• Une tombe dans un cimetière de l'Île-de-France : "Vincent Willem Van Gogh, né à Groot-Zundert (Hollande) le 30 mars 1853, mort à Auvers-sur-Oise (France) le 29 juillet 1890." Ces informations laconiques évoquent à elles seules en filigrane le parcours d'une vie : le pasteur que Vincent aurait voulu être dans son pays natal, comme son père, comme son grand-père ; l'errant qu'il fut, à Bruxelles, Amsterdam, La Haye, Paris, Arles, Saint-Rémy-de-Provence et Auvers enfin. Mais là n'est pas l'essentiel. Au-delà d'un récit de doutes, de mécomptes, de misères, de maladies, de solitude, d'exil et de crises... l'univers de Vincent, c'est la peinture. À elle seule il a voué sa vie, parce que c'est par elle et pour elle qu'il a lutté contre tous et contre lui-même. Inlassablement, il peignit le soleil. Jusqu'à la fin. Jusqu'au suicide. C'est à la réalité qu'est la peinture que Pascal Bonafoux veut conduire, toujours.
    Avec sa voix profonde teintée d'absolu et une empathie réelle, le comédien Bernard Métraux retrace, au présent, l'itinéraire tragique et banal d'un génie vers son destin.

  • D´abord écouter Picasso : « Si je connais Cézanne ! Il était mon seul et unique maître ! Vous pensez bien que j´ai regardé ses tableaux... J´ai passé des années à les étudier...» Ou encore : «Les Ménines, quel tableau ! Quelle réalité ! Vélasquez est le vrai peintre de la réalité. » Picasso, toujours lui : « Si une oeuvre d´art ne peut vivre dans le présent, il est inutile de s´y attarder. » C´est ce « présent » que Pascal Bonafoux recompose ici, s´appuyant sur les seuls propos et écrits des peintres. Le résultat est une leçon pour le regard, un mode d´emploi de la peinture inédit et décapant, qui rompt avec les classifications de l´histoire de l´art. Où l´on voit et saisit les peintres à l´oeuvre, étudiant les travaux des Anciens, célébrant leurs maîtres, indifférents aux écoles et aux mouvements, tout à leur exploration de voies nouvelles. C´est Kandinsky, le père de l´abstraction en arrêt devant Les Meules de Monet, Poussin décriant le Caravage, Ingres et Renoir louant Raphaël, Balthus copiant Piero della Francesca, Van Gogh se mesurant à Cézanne, etc.

    Car le coup de coeur et la passion opèrent en art, au moins autant que la prouesse du geste. A l´image de cette peinture sans cesse en mouvement, l´ouvrage se décline en autant d´entrées : des défis aux influences, des sujets peints aux techniques employées, des ambitions particulières aux exigences du marché, des mythes aux théories, la peinture s´offre ici dans tous ses états, abrupte, sans concession et bien vivante.


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    Enrichissez le plaisir de votre lecture de ceDictionnaire de la peinture par les peintreset nouez le dialogue avec les artistes gra

  • Cet essai est dû à la rencontre avec l'un des autoportraits de ce qui fut la collection des Grands Ducs de Toscane. Plus de trente ans après cette rencontre décisive, l'auteur est commissaire d'une exposition d'autoportraits du XXe siècle dans cette même Galerie des Offices de Florence. Entre ces deux dates, l'autoportrait n'a pas cessé d'être le "précieux souci" de l'auteur, l'objet de ses recherches.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'impressionnisme

    Pascal Bonafoux

    Le mouvement impressionniste né de la critique.
    L'impressionnisme (Manet, Pissaro, Monet, Renoir etc.) a d'abord été synonyme de scandale même sil est aujourd'hui universellement admiré. Ses instigateurs sont d'emblée tenus à l'écart du salon officiel, le jury rejetant à la fois une facture non académique et une trop grande modernité des sujets.
    Capter l'instant, restituer les sensations. Indépendants, les impressionnistes révolutionnent les règles traditionnelles de la peinture. Il s'intéressent aux phénomènes éphémères et aux transformations du paysage. À cet égard, leur désir de capter l'instant en cultivant le flou n'est certainement pas étranger à l'essor contemporain de la photographie. L'influence de l'estampe japonaise est également sensible, tant dans le goût pour des cadrages inédits que pour la luminosité franche des couleurs. Pour restituer leurs sensations, ces artistes inventent une nouvelle manière de peindre : ils juxtaposent des touches de couleurs, que l'oeil recompose à distance. Ils font de la lumière l'élément essentiel de leur peinture et se concentrent sur le mouvement de personnages saisis sur le vif. Les métamorphoses de la nature, les mouvements de lair et de la lumière, le spectacle permanent des villes avec ses foules, ses rues et ses lieux de divertissement constituent leur principale source d'inspiration.
    L'art du paysage.
    La plupart des impressionnistes s'attachent plus particulièrement au paysage, genre à nouveau en vogue depuis 1817, année de création d'un prix de Rome pour le paysage historique. Cette peinture évolue avec une pratique de plus en plus répandue : le travail en plein air. Les impressionnistes en sont les principaux adeptes. Désireux de transcrire de façon aussi réaliste que possible leurs impressions sur la toile, ils quittent l'atelier pour peindre directement leur sujet, écartant ainsi toute procédure de recomposition. À côté des vues de campagne, les thèmes marins et aquatiques sont d'autres sujets de prédilection prisés par les peintres du mouvement. Dans la seconde moitié des années 1870, ils affectionnent plus particulièrement les bords de Seine et les plages de Normandie. Intéressé par la perception changeante des choses induite par le cheminement de la lumière, Claude Monet développe une peinture sérielle (les meules, la cathédrale de Rouen), dans laquelle il représente inlassablement le même motif aux différentes heures du jour.
    Le spectacle de la vie moderne. Contrairement aux idées reçues, les thèmes impressionnistes ne se réduisent pas aux paysages champêtres et aux visions bucoliques de la nature. Les impressionnistes investissent aussi, parallèlement, le terrain de la ville. Plus que dans d'autres mouvements sans doute, leur oeuvre s'inscrit dans le cadre des métamorphoses urbaines du Paris d'Haussmann. C'est ainsi que Monet présente en 1877, lors de leur troisième exposition commune, sa fameuse série exécutée consacrée à la gare Saint-Lazare. Les impressionnistes peignent également les charmes de la vie moderne dans des scènes aussi populaires que joyeuses (Auguste Renoir, Le Bal du Moulin de la Galette, 1876). L'exposition de 1886 marque la fin officielle de l'impressionnisme en tant que mouvement constitué, ce qui n'empêche pas des oeuvres postérieures d'être formellement très proches. Après cette date, chaque artiste poursuit sa voie, laissant derrière lui le souvenir d'expositions comptant parmi les événements les plus importants de l'histoire de l'art du XIXe siècle.
    "Composer son tableau, non dans l'atelier, mais sur place, en présence du sujet ; se débarrasser de toute convention ; se mettre en face de la nature et l'interpréter sincèrement, brutalement, sans se préoccuper de la manière officielle de voir ; traduire scrupuleusement l'impression, la sensation, toute crue, toute étrange qu'elle puisse paraître ; présenter l'être, vivant de geste et d'attitude, remuant, dans l'atmosphère et la lumière fugitives et toujours changeantes ; saisir au passage l'incessante mobilité de la coloration de lair (...) Dans son horreur du convenu, cette nouvelle école cherche les sujets inédits ; elle hante les coulisses des théâtres, les cafés, les cabarets, les caboulots même ; les bals de barrière ne lui font point peur, et elle canote à Asnières ou à Argenteuil."
    Charles Ephrussi in Gazette des Beaux-Arts, 1er mai 1880.

  • Le portrait anonyme passionne par ses enjeux : art et histoire, société et individu, existence et temps. Avec le livre des visages qu'est Facebook, nous divulguons à l'infini notre portrait : utile illusion pour supporter une postérité future impossible ou bien jouissance de l'instant with no future ? Cet ouvrage explore cet objet étrange et pardoxal qui pointe le sans-sujet, la victime, l'inconnu, l'innommé, mais aussi le re-connu, le sujet de l'art.

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