• César et toi

    Marianne Alphant

    Au fond, qu'est-ce qui vous intéresse en lui ? Sa mort ? Vous perdez votre temps, il ne reste rien, c'est poussiéreux. Tâchez de simplifier pour aller vite.

  • Petite nuit

    Marianne Alphant

    La lecture : un pli, une addiction. Le livre : gri-gri, doudou, fétiche, objet transitionnel. La lectrice : passant et repassant depuis toujours à travers les mêmes histoires, les héros préférés, les auteurs familiers dont les figures s'entrecroisent comme sur le divan d'un analyste.

  • Trois femmes dans une chambre autour d'un mourant. Trois parties dans ce livre autour d'un texte ou de ce résidu qu'il laisse quand la voix, intérieure ou haute, l'attention, la distraction le couvrent et le découvrent : bribes ou ossements, relique. Au commencement, la lecture se souvient de son apprentissage, vigilante, appliquée. À mesure qu'elle avance, les signes du livre se mêlent à ceux du monde, la promenade est amoureuse. Au terme de l'histoire l'expédition qui fouille un champ de ruines s'efforce de mettre à jour ce qui est enterré, l'essentiel ou presque rien, plusieurs fois perdu et retrouvé. Tel ce Bois planté sur la tombe d'Adam, puis coupé, rejeté, reconnu, déplacé. Plus tard enseveli, inventé, volé, restitué, comme le rapporte la légende de la Croix.

  • "Lire les Pensées de Pascal, c'est faire l'expérience d'un désordre dont nous sommes inconsolables. En détenir deux ou trois exemplaires pour commencer, puis dix, puis vingt, dans un nombre presque aussi grand de versions différentes, est une étrange expérience. L'ordre ? Il n'a pas progressé depuis plus de trois siècles ; il ne s'est pas défait non plus. D'entrée de jeu, il était perdu. Toutes ces variantes semblent autant de manières de l'approcher, mais aussi bien de s'en éloigner. Depuis le déchiffrement des papiers laissés par l'auteur et les embellissements de la première édition, jusqu'aux plus récentes tentatives d'organiser ces fragments, on a choisi de redonner ici les étapes d'une lecture aventureuse. C'est la vie même de Pascal, énigmatique elle aussi, qui apparaît alors par bribes au fil de la lecture : anecdotes, objets, lettres, rares témoignages. Dans ce fouillis prodigieux, le lecteur des Pensées reconnaît son propre trouble. Trois cents ans plus tard, nous sommes toujours dans la chambre d'un mort."
    Marianne Alphant, philosophe et romancière, dirige les "Revues parlées" au Centre Georges Pompidou. Elle a publié trois romans : Grandes "O" (Gallimard, 1975), Le Ciel à Bezons (Gallimard, 1978), L'Histoire enterrée (POL, 1983) et une biographie de Monet : Claude Monet, une vie dans le paysage (Hazan, 1993).

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'histoire d'une famille, ou d'une absence, n'est pas le motif du texte mais l'aboutissement d'une combinaison de thèmes. Il s'agit, au départ, d'une structure arbitraire à la recherche des événements qu'elle peut engendrer : sept séries de sept éléments qui s'entrelacent les uns aux autres en autant de chapitres, jusqu'à former l'histoire de sept personnages dont les liens se multiplient par des alliances familiales ou formelles. Leur constellation devient peu à peu la métaphore d'un univers mythologique ou divin, dont la présence et le poids sont rappelés en acrostiches par des Antiennes latines - les Grandes Antiennes O de la semaine qui précède Noël - modulant une invocation sept fois variée au Fils de Dieu, comme un compromis entre le souci de taire son nom et celui de le dire. Si l'un des personnages en effet est absent, si à son sujet l'amour, la mort, la faute sont à évoquer, le langage sera entrecoupé de réticences ; d'où les ruptures de la phrase comme des blancs trouant la parole selon un mutisme plus fort qu'elle.

  • Ces choses-là

    Marianne Alphant

    Ce devait être un livre sur la légèreté, entrelaçant des figures dix-huitièmes : grâce et caprice, enchantement, libertinage, fêtes galantes, parcs et folies ; bonheur aussi, cette idée neuve. Mais l'exaltation d'un siècle aérien est sans cesse menacée par le retour d'un dix-huitième plus noir et plus terrible. Le siècle est trouble, il faut choisir, mais la narratrice hésite, tour à tour tentée par le frivole et par l'héroïque. La vie de Casanova ou celle de Robespierre ? Un lit de Fragonard ou des scènes d'échafaud ? L'herbier de Rousseau ou l'exhumation des tombeaux de Saint-Denis ?Watteau, Crébillon, Sade, Mesmer. Le parc d'Ermenonville et la prison du Temple. Tiepolo, Marivaux, Chardin, Danton. La narratrice entre dans le dix-huitième, il se diffuse en elle comme une drogue ou un poison - chaud, inouï, parfois terrible mais, l'époque le veut, toujours sensible.Impossible surtout d'aborder le dix-huitième et ses contradictions, sans avoir affaire à l'Histoire - une Histoire qui n'aime pas qu'on vienne en amateur sur son terrain. La narratrice n'est pas à la hauteur : elle bifurque, elle flotte, elle ne s'intéresse qu'à des détails, l'Histoire s'impatiente et le lui fait sentir.Le récit, la chronologie, les détails: autant d'occasions de conflit entre l'Histoire et son apprentie, cette narratrice égarée parmi les petits faits, les pompons, la porcelaine, les souvenirs qui lui reviennent d'un dix-huitième qu'elle n'a pas connu mais qui l'accompagne comme le secret d'une vie.Ce n'est pas un livre léger, finalement - il court après l'époque, s'accroche à des détails, ne ressemble à rien. Sinon à l'esprit même, à sa pensée volante, fragile, somnolente, tenace, livrée sans résistance à de très anciens affects.

  • L'ouvrage réunit des entretiens avec et sur Jude Stéfan, une suite d'hommages très variés de ses ami-e-s écrivains et artistes d'aujourd'hui et un cahier central de photographies de l'exposition qui lui a été consacrée en 2010. Il comporte des inédits exceptionnels de Jude Stéfan : "Sur le « coup de foudre » littéraire", "Carnets d'un anti-musicien" et "Abrégé d'utopie (essais)" et "Les Voix", seule pièce de théâtre qu'il ait écrite.

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