• Sarah, la soixantaine, est rejetée par son fils depuis dix ans. En 2013, elle reçoit un courriel de lui, où les mots « T'as fucké ma vie! » la blessent si profondément qu'elle veut mourir. Mais elle fait volte-face et se penche avec lucidité sur une période déterminante de sa vie à ses côtés, inscrite dans le contexte sociopolitique effervescent des années 70. C'est pour elle le début d'un apprentissage vers la sagesse et l'amour véritable. Qui sait? Christophe lui reviendra peut-être.
    Le roman raconte trois années - 1974-1977 - du parcours de cette femme, qui porte en elle une autre blessure, celle-là reliée à son père : un père d'autant plus déifié qu'il était absent, exilé en Californie depuis sa petite enfance. En 1974, devenue mère d'un garçon conçu par accident lors d'un voyage sur le pouce en Europe, la jeune Sarah multiplie les aventures amoureuses: une quête effrénée à la fois d'un père pour Christophe et d'un compagnon idéalisé. Traînant avec elle son petit et changeant souvent de ville et de pays, elle tourne en rond. Un périple survolté, vécu à travers son travail de journaliste et sa recherche
    inlassable de célébrité.

  • «Et ils vont tous revenir autour du lit : Jean, ton fils, et Alfred, ton mari amérindien, et mon père, le pianiste de blues, avec sa veste de cuir brune d'aviateur, et ils seront silencieux. Ils seront les témoins de tes cris. Après avoir entendu tes cris, Alfred va me dire que je peux te garder, parce que tu n'as plus besoin de lui, je suis ton homme, celui qui te fait crier de joie. Et John, mon père, va me dire que je n'ai plus besoin de lui.»
    Il vit un amour fou. Le premier. Aimer la femme-homme, c'est apprendre la vie et se tenir au bord du gouffre, c'est voyager au pays de la beauté fulgurante et du danger. Quarante ans plus tard, l'homme vieillissant se souvient de tout. Il raconte cette histoire qui l'a marqué au fer rouge.
    Un roman surprenant, un tableau émouvant d'un amour tout entier nourri par le passé, par ce désir des protagonistes de croiser le visage disparu ou jamais incarné du mari, du fils, du père. Avec cette histoire brève et incisive, Simone Piuze nous confronte à la réalité toute nue des êtres, une fois dégonflé le rêve autour duquel on a pu auréoler l'être aimé.

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