• Mahomet

    Maxime Rodinson

    En proie au déchirement interne et à la menace de ses puissants voisins, l'Arabie se cherche.
    C'est en 571, si l'on en croit la tradition, que naît l'homme qui va incarner l'avenir de ce monde en gestation. La vie et le destin de Mahomet sont marqués par la rencontre entre la force des choses et la complexité psychologique de son personnage.

    Il fallait à l'Arabie une religion monothéiste qui ne soit ni le judaïsme ni le christianisme, un État cimenté par une idéologie adaptée aux attentes de ses habitants. De Mahomet allait naître l'Islam, tout à la fois communauté de croyants, religion et empire à dimensions mondiales, où devait se forger une civilisation nouvelle.

  • Publié pour la première fois en 1980 (dans la " Petite collection Maspero "), La Fascination de l'islam réunit deux études : l'une sur les étapes du regard occidental sur le monde musulman, du Moyen Âge au XXe siècle, et l'autre, sur les études arabes et islamiques en Europe, particulièrement précieuse pour en comprendre les évolutions récentes.
    Cette édition comporte une préface complétée par une étude consacrée à une pièce peu connue d'Alexandre Dumas (père), Charles VII chez ses grands vassaux, écrite en 1831 : elle narre les rapports mouvementés de Charles de Savoisy, seigneur bourguignon du début du XVe siècle, et de Yaqoub, un esclave sarrasin qu'il avait ramené d'une croisade. Par un remarquable travail d'érudition, Maxime Rodinson a reconstitué les faits authentiques dont Dumas s'était librement inspiré. Cette recherche lui permet d'établir un surprenant parallèle entre les perceptions du monde islamique au Moyen Âge -; où le Sarrasin était " l'ennemi de service ", mais respecté -;, et à l'époque romantique, montrant ainsi comment une fascination présente trouve à se nourrir des fascinations du passé : une leçon d'histoire aux implications très actuelles...

  • " Cet ouvrage au titre quelque peu énigmatique aborde de très vastes problèmes.
    Lesquels? Rien de moins que les relations variées qu'entretient, de tout temps et partout, le pouvoir des gouvernants avec celui des " intellectuels ".
    Précisément ceux qui étaient réputés " savoir " - ou qui prétendaient qu'ils savaient - la vérité cachée derrière l'apparence des choses, des événements, des institutions. Ceux qui, en conséquence, pouvaient enseigner des conduites, des pratiques propres à satisfaire les volontés mystérieuses cachées au sein du magma chaotique des phénomènes.

    Très jeune, j'ai été fasciné par l'histoire des religions. N'est-ce pas, au fond, l'essentiel de l'histoire de l'esprit humain? Depuis longtemps, j'étudie les rapports du religieux et du politique dans l'ensemble des sociétés humaines, telles que nous les font découvrir l'histoire universelle et la sociologie ou l'anthropologie. Dépassant le monde de l'Islam, ce sont ces questions sur lesquelles je voudrais attirer l'attention. J'ai été marxiste déclaré pendant une vingtaine d'années. Petit à petit, les événements aidant, je me suis détaché de cette perspective. Je maintiens cependant que Marx avait une vision très juste des rapports entre les structures politiques, économiques et sociales, d'un côté, et les structures idéologiques de l'autre. " M.R.

  • " La vie du monde qui professe la religion musulmane ne peut pas s'expliquer entièrement, loin de là, par la doctrine musulmane. Je me refuse à considérer l'Islam comme une totalité conceptuelle, un système d'idées, de pratiques, qui serait le noyau de tous les comportements, publics et privés. C'est pour cela que j'aime mieux parler des musulmans que de l'Islam, quoique j'accorde également un grand intérêt, sur un autre plan, à la doctrine, à la foi et aux rituels qui leur sont liés.

    Cette série d'articles s'inspire de ces idées générales pour essayer de démontrer les mécanismes des rapports entre la doctrine de l'Islam et le comportement, les structures politiques, sociales, culturelles de ce qu'on appelle le monde musulman. Mais la " doctrine musulmane " elle-même est rarement conforme en tous points à l'Islam de départ. Je ne me borne donc pas à une période particulière de l'histoire musulmane. Certains articles traitent de la structure de l'ensemble des sociétés musulmanes, depuis les origines jusqu'à nos jours. D'autres traitent plus particulièrement des sociétés musulmanes contemporaines. " M.R.

  • Entre arabisme et sionisme, l'affrontement de juin 1967 dont la phase militaire se prolonge en permanents défis, ne fut que l'un des épisodes d'une histoire ouverte à la fin du siècle dernier quand apparurent presque simultanément le sionisme politique et le nationalisme arabe moderne. Dès lors que, pour rebâtir le peuple juif, les inventeurs du nouveau mouvement lui donnaient pour foyer le territoire où la Bible situe l'histoire des Hébreux, cette Palestine que les Arabes tenaient pour partie intégrante de leur nation, la longue coexistence des « cousins » sémites se muait en intolérance, puis en hostilité. La création de l'État juif par la communauté internationale, en mai 1948, exacerba le sentiment de frustration qui hantait déjà les Arabes et les rejeta dans un refus indigné, qu'ont encore accru les victoires israéliennes de 1956 et 1967. Pour les uns nécessité vitale, exigence historique et miracle technique, pour les autres simple phénomène colonial, Israël poursuit une vie triomphante et précaire au coeur d'un monde hostile où chacune de ses victoires avive un appétit de revanche que le socialisme même ne parvient guère à muer en ferveur révolutionnaire. Maxime Rodinson, qui enseigne l'ethnologie du Proche-Orient et s'est imposé comme un des analystes les plus pénétrants du monde musulman, décrit ici les mécanismes d'un conflit d'autant plus tragique qu'il oppose deux droits ressentis comme inaliénables et intéresse une terre et des peuples d'où a surgi notre civilisation.

  • Publié pour la première fois en 1981, ce recueil d'articles n'a rien perdu de son actualité, tant la question juive et l'État d'Israël restent l'objet de tous les délires et de tous les mythes : délire meurtrier ou négateur des antisémites, raccourcis manipulateurs de l'apologétique sioniste et judéocentriste, élucubrations simplistes d'une certaine propagande antisioniste. C'est la formation et la persistance de ces mythes que décrit cet ouvrage. Après avoir retracé sans complaisance son parcours d'intellectuel juif anticolonialiste, l'auteur éclaire la trajectoire du peuple juif à travers les siècles en l'inscrivant dans son contexte social et historique. Armé d'une érudition sans pédantisme, il analyse la dynamique complexe qui a produit le projet sioniste et l'État d'Israël, où l'élan émancipateur noue une alliance paradoxale avec le facteur colonial et le jeu des grandes puissances. S'il refuse les mythes du sionisme, Maxime Rodinson ne remet pas en cause l'existence d'Israël, résultat d'un choix historique contestable mais irréversible. Mais le refus obstiné de reconnaître les conséquences tragiques de ce choix lui paraît une erreur fatale. Enfin, c'est en orientaliste chevronné qu'il décrypte l'aveuglement et l'incompréhension non moins fatals qui caractérisent les visions arabes d'Israël.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition de poche de 1997.)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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