Langue française

  • Gênes, avril 1922. Les palaces de la côte ligure accueillent une foule effervescente de diplomates et de journalistes attirés par la conférence internationale censée résoudre les problèmes de l'Europe après la guerre ; doivent y siéger, pour la première fois depuis la révolution, des délégués du gouvernement des soviets. Ralph Exeter, officiellement correspondant du London Daily World, en réalité espion à la solde des bolcheviks, y rencontre son « contact », un homme du Guépéou. Ayant chargé Exeter de démasquer la taupe qui s'emploie à saper les fondements du jeune pouvoir soviétique, le Russe sera assassiné. Soupçonné de ce crime, mais aussi du meurtre d'un agent du 2e bureau français, le reporter sollicite, paradoxe ultime, la protection d'un leader fasciste au parcours prometteur : Benito Mussolini. Espionnes affriolantes, agents doubles ou triples, machinations des puissances occidentales pour s'approprier le pétrole russe, trafic des joyaux du tsar sont les principaux ingrédients de ce thriller élégant et atmosphérique qui se déroule quelques mois avant la marche des Chemises noires sur Rome.Photographe, illustrateur, essayiste, auteur de BD et de plusieurs romans parus dans la « Série Noire », Romain Slocombe a connu un succès considérable avec Monsieur le Commandant, lauréat du prix Nice-Baie des Anges et du Trophée 813, et qui a figuré sur la première sélection du prix Goncourt 2011.

  • « En ces splendides jours d'été, comment imaginer qu'au-delà de l'horizon si bleu et calme, les flots sont souillés d'huile et de sang, les avions piquent et explosent, les corps noircis de mazout dérivent jusqu'aux plages paradisiaques pour y finir rongés par les crabes ?... »Friedrich Kessler a vingt-quatre ans lorsqu'il débarque au Japon en 1941, nommé à l'ambassade du Reich. Sa carrière de diplomate lui a évité d'être enrôlé dans l'armée. Amateur de jazz et des récits des Mille et Une Nuits, Kessler a voulu partir le plus loin possible... Les femmes s'intéressent à ce rêveur ; que ce soit la robuste Helma, épouse délaissée de l'ambassadeur, ou la jolie Hiltraud que ses collègues surnomment l'« infirmière SS ». Mais les combats se rapprochent : Berlin, où vit la soeur de Friedrich, est déjà sous les bombes, Tokyo va brûler à son tour lors des grands raids américains du printemps 1945.Portrait tragique d'une civilisation menée au désastre par le fanatisme de ses dirigeants, voyage initiatique d'un Occidental épris d'art et de philosophie, Un été au Kansai donne la parole aux vaincus de la Seconde Guerre mondiale, et nous interroge sur la possibilité du bonheur et du progrès dans un monde au bord de l'apocalypse.

  • Fauché, dépressif et divorcé, le photographe gaffeur Gilbert Woodbrooke végète au bord du suicide lorsqu´un job inespéré lui tombe du ciel : interprète pour Emiko Yûki, une romancière japonaise de dix-neuf ans, en voyage promotionnel à Londres. Tout irait bien si leur route ne croisait celles d´une petite Roumaine prostituée par les gangs albanais et d´un célèbre "Young British Artist " complètement déjanté, obsédé par les momies égyptiennes et le crime élevé au rang des Beaux-Arts... Hommage au film fantastique britannique, satire des milieux de l´art contemporain et attaque violente contre le néo-libéralisme à la Tony Blair, Lolita complex met en lumière la fascination érotique actuelle pour la femme-enfant en illustrant notamment une de ses dérives : l´esclavage moderne de jeunes adolescentes importées de l´Est et le traitement infligé à ces enfants devenues prostituées. Ecrivain, peintre, photographe et réalisateur, Romain Slocombe entame, après sa tétralogie japonaise, une trilogie tournée, cette fois, vers nos latitudes : L´Océan de la stérilité.
    L´occasion, pour lui, de porter un regard détaché, cruellement amusé mais souvent glaçant, sur les revers d´un Occident fragilisé.
    Lolita complex sera suivi, à l'automne 2009, de Sexy New York et, à l'automne 2010, de Japan Connection.

  • Contes cruels sur les routes de campagne Dans la campagne normande, un thanatopracteur reçoit des lettres anonymes l'invitant à un macabre jeu de l'oie. À Paris un soir de mars 1998, tandis que Guy Georges, identifié par son ADN, est sur le point d'être arrêté, la jolie étudiante Julie Coray rentre seule chez elle et se croit suivie. En Lorraine, Anne Chamberland, jeune sculptrice venue présenter une oeuvre éphémère en résidence artistique, se pétrifie lorsqu'elle reconnaît, derrière les kilos accumulés, le visage de l'aubergiste qui la sert à table. Un représentant en insecticides s'invite chez un client dans l'Eure afin de lui soutirer un devis pour travaux : comment imaginer que l'homme, endetté et veuf depuis quelques jours, est capable d'un acte désespéré ? Dans ces contes cruels sur les routes de campagne, traversés par l'instinct meurtrier et prédateur des hommes, et faisant suite au recueil de nouvelles très japonaises Route 40 (Belfond, 2016), Romain Slocombe nous replonge dans des abîmes de noirceur. Une seule règle ici : les histoires courtes finissent toujours mal...

  • Sexy New York

    Romain Slocombe

    • Fayard
    • 10 Mars 2010

    Début septembre 2001. Gilbert Woodbrooke part visiter New York, on inaugure son expo de photos dans une galerie branchée de Soho, et il doit tenir la caméra lors d´un reportage TV. Il doit aussi contacter une jeune musulmane, Shazna, petite soeur de son avocate, qui est sans nouvelles d´elle. Mais le producteur avec qui il voyage a d´autres projets : il veut réaliser un reportage sensationnel sur l´affaire du Dahlia Noir, ainsi que sur les liens possibles avec les surréalistes réfugiés aux USA pendant la guerre, notamment Man Ray. Le Journal d´une jeune Anglaise, recrutée par un agent de la CIA au début de la Guerre froide, lui a révélé de nouveaux éléments. Quand Gilbert comprend qu´il s´agit du Journal de sa mère, c´est un choc énorme ! En écho à la tempête qui couve sous le crâne de notre malheureux héros, les terroristes d´Al-Qaeda se préparent à détourner les avions qui percuteront les tours du World Trade Center, transformant New York en un véritable cauchemar surréaliste... Pour ce monumental thriller politique, Romain Slocombe a repris chaque piste de l'affaire du Dahlia noir , dont certaines peu connues encore et, pour la première fois dans l´histoire du polar, apporte des réponses concrètes à la plus grande affaire criminelle du xxe siècle : Qui étaient les assassins d'Elizabeth Short ? Pourquoi l´affaire a-t-elle été étouffée par le LAPD ? Quelle est la responsabilité des surréalistes et la signification du dernier chef-d'oeuvre de Marcel Duchamp, Étant donnés..., commencé en 1947 et achevé vingt ans plus tard, ce corps nu de femme tenant une lampe à gaz, enfermée derrière un mur et conservée au Musée d´art moderne de Philadelphie ?

  • Shangaï connexion

    Romain Slocombe

    • Fayard
    • 25 Janvier 2012

    En 1941, six mille Juifs de Pologne munis de visas  de fortune traversèrent la Russie par le Transsibérien  pour gagner Kôbé au Japon, puis le ghetto de Shanghai  occupé par l´Armée impériale. Là, le colonel SS  Josef Meisinger, surnommé le « boucher de Varsovie »,  voulut les faire exterminer par ses alliés japonais.Cette odyssée tragique et peu connue sert de toile de  fond aux nouvelles mésaventures de Gilbert Woodbrooke.  Recherché par la police anglaise et réfugié à  Lyon, le photographe profite de son séjour pour retrouver  la trace de son grand-père, journaliste antifasciste  mystérieusement disparu en France. Sa disparition  pourrait avoir un lien avec une jeune résistante lyonnaise,  rescapée des camps de la mort... où exerçait un  certain Dr Claus Neuberg, responsable à Ravensbrück  d´un programme de stérilisation des détenues.Après Lolita complex et Sexy New York, Romain  Slocombe rend hommage, entre rêve et cauchemar,  au cinéma expressionniste allemand et achève, avec  Shanghai Connexion, le portrait d´un Occident « stérilisé »  par la guerre, les génocides et le choc des idéologies  totalitaires.« Le talent de l´auteur tient en haleine un lecteur sonné. »  François Busnel - L´Express

  • Romain Slocombe : l'un des plus grands stylistes françaisLe MondeLondres, février 1925 : recruté malgré lui par l'Intelligence Service, le journaliste Ralph Exeter, qui renseigne déjà le Guépéou, a beaucoup de mal à concilier ces loyautés contradictoires. Le voici sommé d'approcher Igor Koliazine, gigantesque jeune cosaque qui prétend avoir enterré en Bulgarie le trésor fabuleux de l'Armée blanche du général Wrangel. Ensuite, charge à lui de l'entraîner à Constantinople, d'où ils embarqueront à bord du yacht affrété par la jolie Zhenya Krasnova, déléguée des Soviétiques. Destination Bourgas, objectif les précieuses caisses enfouies dans la forêt. Seulement, outre les bolcheviks et le MI6 britannique, d'autres sont sur l'affaire : la Sécurité d'État turque, des espions allemands à la solde d'Adolf Hitler... Le correspondant du Daily World comprendra vite qu'il a mis les pieds dans un sacré guêpier. Jouant avec les codes subtils du roman d'espionnage tout en lançant de spirituels clins d'oeil aux personnages d'Hergé, Romain Slocombe valse entre la légèreté et l'angoisse, le complot vintage et le réalisme historique.Romain Slocombe est l'auteur d'une vingtaine de romans, dont Monsieur le Commandant (2011), lauréat du Trophée 813 et sélectionné pour le Goncourt. Il nous livre ici une nouvelle aventure de Ralph Exeter, après Première Station avant l'abattoir (2013), prix Mystère de la critique et prix Arsène Lupin.

  • Sous la plume de Romain Slocombe, les petites filles modèles lâchent la bride à toutes les ambiguïtés distillées dans le roman de la Comtesse de Ségur. Un conte pervers aussi noir que raffiné. En 1858, la Comtesse de Ségur présente Les Petites Filles modèles comme la suite des Malheurs de Sophie, et ces deux livres figurent depuis lors au coeur du répertoire classique de la littérature française pour la jeunesse. Portraits d'enfants bien nés saisis au moment où ils s'interrogent sur le bien et le mal, tableaux d'un milieu social où ne cesse de se poser la question des normes et des limites, les petites filles doivent y être " modèles " en vertu d'un idéal de comportement. Mais l'atteindre n'est pas si simple ! Et l'on a amplement pointé, au-delà des récits en apparence innocents et inoffensifs de la Comtesse de Ségur, les bourgeons de l'ambigüité. Dans son remake, Romain Slocombe les fait éclore : ses petites filles modèles deviennent les héroïnes d'un conte inquiétant et pervers, érotique et vampirique. Comme si la comtesse de Ségur avait retiré la sourdine pour écrire un roman destiné à des enfants plus âgés, laissant libre cours à la progression de la cruauté. Comme si elle avait quelquefois rêvé d'être Sade, non plus Comtesse mais Marquise...

  • Quel est le point commun entre un shérif posté dans le désert de Mojave, une hippie qui sillonne les routes californiennes en stop, une musicienne suicidaire égarée dans une petite station des Alpes, et une vieille touriste à Paris désireuse de renouer avec son passé ? Le Japon, leur pays de naissance ou d'origine et inspiration éternelle de Romain Slocombe, qui ajoute à la liste de ses talents celui d'auteur incomparable de nouvelles. Mathieu, illustrateur, tente désespérément de boucler à temps une image pour une grande marque automobile quand il reçoit l'étrange coup de fil d'une dame japonaise très insistante. Kimiko Toyoura demande à s'entretenir avec le père de Mathieu, qu'elle dit avoir connu dans sa jeunesse alors qu'il était expatrié à Tôkyô. Ensemble, lui apprend-elle, ils ont eu un grave accident de voiture, dont elle est sortie défigurée... (Fantôme du passé) Une musicienne japonaise disparaît après un concert à Gap. Kayako a décidé de mettre fin à ses jours mais pas avant d'avoir fait du ski. Elle trouve une petite station déserte, loue une chambre, prépare une bouteille de vodka remplie de barbituriques, et en attendant de passer à l'acte, dévale les pistes et mange de la raclette. Le soir où elle décide de siffler la vodka, rien ne se passe comme prévu... (Refuge) Tantôt noires et violentes, tantôt tragi-comiques, souvent désabusées, ces nouvelles ont en commun une singularité et une justesse épatantes, et illustrent dans leur brièveté le talent de conteur déjà bien connu de Romain Slocombe dans d'autres genres littéraires.

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