• Pendant des siècles, le mot con n'a été utilisé que dans le langage parlé du peuple et de l'aristocratie. La bourgeoisie le boudait car il n'avait pas bon genre. L'écriture l'ignorait. Il ne figurait que sous forme d'initiale dans les libelles les plus virulents. Et maintenant, le voici qui se répand comme la foudre. On le rencontre à l'université, dans la presse, à chaque détour du discours quotidien, et, plus il va, plus il se multiplie. Au point que la connerie devient parfaitement indéfinissable. Être con, est-ce un état, un statut, un défaut, une force ? Rien de tout cela, et beaucoup plus encore, selon Yvan Audouard qui n'hésite pas à commencer cette Lettre Ouverte aux cons par cette fière affirmation : « Je sais de quoi je parle. J'en suis un. » Sans doute sommes-nous tous plus ou moins cons. Une grande fraternité comme on voit. Il reste que, plus la connerie devient indéfinissable, moins on peut l'éviter. C'est son côté diabolique. Au reste, Yvan Audouard, qui n'a jamais été aussi en verve que dans cette Lettre Ouverte, a mis au point une formule dont la logique est irréfutable. La voici : « Quand on croit tenir la connerie, elle vous échappe. Si elle vous échappe, c'est que vous êtes un con. » Sujet immense que la connerie ! Et immense occasion, pour chacun d'entre nous, de savoir enfin, pour reprendre le savoureux langage d'Yvan Audouard, si on en est un - ou non.

  • J'accepterai la mort le jour où mes amis pourront aller à leur enterrement...

    Les persiennes sont les paupières de l'été...

    Je ne pose pas de questions aux gens qui ont réponse à tout...

    Si je me trouve des excuses, je ne sais pas à qui les présenter...

    Quand j'écris quelque chose de sérieux, je dois réfléchir pour m'en apercevoir...

    J'ai une admiration immense, sans limites, pour l'oeuvre que je n'ai pas écrite...

    Et si les sagesses les plus profondes se dissimulaient dans le sourire d'un homme? Le meilleur des pensées, aphorismes, épigrammes, observations, tiré de toute l'oeuvre du célèbre écrivain et conteur provençal, disparu en 2004.

  • Christine a dix-sept ans, Bulot en a vingt-deux. Ils ont découvert chacun de leur côté qu'il y a du confort et de la chaleur dans une méchanceté sans faiblesse. Purs, l'un et l'autre comme des diamants, ils blessent et brisent tout ce qui les approche. Autrui, c'est toujours pour eux un ventre mou qui appelle les coups de pied. Et puis, ils se sont rencontrés. Ils se sont pesés avec des bascules à eux. Depuis ils ne forment plus qu'un seul être. A part elle et lui, il n'y a que des hannetons faits pour être tourmentés, mutilés, percés d'épingles. Malheureusement, le propre de la jeunesse est de passer. Sur leurs armures inoxydables apparaissent des défauts infimes qui n'échappent pas à la surveillance impitoyable qu'ils exercent l'un sur l'autre. Un jour Bulot surprend dans le regard de Christine cette lueur de tendresse et de mépris qui éclaire la vie de tous les couples ordinaires. De son côté elle s'aperçoit que, sur le point de commettre un assassinat, il doute de lui-même et force son talent. Elle devient vedette yé-yé. Il sera son impresario. Nouvelle déchéance : le petit fauve qui mordait pour le plaisir devient bête de proie gourmande et décidée à s'installer à la place de ses victimes. Dans la grande épreuve qui consiste à franchir le mur de l'âge adulte, elle triomphe, il succombe. Mais le lecteur jugera peut-être que c'est lui, tout de même, qui a résolu le problème du vieillissement avec le plus d'élégance. Pour ceux qui ont goûté la truculence d'Antoine le Vertueux, ce bref chef-d'oeuvre de concision et de lucidité sera une surprenante révélation. Certes, Yvan Audouard n'a rien perdu de sa drôlerie et de son sens de la vérité humaine. Mais il y ajoute une précision dans l'analyse qui le rattache d'emblée à une tradition littéraire de haute volée.

  • Ainsi est Antoine, majestueux dans l'impunité. Un directeur de la Police Judiciaire convoqué lors d'un procès d'assise avait déclaré naguère : "J'ai rencontré plus de vertu dans le "milieu" tout court que dans les milieux officiels". Il fut mis à la retraite d'office dans les plus brefs délais. Et pourtant la pratique de l'illégalité exige les plus rares vertus : le courage, le respect de la parole donnée, le sens de l'amitié, l'amour de la famille.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Yvan Audouard avait décidé de mettre Antoine le Vertueux à la retraite. Citoyen modèle, bon père, bon époux et bon contribuable, Antoine vivait entre les siens le reste de son âge. Il estimait en avoir assez fait aussi bien pour son propre confort que pour le salut de la veuve et de l'orphelin. Mais la vertu est de tous les vices, le plus incurable. On a beau s'en croire complètement désintoxiqué, on est toujours à la merci d'une rechute. Et c'est précisément à une rechute d'Antoine que nous assistons dans Le Vertueux monte à Paris. Devenu un parfait honnête homme, le Vertueux découvre soudain que les honnêtes gens sont des êtres abominables. Alors une fois de plus, il part en guerre. Et, cette fois, contre des gens beaucoup plus redoutables que les gangsters : contre les Chevaliers de l'Immobilier, plus communément appelés "promoteurs". Il finira bien sûr par l'emporter. Car la Vertu l'emporte toujours, sinon il n'y aurait plus de morale. Mais, ça ne fait rien : "quand le bâtiment va... rien ne va...".

  • Voici le premier livre d'Yvan Audouard. Il a été publié il y a vingt-six ans, et il semble qu'il ait rajeuni depuis sa naissance. Et son héros, déjà, s'appelait Antoine. L'auteur y raconte, avec le plus parfait naturel, les aventures les plus invraisemblables. - C'est indiscutablement une oeuvre de fiction lui affirma le reporter qui l'interviewait à la radio. - Non, répondit Audouard, c'est une autobiographie. La réponse n'était que prématurée car, depuis, Yvan Audouard a fait de son mieux pour rejoindre sa propre légende et pour donner chair à ses rêves. - La jeunesse, dit-il, est une hypothèse que toute la vie ne suffit pas à vérifier... C'est, en tout cas, un ouvrage où les jeunes entreront de plain-pied, et où les moins jeunes prendront d'un coup trente ans de moins.

  • « Je voudrais, écrit Yvan Audouard, que ce livre vous affame et vous fasse déraisonner. J'aimerais que vous en sortiez ivres, ayant éprouvé jusqu'au vertige les exaltations du jeûne et jusqu'à l'anéantissement les hébétudes de la goinfrerie. Il ne me déplairait pas qu'il exaspère votre concupiscence. Lisez-le avec les yeux, le nez, la bouche, les oreilles, lisez-le avec votre corps tout entier. Si ces pages ne sentent pas bon, si elles n'ont pas de goût, si elles ne vous donnent pas envie de danser ou de faire la sieste, brûlez-les et faites-vous cuire des saucissettes... » Cet insolent défi ne sera pas relevé : car Audouard est un authentique "dégustateur d'été". Il se promène en lui comme Stendhal dans Rome y découvrant sans cesse ses enchantements imprévus, des personnages solaires, des divinités enfouies, des gourmandises oubliées. Son été ne ressemble pas à celui de ces marchands de soleil qui vous le garantissent sans orages, bourrasques, sautes d'humeur, guêpes, moustiques ou fourmis. Le sien est une fête perpétuelle. Une moisson peuplée d'arcs-en-ciel, de cigales, de rossignols, de vers luisants et de bêtes à bon Dieu. Le droit à l'été fait partie depuis peu des Droits de l'Homme, mais on l'a livré sans mode d'emploi : voici le premier traité de son bon usage.

  • Il ne faut pas regarder à l'intérieur, parce qu'il fait trop sombre. Ainsi, à l'avance, Antoine Blondin écartait-il toute tentation pour ceux qui voudraient percer le mystère de sa vie. Trois ans après sa disparition, son ami de toujours, Yvan Audouard, lui consacre donc, au-delà de la biographie traditionnelle, un livre d'admiration et d'émotion. Le Blondin d'Audouard, c'est un ange cabossé, lâché à 18 ans dans la débâcle, qui vit sa jeunesse aux côtés de tous les vaincus de l'Europe... Condamné d'emblée à la nostalgie, amoureux à jamais d'un honneur et d'une fermeté morale appartenant au passé, perdu entre ivrognerie créatrice et alcoolisme destructeur, il s'est réfugié dans une futilité profonde et désespérée. C'est cette matière qui constitue l'essentiel de son oeuvre, de L'Europe buissonnière à Monsieur Jadis, de L'Humeur vagabonde à Un singe en hiver. C'est elle qu'Yvan Audouard capture dans son récit - roman picaresque d'une génération qui se perd, roman des amitiés plus belles que les amours, tristesse gaie d'un homme qui lit Colette tandis qu'autour de lui les maisons s'effondrent. Loin des légendes, loin des anecdotes de comptoir, c'est un autre Blondin qui se dessine ici - un grand écrivain réfugié dans l'ailleurs, dans l'enfance, l'incarnation d'un hussard qui brûle les dernières cartouches de la légèreté du monde...

  • Paul Guth, Guy Lux, Léon Zitrone, Pierre Lazareff, Georges Pompidou, Maurice Druon, Jacques Chaban-Delmas, Jules Romains.... Yvan Audouard nous propose ici une série de nouvelles-interviews « presque imaginaires ».

  • Baptiste-Marie Brechu est un pur produit de Camargue, garanti contre toute adultération. "Genuine" comme disent les Anglo-Saxons, un vrai « native » rebelle à toute colonisation. Dans sa composition entrent du ciel, du soleil et du vent. C'est donc un poète. Mais il pousse sur la même terre que les taureaux et mène leur existence. C'est donc une bête robuste et fière. C'est le dernier des hommes libres, race en voie de disparition, Race de sangliers, Race d'oiseaux. Autour de lui le monde se transforme, s'enlaidit, agonise. Les eaux deviennent grises, le ciel s'obscurcit. Baptiste-Marie sent venir la mort. Du dehors. Et du dedans. Mais jusqu'au bout il s'enivre de sa liberté, de sa force et de sa joie. Il a des chances d'être immortel.

  • Voici le premier livre d'Yvan Audouard. Il a été publié il y a vingt-six ans, et il semble qu'il ait rajeuni depuis sa naissance. Et son héros, déjà, s'appelait Antoine. L'auteur y raconte, avec le plus parfait naturel, les aventures les plus invraisemblables. - C'est indiscutablement une oeuvre de fiction lui affirma le reporter qui l'interviewait à la radio. - Non, répondit Audouard, c'est une autobiographie. La réponse n'était que prématurée car, depuis, Yvan Audouard a fait de son mieux pour rejoindre sa propre légende et pour donner chair à ses rêves. - La jeunesse, dit-il, est une hypothèse que toute la vie ne suffit pas à vérifier... C'est, en tout cas, un ouvrage où les jeunes entreront de plain-pied, et où les moins jeunes prendront d'un coup trente ans de moins.

  • Pendant des siècles, le mot con n'a été utilisé que dans le langage parlé du peuple et de l'aristocratie. La bourgeoisie le boudait car il n'avait pas bon genre. L'écriture l'ignorait. Il ne figurait que sous forme d'initiale dans les libelles les plus virulents. Et maintenant, le voici qui se répand comme la foudre. On le rencontre à l'université, dans la presse, à chaque détour du discours quotidien, et, plus il va, plus il se multiplie. Au point que la connerie devient parfaitement indéfinissable. Être con, est-ce un état, un statut, un défaut, une force ? Rien de tout cela, et beaucoup plus encore, selon Yvan Audouard qui n'hésite pas à commencer cette Lettre Ouverte aux cons par cette fière affirmation : « Je sais de quoi je parle. J'en suis un. » Sans doute sommes-nous tous plus ou moins cons. Une grande fraternité comme on voit. Il reste que, plus la connerie devient indéfinissable, moins on peut l'éviter. C'est son côté diabolique. Au reste, Yvan Audouard, qui n'a jamais été aussi en verve que dans cette Lettre Ouverte, a mis au point une formule dont la logique est irréfutable. La voici : « Quand on croit tenir la connerie, elle vous échappe. Si elle vous échappe, c'est que vous êtes un con. » Sujet immense que la connerie ! Et immense occasion, pour chacun d'entre nous, de savoir enfin, pour reprendre le savoureux langage d'Yvan Audouard, si on en est un - ou non.

  • Paul Guth, Guy Lux, Léon Zitrone, Pierre Lazareff, Georges Pompidou, Maurice Druon, Jacques Chaban-Delmas, Jules Romains.... Yvan Audouard nous propose ici une série de nouvelles-interviews « presque imaginaires ».

  • Baptiste-Marie Brechu est un pur produit de Camargue, garanti contre toute adultération. "Genuine" comme disent les Anglo-Saxons, un vrai « native » rebelle à toute colonisation. Dans sa composition entrent du ciel, du soleil et du vent. C'est donc un poète. Mais il pousse sur la même terre que les taureaux et mène leur existence. C'est donc une bête robuste et fière. C'est le dernier des hommes libres, race en voie de disparition, Race de sangliers, Race d'oiseaux. Autour de lui le monde se transforme, s'enlaidit, agonise. Les eaux deviennent grises, le ciel s'obscurcit. Baptiste-Marie sent venir la mort. Du dehors. Et du dedans. Mais jusqu'au bout il s'enivre de sa liberté, de sa force et de sa joie. Il a des chances d'être immortel.

  • « Je voudrais, écrit Yvan Audouard, que ce livre vous affame et vous fasse déraisonner. J'aimerais que vous en sortiez ivres, ayant éprouvé jusqu'au vertige les exaltations du jeûne et jusqu'à l'anéantissement les hébétudes de la goinfrerie. Il ne me déplairait pas qu'il exaspère votre concupiscence. Lisez-le avec les yeux, le nez, la bouche, les oreilles, lisez-le avec votre corps tout entier. Si ces pages ne sentent pas bon, si elles n'ont pas de goût, si elles ne vous donnent pas envie de danser ou de faire la sieste, brûlez-les et faites-vous cuire des saucissettes... » Cet insolent défi ne sera pas relevé : car Audouard est un authentique "dégustateur d'été". Il se promène en lui comme Stendhal dans Rome y découvrant sans cesse ses enchantements imprévus, des personnages solaires, des divinités enfouies, des gourmandises oubliées. Son été ne ressemble pas à celui de ces marchands de soleil qui vous le garantissent sans orages, bourrasques, sautes d'humeur, guêpes, moustiques ou fourmis. Le sien est une fête perpétuelle. Une moisson peuplée d'arcs-en-ciel, de cigales, de rossignols, de vers luisants et de bêtes à bon Dieu. Le droit à l'été fait partie depuis peu des Droits de l'Homme, mais on l'a livré sans mode d'emploi : voici le premier traité de son bon usage.

  • Du printemps à l'automne, les choses se passent ainsi à Fontvieille, porte ensoleillée des Alpilles : à la nuit tombée et celui qui parle, parle à voix basse. De temps en temps, il se tait pour laisser la parole aux grillons. Puis, il reprend sa narration en veillant à choisir ses termes, un à un, après hésitation, comme des fruits. Je sais d'expérience qu'un mot impropre suffit à détruire la perfection de la nuit. Un récit bancal dérangerait, peut-être pour toujours, l'équilibre miraculeux des lueurs, des parfums, des murmures, des bruissements et des ombres. Le rituel est celui d'une grand'messe chuchotée, avec un officiant, des servants et des fidèles qui se mêlent à l'action quand le besoin s'en fait sentir, ou simplement quand ils en ont envie. Souvent, il s'en trouve un qui a été mêlé à l'histoire et qui rectifie des détails ou apporte des précisions. Commencé par un soliste, le récit se poursuit alors à deux ou à plusieurs voix. Ce genre de « happening », chez nous, on l'appelle modestement « prendre le frais ». De ces nuits de Fontvieille, plus belles que vos jours, j'en ai savouré plus de mille. Et je compte en savourer plus de mille encore. Et plus de dix mille, si le Bon Dieu me prête vie. J'aimerais tant les vivre avec vous jusqu'à la fin des siècles.

  • Du printemps à l'automne, les choses se passent ainsi à Fontvieille, porte ensoleillée des Alpilles : à la nuit tombée et celui qui parle, parle à voix basse. De temps en temps, il se tait pour laisser la parole aux grillons. Puis, il reprend sa narration en veillant à choisir ses termes, un à un, après hésitation, comme des fruits. Je sais d'expérience qu'un mot impropre suffit à détruire la perfection de la nuit. Un récit bancal dérangerait, peut-être pour toujours, l'équilibre miraculeux des lueurs, des parfums, des murmures, des bruissements et des ombres. Le rituel est celui d'une grand'messe chuchotée, avec un officiant, des servants et des fidèles qui se mêlent à l'action quand le besoin s'en fait sentir, ou simplement quand ils en ont envie. Souvent, il s'en trouve un qui a été mêlé à l'histoire et qui rectifie des détails ou apporte des précisions. Commencé par un soliste, le récit se poursuit alors à deux ou à plusieurs voix. Ce genre de « happening », chez nous, on l'appelle modestement « prendre le frais ». De ces nuits de Fontvieille, plus belles que vos jours, j'en ai savouré plus de mille. Et je compte en savourer plus de mille encore. Et plus de dix mille, si le Bon Dieu me prête vie. J'aimerais tant les vivre avec vous jusqu'à la fin des siècles.

  • Avant de se retrouver en prison, Aymar Bude de Fontségugne a eu le temps de passer un Doctorat en droit. Ses études juridiques, en lui faisant apparaître à quel point la Justice n'est pas égale pour tout le monde, ont achevé de le brouiller avec sa classe d'origine. C'est aux Baumettes qu'il rencontre César-Auguste, petit voyou marseillais, fils du dernier guillotiné de France, un exemple dont il veut être digne. Entre le bourgeois dévoyé et le jeune truand va naître une étrange complicité. Aymar lui fait découvrir la littérature, ce monde fictif où tout est permis, puis l'informatique et son univers virtuel... En sortant de prison, César-Auguste devient un auteur à succès, en appliquant les recettes découvertes dans ses lectures. Mais le milieu littéraire - plus pervers à ses yeux que le Milieu tout court - le dégoûte, et il s'enfuit loin de tout. Quand il revient, rappelé par son vieil ami Aymar, c'est pour s'apercevoir que son dernier livre fait un triomphe. On voit César-Auguste partout, donnant des interviews à la télévision, s'étalant à la Une des journaux... Le seul problème, c'est qu'il n'a pas donné ces interviews... Et qu'il n'a pas écrit ce livre.

  • « Il m'a fallu cinquante ans pour me fabriquer cette cuirasse, à l'abri de laquelle s'est reconstituée ma bienveillance originelle... Nourri à l'os de seiche, j'ai découvert à quel point j'étais reconnaissant à mes victimes d'avoir alimenté ma tendresse. De temps en temps, il m'arrive de penser que cette alimentation m'a desséché, alors que je lui dois toute mon indulgence. Regarder les gens et les choses avec des jumelles impertinentes, les rapetisse, mais redonne à celui qui les tient le goût des vastes perspectives et des grands personnages. Par la même occasion, une envie de descendre « au plus profond, là où l'ironie n'atteint pas ». Le moment n'est pas tout à fait venu. Ma cure de dérision n'est pas encore achevée. J'ai besoin de vous, mes petites têtes de Turc adorées, pour retrouver mon innocence. Pardonnez-moi, mes chéris, de me servir de vous, et même d'abuser de votre faiblesse, pour reconquérir un peu de ma vigueur. Jusqu'à présent, je vous ai ménagés. Cela ne m'arrivera plus. »

  • « Il m'a fallu cinquante ans pour me fabriquer cette cuirasse, à l'abri de laquelle s'est reconstituée ma bienveillance originelle... Nourri à l'os de seiche, j'ai découvert à quel point j'étais reconnaissant à mes victimes d'avoir alimenté ma tendresse. De temps en temps, il m'arrive de penser que cette alimentation m'a desséché, alors que je lui dois toute mon indulgence. Regarder les gens et les choses avec des jumelles impertinentes, les rapetisse, mais redonne à celui qui les tient le goût des vastes perspectives et des grands personnages. Par la même occasion, une envie de descendre « au plus profond, là où l'ironie n'atteint pas ». Le moment n'est pas tout à fait venu. Ma cure de dérision n'est pas encore achevée. J'ai besoin de vous, mes petites têtes de Turc adorées, pour retrouver mon innocence. Pardonnez-moi, mes chéris, de me servir de vous, et même d'abuser de votre faiblesse, pour reconquérir un peu de ma vigueur. Jusqu'à présent, je vous ai ménagés. Cela ne m'arrivera plus. »

  • Avant de se retrouver en prison, Aymar Bude de Fontségugne a eu le temps de passer un Doctorat en droit. Ses études juridiques, en lui faisant apparaître à quel point la Justice n'est pas égale pour tout le monde, ont achevé de le brouiller avec sa classe d'origine. C'est aux Baumettes qu'il rencontre César-Auguste, petit voyou marseillais, fils du dernier guillotiné de France, un exemple dont il veut être digne. Entre le bourgeois dévoyé et le jeune truand va naître une étrange complicité. Aymar lui fait découvrir la littérature, ce monde fictif où tout est permis, puis l'informatique et son univers virtuel... En sortant de prison, César-Auguste devient un auteur à succès, en appliquant les recettes découvertes dans ses lectures. Mais le milieu littéraire - plus pervers à ses yeux que le Milieu tout court - le dégoûte, et il s'enfuit loin de tout. Quand il revient, rappelé par son vieil ami Aymar, c'est pour s'apercevoir que son dernier livre fait un triomphe. On voit César-Auguste partout, donnant des interviews à la télévision, s'étalant à la Une des journaux... Le seul problème, c'est qu'il n'a pas donné ces interviews... Et qu'il n'a pas écrit ce livre.

  • Les « Nouvelles aventures de Marius et Olive » vous ont-elles amusé ? Un peu, beaucoup, passionnément ? N'hésitez pas à nous le faire savoir... Car nous n'avons pas d'autre ambition que de vous distraire, que de vous faire oublier - pendant quelques heures - vos ennuis quotidiens. Nous espérons y avoir réussi. Donc, nous allons continuer. Marius et Olive ont eu un destin hors série : ils ont été Robinsons, chercheurs d'or, députés, milliardaires, clochards, journalistes, vedettes de cinéma, détectives. Ils ont traîné leur bonne humeur et leur sens de l'humour sous toutes les latitudes. Nous vous emmènerons, à leur suite, partout où ils sont allés. Pour le prochain livre, nous ne quitterons pas la France, mais nous quitterons Marseille. Nous irons à Lyon, la patrie de Pétrus et de Monsieur Brun. De la confrontation entre l'âme lyonnaise, mystérieuse et compliquée, et l'âme marseillaise, claire et joyeuse, jaillira, nous en sommes sûrs, une cascade d'aventures joyeuses auxquelles ces trois grands de l'humour : Marcel-Étienne Grancher, Yvan Audouard et Soro, vous convient en copains.

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