• Le roman des " égarés ".

    Le petit garçon ne voulait pas de l'école. L'école ne voulait pas de lui. C'était le temps déraisonnable des terrains vagues, du rêve et de la violence. Nanterre, 1971.
    Un jour de décembre, c'est le choc. L'envie d'apprendre revient avec la lumière d'un tableau de Van Gogh, découvert, main dans la main de sa grande soeur, au musée de l'Orangerie. Il reste sidéré devant Les Roulottes. L'échappée belle, la liberté, la fuite, dans une simple toile. Qui lui sauve la mise.
    Et le petit garçon a laissé les terrains vagues. La renaissance après l'obscurité.
    Ce roman est l'histoire bouleversante de cette renaissance. Parce que rien n'est perdu. Jamais.
    Rentrée littéraire 2020

  • Retour sur une histoire incroyable, celle d´une équipe de football qui, durant la Grande Guerre, préférera encourir les plus graves sanctions plutôt que céder au déshonneur d´un match arrangé...

    Lorsqu´en 1941 le régime nazi décide d´organiser un grand tournoi européen de football, c´est bien évidemment pour affirmer la supériorité du Reich. Mais le FC Start, équipe montée de bric et de broc par un ancien boulanger de Kiev venu recruter de vieux joueurs sur le retour et de jeunes sportifs en manque de compétition, accumule les victoires. Durant plus d´une année, l´équipe ukrainienne bat platement tous ses adversaires. Se répand alors partout en Europe la rumeur qu´une équipe de pauvres hères - dont bon nombre sont juifs en plus ! - défie l´Allemagne nazie.

    Le 9 août 1942, l´équipe ukrainienne du FC Start doit affronter l´équipe nazie pour son match retour. Les Allemands ont été corrigés 7 à 2 à l´aller et il est impensable qu´un tel scénario se reproduise. L´État-Major allemand signifie aux joueurs ukrainiens l´ordre impératif de s´incliner. Sinon, ils encourent la peine capitale : la mort.

    Ce match qui aura lieu au Zenit stadium de Kiev va révéler toute la brutalité du régime nazi. Ce jour-là, même réduits à dix joueurs dès la première mi-temps, même menacés par les armes dans leur propre vestiaire par des officiers nazis, les hommes du FC Start ont décidé qu´ils ne céderaient pas. Personne ne leur fera courber l´échine. Ils remportent le match sur le score de 5 à 3. Par leur victoire, portée par la ferveur populaire, les Ukrainiens ont rendu leur fiertéà tout un peuple. Mais pour avoir défié avec une telle maestria et une telle insolence envers l´oppresseur, l´ensemble des joueurs du FC Start sera arrêté, torturé et déporté dans des camps où bon nombre d´entre eux périront.


  • En finir avec l'amour

    Le baiser du Nouvel An était sans amour. Funèbre et froid, comme un hiver normand. Deux jours plus tard, par SMS, la femme pour laquelle il nourrit une passion depuis sept ans apprend à Pierre que tout est fini. Il est tout simplement rayé de la carte, effacé.
    " Ce genre d'amour qui meurt fait un bruit d'hôpital. "
    Fin de partie ? Effondrement brutal. La mort rôde. Pierre pense mettre fin à ses jours. Il va plutôt venir à bout de ce chagrin, l'épuiser, le rincer - en marchant, en écrivant. Le triomphe de la littérature et du corps qui se révolte dans les ténèbres. La vie, tout au bout du chemin.
    Pour que le sentiment, enfin, ne devienne plus que le souvenir de ce sentiment.

  • Le flâneur de l'Elysée

    Pierre-Louis Basse

    • Stock
    • 20 Septembre 2017

    « Le soir surtout, au moment du départ, il me semblait que ce  Palais, ses lumières au fond du jardin, avaient la prétention  d'un décor cadenassé. Prisonnier du passé. La plupart du  temps, ces lumières, comme des alvéoles de labeur, étaient  celles du Président, ou du secrétaire général, Jean-Pierre  Jouyet. Alors que je quittais la place, il suffisait d'une météo  clémente, d'un ciel pur, pour que je sois submergé par toutes  sortes d'impressions.
    Dans la nuit, le Palais faisait comme une pierre précieuse  posée sur quelque feutrine de la place Vendôme. Avec leurs  gilets pare-balles, et cette manière à la fois courtoise et acérée  de vous observer, les gendarmes protégeaient un vaisseau
    coupé du monde. »
    Voici le livre sans fard d'une aventure politique qui n'était  pas au programme de l'auteur. Trois ans à l'Élysée. Le livre  d'un flâneur, fidèle à ses convictions. Fidèle à sa jeunesse.
    Une espèce en voie de disparition.

  • C´est l´histoire d´une poignée de secondes, qui va durer toute une vie. Exactement dix-neuf secondes et quatre-vingt-trois centièmes. C´est le mercredi 16 octobre 1968, à Mexico. Tommie Smith est champion olympique du 200 mètres. Tom y pense depuis l´enfance : quand il monte sur la plus haute marche du podium, il lève son poing droit ganté de cuir noir. Il le fera avec son compagnon de l´équipe américaine, John Carlos. Là, dans cette nuit un peu moite du 16 octobre 1968, ce geste va fracasser le monde. La révolte silencieuse, après la performance éblouissante. Un geste pour en finir avec la ségrégation, les lynchages des Noirs, l´humiliation, les bus et les logements réservés aux seuls Blancs.

    Pierre-Louis Basse avait dix ans. Il a revu Tom. Maintenant, il se souvient de la course, merveilleuse. Il se souvient de la retransmission à la télévision, avec son père, professeur de gymnastique à Nanterre. La mort de Martin Luther King. La voix de Joan Baez et Bob Dylan. La guerre du Vietnam. Les filles en jupe plissée. La cigarette de Pompidou. De cette course, l´enfant conservera toujours le goût de raconter le sport. Ce livre est l´histoire d´une poignée de secondes qui se prolonge éternellement.

  • " Certains buts, certaines actions de jeu continuent de résonner en moi comme des éclats de liberté. " Grande voix de la radio depuis plus de 30 ans, écrivain, Pierre-Louis Basse a commenté des milliers de matchs. Il sait mieux que quiconque qu'au foo

  • Après Ma Ligne 13 et Ça va mal finir, Pierre-Louis Bassepublie Ma chambre au Triangle d'or, dernier volet d'une trilogie sociale croisant la fiction et le reportage.

    Cette fois, le narrateur, victime d'un cambriolage, décide brutalement de quitter sa banlieue - quartier déshérité, voitures qui flambent - pour rejoindre le luxe absolu du VIIIe arrondissement parisien ; sous les toits, au coeur d'un monde presque virtuel, le narrateur renoue avec ces rencontres de hasard et d'amitié : Dragan, le garde du corps nomade attaché aux grandes familles saoudiennes, Amélia, la standardiste du George V qui combat la précarité, Eddy, flambeur ivoirien, dealer mystérieux, Édouard, le voiturier qui vit à Sarcelles et n'en revient pas de tout cet argent ; et puis la solitude, terrible, de ces vieilles femmes transformées par la chirurgie et qui tournent, dans ces trois rues, à la recherche d'un passé perdu... Au bras de son amour, Line, insouciante et libre, le narrateur fait l'apprentissage d'un pays où s'achètent des blousons en croco à 56 000 euros ; où il fait bon vivre dans des appartements de plus de 500 mètres carrés. Au bout du voyage, le narrateur ne parviendra pas à se consoler d'avoir abandonné les siens. Certes, la vie est tranquille dans les beaux quartiers, mais l'on devine aussi qu'un jour ou l'autre la haine et l'envie, de l'autre côté du périphérique, pourraient débarquer à l'improviste. Étrange univers où l'on se damne pour un sac Kelly de chez Hermès, une présence visible au Pershing Hall, une fourrure chez Gianfranco Ferré, une fille pour la nuit à 4 000 euros ; étrange univers où la blancheur domine (pas plus de Noirs que d'Arabes) et le cynisme est roi.
    Fatigué d'avoir à grimper chaque jour sept étages, le coeur lâche et le narrateur finira par se replier dans sa lointaine banlieue.

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