• La France de 1870 à 1914 entame un temps de la politique qui se confond largement avec la République. Après une première décennie marquée par la guerre étrangère et intérieure, la domination des monarchistes et des combats pour la liberté, celle-ci s'affirme comme une possibilité de démocratiser le pouvoir et la société. La dynamique politique qui s'instaure à partir de 1878 dans la jeune IIIe République ne se limite pas en effet à la vie des institutions, à la pratique gouvernementale ou à l'exercice du suffrage. Des questions nouvelles sont posées aux Français qui s'en emparent et imaginent leur République. Les ambiguïtés des républicains n'en demeurent pas moins fortes comme le montre la tentation de répression des mouvements sociaux, des avant-gardes intellectuelles ou des luttes civiques. Les oppositions nationalistes et même antisémites, restent elles aussi toujours vives et menacent à plusieurs reprises, comme durant la crise boulangiste et pendant l'affaire Dreyfus, ce processus fondamental de démocratisation qui irrigue une société, un pays, des univers, et que restituent discours, articles et oeuvres d'art. La République imaginée raconte et explique ce moment politique de la France qui, par sa richesse, sa profondeur et sa complexité, constitue un volet essentiel de la France contemporaine et de sa modernité sociale autant que culturelle.Bornée pourtant à l'origine par la guerre de 1870 et la Commune et à la fin par le conflit européen déclenché en 1914, la France de 1870 à 1914 est parvenue à s'extraire de ces engrenages, inaugurant une « Belle Époque » qu'avait préparée une riche « fin de siècle ». L'ouverture au monde - que ne résumait pas une colonisation impériale et destructrice - l'expérience politique, les engagements démocratiques, les expériences sociales, la découverte des espaces et des temps fondent une histoire à écrire et décrire ici. Elle est constitutive du présent et de l'avenir.

  • En 1994, la première parution de ce livre avait été saluée par la critique et les lecteurs, et traduite en plusieurs langues. Sa réédition de 2006 fut augmentée d'un nouveau chapitre final et connut le même succès. Cette quatrième édition actualise de nombreuses données et propose de nouvelles analyses de l'événement et de l'histoire qui en est faite.
    Le 22 décembre 1894, un procès d'État condamne un capitaine juif, alsacien, innocent de toute charge, pour crime de " haute trahison " (en faveur de l'Allemagne). S'ouvre, deux ans plus tard, une crise majeure de la République. Le régime est menacé par l'effondrement de la justice, l'impunité de l'armée, la violence des nationalistes, la peur des républicains. Mais l'engagement pour Dreyfus, la défense des droits de l'homme et du citoyen, la lutte contre l'antisémitisme et le nationalisme entraînent un sursaut civique de la société. Le 12 juillet 1906, un arrêt solennel de la Cour de cassation réhabilite l'officier. L'Affaire inaugure un âge démocratique porté par l'engagement des intellectuels, les expériences dreyfusistes, la reconnaissance de nouvelles libertés comme celles d'association et de conscience (au fondement de la laïcité), la solidarité pour les opprimés de par le monde. Ces mutations si décisives pour la Belle Époque demeurent d'actualité, face à la raison d'État, au viol de la justice et à l'abandon des persécutés. Pour retrouver le sens des valeurs dans des sociétés traversées par le racisme, l'antisémitisme et les passions identitaires ?

  • « Êtes-vous un intellectuel de gauche ?
    -  Je ne suis pas sûr d'être un intellectuel... Quant au reste, je suis pour la gauche, malgré moi et malgré elle. »
    (Entretien du 14 décembre 1959, Albert Camus avec François Meyer, université d'Aix en Provence.)
    Albert Camus est mort dans un accident de voiture le 4 janvier 1960. Il y a tout juste 60 ans. Il a été de son vivant méprisé, haï même, pour avoir combattu tous les totalitarismes, pour avoir défendu une position réconciliatrice face à la guerre d'Algérie, pour avoir écrit L'Homme révolté. Il s'est tenu dans une position morale face à l'histoire tout en demeurant un homme de théâtre et un romancier exigeant.
    Aujourd'hui il est reconnu, célébré souvent, toujours discuté pour sa solidarité en faveur de ses soeurs et frères algériens et sa critique permanente d'une gauche complaisante avec la violence d'État. Personnalité complexe et entière, Camus n'a pas transigé sur l'essentiel, le choix de la liberté et le devoir de vérité, lui imposant alors l'épreuve de la solitude et l'incompréhension de ses contemporains, ne comptant plus que sur le soutien de ses amis et celui des femmes qu'il aimait.
    Pour mieux comprendre Camus, Vincent Duclert ouvre des archives familiales, notamment le récit de la toute dernière intervention publique de Camus (citée ici) qu'a menée son propre grand-oncle, François Meyer. Vincent Duclert revisite enfin les pays dont Camus a su donner une âme autant qu'un destin, celui de la liberté, de la vérité et du courage. Fondé sur la relecture de ses écrits notamment politiques, ce livre se veut hommage réfléchi à une pensée française autant qu'internationale, qui demeure de notre temps.

  • L'étranger est notre voisin, notre enseignant ou notre collègue de travail. Nous avons des amis qui parlent une autre langue, des amours qui viennent d'ailleurs, des rencontres avec l'Autre qui ont marqué nos vies. Mais dans les périodes les plus sombres de l'Histoire, l'étranger cristallise les haines et les peurs. Exilés, indigènes, Juifs, réfugiés, rares sont les peuples qui n'ont pas été qualifiés d'« étrangers ». Quel statut, quel accueil, la France leur a-t-elle accordé ? Comment sont-ils perçus depuis les premiers mythes jusqu'à nos jours ?
    D'Homère à Jacques Prévert, d'Aristote à Hannah Arendt, d'Émile Zola à Albert Camus, les textes (poèmes, discours politiques, extraits de romans, textes de lois...) de cette anthologie inédite, réunis et présentés par l'historien Vincent Duclert, retracent l'histoire de cette notion pour mieux en comprendre les enjeux au xxie siècle.

  • En réponse au communiqué du ministère de la Culture du 12 septembre 2010 précisant les axes du futur établissement devant faire office de musée central pour l´histoire de France, fédérant neuf musées nationaux d´histoire à caractère spécialisé, Isabelle Backouche et Vincent Duclert ont pris l´initiative de constituer, le 20 octobre 2010, un groupe de travail indépendant afin de dénoncer le projet présidentiel et de proposer un contre-projet historien. Reprenant les expériences des différents acteurs (historiens, conservateurs, archivistes, etc.), ce rapport, avant tout constructif, vise à fédérer autour de lui un large mouvement d´opinion.

  • L'avenir de l'histoire

    Vincent Duclert

    Pourquoi faire de l'histoire ? Quelle est la place de cette discipline dans le monde contemporain ? Qu'apporte-t-elle de spécifique dans la réflexion sur les sociétés, la politique et la culture ? L'historien peut-il accepter que le politique légifère sur des terrains qu'il veut garder libres pour la recherche et où la vérité n'est jamais aussi simple et unvique quene l'imagine le politiquement correct du moment ? Solidement argumenté, illustré de nombreuses réféences à ces cas cocnrets, cet essai d'un des historiens les plus en vue de la génération montante défend avec brio la fonction critique de l'histoire et montrer quels sont les grands chantiers que doti aujourd'hui affronter la discipline. 

  • Des milliers de livres existent sur l'affaire à laquelle Alfred Dreyfus a donné son nom, mais nul n'a jamais écrit sa biographie. Curieuse, troublante lacune... Ne fallait-il pas montrer le rôle éminent que cette figure ignorée, déformée (quasi niée jusque chez une partie des dreyfusards), a joué dans le combat pour la vérité et la justice ? Certes Lazare, Zola, Péguy, Jaurès, Clemenceau et d'autres ont été nécessaires, mais sans le concours actif du principal intéressé (et de sa famille), y aurait-il eu seulement une affaire ? Un condamné qui se fût abandonné, qui eût capitulé devant la souffrance morale et physique, qui se fût résigné à l'injustice, qui eût cru qu'il suffisait de se draper de son innocence eût forcément échoué devant l'acharnement, la duplicité, la perversité d'adversaires déterminés à perdre un juif, un intellectuel, un officier qui s'était voulu le parangon des cadres dont une armée rénovée aurait besoin en cette aube du XXe siècle.

    C'est Dreyfus et nul autre qui a rendu possible le combat pour la justice, il s'en est fait un devoir et un honneur. Le devoir de l'histoire consiste à le sortir de l'oubli et du mensonge pour révéler l'homme, ses actes et son patriotisme. C'est aussi un devoir de justice.

  • Le colonel Emile Mayer est un personnage peu connu du grand public, mais son rôle dans l'histoire de France est essentiel.Capitaine à 28 ans, il est passionné par la stratégie militaire, prend parti pour Dreyfus et est exclu de l'armée. Rendu à

  • En 1915, un événement - l´extermination des Arméniens ottomans - fait basculer le monde dans l´ère des tyrannies et des crimes de masse. Le traité de Lausanne signé avec la Turquie, huit ans plus tard, scelle la disparition de l´Arménie plurimillénaire, à l´exception de la Petite République des régions russes, soumise à la terreur stalinienne. Parmi les Alliés, la France porte une lourde responsabilité dans le premier génocide du XXe siècle et l´abandon des survivants.
    Critiques d´une telle politique impériale, des savants, des écrivains, des intellectuels, des parlementaires et diplomates français, des hommes de foi, rejoints par leurs homologues belges et suisses, choisissent de défendre un devoir d´humanité. Dès la fin du XIXe siècle, ils s´engagent contre l´injustice des grands massacres qui se répètent dans l´Empire ottoman. À la suite de Séverine, Jaurès ou Anatole France, une majorité de dreyfusards se mobilisent. La solidarité devient une cause morale et politique majeure, débouchant sur la formation d´un large « parti arménophile ».
    Dans cette étude passionnante, Vincent Duclert révèle l´histoire française de ce génocide tombé dans l´oubli. Il faudra attendre le 29 janvier 2001 pour que le Parlement, retrouvant la mémoire de ses engagements pour les Arméniens, adopte une loi de reconnaissance, tandis qu´intellectuels et historiens réinvestissent le champ de la connaissance du premier génocide.
    Historien à l´École des hautes études en sciences sociales (CESPRA), Vincent Duclert est venu à l´étude du génocide des Arméniens par l´affaire Dreyfus, Jean Jaurès et la recherche sur les engagements démocratiques dont il est l´un des spécialistes.

  • Depuis le choc du 21 avril 2002, la gauche en général et les socialistes en particulier s'avèrent de moins en moins capables d'exister politiquement. En témoignent aujourd'hui leur impuissance face au pouvoir de Nicolas Sarkozy et leur désarroi devant la

  • Le capitaine Alfred Dreyfus fut réhabilité le 12 juillet 1906 par un arrêt de la Cour de cassation. Cet acte solennel et officiel détruisait l'accusation de " haute trahison ", attestée par deux conseils de guerre, du brillant officier juif, intellectuel et moderniste, dont il proclamait la pleine et entière innocence.
    Tout au long d'un combat de plus de douze ans, combat finalement victorieux contre le nationalisme, l'antisémitisme et la raison d'État, où le régime républicain et la société française durent admettre la primauté des valeurs de justice et de vérité, l'Ecole normale supérieure joua un rôle décisif qui marqua profondément l'institution, ses élèves, ses enseignants et, au-delà, l'ensemble du monde intellectuel et scientifique. Parmi ces normaliens, dreyfusards de la première heure - Lucien Lévy-Bruhl, Salomon Reinach, Alexandre Bertrand, Paul Appell -, il faut rappeler avec force le rôle de Lucien Herr, socialiste, germaniste et philosophe, directeur de la Bibliothèque des lettres de la rue d'Ulm. Sa conviction précoce puis son engagement total furent déterminants, à la fois pour lancer le mouvement dreyfusard à partir de janvier 1898 et pour mobiliser toute la communauté normalienne.
    Cette mobilisation inaugura des pratiques collectives ou individuelles, analytiques ou critiques, brèves ou déployées, bref un ensemble de postures et de procédures qui constituèrent ce qui fut appelé le mouvement des " intellectuels " au cours de l'affaire Dreyfus. Peu nombreux, les antidreyfusards de l'Ecole furent emmenés par des conservateurs catholiques, tels les académiciens Jules Lemaître ou Ferdinand Brunetière. Naquirent alors des débats passionnants et victorieux sur la légitimité du rôle du chercheur dans la cité et le devoir de connaissance dans l'engagement.

  • Depuis cent ans, son image a alterné entre le socialiste, le pacifiste, le républicain, le parlementaire, l'intellectuel, l'Occitan... Sa renommée se fonde sur des actes puissants, depuis la défense des ouvriers de Carmaux en grève dans les années 1880 jusqu'à sa lutte pacifiste, sans oublier la fondation de l'Humanité et son pouvoir à l'Assemblée.
    Assassiné le 31 juillet 1914 à la veille d'une Première Guerre mondiale qu'il combattait avec ses dernières forces, Jean Jaurès a marqué ses contemporains d'une empreinte sans équivalent. Ni monarque ni chef d'État, ni héros militaire ni prophète religieux, il a incarné de son vivant le tribun obstiné des luttes sociales, des engagements politiques et des fidélités intellectuelles. C'est dans sa vérité historique que Vincent Duclert restitue l'homme, alors que Jaurès posthume continue d'éveiller les sociétés à leur devoir de solidarité, de vérité et de justice.

  • Au coeur de la mémoire nationale et des trajectoires individuelles, les archives en France ne sont pas seulement un symbole. Le terme désigne en effet les millions de documents produits ou reçus par les administrations, les entreprises, les associations, les individus, mais aussi les services publics et privés qui les collectent, les conservent et les communiquent, ainsi que les dépôts et les salles de lecture.
    Les archives sont à la source de l'histoire et sont mobilisées par les sciences sociales, autant qu'elles restituent les activités des administrations, des associations, des entreprises... L'exigence actuelle de transparence publique, la recrudescence des conflits mémoriels placent aujourd'hui archivistes, généalogistes, historiens et citoyens devant des enjeux considérables, proprement politiques et de portée internationale.
    Cet ouvrage se propose de guider le lecteur à travers cet univers mal connu en présentant les transformations de la législation, les mutations institutionnelles des services de conservation et de communication, les défis nouveaux des usages des archives et de l'entrée dans l'ère du document numérique.

  • Le 22 décembre 1894, un procès d'État condamne un capitaine juif, alsacien, innocent de toute charge, pour crime de « haute trahison » (en faveur de l'Allemagne). S'ouvre, deux ans plus tard, une crise majeure de la République. Mais l'engagement pour Dreyfus, la défense des droits de l'homme et du citoyen, la lutte contre l'antisémitisme et le nationalisme entraînent un sursaut civique de la société. Le 12 juillet 1906, un arrêt solennel de la Cour de cassation réhabilite l'officier. L'Affaire inaugure un âge démocratique porté par l'engagement des intellectuels, la reconnaissance de nouvelles libertés, la solidarité pour les opprimés de par le monde.
    Vincent Duclert, historien de la France contemporaine, professeur à Sciences Po, signe une synthèse sur l'affaire Dreyfus remarquable de rigueur et de clarté.
    Un texte indispensable pour comprendre ces mutations si décisives pour la Belle Époque, et qui, 120 ans plus tard, demeurent d'actualité face à la raison d'État, au viol de la justice et à l'abandon des persécutés.
    © et (P) Audiolib
    © Éditions La Découverte, 1994, 2006, 2012, 2018
    Durée : 6h16

  • Jean Jaurès

    ,

    • Fayard
    • 5 Février 2014

    Figure majeure de l´histoire française et européenne, personnage central de la République et du socialisme, premier mort de la Grande Guerre par son assassinat le 31 juillet 1914, héros du Panthéon depuis 1924, Jean Jaurès (1859-1914) ne bénéficie pourtant pas d´une biographie à la hauteur de sa place dans l´histoire contemporaine. C´est chose faite aujourd´hui avec l´ouvrage des historiens Gilles Candar et Vincent Duclert, qui orchestre les sources les plus vastes tout en restituant les acquis les plus récents de la recherche.
    Se dessine un portrait passionnant de ce brillant normalien, philosophe, professeur, plus jeune député de France, grand orateur et journaliste pénétrant, patriote internationaliste, fondateur du socialisme démocratique, aux avant-postes de la République. Son attention constante à la question sociale l´amène à s´engager dans de très nombreuses luttes ouvrières, paysannes, syndicales, intellectuelles. Ses écrits innombrables témoignent de ce choix de la justice et de la cause de l´humanité.
    Ce livre défend une interprétation de l´homme et de son action dans l´étude du combat politique, intellectuel et moral qui entraîna Jaurès tout au long de son existence, et même par-delà sa mort puisque sa mémoire continue d´agir puissamment sur les représentations contemporaines. Jaurès est un symbole pour les sociétés, un emblème à gauche, parfois disputé à droite, une icône aussi pour des générations de militants, un objet d´étude enfin, sans cesse renouvelé.Professeur de chaire supérieure au lycée Montesquieu (Le Mans), président de la Société d´études jaurésiennes, Gilles Candar anime chez Fayard la parution des OEuvres de Jean Jaurès. Chercheur et enseignant à l'École des hautes études en sciences sociales, inspecteur général de l´Éducation nationale, Vincent Duclert a publié une biographie remarqué d´Alfred Dreyfus (Fayard, 2006).

  • Le génocide des Arméniens. Un siècle de recherche (1915-2015) est publié à l´occasion de la tenue à Paris, du 25 au 28 mars 2015, du colloque international « Le génocide des Arméniens de l´Empire ottoman dans la Grande Guerre. 1915-2015 : cent ans de recherche ». Il réunit les contributions scientifiques présentées à la Sorbonne, au Mémorial de la Shoah, à l´École des hautes études en sciences sociales et à la Bibliothèque nationale de France. Ce colloque introduit par le président de la République est organisé par le Conseil scientifique international pour l´étude du génocide des Arméniens (CSI), avec le soutien de la Mission du centenaire 2015 et de nombreuses institutions savantes.  Un siècle après le déclenchement à Constantinople, le 24 avril 1915, de l´extermination des Arméniens ottomans par l´État unioniste, la recherche internationale démontre par cette publication l´étendue de la connaissance scientifique sur le premier génocide contemporain. Cet ouvrage s´inscrit dans le mouvement des études sur les génocides, en plein développement en France comme dans le monde. Le centenaire de 1915 marque un tournant dans la résonnance publique des savoirs scientifiques les plus élevés et l´affirmation d´une conscience internationale de prévention des génocides.
    Annette Becker est professeur d´histoire contemporaine à l´université Paris-Ouest Nanterre-La Défense, membre du comité scientifique du Mémorial de la Shoah et membre de l´Institut universitaire de France.Hamit Bozarslan est directeur d´études à l´École des hautes études en sciences sociales (EHESS).Vincent Duclert est historien, enseignant-chercheur au Centre d´études sociologiques et politiques Raymond Aron (EHESS).Raymond Kévorkian est directeur émérite de recherche à l´Institut français de géopolitique, Université de Paris VIII.Gaïdz Minassian est docteur en sciences politiques, enseignant à Sciences Po Paris et chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique.Claire Mouradian est directrice de recherche au CNRS.Mikaël Nichanian est conservateur à  la bibliothèque nationale.Yves Ternon est historien et membre du conseil scientifique du Mémorial de la Shoah, président du Conseil scientifique international pour l´étude du génocide des Arméniens.Satenig Toufanian est secrétaire scientifique du Conseil scientifique international pour l´étude du génocide des Arméniens.

  • Cet ouvrage expose l´histoire d´un événement fondateur de la modernité contemporaine à l´échelle française comme internationale, l´affaire Dreyfus. Pour justifier de cette dimension fondatrice, les auteurs des différents chapitres, spécialistes du sujet et de ces problématiques, ont étudié l´Affaire sous tous ses plans, du point de vue de son histoire entre 1894 et 1906 comme de sa postérité sur le long XXe siècle et ses trois anniversaires de 1994, 1998 et 2006 ; du point de vue de ses conséquences politiques majeures comme de ses implications intellectuelles, culturelles et sociales décisives pour la France et le monde.  Le récit des historiens repose ici sur une volonté permanente et dynamique de penser en même temps la factualité de l´événement et son ombre portée sur le monde contemporain.  Au-delà de l´affaire Dreyfus, c´est bien la catégorie même de « l´événement fondateur » qui est approchée ici dans un ouvrage qui se veut inaugural d´une série dédiée à cet objet historique au sein de la collection « U ». 

  • Ce recueil inédit mêle lettres de civils, textes d'écrivains ou d'historiens, discours d'hommes politiques et chansons contemporaines, de Zola à Polnareff en passant par Hugo, Josephine Baker, Simone Veil, etc. Autant de femmes et d'hommes qui ont fait vivre à travers leurs mots les idéaux de liberté, d'égalité, de fraternité, dont le rayonnement devient  la cible des fanatiques. Au fil de ces textes, le livre rejoue les grands moments de la France, ses combats pour la liberté, ses heures sombres de guerre et d'obscurantisme, ses défis relevés depuis toujours. Hommage à la France, mais aussi réflexion sur l'appartenance à la nation et clé de lecture du monde contemporain, cet ouvrage est autant destiné aux lecteurs de tous âges qu'aux enseignants à la recherche de textes fondamentaux sur lesquels appuyer leur dialogue avec les nouvelles générations.

  • Jeune militante de la CIMADE durant la Seconde Guerre mondiale pour l´aide aux persécutés, première femme consacrée pasteur de l´Église réformée de France, Élisabeth Schmidt (1908-1986) rejoint le 2 octobre 1958 la paroisse de Blida-Médéa, aux confins de la riche plaine de la Mitidja et des plateaux du Tell. Son ministère va s´exercer en pleine guerre qui ne dit pas son nom. L´arrivée au pouvoir du général de Gaulle n´a pas encore modifié son cours. Elle s´intensifie même avant de basculer dans une guerre dans la guerre, la lutte sanglante opposant les partisans de l´Algérie française et les autorités de la République imposant l´indépendance algérienne. Élisabeth Schmidt fait bien plus qu´observer le drame des communautés en guerre et le quotidien de la misère, de la terreur et de la mort. Métropolitaine vivant en Algérie, elle ressent l´attachement des Européens à une terre qui a été bien souvent synonyme pour eux de nouveau monde. Elle comprend en même temps la nécessité de l´indépendance que l´intransigeance des colons rend plus inévitable que jamais. Femme d´église mais aussi intellectuelle proche des idées de Germaine Tillion ou d´Albert Camus, elle s´emploie à maintenir des relations entre des communautés en guerre. En vain. L´abandon dont elle ressent si douloureusement la tristesse n´est pas celui d´une terre que des Français croyaient la leur, mais fondamentalement celui d´une possible réconciliation entre des peuples déchirés. À l´automne 1962, Élisabeth Schmidt décide de poursuivre l´aventure. Elle devient enseignante dans un lycée de l´Algérie indépendante. Mais elle est devenue une étrangère. Elle doit abandonner ses espoirs de justice fraternelle. Ne lui restent que sa mémoire et l´écriture.  Ce témoignage d´un « temps de malheur », publié pour la première fois en 1976, fait ici l´objet d´une édition critique et d´apports documentaires inédits. Pour comprendre l´Algérie coloniale, la guerre d´Algérie, les premiers temps de l´Indépendance, le rôle du protestantisme, ces Souvenirs constituent un éclairage exceptionnel, au plus près de la tragédie mais dans une écriture de la distance et de la compréhension qui est d´une indéniable modernité. Témoignage sur un passé jamais refermé, le livre d´Élisabeth Schmidt porte une pensée pour l´avenir.  Historienne du protestantisme, Gabrielle CADIER est maître de conférences honoraire à l´université de Paris IV Sorbonne.  Historien de la politique, Vincent DUCLERT est professeur agrégé à l´École des hautes études en sciences sociales.

  • À partir d'une quarantaine de contributions de chercheurs (historiens, juristes, politistes), cet ouvrage aborde un volet indispensable à la connaissance des serviteurs de l'État au cours d'une période fondamentale de l'histoire de la France contemporaine. Par-delà les deux crises majeures que sont l'affaire Dreyfus et l'Occupation, on y trouvera à la fois une analyse de la machinerie de l'État et une étude des représentations que se font les fonctionnaires de leur place dans l'État, la société, la nation.

  • Acteur du Bloc des gauches, majoritaire à la Chambre des députés, et auquel appartient son parti socialiste français, Jaurès est confronté de près à l'exercice du pouvoir. Vice-président de la Chambre en 1903, il anime la délégation des gauches et fait figure de grand orateur parlementaire de la majorité qui soutient la politique laïque, anticléricale et réformatrice du gouvernement Combes (1902-1905). Mais Jaurès ne se laisse pas enfermer dans la seule pratique politique, intérieure et internationale. Il relance l'affaire Dreyfus dans un grand discours à la Chambre en avril 1903 et publie quelques-uns de ses plus importants textes de réflexion historique et politique : le Discours à la jeunesse au lycée d'Albi en juillet 1903 et l'étude intitulée Le socialisme et le radicalisme en 1885, vaste enquête sur ses débuts en politique en préface à l'édition de ses Discours parlementaires en janvier 1904. Il participe ainsi pleinement aux grandes controverses du début du siècle sur la nature du socialisme français et international, notamment lors du congrès d'Amsterdam (août 1904). Gilles Candar est professeur d'histoire en classes préparatoires au lycée Montesquieu (Le Mans). Vincent Duclert est chercheur au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (École des Hautes Études en Sciences Sociales) et professeur associé à Sciences Po. Rémi Fabre est professeur émérite à l'université Paris-Est Créteil.

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