Littérature argumentative

  • À la suite de Chrétien de Troyes, le roman évolue, la primauté du sens laisse la place au plaisir du récit et trouvera sa représentation dans un cycle de romans mettant Gauvain en scène. Dès lors, le neveu d'Arthur n'est plus la belle image des romans du XIIe siècle, il devient signe à lire et déchiffrer : les récits arthuriens cessent d'illustrer l'éthique chevaleresque, ils deviennent le lieu d'une initiation à l'art du roman.

  • Naissance de l'esthétique, de "l'artiste", de la "littérature", effervescence encyclopédiste, avancées des matérialismes et des illuminismes, l'âge des Lumières est le lieu de ces divers mouvements dans les tensions desquels se forme notre modernité : les études ici rassemblées explorent quelques aspects de cette préhistoire.

  • La misère, impensable, est d'abord, dans tous les sens, l'innommable. Pour forcer sa réalité à accéder en nous à l'existence, Hugo emprunte, de façon récurrente, des voies obliques. Ce sont quelques-uns de ces chemins de traverse du discours romanesque que l'on essaie d'analyser ici : la poétique du nombre, abîme du quantitatif désocialisant ; le grotesque « bricolage », étrange médiateur du progrès ; les variations sur le thème du sujet des tréfonds, d'Eponine, héroïne de la République assassinée à Thénardier, irréductible « filousophe » ; les détours actanciels de l'affirmation auctoriale d'une Vérité. Ces paroles atteignent leur but par ricochets ; elles rompent le silence, en attente d'un progrès à venir, coïncidant avec le triomphe de « l'amour fou », le sacrifice du moi en chacun et son oblation.

  • « Transparent », inépuisable, Racine est de ces écrivains qui, loin de décourager les critiques, ne cessent de les solliciter. Il nous a donc paru utile de grossir la bibliographie racinienne par le présent volume. Le lecteur y trouvera un échantillonnage de ce qui s'est dit sur Racine au cours des dernières années, de ce qui se dit aujourd'hui, notamment à propos des trois pièces inscrites au programme de l'agrégation. Ce choix permet aussi de mesurer le chemin parcouru depuis que Mauron, Goldmann et Barthes ont renouvelé la lecture de Racine.

  • À la fin des années folles, un jeune aventurier sans ancêtres, sans enfance, sans diplômes - mais non sans culture - venait parler de la condition humaine... Dans son roman, c'étaient le monde même, et la sauvagerie des hommes, qui se trouvaient nerveusement sténographiés. Les articles réunis ici témoignent des réactions à la fois passionnées et lucides provoquées alors. Ils montrent aussi que l'oeuvre de Malraux mérite d'être lue pour elle-même et non parce qu'elle renverrait à la biographie mythique de son auteur. Il y a un univers romanesque, une écriture romanesque de Malraux, une voix de romancier étonnamment accordée avec la sensibilité moderne.

  • Reflets de l'évolution de la pensée d'un chercheur, témoins de l'avancée des connaissances, de nombreux articles de base, souvent éparpillés au fil des revues spécialisées, parfois devenus introuvables, sont nécessaires au travail du chercheur, de l'étudiant, de l'érudit. Regrouper ces textes fondamentaux, c'est le but que se propose la collection Varia, en réunissant sous forme de recueils d'articles les travaux des plus éminents spécialistes d'un domaine de la recherche et du savoir.

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