• Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire, de Virginie Gautier, est le long poème d'une ville traversée qui serait toutes les villes ensemble : métamorphoses d'un monde flottant dont il s'agit de repérer les traces d'ombres. Que le tunnel dont il est question dans le livre soit celui du métro, celui qu'empruntent les « clandestins » pour traverser la Manche, ou la grotte dans laquelle nos « ancêtres » ont dessiné leurs premiers repères, il est surtout le lieu de confluences entre le dessous et le dessus de toute ville. Entre les mémoires accumulées, inscrites, gravées, recouvertes, effacées presque, disparues, retrouvées et l'élan vers ailleurs, vers autre chose à venir qui doit se délester du passé. Lieu mouvant où les déplacements créent une identité toujours fuyante. « On dit je suis d'ici. On est d'un autre temps, qui échappe. Autant dire d'ailleurs, autant dire de plus jamais. » Avec ce titre, se poursuit une nouvelle série de la collection L'Inadvertance, déjà amorcée par Ma mère est lamentable de Julien Boutonnier. Chaque ouvrage comprend un texte, des images fixes, des fichiers sonores et des vidéos courtes ainsi que des liens.
    Deux versions disponibles : l'une enrichie, et l'autre interopérable qui comporte des liens vers les morceaux audio et vidéo hébergés sur notre site.

  • Vous souvenez-vous de Dire I/II de Danielle Collobert ? Ou peut-être ne connaissez-vous pas ce texte paru fin des années 70, et les plus de 20 ans qu'il a fallu attendre après la mort qu'elle s'est donnée, le jour de ses 40 ans, en 1978 donc, Collobert, pour être rééditée en 2 tomes chez POL...
    Dire I/II c'est l'alternance de 2 voix, homme, femme, peu importe, les paragraphes passent de l'un à l'autre, et superposent une déambulation dans Venise et ses ruines, son eau morte, à un retour, et pareille déambulation, dans un village de Bretagne, à bout de mer. Le chemin, les images, les intérieurs aperçus, l'histoire même, tout cela suffit à en faire une expérience majeure : la littérature se joue dans notre rapport au monde, et peut se dire tout entière dans la simple façon d'appréhender les choses extérieures - il suffit de cela, une précision, un tu, un appel.... Pour Collobert, l'appel n'a pas été entendu, pas assez tôt.
    De Bretagne aussi, une route qui s'en va de Saint-Brévin à la Turballe, mais dans cette même déambulation, ici fondée sur le Domaine d'Arnheim d'Edgar Poe, nous est venue La Presqu'île de Julien Gracq...
    C'est dans la magie propre à ses deux textes qu'immédiatement m'a pris ce Les Sédiments de Virginie Gautier.
    Ce qu'il y a de bien, à mesure que se développe un site comme celui-ci, c'est qu'on peut ne rien savoir plus, d'un auteur, que le CV standard joint à l'envoi. On apprend qu'il y a eu l'école des Beaux-Arts de Rennes, qu'il y a toujours une intervention de plasticienne, incluant des performances et des sculptures, mais aussi une réflexion sur le paysage, avec des sculptures in situ, à Morlaix, ou sur le littoral des Côtes d'Armor.
    On y apprend aussi que Virgine Gautier est depuis 5 ans enseignante d'Arts Plastiques dans un collège de Seine Saint-Denis : je sais ce que je dois moi-même à cette confrontation, et comment cela peut démultiplier ce qu'on demande à la langue.
    Dans ces Sédiments, le lieu est prégnant, mais toujours pris dans une cinétique, une approche, une relation. On traverse, on longe, on cherche, on contourne : extraordinaire travail sur les verbes de mouvements. Et c'est ainsi qu'on extorque aux choses, aux murs, maisons, rues, perspectives, leur empreinte rilkéenne : ce qui en fait poésie.
    C'est une réflexion sur ville, périphérie, solitude, avec des phrases nominales, un poids énorme demandé à la grammaire, et la totalité de ses outils, pour qu'elle devienne invisible.

    FB

    Merci à Sarah Cillaire et Fred Griot pour le travail d'édition et maquette.

  • Paysage augmenté #1

    Virginie Gautier


    Quelque chose s'écarte,
    dans le paysage,
    quand nous avançons.
    Dans ce roman d'anticipation poétique, Mathilde Roux réalise des collages cartographiques incrustés de mots et Virginie Gautier arpente ce territoire avec les siens. Ensemble, elles réalisent, dans la confrontation du paysage aux interprétations de la carte, un récit à la jonction des univers, des genres et des esthétiques. Au fil des apparitions ou disparitions des terres et des signes qui se (re)composent, le tout emmêlé dans la texture du plan, se noue alors un dialogue qui ne cesse de pressentir les pires tumultes des époques futures.



    Le travail de Mathilde Roux et Virginie Gautier est un départ en forme d'écart. Écart (...) avec la cartographie conventionnelle. Tournant les pages de ce livre, on ne peut qu'être frappés par les échos multiples d'une littérature qui a rompu les amarres avec les rivages d'un monde trop connu, trop cartographié : René Daumal et Alain Damasio sont là à n'en pas douter, comme en embuscade. Il y a en effet dans ces lignes tracées et ces cartes façon commune avec la géographie paradoxale du Mont analogue, avec celle, antipodique cette fois, de La Horde du contrevent. Sans compter qu'un Henry David Thoreau doit sans doute arpenter des grèves voisines. - Postface d'Alexandre Chollier.

  • La composition au CAPES d'espagnol ; le tout-en-un ; méthodologie et analyse des 4 oeuvres Nouv.

    Pensé par des enseignants rompus aux exigences des concours à partir des interrogations formulées par leurs propres étudiants, cet ouvrage est un outil précieux pour vous préparer à l'épreuve redoutable de la composition au CAPES d'espagnol.
    Il réunit quatre études détaillées rédigées par des spécialistes reconnus de chacun des artistes et centrées sur les  cinq axes  et thèmes du concours. Ce livre propose ainsi des modèles de réflexion richement référencés et clairement structurés, qui se révèleront très fructueux lorsque, le jour J, ce sera à vous de produire votre propre argumentation...
    Ce manuel vous permettra d'organiser avec efficacité votre travail et vos révisions, et de mettre ainsi toutes les chances de votre côté pour franchir en toute confiance l'épreuve d'admissibilité.
    /> Une préparation complète pour maîtriser les thèmes du concours et connaître en profondeur les quatre oeuvres :
    -  Emilia Pardo Bazán
    La Tribuna, España, 1883
    - Julio Cortázar
    Rayuela, Argentina, 1963
    + 2 à venir

  • Tout en attendre. Ne rien espérer. Aller à sa rencontre comme si on tombait amoureux.

    Qu'est-ce qu'un oloé ? Un lieu quelque part où lire ou écrire ? Un état d'esprit ? Une idée, un rêve, une envie ? Un livre, pour commencer.
    Dans ce livre, Anne Savelli interroge à la fois ses propres pratiques créatives (comment se consacrer à la littérature quand on est perpétuellement en mouvement ? ) et la possibilité de faire de l'écriture, domaine de la solitude par excellence, un territoire du commun.
    À qui sommes-nous reliés quand nous lisons ? Comment n'écrit-on jamais seul quand on écrit ? Reflet de la diversité qui l'a inspiré, le néologisme "oloé" est passé dans notre langage courant. Il est utilisé par tous : des auteurs invités dans cette nouvelle édition à s'approprier le concept aux lecteurs qui pourront, grâce à plusieurs propositions d'écriture façon "atelier", prolonger l'expérience pour que chacun puisse écrire, à son tour, dans l'énergie des oloés. Élastique, forcément.

    Avec la participation de Thierry Beinstingel, Pierre Cohen-Hadria, Virginie Gautier, Maryse Hache, Olivier Hodasava, Christine Jeanney, Pierre Ménard, Juliette Mézenc, Franck Queyraud, Joachim Séné et Lucien Suel.

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