• Le temps de l'enfance Nouv.

    En dix souvenirs, Antoine, l'alter ego de Yves Viollier, nous tend ce miroir qui renvoie à des histoires qui sont autant de diamants de la mémoire. Ce ton si juste du romancier, c'est autant celui du poète que celui du mémorialiste des vies ordinaires, celles qu'ont vécu nos aïeux. Par l'auteur de C'était ma petite soeur.
    Antoine ne veut rien perdre du temps de l'enfance et des chemins creux de Château- Fromage. C'est son socle. Tout part de là. Sa mémé Lise le prenait par la main et lui ouvrait les yeux au monde. Il pédalait sur son vélo et éprouvait ses premiers émois auprès de Cocotte, la garde-barrière. Son horizon tutoyait l'infini.
    Et les voix, les gestes, les bonheurs et les souffrances de ceux qui l'ont aidé à grandir sont autant de diamants de la mémoire. Olympe qui aimait les hommes, Irma qu'on a mal aimée, Marcellin que l'amour a fui, Henri qui est allé le chercher de l'autre côté de la terre.
    C'est le regard du mémorialiste des vies ordinaires qu'Yves Viollier pose avec douceur sur ses personnages.

  • Né d´une rencontre inattendue, ce nouveau roman poignant et inspiré d´Yves Violler retrace l´itinéraire exemplaire ? proche par bien des côtés d´un chemin de croix ? d´une femme animée par une foi absolue, et par l´amour qu´elle porte à ses enfants.


  • A partir de certains éléments de la vie d'une peintre qui a existé, Yves Viollier a tissé une histoire bouleversante autour de la filiation, de la création, du secret, le long des eaux douces de la Venise verte.

    Le père et la fille se tenaient par la main, les yeux fermés. On aurait dit qu'ils dormaient.

    " On les a trouvés ainsi que je le raconte dans leur maison des Ombrages. C'était après la Grande Guerre, au Gué-des-Marais. En ce temps-là, on ne pardonnait pas le suicide. Alors, le père et la fille !
    Louise, jeune artiste-peintre au talent précoce, exposait déjà dans les salons en compagnie des plus grands. Elle avait un bel avenir. La loi du silence a pesé sur le village. Des bruits ont couru sans que le mystère soit élucidé.
    Je suis allé tourner dans ce pays d'eau et de ciel aux couleurs changeantes qu'on appelle Venise verte. J'ai lu les journaux de l'époque et recherché des tableaux de celle qui m'a inspiré cette histoire, et que j'ai prénommée Louise. J'ai visité sa maison que j'ai baptisée Les Ombrages. Et j'ai essayé de remonter par le roman les chemins d'un destin qui les a décidés à se prendre par la main. Pour qu'ils revivent. Et que nous apprenions à les connaître. Afin, peut-être, que nous les aimions.

  • Au début du XXe siècle, les «étrangers», venus du Limousin ou d´ailleurs, travaillent à surélever la digue pour protéger la terre du Marais poitevin, sous le regard, toujours soupçonneux, des «maraîchins». Jean-Marie, un de ces «étrangers», s´éprend d´une fille d´origine guyanaise, Lilas. Ce qu´il ne sait pas, c´est qu´en l´épousant, il va se retrouver au coeur de vieilles haines entre deux familles du pays... Grands travailleurs, ils acquièrent une gabare qu´ils baptisent «Le Lilas de mer». Ils connaissent alors une période de labeur intense, mais de bonheur aussi. Jusqu´au jour où une tempête jette la gabare sur la côte, emportant tous leurs espoirs de réussite. Désespéré, Jean-Marie se met à boire. Une nuit, on retrouve à la sortie d´un bistrot son compagnon de beuverie mort, la gorge tranchée. Accusé, Jean-Marie est incapable de se défendre: il est condamné aux travaux forcés et déportéà Cayenne. C´est le curé de Saint-Nicolas, convaincu de son innocence, qui mènera son enquête et parviendra à mettre la justice sur la voie du véritable assassin. Mais peut-être n´aurait-il pas dû se mêler de cette affaire...Dans ce pays étrange et envoûtant, c´est l´amour, le courage et la détresse des humbles qu´évoque Yves Viollier. Une histoire riche, complexe, généreuse, conduite avec rigueur par la grâce d´une écriture ferme et dense.

  • " Car c'est toi, lorsqu'un héros tombe, qui le relèves souverain... ", écrivait Victor Hugo au sculpteur David d'Angers.

    Le 17 octobre 1793, les vendéens s'apprêtent à massacrer cinq mille soldats républicains enfermés dans l'église de Saint-Florentle- Vieil quand le général Bonchamps, blessé à mort, donne cet ordre : " Grâce aux prisonniers ! " Le père de David d'Angers était parmi ces soldats bleus miraculeusement épargnés.
    Trente ans après, devenu un immense sculpteur, David, le franc-maçon d'Angers, en reconnaissance à Bonchamps, réalise son chef-d'oeuvre, cette statue de chouan saluée par tous les grands romantiques.
    Dans un récit croisé, Yves Viollier - ressuscitant l'épopée de ces hommes et de ces femmes emportés dans la guerre et la Révolution et racontant les sept ans de la création d'une sculpture qui a marqué son temps - nous livre le grand roman de la grâce et du pardon.

  • Au milieu des haies vives et des chemins creux de Vendée, il y avait Grasla, la forêt de chênes et de hêtres barrée de ronces impénétrables. Et, lorsqu´en février 1794 la Convention a lancé sur le pays ses infernales colonnes incendiaires afin que « pendant un an nul homme, nul animal ne puisse subsister sur ce sol », les habitants du pays de Grasla se sont réfugiés dans la forêt.

    Ils s´y sont cachés pendant de longs mois. Ils ont construit des huttes qu´ils appelaient des loges. Ils ont créé un vrai village avec une loge-église, un hôpital au milieu des arbres. Ils ont eu froid, faim. Il a neigé, beaucoup plu au cours de ce terrible hiver. Les soldats de la République brûlaient leurs fermes. Ils étaient comme sur une île au milieu de la guerre.

    C´est à travers le destin de quelques personnages étonnants qu´Yves Viollier raconte cette épopée. Et surtout l´histoire de Marie-Pierre, la jeune sage-femme lumineuse qui, aux côtés du docteur Blé, l´humaniste intransigeant, ne cessera jour et nuit dans cet hôpital invraisemblable de soigner les blessés, de fermer les yeux des morts et de mettre au monde les nouveau-nés. Elle poussera l´héroïsme jusqu´à soigner un soldat ennemi gravement blessé qu´elle a connu autrefois, dans une autre vie. Lui laissera-t-on le droit d´aimer ce jeune homme, son ennemi ?

    Pour tous ces gens, chaque jour est un combat, chaque nuit est une épreuve, et pourtant ils survivent.

    Plusieurs mois passeront avant que, petit à petit, les réfugiés quittent la forêt et rejoignent leurs villages. Si bien que, le 12 juillet 1794, lorsque le général républicain Ferrand investit Grasla, à la tête de trois mille six cents hommes, il ne trouve qu´un village de loges vides. Les derniers occupants avertis de l´assaut sont retournés chez eux.

    Et la vie reprendra dans cette Vendée ravagée par cette guerre inhumaine.

  • Une presque centenaire se raconte par un été de canicule. Née en Dordogne, mariée à quinze ans et mère à seize, Toinou entraîne les siens ailleurs, jusqu'au bord lumineux de la Charente... Souvenirs d'une vie, mémoire des lieux et des paysages gravés pour toujours par la plume d'un narrateur ému. Un livre au charme proustien. Dans la lignée de L'Accent de ma mère de Michel Ragon.Au commencement, il y a ce pays que le narrateur découvre en rencontrant Marie-Claire, qui deviendra sa femme. La Charente, comme une Toscane française. Là-bas, au milieu des vignes et sur les bords du fleuve, il a rendez-vous avec Toinou dans sa ferme. A quatre-vingt-douze ans, cette femme a une énergie impressionnante. Sa mémoire est intacte, sa voix colorée par la terre de ses origines. Elle est née dans ce Périgord noir où les paysans ont brûlé le seigneur du château, près du village de Hautefaye devenu le " village des cannibales ". Toinou n'a eu qu'un seul désir : fuir ce pays dur à l'histoire sombre. Mariée contre son gré à quinze ans, elle a très vite entraîné les siens à émigrer. Ils sont partis, à pied, au début du siècle, vers une Charente plus riante. Fil après fil, Toinou dévide l'histoire de sa vie, son enfance, les deux guerres, la famille, les deuils, les travaux et les jours, un présent enfin plus tranquille, presque le bonheur, sa passion pour la danse...
    Et, tandis qu'elle parle et entre les rencontres, le narrateur tire aussi les fils de sa propre mémoire. Les mémoires des uns et des autres se croisent, s'enchevêtrent, se lient, et le roman devient oeuvre de transmission, de partage, histoire universelle, ode au courage, à la nature, au soleil, chant du monde et des terres de mémoire.

  • Joseph vient de mourir, presque centenaire. Cette vie qu'il a forgée de ses mains, lui, le menuisier, il l'a partagée pendant soixante-dix ans avec Eglantine. Au fil des heures de la nuit " d'après ", celle-ci se souvient de leurs jours heureux et des plus sombres, et de cette promesse qu'a faite Joseph avant de partir.Les chênes ne meurent pas, au paradis. Elle a tout de suite aimé les mains de Joseph dans les siennes. C'était il y a soixante-treize ans lors d'un bal de noces dans la campagne vendéenne. Désormais les mains de Joseph ne la caresseront plus. On vient de l'enterrer, presque centenaire en ce jour de mai 2016. Au fil des heures d'une longue nuit défilent pour Eglantine tous les souvenirs liés à Joseph ; d'abord paysan, il fut tour à tour tonnelier, charpentier, menuisier puis ébéniste ; un artisan respecté qui avait l'amour du bois, de l'ouvrage bien fait... Ils ont traversé plus d'un demi-siècle d'histoire, auprès de leurs enfants, partageant tout, des plus beaux instants aux blessures indélébiles.
    A cette vie à fois modeste et accomplie qu'ils ont forgée à quatre mains, Joseph et Eglantine ont donné sens, amour.
    Un roman universel et bouleversant. Une histoire de transmission.

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    Comment vivre avec un sentiment d'abandon depuis l'enfance ? En ces années 1960, Jeanne a grandi de famille d'accueil en famille d'accueil. Elle raconte sa vie, ses petites soeurs retrouvées et celle qui a eu plus de chance...
    Nous ne savions pas ce qui nous attendait... Jeanne se souvient. L'été 1960 s'achève, elle a sept ans. L'Assistance publique les a confiées, elle et ses deux demi-soeurs, à mademoiselle Eugénie qui vit avec ses parents au château des Marguerites. Jeanne a connu les coups et les brimades, avant. Ici, elle goûte, le coeur à peine apprivoisé, à une certaine insouciance : soigner les bêtes, déguster la bonne brioche chaude...
    Un jour, tous se pressent autour d'un bébé dans son berceau drapé de blanc. "Ta petite soeur", a murmuré Mademoiselle, les yeux brillants.
    Jeanne, petite marguerite, voudrait juste qu'on l'aime, un peu, vraiment, beaucoup. Mais elle comprend qu'on ne lui dit pas tout...
    D'une plume magnifique, Yves Viollier fait vivre une voix de l'enfance, celle, véridique, de Jeanne, qui, devenue grande, cherchera partout sa place et le chemin de la résilience. Un roman bouleversant.

  • Au soir du 27 février 2010, les habitants de la Faute-sur-Mer se sont endormis paisiblement sans s´inquiéter de la tempête annoncée.
    C´est à 3 heures du matin que les digues ont lâché et que la mer est montée. Lentement, inexorablement, elle a noyé les plages, les routes, les jardins et, sans jamais modifier son allure, elle a enlacé les maisons, piégé les résidents et tenté de les engloutir.
    À travers l´histoire de quatre familles, Yves Viollier raconte ces heures atroces que ces hommes, ces femmes et ces enfants ont dû affronter en tentant de toutes leurs forces de survivre.
    Il y a les Clemenceau, Guillaume et Alexandra, et leur toute petite fille Amandine, les Murail, un vieux couple installés là depuis toujours, Julie, la jeune célibataire et son chat, et enfin les Montauran, grands-parents de Jérémie et de Claire que leurs parents leur ont confiés pour les vacances scolaires.
    Torturés par l´angoisse, la culpabilité, le désespoir, s´accrochant au moindre espoir, montant sur les chaises, les tables, les meubles, poussés inexorablement vers le plafond et le toit, tous tenteront d´échapper à cet élément si familier devenu en quelques heures un ennemi mortel. Tous ne seront pas sauvés.
    À travers le destin de ces quelques personnages, c´est toute la dimension tragique de cette catastrophe qu´Yves Viollier a su rendre. Il nous dit l´horreur de cette nuit mais aussi la dignité, le courage et la solidarité dont ont fait preuve toute une population, tout un pays, toute une région.

  • Car ce sont bien des images de cette nuit atroce du 13 au 14 décembre 1793 qui la hantent depuis sa naissance. L'enquête de Clotilde va la conduire à découvrir le destin extraordinaire de son ancêtre...
    Dans ce roman lumineux, Yves Viollier a croisé avec une rare maestria le destin de deux femmes exceptionnelles.

  • Le Marié de la Saint-Jean nous emmène sur les chemins de la générosité. Ce long parcours de Zhida, " adopté " par une famille, des amis, un pays, Yves Viollier le raconte avec une émotion sincère et une grande justesse. 1977. Le mariage de Zhida se prépare à la Gallifrère, la belle ferme de ses futurs beaux-parents, près de Luçon. Zhida, jeune Chinois du Cambodge, Français " banane " comme il dit - jaune à l'extérieur - a dû partir, seul, pour la France à l'âge de huit ans avec son petit frère, et aller en pension à Romilly. Son père, tout juste arrivé de Hong Kong, et son oncle, qui a pu échapper aux Khmers rouges et émigrer en France, seront là pour son mariage. Au coeur des trois nuits étouffantes de plein été qui précèdent la fête, Zhida revit l'histoire de sa merveilleuse rencontre avec la rousse Gabrielle, qui l'a choisi sur les bancs du lycée. S'invitent aussi dans ses souvenirs l'enfance, que l'exil a rendue douloureuse, l'adolescence et la jeunesse précaires. Et c'est à sa mère, la grande absente, disparue dans les ténèbres de la barbarie, que ses pensées reviennent, elle dont le sourire fragile va l'accompagner jusqu'à l'autel.

  • En 1793, le roman d'une grande page de l'insurrection vendéenne.En 1793, dans le village vendéen de Château-Fromage, les six fils du meunier Guillaume prennent la tête de la rébellion contre les républicains. On les appelle les Moutons Blancs, parce qu'ils portent des manteaux de peaux de mouton. Immenses, ils en imposent, c'est pourquoi tout le village les suit.
    Peu à peu, d'autres bandes de royalistes blancs se mettent en route à travers la Vendée pour contrer les républicains à l'uniforme bleu.
    Bientôt viendront les combats et les tueries, le lot de toutes les guerres civiles...
    Yves Viollier évoque l'histoire authentique de ses ancêtres dans cette époque méconnue et troublée.

  • À Moutiers, au coeur de la Vendée, Marie a regroupé, dans le cadre d´une mission épiscopale, une dizaine d´adolescents en proie à de graves difficultés personnelles. En redonnant un sens à leur existence, en leur insufflant sa foi et en les inscrivant dans un projet collectif, elle s´efforce de leur redonner le goût et la force de vivre. Veuve, Marie a élevé seule son fils Simon qui, à dix-sept ans, est parti à Haïti travailler dans une ONG. Il a découvert dans ce pays martyrisé une misère qu´il n´avait pas imaginée. Un jour, il a cédé à l´insistance d´un de ses tous jeunes protégés et l´a emmené avec lui dans un des quartiers les plus dangereux de Port-au-Prince. L´enfant a été enlevé puis assassiné. Fortement traumatisé, Simon a été rapatrié en France où sa mère s´est convaincue que le retour au pays lui permettrait de surmonter ce deuil. Elle ne voit pas qu´il dépérit jusqu´au jour où, inconsolable, il se jette par une fenêtre. On le relève paraplégique. Le monde de Marie s´effondre. Sa foi vacille. Sa vie a perdu tout son sens. Elle se relèvera grâce à l´affection active des jeunes gens qu´elle a aidés, s'appuyant sur le courage extraordinaire que son fils va démontrer en se battant férocement pour retrouver l´usage de son corps.

  • Pour ces paysans vendéens, quitter leur terre martyre, leurs églises, leurs familles, c'était presque une désertion. On ne s'y résolvait pas sans déchirement, quelle que fût la misère. Mais quand Antoine Gendreau rentre de captivité, en 1919, et qu'il se retrouve veuf, il décide de secouer le poids du passé et de la routine et de recommencer ailleurs une vie nouvelle. Ailleurs : pas loin, en Charente, où la terre et le ciel sont plus doux et où tant de Vendéens déjà ont émigré. Malgré les réticences du père, mais soutenu par sa mère et ses deux frères, il entraîne toute sa famille sur les routes de charente. Ils s'installent à Martignac, sur une grande propriété en friche, Sarreboute, comme des pionniers. Ce qu'ils feront de Sarreboute, année après année ; quelles seront leurs peines, leurs joies, leurs espérances ; quels conflits - entre Antoine et son frère Louis-Marie même, pour l'amour d'Angéline - les déchireront ; quel long, long chemin sera celui de Louis-Marie jusqu'à la réalisation du grand rêve : rejoindre les rangs de l'aristocratie terrienne qui cultive la vigne et distille son cognac - c'est toute l'histoire que content Les Pêches de vigne. La terre, la famille, l'amour, réalités charnelles. Ici, tout est vrai et juste. Deux pays s'y épousent : c'est la rigueur vendéenne éclairée par la lumière charentaise.

  • La route de glace

    Yves Viollier

    Dans La Flèche rouge, Pierre, un jeune communiste français, tombait fou amoureux d´une très belle danseuse du Bolchoï, Maïa, à l´occasion d´un voyage en train joignant Saint-Pétersbourg à Moscou. Une passion commune que le début de la Seconde Guerre mondiale se chargea de réduire à néant... Treize ans plus tard, Pierre s´est résigné à reconstruire sa vie et connaît un mariage heureux avec la douce Hélène. Mais quand l'occasion se présente de retourner à Moscou, il ne peut résister : il part retrouver Maïa. Là-bas, les deux amants renouent, l'espace d'une nuit, avec la force dévastatrice de leur amour. Rentré dans son village, Pierre souffre mille morts. Comment peut-il abandonner Maïa ? De quel droit ose-t-il trahir Hélène et le fils qu´elle lui a donné ? Lorsque, quelques années plus tard, Maïa décide de profiter du passage du Bolchoï à Paris pour fuir le régime communiste, Pierre va l'aider sans hésiter. En faisant ce choix, il sait que pour lui et les gens qu´il aime, rien ne sera jamais plus pareil. Ce qu´il ignore, c´est que l´Histoire, une fois de plus, s´apprête à les rattraper...

  • - 50%

    Renée et Bernard Villebois ont hérité d´une grande maison ? une bâtisse du XVe siècle, abandonnée depuis longtemps, où tout est à refaire. L´événement fait resurgir un passé enfoui... L´aubaine se transforme en cauchemar.Une lettre anonyme est adressée à Renée: «Fille de Boche, fille de Boche...», suivie de plusieurs autres courriers et d´attentats... Il est vrai que Renée est née des amours de sa mère avec un jeune officier allemand, à la veille de la Libération. Qui la poursuit de sa haine cinquante ans plus tard? Qui est le corbeau? Pourquoi cet acharnement? Ils font face jusqu´à manquer, l´un et l´autre, y perdre la vie. Peut-être que sans la maison à reconstruire, ils se seraient abandonnés, mais la maison est là, qui chaque jour renaît de sa ruine. Et reconstruire le «château» de Tourtras, c´est se reconstruire soi-même...Yves Viollier est un Vendéen, mais c´est un amoureux de la Charente; de sa lumière, de sa douceur. Dans ce nouveau roman, il plante son décor et installe ses personnages dans un village et une maison situés sur un promontoire qui domine la vallée: toute la Charente est sous les yeux du lecteur.

  • Yves Viollier, avec l'honnêteté et la sensibilité qu'on lui connaît, poursuit le portrait vivant de sa Vendée.
    En Vendée, aujourd'hui, subsiste une petite communauté que l'on appelle la " Petite Église ". Ses membres sont les derniers représentants des catholiques vendéens qui refusèrent le Concordat imposé par Napoléon en 1801. Ces combattants et ces fils de la Grande Guerre de 1793 entrèrent en dissidence pour continuer à pratiquer " la religion de leurs pères "... C'était il y a deux siècles. Ils ne sont plus très nombreux - mais toujours fidèles. Et partout respectés pour leur rigueur morale et leur courage.À Virelay, ce jeudi de l'Ascension, on célèbre la première communion des gamins dissidents du bourg. Toute la famille Chaigne est là, autour de François-Xavier, le communiant. Tous, sauf sa mère, Danièle. On la cherche, on ne la trouve pas. Émotion. La soeur de Danièle, elle, comprend les raisons de sa fuite : elle n'en pouvait plus de l'atmosphère confinée de la famille et de la communauté; elle a voulu vivre, enfin...

  • Une maison, un gamin, deux pigeons, un chat, une 4L hors d'âge: une tranquillité feutrée, à peine froissée par quelques sautes d'humeur et des réminiscences du passé. Elles sont un peu folles, ces deux vieilles ? plutôt: hors de ce temps-ci. Un peu grenouilles de bénitier, avec autant d'humour que de caractère, on voudrait les prendre par la main pour leur faire traverser les rues et ce qui leur reste de vie.Mais voici que la Société vient bouleverser leur paix: leur maison doit être démolie et elles, réduites à la maison de retraite. Elles refusent, elle se révoltent.Déboussolées, elles se jettent dans une extravagante virée à bord de leur vieille 4L, à travers les marais, qui attire sur elles l'attention de tout le pays. Et les souvenirs qui les hantent depuis leur enfance explosent, leurs amours ratées, leurs mensonges. Pourtant, elles ne perdent pas pied: si elles doivent abandonner leur maison, ce sera comme elles l'entendent?Écrit au présent, pas à pas avec ses héroïnes, ce roman bref a un ton unique, qui réjouit le coeur et l'esprit.

  • 1937, en Union soviétique, la rencontre improbable d'un jeune communiste français et d'une ballerine russe en quête d'idéaux.0500Mercredi 12 février 1937La nuit, il ne voyait rien. Il conduisait, mais il ne voyait pas. Mais il savait où il était. Il se repérait à un arbre, un vieux mélèze à la tête penchée, un passage à niveau, un cimetière. Il savait qu´après la côte de Vishera on pouvait lâcher les chevaux et tirer dessus, la voie descendait vers les marais des monts Valdaï. Mais cette nuit était une nuit pas comme les autres.Il neigeait.Les premiers flocons avaient commencé à tourbillonner lorsque Youri était sorti de chez lui, la veste matelassée sur le dos, le sac de cuir et la gamelle en bandoulière. Il ne s´en était pas inquiété. De lourdes nuées avaient pesé sur Leningrad pendant toute la journée, et l´arrivée de la neige avec la nuit était une délivrance. Youri était habitué à elle. Les flocons autour de sa machine ne lui faisaient pas plus d´effet qu´un nuage de mouches bourdonnant au flanc d´un cheval.Au dépôt, il avait rejoint Volodia qui s´activait à préparer son feu. Le chauffeur aux joues creuses et à la barbiche à la Lénine avait bougonné:? Je n´aime pas ce temps. À mon avis, il va en tomber beaucoup.Youri avait laissé fuser son rire de bon géant.? Ça c´est bien d´un mangeur de graines de tournesol!Volodia détestait la neige. Originaire de Rostov, sur les bords de la mer Noire, il était habitué à la chaleur. Mais quand on vient habiter une région où l´hiver s´achève en mai et recommence en octobre, on est obligé de s´y faire. Volodia avait pourtant insisté:? Je te dis que je n´aime pas ça!Youri avait levé les yeux dans la nuit en enfilant son bleu de chauffe, et n´avait vu que les flocons qui glissaient en silence dans les lumières de la verrière de la gare.? Tu as encore bu, ivrogne!Volodia Chichkine empestait en effet l´alcool. Il avait la maladie de boire. Il avait expliqué à Youri qu´il était souvent très triste, et que, pour se réjouir, il buvait. La vue d´une bouteille ou d´un débit de boissons l´attirait irrésistiblement comme un aimant. Youri l´avait récupéré au dépôt où les sanctions pour ivrognerie l´avaient condamné à moisir dans le nettoyage des boîtes à fumée et la préparation des feux des autres, et il en avait fait son chauffeur. Il lui avait interdit l´alcool dans le train. Et leur paire était devenue inséparable. Le maigre Volodia enfournait ses cinq à six tonnes de charbon par voyage dans la gueule avide du foyer de la locomotive, conduisant son feu sans défaillir même si, la veille, il avait erré ivre mort dans les cafés des alentours de la gare.Coiffé de sa vieille chapka en lapin, les lunettes de mécanicien autour du cou, Youri avait vérifié les aiguilles des manomètres de pression, de niveau d´eau, de chauffage. Il avait faufilé avec souplesse ses larges épaules entre les essieux pour contrôler les godets et les trous graisseurs. Il aimait sa machine. Il lui touchait la boîte d´essieu du dos de la main, le chiffon au poing. Il lui parlait avant le départ comme un cavalier à sa monture. Il employait des mots gentils, «douchka», «ma petite chérie», «ma belle», qu´il utilisait autrefois avec sa femme.Volodia et lui avaient reçu cette 142, «Joseph Staline», quand ils avaient signé la ligne du train la «Flèche Rouge» reliant Leningrad à Moscou. Ils appréciaient son énergie, sa souplesse, son économie dans l´effort car, avec sa boîte à feu supérieure à la 132, elle brûlait moins qu´elle, en fournissant plus de puissance. Sans doute, leur manière de la conduire et de l´entretenir n´y était pas étrangère. Leur trio faisait bon ménage, et ils étaient heureux ensemble en ces temps de peur terrible et de dénonciation généralisée. Il suffisait que le mécanicien et son chauffeur se retrouvent avec leurs gros souliers à clous dans la poussière noire et l´odeur d´huile de leur cabine de la «Flèche Rouge» pour qu´ils basculent dans un autre monde et oublient tout. Ils n´avaient qu´une idée en tête: respecter la feuille, tenir l´horaire, coûte que coûte, et ils le tenaient. Ils n´avaient pas connu pl

  • 1927. La Malvoisine, une ferme-épicerie vendéenne, semble prospérer tranquillement. Eugène et sa femme Églantine y vivent et y travaillent avec leur fils de six ans, le petit Maurice, le grand valet et la vieille tante. Lorsque Eugène tombe malade et meurt subitement, le docteur incrimine la tuberculose. Mais, peu à peu, tous les habitants de la Malvoisine succombent mystérieusement les uns après les autres. Dans la région, les esprits s'échauffent et l'imagination se déchaîne. "La male bête" est-elle en train de s'acharner sur la Malvoisine ? La ferme est-elle maudite ?

  • " Il nous faudrait beaucoup de chance pour nous en sortir, dit Augustin. La chance ce n'est pas le fort de la famille. Elise haussa les épaules. - En travaillant, on peut y arriver. On n'est pas plus bêtes que les autres ! - Tu serais prête à travailler comme une paysanne ! - Tu m'en crois incapable ! s'emporta-t-elle. Tu crois que je me suis tournée les pouces aux foins, aux moissons, à l'école pendant ces trois ans ! Il avait ployé le dos, comme si ces cris lui faisaient mal. Elise lui prit la main : - On va gagner la Trézanne ensemble. Elle est folle, pensa Augustin. On n'y arrivera pas. Mais cette folie lui donnait envie de vivre. " Et, rescapé de la guerre, la Grande, Augustin se jette dans un nouveau combat. La guerre lui a enlevé un bras, la paix lui donne Elise, la tendre, l'intelligente, l'indomptable Elise. Ensemble, à force d'amour, de confiance et de travail, ils affrontent et dépassent les défis de la vie - et d'abord l'infirmité de leur fils, dont pourtant ils se savent responsables - pour déboucher sur la reconquête des terres de la Trézanne et la reconnaissance publique de leur succès. Long chemin, traversé de joies et de peines, d'une guerre à l'autre. Car voici l'autre, en effet...

  • Qui a tué ?
    Qui, le 12 juin 1856, a tué cinq personnes au château de Fontfroide ? On les a retrouvées, effondrées, le nez dans leur assiette de daube - une daube relevée d'un cognac mêlé de cyanure, comme l'enquête devait vite le révéler. Il fallait un coupable : on en a trouvé un, vite fait.
    Vingt-deux ans plus tard, un jeune homme, avec toute sa famille adoptive, des Vendéens de la Petite Eglise, arrive sur un domaine proche de Fontfroide pour les vendanges. Au milieu de ces Vendéens trapus, sombres de poil, il surprend : il est blond, élancé, d'une certaine distinction naturelle. Il s'appelle Ange, parce que sa mère, la maîtresse de Fontfroide morte empoisonnée avec les siens en juin 1856, s'appelait Angéline. Mais qui était son père ?
    L'enquête lui sera difficile, plus difficile encore l'élucidation de la ténébreuse affaire du meurtre au cyanure. Comment savoir vraiment dans cette Charente secrète qui vit derrière ses murs et ses porches clos au milieu des vignes ?
    Beaucoup plus, beaucoup mieux que l'histoire d'un crime. Une plongée dans la vie profonde de la province française, il y a un siècle : ténèbres et lumière, rudesse et tendresse...

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