• Lieux littéraires/La Revue se veut un lieu de réflexion, théorique et historique, sur la littérature née, à partir du xviiie siècle, de ce qu'on désigne habituellement par le terme de « romantisme » mais qui engage, au-delà des représentations artistiques, une vision du monde et une conception de l'Histoire et du Sujet.Lieux littéraires/La Revue est ouvert à toutes les orientations critiques et méthodologiques, dès lors qu'il est question de littérature - des formes et des visées qui lui sont propres, même si les unes et les autres s'enrichissent, par assimilation ou par différence, d'autres types de discours (scientifique, philosophique, politique, etc.) ou d'autres domaines de création (peinture, musique, photographie, etc.). Dans notre perspective, les « lieux littéraires » représentent pour la littérature ce que sont les « lieux communs » à la rhétorique : des figures esthétiques de l'écriture, stables en apparence mais cependant chargées de communiquer le sens et soumises aux évolutions de la culture moderne, de sa production comme de sa diffusion.

  • Si l'on néglige, un instant, les arguties conceptuelles et les débats méthodologiques, il est clair que toute la théorie littéraire est une longue réflexion - ou rêverie - sur le pouvoir de la littérature, sur ce pouvoir mystérieux des mots dont l'écrivain, par vocation artistique, aurait découvert le moyen de décupler l'efficacité. De cette vertu intemporelle du langage, le discours critique sur le Romantisme - disons sur le xixe siècle - a en outre inventé la version historienne, qui est à l'origine de l'extraordinaire renouveau des recherches littéraires sur le xixe siècle français, depuis près d'un demi-siècle. L'homme d'après 1789 aurait découvert l'Histoire : que l'Histoire a un pouvoir sur le réel et un sens, et qu'il lui revient de se saisir du premier pour influer sur le second. Là encore, l'auteur, parce qu'il est, plus que tout autre, libre et responsable de ses mots, aurait la mission de penser le modèle de cette historicité-là, ou, du moins, d'en élaborer l'image textuelle ; si bien que, désormais, toute poétique est, ipso facto, une politique.Tout cela est bien connu. Mais, justement, il ne sera pas question, dans cette troisième livraison de Lieux littéraires, de ces deux images, triomphales et aveuglantes, de la Littérature et de l'Histoire, mais, au contraire, de ce qu'elles ont laissé dans l'ombre - ou à contre-jour.

  • Le second numéro de Lieux Littéraires propose, pour cahier principal, la question de l´Histoire perçue non seulement comme articulation chronologique mais, en tant que phénomène littéraire, comme « rythme » ou, plutôt, partitions croisées de l´Histoire, de la Littérature et des formes de leur médiation, comprises ici dans l´acte, au sens large, de l´édition.Nous avons vu là non seulement une manière de recomposer l´histoire de la littérature mais aussi d´aborder les phénomènes culturels spécifiques au xixe siècle. Le glissement de l´Histoire sur la scène de la fiction n´est pas simple affaire, conjoncturelle, de propagande ou de thèmes.

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