• La France des XIVe et XVe siècles est une France marquée par la tragédie : famines, pestes, révoltes populaires, conflits civils et militaires... C'est le siècle de la "Guerre de Cent Ans". Cette guerre connut plusieurs phases, entrecoupées d'accalmies et de trêves. La durée du conflit, les souffrances de ceux qui l'ont provoqué ou en ont pâti, interdisent cependant de le réduire à l'écume des jours, de le résumer à l'apparence des événements dramatiques : c'est la raison du titre de cet ouvrage. Car ce livre s'attache moins à la narration circonstanciée des misères et malheurs de ces guerres sans fin, qu'à les comprendre, afin de restituer l'ordre qui se cache derrière le désordre et le chaos des apparences. L'"automne du Moyen Âge" est marqué par l'affirmation de l'État monarchique, une construction territoriale unifiée par la soumission à la souveraineté du roi. La conscience d'une identité "nationale", incarnée par Jeanne d'Arc, s'est forgée dans la douleur et l'épouvantement d'un siècle de fer, alors que Charles VII (1422-1461) n'est plus un prince féodal mais un véritable chef d'État.
    Boris Bove renverse quelques idées reçues à propos de "la crise" des XIVe et XVe siècles : il invite à se méfier des chroniqueurs, trop enclins à détecter les signes annonciateurs de l'Apocalypse et du Jugement dernier, souvent portés à l'amplification des "malheurs du temps" pour mieux en rendre responsable le parti adverse, ennemi de toute "réforme". Le temps de la guerre de Cent Ans n'est pas celui d'une décadence globale mais une période tourmentée et féconde, comme en témoigne l'éclat des arts, des lettres et de la vie de cour et qui parvient, malgré tout, à renaître et à édifier les fondements d'un monde nouveau.

  • étonnant Moyen Âge

    Jean Verdon

    • Perrin
    • 15 Avril 2021

    Un moyen Age hors des sentiers battus. 50 histoires qui refont l'Histoire.
    Le Moyen Age a longtemps été considéré comme une période sombre, violente, ignare, bien différente de la lumineuse Renaissance. Heureusement, de nombreux spécialistes se sont efforcés de détruite cette image. En s'inspirant de leurs travaux, jean Verdon restitue le vrai visage du Moyen Age, époque étonnante pour nos contemporains, tant par sa spécificité que par sa créativité et, parfois, par sa modernité. Pour ce faire, il présente une cinquantaine de faits, d'événements, de réalités qui ne peuvent que nous surprendre. En voici quelques exemples.
    - La campagne se prolonge dans la ville, au point qu'à Paris un cochon fait tomber le cheval du fils aîné du roi Louis VI qui trouve la mort dans cet accident !
    - Les rapports sexuels entre époux, les seuls que tolèrent les clercs, sont limités à un nombre réduit de jours, et uniquement pour procréer - selon certains ils entraînent pourtant un péché, et la violation de cet interdit aurait d'ailleurs pour conséquence la mise au monde d'enfants infirmes...
    - L'Eglise, de nos jours unique et très hiérarchisée, voit coexister à la fin du XIVe siècle et au début du XVe trois papes, plus exactement deux papes et un antipape, d'où des années d'anarchie et de désordres.
    - Le cimetière médiéval ne ressemble pas au cimetière contemporain. Outre qu'il est réservé aux fidèles chrétiens, il ne sépare pas toujours les vivants et les morts. Aux derniers siècles du Moyen Age, nombreuses sont d'ailleurs les interdictions faites aux habitants d'y résider, faire du commerce, tenir des réunions, danser ou jouer...
    - Alors que la vie est bien plus courte que de nos jours, les voyages peuvent durer des mois, voire des années. Et si le commun des mortels voit toute sa vie bornée à un horizon restreint, les gouvernants passent leur temps à voyager, n'hésitant pas à franchir les continents.
    - Les Anglais appartenant aux classes les plus élevées, dont on dit qu'ils détestaient les Français, parlent pourtant la langue de ces derniers durant plusieurs siècles après la conquête de leur pays, en 1066, par Guillaume, duc de Normandie.
    Autant d'étrangetés, parmi beaucoup d'autres, qui donnent à voir un autre Moyen Age, bien loin des poncifs véhiculés.

  • En 1968, je reçus proposition d'écrire, pour la collection Trente journées qui ont fait la France, le livre consacré à l'un de ces jours mémorables, le 27 juillet 1214. Ce dimanche-là, dans la plaine de Bouvines, le roi de France Philippe Auguste avait affronté malgré lui la coalition redoutable de l'empereur Otton, du comte de Flandre Ferrand et du comte de Boulogne Renaud ; il était, grâce à Dieu, resté le soir maître du champ. L'empereur avait détalé ; les deux comtes rebelles étaient pris. Victoire, comme on l'a dit et répété, fondatrice : les assises de la monarchie française en furent décidément raffermies. Une bataille. Un événement. Ponctuel. Retentissant.

    Quel intérêt, pour le grand historien des sociétés médiévales que fut Georges Duby, attaché aux profondeurs d'une histoire longue et lente, d'accepter de traiter un sujet aussi convenu dans une collection qui, de surcroît, incarnait un genre d'histoire si étranger à celui dont il était un illustre représentant ?
    Renouveler de fond en comble l'approche de l'événement. Le subvertir de l'intérieur. Substituer au récit une anthropologie de la guerre au XIIIe siècle et amorcer une histoire du souvenir. Planter le drapeau de l'histoire nouvelle sur l'Annapurna de l'histoire la plus traditionnelle, écrit Pierre Nora, l'historien des lieux de mémoire, dans sa préface qui situe ce grand classique dans le mouvement de la production historique.

  • Une vision d'ensemble de la vie des hommes et des femmes du Moyen Age, des invasions barbares à la Renaissance.Entre " Naître " et " Mourir ", les vingt-deux chapitres de ce livre - appelé à devenir un classique - scandent l'existence des hommes et des femmes du Moyen-Âge.
    L'on découvre ainsi qu'on ne se marie pas par amour et que les futurs époux, surtout la femme, n'ont pas leur mot à dire. La sexualité tient pourtant une place importante au sein du couple et certains textes, connus des milieux cultivés, attestent même l'existence d'un art érotique. L'éducation, quant à elle, est décrite à la fois sur le plan religieux, pratique et intellectuel, et les anecdotes décrivent de façon plaisante la vie des étudiants dont Villon est l'un des représentants les moins recommandables.
    Les quantités de nourriture et de vin exagérées - aspects essentiels du quotidien - impressionnent assurément nos contemporains fervents de diététique, de même que la vie de ceux qui prient, qui combattent et qui travaillent, ces paysans qui sont l'essentiel de la population. La religion, naturellement, structure cette société et impose à tout homme de préparer sa mort - ce qui n'empêche pas de profiter des instants de loisir bien plus fréquents qu'on ne l'imagine. Jean Verdon brosse avec
    maestra un panorama sans équivalent, riche et foisonnant.

  • Ernst Kantorowicz scrute le "mystère de l'État", concentré dans la conception des Deux Corps du roi : le mystère de l'émergence, dans le cadre des monarchies de l'Occident chrétien, entre le Xe et le XVIIe siècle, au travers et au-delà de la personne physique du prince, de cette personne politique indépendante de lui bien qu'incarnée en lui, et destinée à vivre un jour sous le nom d'État. C'est l'alchimie théologico-politique qui a présidé à cette opération capitale que reconstitue l'ouvrage.
    La transmutation de la figure royale a pour point de départ le modèle des deux natures du Christ. Elle a pour moteur la rivalité mimétique à la faveur de laquelle le pouvoir séculier s'affirme en face de l'Église en s'emparant de ses attributs de corps mystique. Avec une prodigieuse érudition, Ernst Kantorowicz éclaire les fondations métaphysiques de l'État moderne. Sa volonté de retracer une 'histoire totale' transparaît dans le regard que porte l'auteur sur la théorisation des Deux Corps du roi ; il associe aussi bien l'apport de l'économie, de la culture, que de l'interprétation sociale et psychologique. Le savoir le plus spécialisé est au service, ici, de l'exhumation d'un des pans les plus secrets et les plus décisifs du "miracle européen". Il fait de ce chef-d'oeuvre de l'histoire médiévale l'un des livres-clés de nos origines.

  • De 800 à 1100, les Vikings, venus du Nord, sèment la terreur dans de nombreuses villes européennes. Ils pillent, s'emparent des trésors des églises et des monastères, enlèvent des habitants qu'ils rançonnent ou vendent comme esclaves.
    Mais on ignore souvent que ces marchands exceptionnels ont ouvert de nouvelles voies commerciales entre le Nord, Bagdad et Byzance. Ils se sont installés en Russie, dans les îles Britanniques, en Irlande, en Islande et au Groenland. Ils ont développé une poésie raffinée, vantant les prouesses des guerriers et les aventures des dieux. Les Vikings ne constituaient pourtant pas un peuple. Il n'était pas nécessaire qu'un sang scandinave coulât dans les veines du guerrier pour qu'il soit reconnu comme Viking.
    L'auteur utilise les plus récentes découvertes archéologiques et les récits des ambassadeurs arabes pour raconter le quotidien des paysans comme des seigneurs de guerre - un monde où règnent magie et fantômes. Loin des barbares sanguinaires souvent décrits, les Vikings ont ainsi été des acteurs économiques de premier plan de la nouvelle Europe, avant de disparaître avec l'évangélisation de la Scandinavie et la création des royaumes de Norvège, de Suède et du Danemark.

  • De l'an mil à 1789, la noblesse fut en France une qualité transmise par le sang, dans le cadre, prépondérant sinon exclusif, du mariage chrétien. Spécifiquement, son histoire visait à s'inscrire sous le signe de la reproduction sociale. De 1300 à 1500, le fort sentiment d'identité de ses membres se trouva encore renforcé par l'intervention des hérauts d'armes. Quoique très minoritaires, les nobles persistèrent alors à jouer un rôle central, malgré les crises auxquelles ils furent confrontés et les contestations dont ils furent l'objet.

    Les études ici réunies traitent de ce vaste sujet, l'accent étant mis sur le château, vu de l'intérieur et de l'extérieur, la seigneurie comme source de pouvoir et de revenus et les chevaux " de nom ". Parmi les activités propres à ce milieu – telle la chasse avec chiens ou oiseaux et plus encore les armes –, les joutes et les tournois, ce sport aristocratique pratiqué dans le cadre de la vie de cour, ne sont pas oubliés.

    Certes, juridiquement et idéologiquement, on est en présence d'une société d'ordres, ce qui aurait dû conduire à un immobilisme structurel. Mais la réalité est plus complexe, comme le montre, au sein des " bonnes villes ", la place des nobles face aux notables. La noblesse ? Une " élite " parmi d'autres, qui, de facto sinon de jure, se renouvelait régulièrement. Ici comme ailleurs, la vie l'emportait sur les principes.

  • La grande synthèse par l'un des meilleurs médiévistes actuels.Pourquoi cette nouvelle histoire du Moyen Age ? Premièrement, parce que plus nous nous éloignons de cette période, plus elle intrigue, et même fascine, car nous sentons confusément que là se trouvent les racines de nos aspirations et de nos drames actuels, des obscurantismes religieux aussi bien que des hautes spiritualités, de la violence aveugle comme de la quête de sens, de la peur du futur comme du rêve d'un retour à la nature.
    Deuxièmement, parce que l'image actuelle du monde médiéval est trop souvent falsifiée : évacué des programmes scolaires, réduit en miettes anecdotiques pour les médias, transformé en légende noire ou dorée, le Moyen Âge a perdu toute cohérence dans la mémoire collective du " grand public ". Pour le comprendre - donc pour nous comprendre -, il faut restituer les faits, les noms, les dates, dans leur enchaînement logique et chronologique. C'est ce que ce livre tente de faire.
    Troisièmement, parce qu'aujourd'hui plus que jamais il est nécessaire d'élargir notre vue en replaçant " notre " Moyen Âge européen dans le contexte de ses relations avec ses voisins. L'histoire médiévale occidentale est indissociable de celle du Proche-Orient, à la fois ennemi et Terre promise. C'est un drame en trois actes, plein de bruit et de fureur, de splendeurs et de misères, rythmé à la fois par les avancées propres du génie européen et par son affrontement avec l'Orient : du Ve au Xe siècle, c'est l'âge des grandes illusions, pendant lequel l'Orient byzantin puis musulman domine un Occident encore barbare ; du XIe au XIIIe siècle, l'Occident chrétien manifeste son dynamisme et atteint son âge de raison, en accord avec une foi plus éclairée, avant de connaître des fléaux apocalyptiques aux XIVe et XVe siècles, dans un âge de transition vers un monde moderne.

  • Dans la Divine comédie de Dante, un seul philosophe se trouve au sixième cercle de l'Enfer, au milieu des hérétiques  : Épicure. Comment un penseur ayant vécu au ive  siècle av.  J.-C. peut-il être jugé ainsi  ? En proposant une archéologie des représentations de l'épicurien dans les trois grandes religions monothéistes, Aurélien Robert retrace la longue élaboration des associations entre épicurisme et hédonisme, athéisme et hérésie, et leur transformation au Moyen Âge.
    Mais cette histoire en cache une autre, restée dans l'ombre d'une imposante littérature religieuse. Dès le xiie  siècle apparurent des tentatives de réhabilitation du philosophe grec, près de trois siècles avant la redécouverte de Lucrèce par Poggio Bracciolini. Ces témoignages de théologiens, de médecins, de philosophes présentent Épicure comme un grand sage, voire un modèle pour les chrétiens. Dans le même temps, sa pensée du plaisir retrouvait progressivement son prestige. Contrairement à une idée répandue, ce n'est pas le Moyen Âge qui inventa la caricature de l'épicurien. Plus encore, c'est à cette époque que l'on tenta de sauver Épicure et sa philosophie des enfers.
     
    Directeur de recherche au CNRS, ancien membre de l'École française de Rome, Aurélien Robert est spécialiste d'histoire de la philosophie du Moyen Âge et de la Renaissance. En 2019, il a reçu la médaille de bronze du CNRS pour l'ensemble de ses travaux.

  • À la fin du Moyen Âge, après des siècles d'abandon du lexique maritime antique, les écritures souveraines s'agitent soudain, car les mots d'une nouvelle accusation pénale sublime - le crime de piraterie des Latins - s'infiltrent dans les archives. Peu à peu, le lexique médiéval des « larrons de mer » se retire des rivages, tandis que s'avance le « pirate » : la France réinventait son criminel en mer au seuil de la modernité. Cette mécanique fut avant tout atlantique et royale : une invention, ou découverte, de la piraterie, telle une relique sainte du passé romain qui serait remontée à la surface avant d'être exploitée par les Valois pour ses vertus pénales. Cette apparition médiévale du pirate français est remarquable en ce qu'elle scrutait désormais l'obéissance des gens de mer, ainsi mis en sujétion par une inflexion terrible de la doctrine pénale. Le royaume de France, devenu une puissance maritime au XVe siècle, livrait ici un nouveau récit pénal des navigations, dans lequel pirates et rois se combattaient, pour mieux transformer le statut de ses frontières atlantiques.

  • Une histoire symbolique
    du Moyen Âge occidental
    Les procès intentés aux animaux, la mythologie du bois et des arbres, le bestiaire des fables, l'arrivée du jeu d'échecs en Europe, l'histoire et l'archéologie des couleurs, l'origine des armoiries et des drapeaux, l'iconographie de Judas, la légende du roi Arthur et celle d'Ivanhoé : tels sont quelques-uns des sujets traités par Michel Pastoureau dans cette " Histoire symbolique du Moyen Âge occidental ".
    L'auteur, qui construit cette histoire depuis trois décennies, nous conduit ainsi sur des terrains documentaires variés : le lexique et les faits de langue, les textes littéraires et didactiques, les armoiries et les noms propres, les images et les œuvres d'art. Partout, Michel Pastoureau souligne avec force combien cette histoire symbolique des animaux et des végétaux, des couleurs et des images, des signes et des songes, loin de s'opposer à la réalité sociale, économique ou politique, en est une des composantes essentielles.
    Pour l'historien, l'imaginaire fait toujours partie de la réalité.

  • Une nouvelle et forte biographie de Sainte Jeanne d'Arc, pour le centième anniversaire de sa canonisation.Un siècle a passé depuis la canonisation de Jeanne d'Arc par l'Église. Un siècle durant lequel fleurirent en France comme à l'étranger nombre d'ouvrages sur cette grande figure féminine, plus ou moins fantaisistes. Et pourtant il restait à offrir un nouvel éclairage historique de Jeanne d'Arc, tant de fois convoquée par des écrivains, des juristes ou des essayistes. Tour à tour catholiques, républicains, socialistes ou monarchistes. Aujourd'hui, c'est une véritable biographie qui, faisant fi des légendes, revient à l'histoire et replace Jeanne dans son contexte, en partant des sources. Un travail d'autant plus nécessaire que, contrairement à une idée reçue, nous ne savions pas tout d'elle. Car de sa famille, de ses proches et des hommes de guerre qui l'ont accompagnée, tout n'a pas été dit, loin de là. Médiéviste de grande renommée, Valérie Toureille convoque au tribunal de l'Histoire ceux qui l'ont connue, femmes et hommes, amis ou ennemis, plus de cent cinquante témoins. Elle leur donne la parole, détaille les faits, éclaire l'action comme l'extraordinaire parcours de la " bergère " de Domrémy par les circonstances du moment et laisse au lecteur le choix de son opinion sur la geste johannique. L'auteur livre ici un ouvrage de référence qui renouvellera l'historiographie de la " Pucelle ". Condamnée à être brûlée vive en 1431 - elle n'a alors que dix-neuf ans -, innocentée et réhabilitée en 1456, proclamée par le pape Pie XI patronne secondaire de la France en 1922 - et par André Malraux " patronne du temps où les hommes ont vécu selon leurs rêves et selon leur coeur " -, Jeanne n'en a assurément pas fini de nous surprendre et de nous émerveiller.Il existe plusieurs façons d'aborder l'extraordinaire parcours de la "pauvre fille" de Domrémy, et autant de façons de l'interpréter. Valérie Toureille ne prétend pas trancher. Elle convoque au tribunal de l'Histoire ceux qui l'ont connue, femmes et hommes, amis ou ennemis, plus de 150 témoins. Elle leur laisse la parole, détaille les faits, éclaire son action par les circonstances du moment et laisse au lecteur le choix de son opinion, livrant là un ouvrage de référence qui renouvelera assurément l'historiographie de la "Pucelle", condamnée à être brûlée vive en 1431 - elle a alors dix-neuf ans -, innocentée et réhabilitée en 1456, béatifiée en 1909 et enfin élevée au rang des autels en 1920.
    Un "must" dont le plaisir de lecture se conjugue avec la rigueur historique.

  • L'élève officier, le général de brigade, le Premier consul, l'Empereur. Le plus grand homme du XIXe siècle raconté par ceux qui l'ont personnellement rencontré. Les extraits de mémoires rassemblés ici ont été la source de toutes les histoires de sa vie. Amis, ministres, secrétaires, maîtresses, membres de sa famille, ils racontent leur Empereur, le vrai, celui qu'ils ont vu, de son adolescence à sa mort, de Brienne à Sainte-Hélène. Son physique, son caractère, son quotidien, son exceptionnel. Napoléon intime, Napoléon à la guerre. Napoléon et les soldats, Napoléon et les femmes. Sa façon de travailler, ses habitudes, ses bonheurs, ses peines, son génie, sa folie. Pour la première fois, voici Napoléon sans les mensonges des hagiographes, sans les injures de ses ennemis ; Napoléon avec nous, audacieux, décidé, autoritaire, séduisant, vivant.Anthologie réalisée par Arthur Chevallier

  • Mark Twain, le rappeur Jay Z, Marion Zimmer Bradley, George Romero, Robert Taylor, Alexandre Astier, John Fitzgerald Kennedy, Jack Kirby, Lawrence d'Arabie, John Boorman, les Kinks, les Who, Jackie Kennedy, Steven Spielberg, John Steinbeck, Terry Gilliam, Winston Churchill, Éric Rohmer, Alan Stivell, le rappeur Fianso, tous ont en commun d'avoir été influencés par la légende du roi Arthur.Inventée au Moyen Âge, celle-ci a longtemps été l'apanage des nobles et des souverains qui s'en servaient comme modèle ou comme justification de leurs conquêtes. En grande partie ignorée aux XVIIe et XVIIIe siècles, elle fait un retour fracassant sur le devant de la scène en Angleterre au début de la révolution industrielle. Mais c'est surtout grâce à la culture populaire américaine que se diffuse le mythe de la Table ronde : cinéma, romans illustrés, musiques rock et folk, bande dessinée (notamment les super-héros), et plus récemment jeux de rôles et jeux vidéo.Ces médias donnent un sens nouveau à la geste arthurienne. On a vu ainsi apparaître des Arthur anticolonialistes, des Lancelot en lutte contre le communisme, des Merlin écologistes, des Morgane féministes.La légende de Camelot, ici décryptée de façon savante et passionnée, semble en passe de devenir l'un des premiers mythes mondialisés, traversant les continents et les cultures pour mieux questionner les peurs et les espoirs des sociétés contemporaines.

    William Blanc est médiéviste et spécialiste en médiévalisme, c'est-à-dire qu'il s'intéresse principalement aux représentations et utilisations contemporaines des figures médiévales. Il est l'auteur de cinq livres chez Libertalia, et coauteur du Dictionnaire de la fantasy (Vendémiaire).

  • Grâce à une série étonnante de victoires (Champaubert, Montmirail, Montereau ou Craonne...), Napoléon a inscrit la campagne de France au coeur de son épopée. Même si elle s'achève par l'abdication de l'Empereur, elle est comparable aux actions d'éclat qu'il a pu conduire en Italie, en Autriche ou en Prusse. Napoléon, chef de guerre, n'a rien perdu de sa superbe. Il parvient toujours à galvaniser ses hommes et à donner l'impression à ses adversaires d'être à la tête d'une armée innombrable. Sans avoir été vaincu en une bataille décisive, l'Empereur doit cependant se résoudre à abdiquer, après la chute de Paris et la défection de ses proches. La campagne de France marque ainsi la fin de l'Empire.
    La France est lasse de dix ans de guerre et de quinze ans de pouvoir autoritaire. Le charisme de Napoléon ne suffit plus à entraîner les foules derrière lui. La population subit aussi pour la première fois les effets de la guerre, les violences qu'elle engendre, l'occupation du territoire, et aspire à la paix. Dernier épisode de l'affrontement qui a opposé les Européens à la France issue de la Révolution, la campagne de France scelle enfin le sort de l'Europe pour le siècle à venir.

  • Le halo de mystère qui entoure au Moyen Âge l'épée du chevalier répond à une mythologie ancienne dont se font écho les chansons de geste, les romans arthuriens et les sagas scandinaves, tout comme l'iconographie et l'archéologie. L'épée est certes un outil fonctionnel, une prouesse technique et un objet d'art, mais aussi un artefact animé qui, dégageant une force surnaturelle, rend le chevalier invincible. Le combattant, le forgeron et les fées aimantes transmettant leurs épées sont au coeur de ce livre, qui explore les mentalités d'une époque révolue dont les récits continuent d'inspirer de nos jours l'heroic fantasy. L'épée est aussi le signe de la prépondérance sociale du chevalier et le symbole de la guerre dont il se réserve en exclusif l'exercice. Elle concrétise toutes les abstractions intellectuelles autour de l'usage de la violence légitime en société.

  • « Maîtrisant parfaitement une riche documentation, Pierre Bouet propose non seulement le récit haletant de cette campagne, devenue presque mythique, mais aussi une analyse percutante de ses enjeux et des tactiques employées. »
    Historia
    « Grâce à Pierre Bouet, nous accompagnons Guillaume dans son aventure, nous nous ruons à ses côtés sur l'ennemi (perfide), nous souffrons comme lui, nous nous réjouissons quand il vainc... Oui, décidément, vive l'histoire bataille ! »
    Le Figaro Magazine
    Cette seule journée du samedi 14 octobre 1066, les armes décidèrent du destin d'un royaume et de plusieurs milliers d'hommes. Si les conséquences de la bataille d'Hastings sont aujourd'hui bien connues, elle signe l'acte de naissance de l'Angleterre, le vécu des combattants est largement ignoré.
    Pierre Bouet nous entraîne au coeur de la mêlée aux côtés des housecarls du roi saxon Harold ou des chevaliers de Guillaume le Conquérant. La sanglante réalité d'une bataille médiévale nous apparaît alors, avec ses actes de bravoure et de lâcheté, ses violences et ses souffrances.

  • Sans Mahomet, Charlemagne n'aurait jamais été empereur ! De quand date vraiment la chute de Rome ? Pourquoi passe-t-on de l'Antiquité au Moyen Âge ? À ce vieux débat, Henri Pirenne apporte une réponse révolutionnaire  : au VIIe  siècle, la disparition du monde romain n'est pas le fait des invasions germaniques, mais de l'incursion de l'islam en Méditerranée, un nouveau pouvoir qui interrompt les échanges pluriséculaires entre Orient et Occident. Isolés, la papauté et le monde franc ont été contraints de se recomposer en chrétienté autonome. À la fois séduisante, provocatrice et accessible, la thèse de Henri Pirenne a suscité de nombreuses vocations chez les historiens, les archéologues ou les économistes. Adulée ou contestée, cette étude fondatrice, devenue un classique, alimente aujourd'hui plus que jamais le débat.

  • « Les Vikings étaient de redoutables barbares », « On ne sait rien d'eux », « Ils naviguaient sur des drakkars », « C'étaient de féroces païens », « Ils sont partis d'Islande pour découvrir l'Amérique », « Ils ont sillonné toutes les mers », « Ils sont apparus et ont disparu comme par enchantement »... Régis Boyer dévoile dans cet ouvrage la richesse d'une civilisation méconnue, souvent réduite
    quelques clichés.

  • Europe, 1348. La mort rôde. Les populations sont décimées. Le coupable ? Non pas la guerre, ni des massacres de masse, ni la famine, ni une catastrophe naturelle, mais Yersinia pestis, une simple bactérie, bientôt nommée la « peste noire ». Depuis l'Antiquité jusqu'à l'épidémie de Marseille en 1720, ce mal a profondément marqué l'Occident, témoin notre usage encore courant de mots comme « pestiféré » ou « pestilentiel ». Entre médecine, biologie, archéologie et histoire, Michel Signoli nous raconte, à l'heure où plane le spectre d'autres grandes épidémies (Ebola, grippe A/H1N1, sida, Covid-19, mais aussi la peste, par exemple à Madagascar...), comment nos ancêtres ont tâché de surmonter ces crises. Un travail de rationalisation bienvenu, tant il est vrai que nous craignons encore la venue du jour où, « pour le malheur et l'enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse » (Albert Camus).

  • La Révolution hors des sentiers battus.Ce qui est postulé dans cette nouvelle manière de considérer la Révolution est que rien n'a été énigmatique, ni l'éclatement des événements, ni l'usage de la " terreur ", ni les atrocités en Vendée ou l'entrée dans des guerres de conquête. Tout s'explique par les rapports de forces entre factions et partis antagonistes, mais aussi par les résonances, parfois imprévues, des " journées " ou des batailles. Se dessine ainsi l'itinéraire d'une aventure collective qui s'engage dans une entreprise de régénération et qui se transforme peu à peu, sous l'effet des conflits et des rivalités, en une authentique révolution voulant créer un monde nouveau. Les contraintes imposées par une guerre inexpiable, où la défaite signifiait la disparition de la nation, radicalisèrent les choix au point de changer la nature même de la Révolution, de diviser entre eux ses partisans et de la faire évoluer, chaotiquement, entre coups d'Etat et révolutions de palais. Si bien qu'en définitive, tout s'acheva lorsqu'en rétablissant la paix un général ambitieux imposa aussi un nouveau régime.

  • L'Imaginaire de la Commune est autant un livre d'histoire des idées que d'histoire tout court. En exhumant l'originalité de la Commune, ses aspirations à un « luxe pour tous », Kristin Ross arrache la Commune de Paris à toute finalité étatiste, productiviste, d'un socialisme de caserne. La Commune et ses « vies ultérieures » portent en elles une singulière actualité : elles marquent la naissance d'un mouvement paysan radical et écologiste avant l'heure, la « révolution de la vie quotidienne », ou encore les débats sur le système économique d'une société sans État. Par ce geste, Kristin Ross libère la Commune de son statut d'archive du mouvement ouvrier ou de l'histoire de France, pour en faire une idée d'avenir, une idée d'émancipation.

    Kristin Ross est professeur de littérature comparée à la New York University. Ses livres publiés en français : Mai 68 et ses vies ultérieures (Complexe, 2005 - Agone, 2010), Rouler plus vite, laver plus blanc (Flammarion, 2006), Rimbaud, la Commune de Paris et l'invention de l'histoire spatiale (Les Prairies ordinaires, 2013). Elle a également contribué à Démocratie, dans quel état ? (La fabrique, 2009).

  • Deux tours monumentales, une majestueuse galerie des rois, des voûtes aériennes portées par une structure d'une légèreté inédite : Notre-Dame, monument-clé de l'histoire de France, est aussi un parangon de l'art gothique. Une cathédrale dont le terrible incendie du 15 avril 2019 a ému la terre entière.

    Pour saisir sa profonde singularité, Dany Sandron, familier du monument depuis plus de vingt ans, nous livre les clefs des premiers siècles de cet édifice. Dans cette passionnante synthèse, il nous en offre une étude globale, à la fois historique, artistique et sociale. Revenant sur sa construction, ses acteurs, notamment les artistes et artisans, et les ressources mobilisées, il nous introduit dans les différents mondes qu'elle domine : le palais épiscopal de Maurice de Sully, le cloître des chanoines et l'hôtel-Dieu. Il souligne aussi, en spécialiste du Paris médiéval, les liens étroits de la cathédrale avec la ville et au-delà avec le diocèse dont elle est l'église-mère. Notre-Dame entretient également des relations privilégiées avec la royauté capétienne qu'elle magnifie dans une savante mise en scène. Elle sert enfin de référence majeure à l'action édilitaire des souverains et de leurs alliés jusqu'au début du règne de Saint Louis.

    Dans ce réseau complexe qui associe la cathédrale à tous les niveaux de la société médiévale, c'est l'esprit de Notre-Dame qui nous est révélé.

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