Sciences humaines & sociales

  • Y a-t-il une " juste taille " des villes et une " bonne échelle " des territoires de notre existence ? Les métropoles actuelles, lancées dans une extension sans limites, encombrées de gratte-ciel et de centres commerciaux, sont-elles la solution ? Faudra-t-il privilégier des villes plus petites ?

    Depuis Platon, avec sa cité idéale de 5040 foyers, jusqu'à Ivan Illich, nombre de philosophes et d'intellectuels se sont penchés sur ces questions de la taille des villes, de leur mesure. Au-delà des statistiques, c'est bien une question existentielle et politique qui se pose à chacun d'entre nous.

    Dans cet essai foisonnant, Thierry Paquot entrelace démographie, histoire, urbanisme, écologie et nous guide dans le labyrinthe des idées et des expérimentations : naissance et croissance des cités, utopies phalanstériennes de Fourier, garden-city d'Ebenezer Howard, shrinking cities américaines... Il nous initie aussi à la pensée de théoriciens souvent méconnus en France (Kohr, Schumacher, Bookchin, Bairoch, Magnaghi, Sale...), parmi lesquels les partisans du small is beautiful ou des biorégions.

    Périple intellectuel et bibliographique, cet ouvrage propose des pistes concrètes pour définir une urbanité nouvelle, libre, respectueuse des humains et du monde vivant, des temps et des territoires.

  • Issu du vocabulaire des peintres, le mot " paysage " a progressivement acquis d'autres sens selon les disciplines. Simultanément, il s'émancipe du seul regard pour se placer entre " environnement " et " nature ", quitte à provoquer quelques confusions... avec le rôle grandissant du paysagiste dans la fabrication de " paysages " aux côtés des architectes, designers, urbanistes, concepteurs lumière, écologues... Cet ouvrage offre un remarquable panorama de ce qui constitue le paysage d'aujourd'hui. Issu du vocabulaire des peintres, le mot " paysage " a progressivement conquis d'autres domaines et acquis d'autres sens selon les disciplines. Simultanément, il s'émancipe du seul regard pour devenir polysensoriel et se placer entre " environnement " et " nature ", quitte à provoquer quelques confusions... L'art des jardins, la création de parcs, la nécessité d'attribuer à la nature une place plus importante dans les villes et les territoires urbanisés confortent le rôle grandissant du paysagiste dans la fabrication de " paysages " aux côtés des agriculteurs, ingénieurs des infrastructures, architectes, designers, urbanistes, concepteurs lumière, écologues... Cet ouvrage, véritable état critique de la pensée en matière de " paysage ", examine aussi bien les paysages urbains que leur patrimonialisation, les transformations du sentiment de la nature que ses représentations. Il appelle à une " éthique paysagère " soucieuse des nouvelles exigences environnementales et conclut que le paysage s'apparente à un " don de sensations ", une poétique des écosystèmes.

  • En ce début de siècle, un constat s'impose : l'urbanisation est planétaire. Un standard de vie, plus ou moins homogène, se répand partout, avec son cortège de normes de consommation, de comportements types, de valeurs collectives et de pratiques individuelles qui déséquilibrent les écosystèmes.
    C'est cette révolution aux expressions paradoxales que Thierry Paquot explore ici sous ses multiples formes territoriales - bidonville, mégalopole, enclave résidentielle sécurisée, ville moyenne,
    global city, urbain diffus... L'auteur pointe les défis à relever : la " bonne " occupation des sols face à l'extension des zones urbaines et à la réduction des terres agricoles ; la " bonne " manière de se déplacer, dans un monde confronté à la pénurie probable de pétrole et à la multiplication des mobilités ordinaires (tourisme de masse, shopping, pratiques sportives...) ; la " bonne " façon d'assurer à tous un confort urbain minimal, en favorisant une décroissance raisonnée de certaines consommations ; la " bonne " gouvernance, qui exige l'invention de nouvelles pratiques démocratiques ; la " bonne " habitabilité entre soi et les autres.
    Seule une écologie existentielle respectueuse de la diversité culturelle, de l'éventail des croyances et des rites, de l'incroyable différence des temporalités qui régissent et animent la vie de tout
    homo urbanus peut assurer à tous un devenir urbain.

  • À l'occasion des 500 ans de la première publication d' Utopia, l'un des livres les plus célèbres de la pensée moderne, Thierry Paquot adresse plusieurs lettres à son auteur, l'humaniste Thomas More (1478-1535). Pourquoi une telle postérité ? Pourquoi son auteur l'a-t-il si peu mise en pratique ?, etc. Sur un ton amical et passionné, ce compagnon de route de toutes les utopies réanime les puissances d'une idée et les virtualités d'une oeuvre cinq fois centenaire. Mon cher Thomas, C'est inconscient de mon audace que j'ose m'adresser à toi, l'Humaniste, l'auteur de L'Utopie - publié il y a tout juste cinq cents ans -, d'abord pour te remercier de ce texte si original qui a nourri d'innombrables rêves pour changer la société. Tu ne me croiras pas, mais dans la jeune URSS, des ouvriers ont donné ton nom à leur soviet. Et, de son côté, le Vatican t'a canonisé ! Quel héritage ! Quand on pense que toi, l'Érudit, tu es devenu chancelier du roi Henri VIII (qui t'a fait décapiter...), que tu n'as pas mis en oeuvre une seule réforme digne de ce nom (toi, le saint patron des gouvernants), tu comprendras que ta vie, ton oeuvre et sa postérité restent un vrai mystère... Depuis quelque temps, l'utopie a mauvaise presse - il faudra que je te parle de ces " totalitarismes " qui ont abîmé ta belle idée. Et pourtant, je connais nombre de mes contemporains qui seraient ravis de ta proposition de réduire le temps de travail quotidien à 6 heures ou celle de laisser tout individu libre de croire dans le dieu qu'il veut. Qu'est-ce qu'un bon gouvernement ? Comment mettre fin à la guerre ? Comment libérer l'individu tout en assurant les conditions de son bien-être social ? Toutes ces questions étaient les tiennes. Je suis persuadé que notre époque est en panne, que notre imaginaire politique bégaie ou fait du sur place. Il lui faut carburer à l'utopie pour quitter cette désespérance et avancer sur le chemin des possibles. En ta précieuse compagnie. Bien à toi, Thierry

  • L'Inde est sujette à un profond remue-ménage qui s'appelle "urbanisation". C'est ce processus, d'une incroyable variété de formes sociales et culturelles, qui travaille toute la société indienne et la "déruralise" hardiment. Depuis une quinzaine d'années, de séjour en séjour dans plusieurs villes indiennes (Pune, Mumbai/Bombay, New Delhi, Chandigarh, Bangalore, Panaji), l'auteur observe à la fois cette urbanisation physique - la croissance géographique des villes, leurs transformations architecturales et urbanistiques - et cette urbanisation des comportements et des valeurs.

  • Villes voraces et villes frugales

    Agriculture urbaine et autonomie alimentaire

    Manger mieux, autrement, local, bio, équitable..., la question revient sans cesse, dans tous les médias et dans toutes les bouches de citadins inquiets.

    Nourrir les villes est pourtant une histoire qui plonge aux sources de l'agriculture. Car, avant de nourrir la planète entière, les fils de Caïn ont toujours satisfait l'appétit des urbains, fins gourmets ou insatiables gloutons.

    Les spécialistes ici réunis autour de Gilles Fumey et de Thierry Paquot reviennent sur cette longue histoire de l'alimentation des villes, sur les rapports intimes du mangeur citadin et de l'agriculture. Ils nous invitent à explorer des voies possibles vers l'autonomie à travers des exemples concrets à Paris – qui vient d'ouvrir la plus grande ferme urbaine d'Europe sur les toits de son Parc des expositions –, aux États-Unis, à Letchworth ou en Argentine.

    Après le temps des flux tendus et autres délices de la logistique glocale, un autre modèle de cité adviendra-t-il, plus résilient et plus frugal ?

    Avec les contributions de

    Marc Dufumier ; Daniel Cérézuelle ; Stéphanie Lemoine ; Yves Cabannes et Philip Ross ;

    Sabrina Arcamone et Mónica Bifarello ; Adrien Baysse-Lainé ; Stéphane Linou ;

    Yuna Chiffoleau ; Michaël Brucker.

  • L'urbanisation gagne inexorablement la planète entière. Ces formes de regroupements humains ont un point commun : les rues. Ce sont elles que ce dictionnaire encyclopédique honore en s'attardant sur le sens des mots qu'elles murmurent à l'oreille des passants.

    L'urbanisation gagne inexorablement la planète entière. Ces formes de regroupements humains ont un point commun : les rues. Ce sont elles que ce dictionnaire encyclopédique honore en s'attardant sur le sens des mots qu'elles murmurent à l'oreille des passants.

    Les notices sont sagement classées par ordre alphabétique, d'" Abribus " à " Zone " en passant par " Asphalte ", " Barricade ", " Carnaval ", " Dérive ", " Jardin ", " Métro ", " Mobilier urbain ", " Pavé ", " Taxi ", " Toilettes publiques ", " Trottoir "...

    Outre la géohistoire étymologique, l'auteur mobilise les travaux d'historiens, d'architectes, d'anthropologues et de géographes, tout en prêtant attention aux réactions des flâneurs, poètes, romanciers et cinéastes.

  • Que représentent l'" espace " et le " lieu " pour les philosophes ? Quelle place occupent ces " notions " dans les différents systèmes de pensée ? Sont-elles synonymes ? Ont-elles des sens qui changent avec les découvertes scientifiques (en géométrie, en physique, en astronomie...) ? Comment sont-elles, ou non, liés au concept de temps ? Ont-elles à voir avec d'autres thèmes, comme le territoire, la ville et la campagne, le paysage ? Pour la première fois, en langue française, un ouvrage rassemble les contributions de philosophes confirmés, qui explorent la pensée d'auteurs majeurs de l'histoire intellectuelle occidentale en privilégiant l'espace et le lieu. Ce livre collectif complète Le Territoire des philosophes (La Découverte, 2009), qui se focalisait sur les penseurs du XXe siècle.
    Dix-neuf auteurs, de Platon à Nietzsche, sont ici questionnés quant à leur usage théorique de l'espace et du lieu, alors même qu'ils sont, pour la plupart, célèbres pour d'autres concepts et apports. Les contributeurs s'efforcent de situer la pensée de leur auteur dans son temps et dans la longue géohistoire des idées. La philosophie est ici entendue à la fois comme un " art de vivre " et une manière de comprendre le monde, deux dimensions inséparables dans la saisie et de l'espace et du lieu. Tout être humain est " spatio-temporalisé " et c'est seulement en ce sens qu'il habite la Terre et en fait sa demeure.

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