Islam généralités

  • En parallèle à sa traduction du Coran, Malek Chebel a conçu un dictionnaire encyclopédique de l'ensemble des notions présentes dans le livre sacré des musulmans. Radioscopie complète du Coran, ce dictionnaire donne, pour tous les concepts majeurs, le contexte sociétal, l'épaisseur historique et le relevé méthodique de toutes les occurrences mises en oeuvre dans le Coran.Que dit le Coran sur la femme ? sur le voile ? sur la science ? sur le corps ? sur les animaux ? sur la liberté ? sur les prophètes de la Bible ? sur Marie ? Il suffit de se reporter à l'entrée correspondante pour le savoir. L'ordre est alphabétique, la langue simple, précise et accessible à tous.L'auteur a puisé dans l'immense bibliothèque du Coran qu'il a réunie en fin d'ouvrage et dont il est aujourd'hui l'un des meilleurs connaisseurs. Par ailleurs, lorsqu'il est vendu séparément, ce Dictionnaire encyclopédique du Coran a vocation à éclairer toute autre traduction. Pour qui veut comprendre le Coran sans le dénaturer, et resituer dans son contexte ce qui a été écrit au VIIe siècle de notre ère, la lecture croisée du Coran traduit par Malek Chebel et de ce Dictionnaire encyclopédique du Coran vont très vite s'imposer.

  • Un historien célèbre pour ses études comparatives interroge sur le Coran un savant spécialiste de l'histoire de l'islam. Ensemble, ils retracent les grands moments de cette histoire et mettent au jour les disputes, particulièrement méconnues, qui ont présidé à la formation, à l'organisation et à la destinée de la dernière religion monothéiste.  Répondant aux questions de Perry Anderson, Suleiman Mourad dépeint ainsi l'efflorescence des écoles d'exégèse coranique et les controverses auxquelles n'a cessé de donner lieu l'interprétation des textes fondateurs de l'islam. Au fil de leur entretien, il expose les logiques de légitimation et de pouvoir sous les cinq premiers califes ; il rappelle la genèse des doctrines du djihad dans les circonstances particulières des Croisades et de l'invasion mongole sous les Abbassides ; enfin, il éclaire la difficile entrée du monde musulman dans la modernité. Marqués par la coupure de l'islam avec les traditions, le wahhabisme et le salafisme ont forgé le projet du panislamisme, dont l'organisation de l'État islamique (EI) est le dernier rejeton.  Loin de l'image largement fantasmée d'un islam monolithique, c'est une riche mosaïque de traditions et d'interprétations diverses qui est ainsi dévoilée. Connaître cette richesse et cette diversité est un antidote aux fondamentalismes de tout bord.  Traduit de l'anglais par Matthieu Forlodou.

  • Le génie de Muhammad est communément admis chez les modernes, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Il faut préciser que ce génie a peu à voir avec l’oeuvre sociale et politique réformatrice du Prophète. L’essentiel réside dans sa disposition à répondre à l’appel intérieur et à sa vocation à dire la Révélation aux hommes, à leur transmettre la présence au monde de l’Être- Dieu et à les avertir du Jugement dernier. L’homme Muhammad eut l’insigne privilège et le génie de recueillir le Message de l’outre-monde spirituel et de le traduire en mots terrestres, tant il est vrai que seuls les hommes parlent aux hommes.Muhammad fait partie de ces hommes qui ont modelé la conscience humaine, enrichi la civilisation et élaboré le patrimoine éthique de l’humanité ; de ceux-là qui ont contribué au dépassement par l’homme de sa condition animale. Il fait partie de ces guides si rares dans l’histoire ayant doté le monothéisme de son expression la plus élevée, tout au moins du point de vue anthropologique. Témoin de Dieu, il témoigne aussi pour la communauté des croyants. La vérité de la Prophétie muhammadienne réside, en son essence, dans ce témoignage.Premier volet d’une trilogie, ce livre se rapporte au parcours du prophète Muhammad et à la naissance de l’islam. Il a pour ambition d’approfondir les notions de Révélation et de Prophétie concernant l’islam mais aussi les autres religions. Ouvrage d’histoire comparée, il s’appuie sur une grande érudition et développe un esprit d’empathie compréhensive à l’égard de toutes

  • Contrairement à une idée reçue selon laquelle il n´y a pas de clergé en islam, le chiisme connaît depuis deux siècles un processus de cléricalisation rapide et sans limite. Parallèlement à leur organisation, les dirigeants religieux chiites font également preuve d´une implication croissante dans les affaires politiques.Comment fonctionne cette institution, la marja´iyya, sorte de Vatican collégial pour les chiites du monde entier ? Pierre-Jean Luizard nous offre un éclairage historique sur une instance méconnue, mais extrêmement influente. Sa lutte contre l´expansionnisme européen et le colonialisme tout au long du XIXe et du XXe siècle, son opposition à la fondation d´un État-nation arabe en Irak sous mandat britannique, le soutien à Mosaddegh, la révolution islamique en Iran, l´essor du Hezbollah au Liban, les mouvements d´opposition à Bahreïn et dans le Golfe, enfin la reconstruction, sous patronage américain, d´un État irakien dominé par les partis religieux chiites sont autant d´exemples du rôle majeur que cette direction religieuse entend jouer dans le champ du politique.Alors que les chiites sont souvent présents dans l´actualité, notamment en raison des conflits qui les opposent aux sunnites, leur clergé est encore appelé à se transformer pour faire face aux défis du XXIe siècle, en particulier à la sécularisation rapide des sociétés.Spécialiste de l´islam contemporain au Moyen-Orient, Pierre-Jean Luizard est chercheur au CNRS. Il a notamment publié La Formation de l´Irak contemporain (CNRS Éditions, 2002), La Question irakienne (Fayard, 2002 ; nouv. éd. 2004), Laïcités autoritaires en terre d´Islam (Fayard, 2008) et Comment est né l´Irak moderne (CNRS Éditions, 2009).

  • Une histoire des Frères musulmans, de leurs évolutions et ramifications, et de leur rôle actuelLes Frères Musulmans ont été fondés par Hassan Al-Banna en 1928 en Egypte. Dans ce livre, le premier en français sur ce sujet, Xavier Ternisien analyse les origines de cette organisation islamiste, en détaille l´idéologie et les modes de fonctionnement. Il raconte surtout comment les Frères ont essaimé à l´étranger et mis sur pied une véritable internationale islamiste qui a connu son apogée dans les années 80.
    Pourchassés par Sadate puis par Moubarak qui tente toutefois de les récupérer, les Frères musulmans sont aujourd´hui passablement désorganisés. Tandis que certains ont été à l´origine de la mouvance islamiste radicale qui a débouché sur Al Quaïda, d´autres s´interrogent sur le modèle « islamo-conservateur » turc. Ils ont joué un rôle très marginal dans la Révolution égyptienne de janvier-février 2011. Peuvent-ils, fort de leur réseau social dense, s´affirmer comme une force politique majeure dans le processus électoral en cours ?Paru en première édition chez Fayard en 2005. Edition revue et augmentée.

  • Dans la plupart des pays musulmans, l´islam est proclamé religion d´État et source principale ou exclusive de toute législation. Depuis les années 1970, l´impasse des modernisations autoritaires et des politiques de développement qu´elles ont inspirées a fait le lit de mouvements qui revendiquent le " retour à l´islam " et rejettent les modèles qualifiés d´occidentaux. Dès lors, l´approche des réalités islamiques s´est trouvée piégée par une opposition manichéenne entre un islam éternel qui serait par essence réfractaire à la séparation entre le politique et le religieux, à la démocratie et aux droits de l´homme, et un Occident tout aussi éternel et dont l´essence aurait été à l´origine de la modernité.

    S´inscrivant contre cette vision essentialiste commune aux partisans de l´islam politique et à une certaine islamophobie " savante ", ce livre fait le point sur la genèse et l´évolution des doctrines et des conceptions politiques qui se réclament de l´islam, en restituant les catégories qu´elles mobilisent (Califat, sharî`a,´umma, etc.) dans les contextes culturels et historiques de leurs usages. L´approche historique et comparative adoptée ici conduit à la relativisation des schémas au nom desquels l´islam se trouve opposé à la " modernité occidentale " ; elle permet de saisir les enjeux sociaux et politiques des débats actuels autour de questions comme la laïcité, le statut des femmes, la liberté de conscience, l´évolution du droit et des institutions, etc.

  • C'est tardivement que la laïcité a vu le jour en tant qu'idée dans le monde musulman. Elle a commencé à prendre corps dans le courant du XIXe siècle, dans les pays passés sous la domination ou l'influence de l'Occident. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la laïcité a fait irruption avec les réformes brutales de Mustafa Kémal, modèles pour tout le monde musulman. C'est encore à l'exemple du kémalisme que l'idée s'est de plus en plus répandue que l'Etat devait dominer la religion, et que l'on a pu assister à cette floraison d'idéologies nationalistes qui allaient chercher dans la race, la langue ou la volonté nationale, des principes d'union. Les pays musulmans n'ont connu alors que des laïcités autoritaires qui ont paru bloquer toute émergence des sociétés civiles.
    Depuis Bourguiba jusqu'à Saddam Hussein, les professions de foi laïques ou laïcisantes ont été perçues comme le corollaire de régimes dictatoriaux et/ou de la perpétuation de la domination occidentale. Le seul pays où la laïcité a été acceptée et intégrée culturellement est la Turquie. En adoptant les valeurs du vainqueur (l'Etat-nation ethnique et la laïcité), la Turquie kémaliste entendait rompre avec un passé qui semblait avoir conduit le monde musulman à une perte presque généralisée de sa souveraineté. La laïcité venait y renforcer une identité ethnique, turque, et pour ces deux raisons, elle fut finalement acceptée malgré la violence qu'elle signifia pour une société qui se définissait encore majoritairement à partir de critères religieux.
    Mais ce choix laissait à l'armée le rôle de rempart du système établi par Mustafa Kemal. Ne peut-on donc dire que la Turquie partage aujourd'hui en partie avec les autres pays musulmans certains enjeux post-coloniaux, bien que n'ayant pas été colonisée ?
    S'il s'avère qu'il n'y a pas de laïcité démocratique possible en Turquie, modèle ou contre-modèle pour nombre de musulmans, cela aura des conséquences importantes pour les pays de la région. En revanche, un compromis entre laïcs et AKP serait une première qui manifesterait que laïcité et islam ne sont pas incompatibles dans le contexte actuel, marqué par un face-à-face récurrent entre des élites sécularisantes et autoritaires au pouvoir qui s'appuient sur les forces armées, d'une part, et de l'autre, des sociétés civiles qui s'expriment de façon croissante par l'islam.

  • La Prédication de Muhammad à La Mecque : nous avons choisi ce titre dans le souci de souligner l´historicité de la Prédication, saisie dans le milieu, l´environnement immédiat et le monde qui l´ont vu naître.

    Cet ouvrage est le deuxième tome d´une trilogie sur La vie de Muhammad*. Il traite de « l´itinéraire » muhammadien à La Mecque depuis sa naissance jusqu´à l´Hégire (l´Émigration) ; c´est-à-dire de ce que Ibn Ishãq a appelé le « mab`ath » - qu´on peut rendre par « la levée prophétique » -, terme précis qui tranche avec le contenu des ouvrages de Maghãzi (campagnes, guerres prophétiques).

    La notion d´itinéraire dépasse la seule biographie, même entendue au sens large, pour englober l´ambiance locale ainsi que l´arrière-plan mondial dans lesquels la Prophétie est apparue. Le plus important demeurant, à nos yeux, la Prédication en elle-même, son évolution plus ou moins heurtée tout au long de cette période mecquoise et la pensée qu´elle a colportée et telle qu´elle transparaît principalement à travers le Qur'ãn.

    En effet, ce travail est différent du premier tome qui était avant tout une recherche sur l´essence de la Révélation et de la Prophétie, à mi-parcours entre l´approche philosophique -théologique et métaphysique - et l´histoire. Notre souci était de développer sur la question le point de vue d´un penseur musulman d´aujourd´hui.

    Ce deuxième volet propose un changement de cap. Il s´agit de s´en tenir à l´angle de vue strictement historien sur un sujet extrêmement sensible puisqu´il touche à la croyance et au surnaturel. Or, l´histoire est une science positive, terrestre, qui a pour objet l´action passée des hommes et des sociétés humaines. Comme telle, elle se déprend délibérément de toute foi et de toute croyance.

    Notre démarche se veut précisément à mille lieues de toute idéologie. Loin de nous l´idée de démolir l´islam jusque dans ses fondations ni à l´inverse d´illustrer ses signifiances premières. Ni à charge, ni à décharge, notre propos n´est pas de plaider la cause du Prophète contre un orientalisme injuste à son endroit ou une opinion occidentale conditionnée par une tradition séculaire d´hostilité au Prophète de l´islam.

  • Allah est-Il arabe ? Est-il permis de choisir librement sa religion ou tout simplement de la quitter ? Le vert est-il la couleur de l'islam ? Le soufisme est-il une secte ? Peut-on traduire le Coran ? Une femme peut-elle devenir imam ? Le minaret, le hijâb, le tapis de prière, le croissant... sont-ils des éléments intangibles du rite musulman ? Faut-il vivre en tout point comme le Prophète pour être un « bon musulman » ?Cet essai est une réponse aux idées reçues sur l'islam. Celles qui sévissent chez les non-musulmans, mais souvent aussi chez les musulmans eux-mêmes, produisant parfois des aberrations et des violences auxquelles nous assistons, désarmés, sans en comprendre les raisons.Il est réducteur de penser que tout, dans la vie d'un musulman, s'explique par l'islam. Tareq Oubrou s'emploie ici à faire la part des choses entre le cultuel et le culturel, entre ce que disent les textes et ce qui relève des traditions. Soucieux d'en finir avec la sclérose qui paralyse la pensée musulmane, il propose de renouer avec l'esprit de l'islam, en rappelant le contexte historique dans lequel est née cette religion. Son livre, en balayant une fois pour toutes l'idée selon laquelle l'islam serait par essence incompatible avec la modernité, la démocratie, l'égalité hommes-femmes et les valeurs de la république, nous ouvre des perspectives concrètes pour améliorer le vivre-ensemble aujourd'hui,  Né en 1959 au Maroc, Tareq Oubrou est grand imam de Bordeaux et recteur de la Grande Mosquée de Bordeaux. Il est engagé de longue date dans le dialogue interreligieux, notamment islamo-chrétien.

  • La vie de Muhammad t.3

    Hichem Djaït

    • Fayard
    • 15 Février 2012

    Ce troisième tome de La Vie de Muhammad se lit comme une véritable épopée, puisqu´il couvre tout à la fois l´exil du Prophète et de ses maigres partisans vers Médine, la façon dont il fait de cette ville la base d´une reconquête qui s´étendra, après le retour victorieux à La Mecque, à la péninsule arabique tout entière. Avec son érudition sans pareille, un sens qui récit qui emporte le lecteur, un regard critique aiguisé porté sur les sources, H. Djaït offre du Prophète de l'islam un portrait associant de manière saisissante l´homme inspiré par la Parole divine et le stratège averti des réalités de terrain, capable, en une poignée d´années, de réduire à quia, en les divisant et les neutralisant, tribus réfractaires, infidèles, juifs et non-croyants.

  • De la Perse aux contreforts de l´Atlas, les « terres d´Islam » ont toujours produit du vin. Il semble qu´il ait longtemps fait bon boire dans ces régions. Puis vint l´interdit prophétique : « Dieu a maudit le vin, celui qui le boit, celui qui le sert, celui qui le vend, celui qui le presse, celui qui le transporte et celui qui jouit de l´argent qui en est tiré. » Adieu douce ivresse... Et pourtant ! Le Coran décrit comme suit le paradis : « Il y aura des fleuves dont l´eau est incorruptible, des fleuves de lait au goût inaltérable, des fleuves de vin, délices pour ceux qui en boivent, des fleuves de miel purifié. » Et de nombreux mystiques musulmans ont fait d´une ébriété mesurée et employée à bon escient un véritable instrument de leur foi.Malek Chebel, amateur éclairé d´un Islam ouvert et tolérant, ne pouvait manquer de s´intéresser à ce paradoxe. Sa connaissance sans faille de la tradition littéraire musulmane, de sa poésie et de ses contes, lui permet de nous livrer un succulent florilège de textes consacrés au vin, accompagnés de commentaires et d´indications historiques qui permettront à chacun d´en mesurer la portée et le sens.Un livre à déguster, en somme, sans modération.

  • Le soufisme est la dimension intérieure de l'islam sunnite. Prenant sa source dans le Coran et dans la Tradition prophétique, il a souvent été défini comme la « science des états spirituels » dont la maîtrise doit permettre à l'initié de dépasser son ego pour parvenir à la connaissance et à la contemplation de Dieu. Fondamentalement, le soufi aspire à puiser dans l'influx spirituel (baraka) du prophète Muhammad, transmis depuis des siècles de maître à disciple, grâce auquel il pourra lutter contre les passions et les illusions qui l'assaillent.
    Mettant en relief l'universalisme du soufisme, Eric Geoffroy explique comment s'est formée cette « science de l'intérieur », et comment, au fil des siècles, les grands maîtres ont adapté les doctrines et les pratiques initiatiques aux transformations du monde musulman. Il montre aussi que le soufisme constitue aujourd'hui un véritable antidote contre les divers intégrismes et qu'il est appelé à jouer un rôle croissant en Occident.

    Eric Geoffroy, universitaire islamologue, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le soufisme.

  • Le Coran

    Malek Chebel

    • Fayard
    • 3 Juin 2009

    Comment comprendre aujourd'hui un texte arabe du VIIe siècle, qui reste aussi vivant que majeur pour plus d'un milliard et demi d'être humains ? Comment respecter l'esprit du livre sacré des musulmans tout en le rendant accessible aux lecteurs du XXIe siècle, musulmans et non musulmans ? C'est le défi qu'a relevé Malek Chebel. Après des années de labeur, il propose ici une nouvelle traduction du Coran. Précise et respectueuse du texte sacré des musulmans, la présente traduction est de plus fondée sur une connaissance intime de la langue arabe autant que sur une expertise scientifique du monde musulman. Spécialiste incontesté de l'islam depuis un quart de siècle, Malek Chebel, auteur par ailleurs de vingt-sept ouvrages sur la religion du Prophète, a en effet, dans sa jeunesse, appris une grande partie du Coran par coeur, avant d'entreprendre des études de philosophie et d'anthropologie. Conforme à la tradition du point de vue de l'ordre des sourates, du respect absolu du texte et de la restitution du contexte de la Révélation, cette nouvelle traduction du Coran est exempte de tout jugement moral. Elle permet enfin à tous, érudits ou non, de lire le Coran dans son intégralité et dans une langue accessible, c'est-à-dire claire, concise et contemporaine. Pour ne pas alourdir le texte, l'auteur a ajouté des notes techniques au terme de chaque chapitre afin que le lecteur puisse approfondir par lui-même la compréhension des versets. Enfin, sur tous les points majeurs, le lecteur peut encore se référer au Dictionnaire encyclopédique du Coran, dont la lecture est destinée à éclaircir la totalité des concepts du Saint Coran. Bien qu'autonomes dans leur conception, ces deux ouvrages ont été élaborés de façon très complémentaire. Cette nouvelle traduction du Coran constitue un livre événement.

  • La Question musulmane en France développe un certain nombre de points qui sont le signe d´une évolution récente de l´islam à l´intérieur de nos frontières européennes.
    Les évolutions géopolitiques du monde musulman, les échos de l´affrontement entre Israël et le Hamas bouleversent en effet en profondeur la réalité de l´islam dans notre société. Marqué par l´affirmation de deux hégémonies,  marocaine et turque,  sur nos propres communautés, l´islam traditionnel tend à être décrédibilisé depuis l´apparition d´un islam combattant, voire terroriste,  apparu depuis l´affaire Merah  et surtout depuis la guerre en Syrie. Celle-ci a suscité de nombreuses vocations djihadistes au coeur même de notre pays.
    Quel est le rôle des imams, quelle place pour les mosquées dans la cité, pour les écoles coraniques, quelle est l´influence d´Internet dans cette évolution?  Voici quelques-unes des  interrogations, parmi de nombreuses autres, que soulève ici  Bernard Godard. Il analyse également en profondeur les arrière-plans de l´islamophobie et la guerre des cultures que ces questions génèrent au coeur de notre société.Bernard Godard est un ancien fonctionnaire du ministère de l´Intérieur. De 1997 à 2014, il a été un acteur important des politiques publiques liées à l´islam en France. Titulaire d´un master 2 de sociologie des religions et d´un diplôme de l´Inalco, il est le co-auteur de plusieurs ouvrages sur l´islam et le monde arabo-musulman.

  • " La vie du monde qui professe la religion musulmane ne peut pas s'expliquer entièrement, loin de là, par la doctrine musulmane. Je me refuse à considérer l'Islam comme une totalité conceptuelle, un système d'idées, de pratiques, qui serait le noyau de tous les comportements, publics et privés. C'est pour cela que j'aime mieux parler des musulmans que de l'Islam, quoique j'accorde également un grand intérêt, sur un autre plan, à la doctrine, à la foi et aux rituels qui leur sont liés.

    Cette série d'articles s'inspire de ces idées générales pour essayer de démontrer les mécanismes des rapports entre la doctrine de l'Islam et le comportement, les structures politiques, sociales, culturelles de ce qu'on appelle le monde musulman. Mais la " doctrine musulmane " elle-même est rarement conforme en tous points à l'Islam de départ. Je ne me borne donc pas à une période particulière de l'histoire musulmane. Certains articles traitent de la structure de l'ensemble des sociétés musulmanes, depuis les origines jusqu'à nos jours. D'autres traitent plus particulièrement des sociétés musulmanes contemporaines. " M.R.

  • Lire le Coran non pas du point de vue de la religion, de la théologie ou d´une recherche de dialogue, mais tout simplement du point de vue de l´anthropologie et de l´histoire, soulève de difficiles problèmes. La lecture que propose ce livre est celle du premier islam dans son milieu d´origine, l´Arabie des steppes et des déserts. Comment les récits bibliques, auxquels se réfère si souvent le Coran, se sont-ils adaptés à ce contexte si particulier pour pouvoir être entendus par les hommes des tribus ? Les figures de Noé, Moïse et Abraham y sont en quelque sorte reconfigurées - pour ne pas dire transfigurées - d´une manière tout à fait inattendue, faisant écho à l´itinéraire tourmenté de Mahomet au milieu des siens : simple « avertisseur » tribal inspiré, il se découvre lui-même peu à peu prophète, à l´instar de ceux dont le Coran fait ses grands devanciers. C´est ainsi que l´islam gagnera, d´une façon que rien ne laissait présumer, sa qualification de religion abrahamique. Armée d´une excellente connaissance historique de l´univers proche et moyen-oriental, arabisante hors de pair, Jacqueline Chabbi développe ici nombre d´hypothèses aussi ingénieuses que passionnantes. Cet essai permet de mieux comprendre le texte sacré d´une des trois grandes religions du monde. Agrégée de langue arabe, docteur ès lettres, Jacqueline Chabbi est professeur à l´université Paris-VIII-Saint-Denis, spécialiste de l´histoire du monde musulman et plus particulièrement du soufisme et des origines de l´islam. Entre autres publications, elle est l´auteur de l´article « Soufisme » de l´Encyclopédia universalis et du Seigneur des tribus. L´Islam de Mahomet (Noésis, 1997).

  • Après les attentats terroristes de 2015 et 2016, il a fallu comprendre pourquoi des jeunes, français surtout, s'étaient retournés contre leurs propres concitoyens. On a regardé du côté de l'islam. On a interrogé l'origine sociale et économique des djihadistes. On a essayé d'analyser l'impact des réseaux sociaux dans la propagation de leurs discours. Mais on a oublié un point crucial. Ou plutôt, on n'a pas voulu le regarder de trop près. Ce qui se joue dans l'organisation de l'islam de France, mieux vaut ne pas trop le dire. Et, pour cause : ingérence étrangère, formation des imams, querelles de chapelles, désintérêt pour la jeunesse ; l'irresponsabilité politique de ces institutions aurait éclaté au grand jour et, avec elle, l'incapacité de l'État à agir en raison de la sacro-sainte laïcité. Il était temps que l'on s'y arrête un peu, et Mohammed Chirani l'a fait. Pour la première fois, il éclaire l'angle mort des attentats, la face que l'on a trop longtemps essayé de cacher : celle de l'islam de France, de ses failles et de sa vacuité idéologique à cause de laquelle le salafisme djihadiste à prospéré. Mohammed Chirani est consultant en prévention de la radicalisation religieuse. Il a été délégué du préfet pour les quartiers sensibles de la Seine-Saint-Denis de 2009 à 2013. Il est l'auteur de Réconciliation française. Notre défi du vivre ensemble (François Bourin, 2014).

  • Le livre de l'épreuve

    Attar-Faridoddin

    • Fayard
    • 7 Octobre 1981

    Mais le chef-d'oeuvre d'Attar est certainement le Livre de l'épreuve qui raconte en quarante chapitres le voyage initiatique de l'âme en quête de l'Unité. Au cours d'un long périple, à la fois poétique et mystique, le Pèlerin qui l'incarne interroge tout le créé: puissances de la terre et du ciel, anges, nuages, vents, animaux et plantes, sur la voie à suivre pour atteindre Dieu. Chaque étape est ponctuée d'anecdotes savoureuses et riches de sens spirituel, où l'amour tient la plus grande place. La présente version française, due à Isabelle de Gastines, est la première qui soit donnée de cette oeuvre fameuse dans une langue occidentale. De Farîdoddîn Attâr, mort vers 1220, l'un des plus célèbres et mystiques soufis de la Perse, on connaissait déjà Le Langage des oiseaux, traduit au XIX siècle par Garcin de Tassy.

  • Il y a ces grands noms qui surgissent du passé : bataille de Poitiers, croisades, prise de Constantinople, guerre d'Algérie, et tant d'autres épisodes. Il y a ce conflit armé qui a commencé en l'année 632 et qui, de décennie en décennie et jusqu'à nos jours, a été marqué par des événements dont la presse mondiale, si elle avait existé, aurait fait pendant des jours sa première page. Il n'y a pas d'année, pas de mois, pas de semaine peut-être sans que du sang soit versé par des chrétiens ou par des musulmans. Ne vaut-il pas la peine de le rappeler, de montrer à nos contemporains que les événements qui occupent l'actualité, qui les bouleversent, s'inscrivent dans une longue série de 1375 ans d'événements tout aussi spectaculaires ; que de plus petits faits dont on ne parle guère qu'un jour ou deux ont eu, tous les jours, leurs équivalents pendant 1375 ans ? Déclarée et ouverte, génératrice de grandes batailles, de villes enlevées à l'ennemi, de provinces conquises, de pays occupés, de populations exterminées, ou larvée et sournoise, la guerre entre l'islam et la chrétienté, malgré cette amitié que l'on évoque encore et qui fut souvent réelle, malgré ces relations entre Byzance et le califat de Cordoue ou entre Charlemagne et Harun al-Rachid, malgré ces traités d'alliance comme celui de François Ier et de Soliman le Magnifique, malgré de longues périodes de trêves sur tel ou tel front alors qu'on se battait ailleurs, malgré tout ce que chrétiens et musulmans se sont mutuellement apporté, ont échangé, malgré l'admiration qu'ils ont pu avoir les uns pour les autres, cette guerre est une réalité. Elle n'a jamais vraiment pris fin.

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