• Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • De 1954 à 1962, le peuple algérien se rebella contre son colonisateur, la France. Le gouvernement français fit tout pour cacher cette guerre aux Français. Robert Davezies prit fait et cause pour les Algériens, en essayant d'éveiller la population française. Au printemps 1961, il écrit Le temps de la justice. Ce livre fut interdit de vente par arrêté ministériel et resta inconnu du public français. Cinquante ans plus tard, il est plus que temps de faire éclater la vérité au grand jour.

  • Antonin Camoin est un vieux paysan qui vit dans un village, Ensuès, à une trentaine de kilomètres de Marseille. Robert Davezies l'a entendu. Camoin lui raconte par bribes sa guerre de 14, et surtout sa captivité en Allemagne et en Pologne. Chemin faisant, de commentaires en digressions, il se révèle, dans ses rapports aux autres, à sa famille, à ses camarades, à ses supérieurs, et face à son interlocuteur même, comme un vieillard très malin - il faut être fin avec ces gens-là - qui vous explique aussi savoureusement les procédés pour faire pénétrer une mule rétive dans un wagon à bestiaux, que les raisons péremptoires qu'il a de ne pas croire en l'immortalité de l'âme. Le portrait que trace, de lui-même, ce paysan occitan illettré, est un document de choix pour les sociologues. Mais c'est aussi, c'est d'abord, une véritable oeuvre de création. Création double : de la part de celui qui parle, et de celui qui sait inventer l'écoute.

  • Le nom de Robert Davezies a été souvent cité parmi ceux des Français qui se sont associés à la lutte des Algériens pour leur libération, et l'on n'a pas oublié son procès, en janvier 1962, devant le tribunal militaire réuni à la caserne de Reuilly. Pourtant ce livre ne constitue ni une prise de position politique, ni un témoignage sur les prisons. Ou plutôt, c'est aussi cela. Mais Les Abeilles, c'est d'abord, comme Le Front, une voix, celle d'un peuple en armes qui emploie les mots indépendance, liberté et mort aussi simplement, aussi légitimement que d'autres parlent du temps qu'il fait, d'exploits sportifs ou de bonne cuisine. A la différence des nombreux reportages publiés sur les souffrances et les combats, presque tous vécus et exprimés dans une langue désuète (celle d'avant, celle d'ailleurs : la vôtre), Robert Davezies invente ici son langage - dans le sens où l'on appelle « inventeur » celui qui découvre un trésor. Avec Les Abeilles, la guerre d'Algérie quitte le domaine de l'information pour entrer dans celui de la littérature.

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