• Patrick Andrivet s'est livré à une analyse rigoureuse du regard historico-politique de Bossuet sur Rome dans deux chapitres du Discours sur l'histoire universelle. Si Bossuet admire sans réserve «les belles institutions de cette fameuse république» qui ont conduit la petite cité latine jusqu'à l'empire «le plus étendu qui fût jamais», il condamne «l'amour de la liberté» qui, dès l'origine, crée l'instabilité et voue Rome, à travers mille accidents, à la destruction. Cette contradiction a longtemps été ignorée, et les commentateurs ont fait la part belle à l'éloge, sans retenir le blâme d'un Bossuet pour qui «les hommes naissent tous sujets».

  • Une étude sur Montesquieu en tant qu'observateur des Romains de l'Antiquité, de leur grandeur et décadence. L'auteur s'avère un historien et un écrivain politique avisé. Son histoire s'étend sur plus de deux millénaires, de la fondation de Rome (753 av. J.-C.) à la prise de Constantinople (1453).
    " Rome enfin que je hais... " : on reconnaît un passage des imprécations de Camille, lorsqu'elle s'en prend à Horace, qui vient de tuer son fiancé et les deux frères de celui-ci (Corneille, Horace, acte IV). S'il serait exagéré d'attribuer un tel sentiment à Montesquieu lorsqu'il étudie les Romains de l'antiquité, on doit convenir que le couple fascination/détestation n'est pas non plus très adéquat. La condamnation qu'on lit dans la Pensée 1740 est formelle : " Si l'on pouvoit douter des malheurs qu'une grande conquête apporte après soi, il n'y auroit qu'à lire l'histoire des Romains. Les Romains ont tiré le monde de l'état le plus florissant où il pût être ; ils ont détruit les plus beaux établissements pour en former un seul, qui ne pouvoit se soutenir ; ils ont éteint la liberté de l'univers et abusé ensuite de la leur, affaibli le monde entier, comme usurpateurs et comme dépouillés, comme tyrans et comme esclaves ".

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