• 13 juillet 1963, Aix-en-Provence. Charles Trenet déjeune, comme à son habitude, en compagnie de beaux garçons dans la vingtaine. Vers midi, le silence et la gloire se déchirent. Trenet est inculpé pour « attentats aux moeurs sur mineurs du même sexe » : on l'accuse d'avoir employé un rabatteur dans le but d'organiser des « ballets bleus », soit des parties fines avec des hommes trop jeunes.
    Pourquoi cette arrestation ? À l'époque, le statut des homosexuels échappe au droit commun et leur majorité sexuelle est fixée à 21 ans (contre 15 pour les hétérosexuels).
    Dans ce roman écrit à la première personne du singulier, résultat d'une longue enquête, Olivier Charneux utilise le séjour en prison de l'artiste comme le lieu et le moment d'une incontournable introspection.

    Olivier Charneux a publié son premier roman, La Grande Vie, chez Stock en 1995, à 32 ans. Suivront sept livres en majorité autobiographiques publiés aux éditions Stock et au Seuil. Tant que je serai en vie paraît en 2014 chez Grasset et son dernier livre, Les guérir, est publié en 2016 aux Éditions Robert Laffont.

  • Les guérir

    Olivier Charneux

    " L'homme le plus important du Reich après Hitler avait affrété spécialement un avion militaire pour acheminer le docteur Carl Værnet et sa famille du Danemark à Berlin. Himmler l'avait reçu dans son bureau en pleine guerre, le 15 février 1944, entouré de ses principaux collaborateurs. Il lui avait ouvert les portes du camp de concentration de Buchenwald. Il l'avait financé. Carl Værnet n'en revenait toujours pas de leur complicité. Il entendait encore le Reichsführer évoquer son père éleveur de chevaux dans le Jütland, comme si Himmler l'avait connu au Danemark et qu'il était de la famille. Il l'entendait aussi parler des paysans, dont il se sentait proche, et de l'élevage, qui était son premier métier. Sa préoccupation de la question homosexuelle les avait définitivement rapprochés. Était-ce un crime de vouloir les guérir? " Dans cette biographie romancée, Olivier Charneux révèle l'entreprise délirante et monstrueuse d'un médecin danois, Carl Værnet, obsédé par l'idée de régler la question de l'homosexualité pour " le bien de l'humanité ". Porté par une écriture sobre et rigoureuse, ce récit restitue dans sa terrible vérité le parcours d'un homme presque ordinaire guidé par une vision moralisatrice et régulatrice de la société qui conduit encore aujourd'hui dans certains pays du monde à exclure, voire à exterminer tous ceux qui sont perçus comme " différents ".

  • Une petite fille de douze ans voyage seule, avec sa mère, sur la Côte atlantique. La jeune veuve cherche un nouveau mari, sous le regard sévère et attentif de l'enfant. Le récit, rédigé à la première personne, laisse entendre la voix de la fillette, qui observe le manège, les illusions et les désillusions de sa mère, proie idéale des hommes qui se succèdent auprès d'elle. Mais l'essentiel du livre est ailleurs : il concerne l'amour inclassable, inédit, très violent, de l'enfant pour un homme, livreur, père de famille, rencontré au bord de l'océan, au cours de ses promenades solitaires. La passion qui va unir l'adulte et l'enfant n'est pas d'ordre sexuel. C'est une passion que rien ne pouvait prévoir, et que rien ne peut définir. Elle n'aura d'autres limites que celles qu'impose le regard des autres.

  • Maintenant, je voudrais aller en Arctique. - En Arctique ? - Oui, près du pôle Nord. - Le pôle Nord ? C'est loin. - En bateau à moteur, rien de plus facile. Je remonte la Meuse jusqu'à la mer du Nord. Ensuite, je longe la côte est du Royaume-Uni, je passe les îles Orcade au nord de l'Écosse, Shetland puis, à mi-parcours entre Shetland et l'Islande, j'arrive au Feroé. Je regarde le cercle polaire et là, sur ce petit bout de terre au milieu de l'océan glacé, je me dis : Ici, la nuit ressemble à un battement de cils ; ici, il n'y a plus d'avant, plus d'après et les anniversaires sont impossibles à fêter. Les jeunes ressemblent aux vieux, les vieux aux jeunes. Les morts ressemblent aux vivants et les vivants aux morts. Au terme d'une vie sans bonheur, Angèle rencontre un ouvrier plus jeune qu'elle. Il a tout juste le temps de lui confier son rêve d'un dernier voyage avant de mourir. C'est ce rêve, simple et merveilleux, que la vieille femme va accomplir pour lui, entreprenant, de péniche en cargo, une véritable promenade avec l'amour et la mort. Dans ce deuxième roman, grave, poétique, dépouillé, Olivier Charneux poursuit une oeuvre singulière où les êtres se rencontrent et s'aiment, loin de toute convention, chacun révélant à l'autre sa part essentielle d'humanité.

  • Quand, au début des années 1980, un mal étrange et encore innommé décima nombre d´homosexuels, Olivier Charneux vit mourir beaucoup de ses proches.Bien qu´épargné par ce fléau, il chercha dans ce face-à-face avec la mort précoce des raisons de comprendre et d´espérer.Jeune écrivain, il se tourna vers des « Phares » qui balisèrent alors son chemin de survie. Ces « Phares », pour lui, se nommèrent Racine, Pina Bausch, Marguerite Duras, Barbara, Violette Leduc, Jim Jarmusch, Christian Boltanski, Gus Van Sant, Nan Goldin, Coppola, Bram Van Velde, Hervé Guibert et quelques autres...Avec eux, grâce à eux, il a surmonté le chaos.Ces artistes lui ont surtout appris à aimer par temps de détresse.Voici le livre qui détaille avec minutie cette aventure aussi douloureuse que lumineuse.
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  • En avant-première, découvrez les premiers chapitres des titres de la rentrée littéraire de janvier 2016 des éditions Robert Laffont: - Sophie Fontanel, La Vocation - Phrères, Claire Barré - Sanguinaires, Denis Parent - Les Affreux, Jacques Sarthor - Les Guérir, Olivier Charneux - Terre déchue, Patrick Flanery

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