• L´ouvrage fournit toutes les clés pour analyser les deux récits autobiographiques de Jean Rouaud.
    O Le résumé et les repères pour la lecture sont suivis de l´étude des problématiques essentielles.
    O Ce Profil d´une oeuvre comprend également quatre lectures analytiques :
    - trois extraits de la partie I des Champs d´honneur ;
    - une lecture comparée d´un extrait de la partie II des Champs d´honneur, et de la partie II de Pour vos cadeaux

  • À l'approche des 110 ans du Goncourt, ce livre, ni pamphlet ni étude sociologique, propose la première enquête d'envergure sur un dispositif très mal connu, qui est pourtant un véritable miroir grossissant de la condition littéraire contemporaine. Reposant sur de très nombreux entretiens menés avec des auteurs et des jurés littéraires, il ne se limite pas aux grands prix d'automne, mais interroge aussi les innombrables (entre 1 500 et 2 000, rien qu'en France) prix populaires créés par des médias, les prix pour la jeunesse, ou encore ceux des " mauvais genres " (BD, policier, littératures de l'imaginaire).
    Avec les prix littéraires, ce sont des reconfigurations majeures du monde littéraire qui se donnent à lire : le déclin de la fonction sociale et de l'autorité symbolique de l'écrivain ; le déclin du livre comme objet sacralisé ; les mutations des pratiques culturelles et le déclin de la lecture ; la reconfiguration de l'expertise littéraire à l'ère des industries culturelles et du numérique ; les figurations nouvelles du littéraire ; la professionnalisation de l'écrivain.
    De l'homme de lettres d'hier à l'écrivain minuscule d'aujourd'hui, ce sont bien les effets à la fois structurants et paradoxaux des prix littéraires que l'on cherche à pointer. Structurants : les prix régulent un marché et une offre, contrôlent et font perdurer une certaine idée de la littérature en l'ouvrant au plus grand nombre, proposent une définition normée de la lecture et du goût. Paradoxaux : les prix rassurent l'écrivain sur son sentiment d'appartenance à une commune condition littéraire, mais le fragilisent comme figure unique et singulière ; ils obéissent à un protocole réglé dont l'écrivain ne décide pas des règles, mais il y participe librement selon des relations de proximité et des affinités spontanées ; ils mettent en lumière mais n'aident pas à durer.
    Au final, cet ouvrage se veut une contribution à l'histoire sociale et culturelle de la littérature et du statut de l'auteur.

  • Rien n'est plus mystérieux et objet de plus de convoitise qu'un best-seller. Certains livres sont conçus en fonction de recettes menant automatiquement au succès. D'autres, issus du même moule, passent complètement inaperçus - tandis que certains ouvrages réputés difficiles reçoivent parfois un accueil enthousiaste du public. Quel point commun peut-on trouver  entre le  Capital et Harry Potter,  Le Petit Prince et Belle du Seigneur  ? Existe-t-il un secret, une technique, permettant de transformer n'importe quel manuscrit en n°  1 des ventes ? Quelle part revient à l'auteur dans cette réussite  ? à l'éditeur  ? aux lecteurs  ? Finalement, depuis le XIXe siècle, que nous disent les best-sellers ? S'agit-il d'une catégorie historique, dont on peut relater l'invention  ? Nous racontent-ils l'histoire d'un horizon de réception  : celui du «  grand public  »  ? Peut-on, de Walter Scott aux Fifty Shades of Grey, bâtir une histoire de la culture commune au plus grand nombre  ? D'ailleurs, les lire, est-ce forcément les aime  ? Une pléiade de spécialistes de la littérature et des métiers du livre se penche ici avec intérêt sur ces livres exceptionnels, habituellement traités avec mépris.

  • Si, depuis le premier romantisme, la littérature est par définition le lieu qui met en jeu l'idée de « communauté », qu'advient-il de la littérature quand l'histoire nous fait connaître ce mot de « communauté » sur un fond de désastre ? Après qu'elle eut manqué à sa promesse de réaliser la communauté, au XXe siècle, la littérature a parfois questionné son pouvoir. Le dossier ici présenté s'intéresse à la littérature qui devient une bouteille à la mer : il traite d'oeuvres des XXe et XXIe siècles qui supposent que la possibilité de la communauté dépend désormais de la rencontre (espérée mais inattendue) d'un auteur et d'un lecteur ; il étudie la façon dont, dans l'adresse à un lecteur « ami » implicite, et dans l'ouverture de leurs textes sur une expérience de lecture singulière, des écrivains - tels que Mandelstam, Bataille, Éluard, Améry, Kertész, Barthes, Macé ou encore Rouaud - recherchent un sens commun, une expérience commune, une communauté - celle-ci dût-elle être celle de « ceux qui n'ont pas de communauté ».

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