude riche et surprenante. Une vision décapante de notre plus proche Orient.
    Parmi les figures de sainteté, le " fou " en Dieu reste un modèle anthropologique commun à plusieurs religions, au-delà même de la variété de ses postures et de ses expressions. Mais " fou " ou saint, partout où les majdhûbs, ces " ravis " en Dieu, se sont manifestés dans le monde musulman, leurs contemporains, partagés entre fascination et scepticisme, ont remis en cause leur parole et leur pratique - allant parfois jusqu'à les rejeter.
    Alors, vraie ou fausse sainteté ?
    Partant d'une réflexion sur les rapports qu'entretiennent, dans le Maghreb des XIVe et XVe siècles, aussi bien les intellectuels que la foi populaire avec la sainteté, Nelly Amri interroge la croyance à l'oeuvre dans l'islam médiéval et les différentes modalités du faire croire, en posant un regard comparatif sur le christianisme.

  • Qu'en est-il du droit islamique et des droits de l'Homme ? La loi révélée et le droit naturel sont-ils conciliables ? Entre antinomie et concordance, ces questions cruciales engagent singulièrement l'islam dans son rapport à la modernité. Le monde shi'ite au Liban, en Iraq, et surtout en Iran, en est un laboratoire. Depuis les années 1990, savants religieux et intellectuels s'attachent à penser cette dualité et poursuivent la controverse qu'elle engage. Qu'ils réexaminent de manière critique ou qu'ils réaffirment de manière vigoureuse leur fonds théologique et philosophique, tous oeuvrent à ce chantier juridique et politique sans précédent. Récapitulant les grandes étapes de la modernisation du droit de la Révolution constitutionnelle de 1906 à nos jours, en passant par 1979, s'appuyant sur l'ensemble des textes produits et sur les réflexions d'ayatollahs majeurs, Constance Arminjon Hachem offre un panorama inédit d'une mutation de la pensée islamique.

  • Quels sont les éléments des écrits canoniques de l'islam qui divisent les savants musulmans ? Quels sont les critères sur lesquels s'appuie aujourd'hui la recherche pour relire, à l'instar de ce qui s'est produit dans d'autres traditions scripturaires, le processus de canonisation de ces écrits ? Comment ces débats critiques historiques influencent-ils encore aujourd'hui la communauté musulmane ? Dès le premier siècle de l'Hégire, l'élaboration du Coran et du Hadith a suscité des controverses multiples, menées parfois avec véhémence, dans un climat de rivalité entre factions concurrentes. La rédaction du Coran et l'établissement de la version uniforme actuelle, tout comme la mise par écrit des traditions prophétiques, ne firent pas l'unanimité parmi les musulmans, tant sunnites que shi'ites. L'intégrité du texte coranique, l'autorité du Hadith comme source de droit ou la légitimité de traduire le Coran ont été contestées, et continuent à l'être de nos jours, comme en témoignent les nombreux débats sur Internet. Ce volume, émanant de chercheurs internationaux reconnus en leur domaine, aborde sous un éclairage nouveau les différents aspects liés au processus de canonisation des textes sacrés et les discordes doctrinales qui en sont issues.

  • L'islam de France est-il une impasse ? La laïcité a-t-elle trouvé ses limites ? La République a-t-elle faibli ? Où sont les musulmans face aux défis ? Où sont leurs imams, leurs responsables, leurs intellectuels ? Pour avoir été l'un des rares qui, des années durant, s'est plongé dans ces difficultés, a initié un dialogue sans précédent, a mené un accompagnement constant et a fréquenté la sortie des mosquées, Didier Leschi dit ici les vérités sans lesquelles aucune solution ne pourra être trouvée.

  • Voici une injonction pour la société musulmane de faire l'histoire. Assez peu reconnu à son époque et encore largement méconnu aujourd'hui, l'intellectuel algérien Malek Bennabi (1905-1973) a pourtant fait une entrée remarquée dans la vie intellectuelle en Algérie avec sa notion de " colonisabilité " en 1949. Il se fera connaître ensuite dans le monde musulman notamment avec ses définitions fonctionnelles de la culture et de la civilisation. Néanmoins, sa conception réformiste de la religion, nommée " idée religieuse " et ayant une fonction sociale, a été très peu analysée. Or, elle est la clé de voûte de la compréhension de la pensée de Bennabi. Pour lui, " l'idée religieuse " doit être une idée vécue comme une " vérité travaillante ", authentique avec l'islam et efficace dans le monde moderne. Il mélange des savoirs issus à la fois de la Tradition musulmane et des sciences humaines et propose de connecter l'islam authentique avec l'esprit technique cartésien. Ainsi, dans un contexte de décolonisation, Bennabi veut réaliser, par le déploiement moral et social de " l'idée religieuse " un projet de société pérenne, prospère et ouvert sur la civilisation humaine. Par le biais de cette notion " d'idée religieuse ", nous proposons dans cette étude d'analyser la vocation civilisationnelle que Bennabi donne à l'islam. Cet ouvrage se veut une introduction approfondie de la vie et de la pensée de Malek Bennabi. C'est aussi un nouvel angle d'analyse proposé aux études sur la pensée islamique contemporaine et à l'islamologie à travers le regard méconnu d'un acteur de l'islam contemporain au XXe siècle.

  • Depuis un siècle, l'Iran est le laboratoire du Moyen-Orient et du monde musulman. Pour entrer dans la modernité, ses chefs de file ont fait du chiisme un outil idéologique. Ils ont ainsi dévoyé les piliers de la religion traditionnelle tout en échouant à fonder un idéal politique durable et crédible. L'islam institutionnalisé désenchante, et le modèle théocratique sape profondément les repères sociétaux des Iraniens. Comment la confusion entre la sphère publique et la sphère privée, érigée en un redoutable principe de gouvernance, a-t-elle abouti à dénaturer la foi, à la détourner de sa fonction, à dévoyer le culte et ses préceptes, et à faire du martyre une véritable arme ? Des Pahlavis à Mahmoud Ahmadinejad, en passant par l'ayatollah Khomeyni, décryptant les raisonnements et les actes mis en oeuvre par les uns et les autres, c'est l'histoire de ce mouvement de sécularisation que retrace ici brillamment Amélie M. Chelly. Des précurseurs progressistes qui voulaient hier réformer la Perse aux intellectuels critiques qui veulent aujourd'hui rénover l'islam, une enquête incontournable pour comprendre l'Iran contemporain.

  • Atypique, Ibn'Arabî certes le fut. Ce héros de roman bouscule les lois du genre : en fouiller la psychologie, couleur locale incluse, c'est manquer le mouvement perpétuel d'un coeur qui embrasse le Tout et se fait voyant. Cet esprit infatigable, mu par tous les talents, vers et prose confondus, qui précède de trois bons siècles la Renaissance (Murcie, Andalousie, 1165 Damas, 1240) déconcerte le biographe, avec ses semelles de vent et son Livre sacré à la main. Ce défi, un auteur turc de notre temps, le relève. Sadik Yalsizuçanlar, bannissant l'érudition, choisit de dérouler, mêlant la première et la troisième personnes, ce fil entêté de la recherche du Vrai, de la rencontre avec Averroès à Cordoue l'ami de la famille à l'appel de l'immensité d'un monde arabe quasi infini, sans oublier la formation acquise auprès d'une mère spirituelle fort importante. Cette Méditerranée jadis vouée à Ulysse reste le lieu des nostalgies, mais le soufi les transfigure, grâce à cette présence-absence que l'islam caractérise si bien comme un entre-deux, assumant ici-bas formes et signes et, de façon « imaginaire », la sainteté (lui-même est dit « Sceau de la sainteté »). La poétique du déchiffrage du monde (huit cent cinquante ouvrages sont à son actif) cohabite constamment avec la pratique d'une ascension systématique. Ces Itinéraires disent les aventures de l'esprit s'échappant de la matière. La lettre, le mot y sont les instruments d'une autre cabale : la relation quasi directe de la créature et de Dieu est affaire de langage, d'amour, de contemplation une seule et même chose. Dieu n'est pas nouménal, le phénomène en soi est Dieu même. La doctrine, tout compte fait infinie puissance de la dialectique , dit la présence absolue : ne serait-ce que parce qu'on peut être là et ailleurs, autrefois ou demain et maintenant, la philosophie de ce fils de Platon s'éclaire d'un jour nouveau, soudain très surprenante, et très vivifiante, pour notre rationalisme.

  • « Alors que la course planétaire entre la barbarie et les Lumières bat son plein, l'islam de France stationne au feu rouge. La faute à l'irresponsabilité des responsables du culte musulman. La faute à la paresse bienveillante des pouvoirs publics. » C.D.

  • La religion iranienne n'est pas une religion de la sortie de la religion. Bien au contraire, on observe dans la longue histoire iranienne une permanence de la transcendance et du message divin qui se concrétise dans une idéologie religieuse qui perdure to

  • À l'heure du djihadisme, voici la première description documentée, minutieuse et raisonnée de la mise en place du néo-wahhabisme au sein du monde arabe. C'est en 1932, à la demande de la Direction des Affaires indigènes du gouvernement Herriot, qu'Augusti

  • Qu'est-ce qui définit fondamentalement un musulman ? Qu'est-ce que l'islam ? Qu'est-ce que le fait islamique ?
    Alors que l'islam est de retour depuis quelques décennies sur la scène du monde, nous restons encore dans l'incapacité d'analyser cette forme de vie qui concerne pourtant plus d'un milliard d'êtres humains. C'est que, affirme Marie-Thérèse Urvoy, le terme " islam " recouvre à la fois une civilisation et une religion.
    Or, de même que la chrétienté, tout en se réclamant du christianisme, le débordait largement et englobait nombre de traits fort peu chrétiens, de même l'islam a regroupé des pays qui, tout en se référant à la religion islamique, ont adopté bon nombre de coutumes fort éloignées de la seule foi.
    La grande islamologue Marie-Thérèse Urvoy débrouille dans ce maître-ouvrage cet écheveau : explorant toutes les facettes de cette religion-civilisation, sans jamais porter de jugement, elle découvre au lecteur attentif un univers gigantesque, océan de quatorze siècles où s'allient, se croisent et parfois se contredisent foi, traditions, coutumes et théologie.
    Un ouvrage indispensable.

  • La formation des cadres religieux musulmans fait depuis vingt ans l'objet d'un débat en France et dans plusieurs pays européens, en réponse notamment à l'émergence de formes violentes de radicalismes religieux.
    Cet ouvrage sur la théologie universitaire musulmane résume et répond à ce débat novateur et décisif pour l'Europe. Il présente les méthodes et le contenu de l'enseignement de la théologie musulmane en les comparant aux approches fixées par les théologies universitaires chrétiennes et juives, mais également à celles instaurées
    par les sciences humaines et sociales des religions. L'enseignement de la théologie universitaire musulmane fait l'objet d'une présentation détaillée de théologiens égyptiens, turcs et maghrébins, alors que parallèlement sont étudiées les tentatives parfois réussies de création de facultés de théologie musulmane dans des universités
    publiques européennes.
    Ses contributeurs sont assurés d'une chose : une théologie académique intégrée dans un cadre universitaire et mettant l'accent sur la connaissance des autres religions, la contextualisation des doctrines religieuses et l'approche historico-critique des textes fondateurs s'imposent comme un facteur d'intégration non seulement des institutions religieuses, mais également des croyants pris individuellement.

  • Il est désormais acquis que l'islam recouvre une multitude de courants et d'interprétations qui interdisent tout amalgame. On sait peut-être moins que les sociétés musulmanes ont développé des formes alternatives de religion se voulant anticonformistes, sinon indifférentes aux dogmes.
    Ancien berceau de la mystique islamique, l'Asie centrale a accueilli jusqu'au seuil du xxe siècle des individus ou des groupes marginaux et contestataires, appelés derviches, adeptes de cet autre islam. Certains mendiaient pour survivre, d'autres s'isolaient ou s'en prenaient violemment aux passants, d'autres encore s'adonnaient à des mortifications sévères ; nombreux furent les illuminés, hirsutes et porteurs d'objets symboliques. Cependant tous nourrissaient l'espoir d'un accès à Dieu qui passait par la rupture sociale. Si plusieurs auteurs, étrangers aux milieux interlopes, ont parlé de ces derniers, souvent d'un ton méfiant, les derviches eux-mêmes ont écrit sur leurs expériences à l'aide d'idiomes particuliers - formules laconiques, poésie brutale, argots.
    À partir de sources en persan, en turc oriental et en russe, Alexandre Papas raconte l'histoire méconnue de ces marginaux de l'islam, de leur présence tolérée au xve siècle jusqu'à leur éradication au cours des temps modernes.

  • " Pour pouvoir comprendre le processus de restructuration du champ religieux entrepris au Maroc par le Roi Mohammed VI, il faut commencer par l'inscrire dans la dynamique d'ensemble d'un culte fondé sur les valeurs du juste milieu, incarné par un Commande

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