• Sur Vichy et la Shoah, on pensait tout savoir. Ce livre démontre qu'il reste encore beaucoup à découvrir. Répondant à une série de questions clés, Laurent Joly renouvelle profondément l'histoire de la persécution des juifs sous l'Occupation et balaie bien des idées reçues.
    Pourquoi, dès l'été 1940, le régime du maréchal Pétain a-t-il impulsé une politique antisémite  ? Pourquoi a-t-il accepté de contribuer aux déportations massives décidées par les nazis en 1942 et d'assumer pleinement ces opérations, à Paris comme en zone libre  ? Dans quelle mesure l'administration a-t-elle collaboré à la politique génocidaire  ?
    S'appuyant sur de nombreuses sources inédites, restituant les marges de manoeuvre des agents (du dirigeant étatique jusqu'au simple gardien de la paix) et les effets concrets de leurs décisions, Laurent Joly écrit une histoire incarnée, au plus près des exécuteurs, des victimes et des témoins.
    Le lecteur apprendra ainsi que le statut d'octobre 1940 n'est pas une simple transposition de la tradition antisémite française  : Vichy cherche surtout à suivre le modèle nazi. Sur le Vel d'Hiv, il découvrira une histoire qu'on ne lui a jamais racontée  : l'opération du point de vue policier. Enfin, il réalisera que l'idée selon laquelle la persécution des juifs a été occultée par la justice de l'épuration mérite d'être fortement nuancée.
    Au bout du compte, Laurent Joly montre que si toute la puissance de l'État a été mobilisée pour persécuter puis rafler les juifs, les logiques propres à l'appareil étatique, ses objectifs contradictoires, ses pesanteurs et finalement les résistances ont contribué à ce que la majorité des juifs de France, frappés de plein fouet par la persécution, échappent malgré tout à la mort.
     

  • Sous l'Occupation, les collabos étaient les partisans d'un engagement sans réserve aux côtés d'Hitler. Voici les portraits de treize d'entre eux, mégalomanes aux ambitions recuites, gangsters sans états d'âme et autres jusqu'au-boutistes.
    Fondée sur des archives inédites produites par la police et l'institution judiciaire, cette série de treize portraits plonge le lecteur dans le monde de la collaboration-ultra, dévoilant ses ressorts intimes, ses logiques cachées et son étonnante diversité : du politicien venu de la gauche au militant fasciste de toujours, du discoureur professionnel au cagoulard-milicien, en passant par le gangster fourvoyé dans la « Gestapo française ».

  • Laurent Joly, professeur agrégé d'histoire. Allocataire au centre d'histoire sociale du XXº siècle de Paris 1, prépare une thèse de doctorat sur le Commissariat général aux questions juives sous la direction du professeur Pascal Ory. Xavier Vallat est une figure emblématique de l'antisémitisme français et de la persécution des Juifs sous Vichy. Héraut des milieux anciens combattants de la droite catholique à la Chambre des députés pendant l'entre-deux-guerres, il fit scandale le 6 juin 1936 lorsque, s'adressant à Léon Blum du haut de la tribune parlementaire, il lança : « Pour la première fois ce vieux pays gallo-romain va être dirigé par un Juif ». Il devint dès lors le champion des milieux antisémites français, et, en juillet 1940, il se rallia avec enthousiasme au maréchal Pétain. En mars 1941, Xavier Vallat prit la direction du Commissariat Général aux Questions Juives. Pendant un an, il s'acquitta de ses fonctions avec une ferveur fanatique, donnant à la France une législation anti-juive complète et systématique, il ordonna un recensement des Juifs en zone libre et tenta de faire adopter un nouveau Statut des Juifs, encore plus sévère que la législation nazie. Après son départ du Commissariat, il resta jusqu'au bout fidèle au régime et remplaça, en juin 1944, Philippe Henriot (assassiné par la résistance), au micro de la radiodiffusion nationale. En 1947, son procès en Haute Cour fit sensation : Xavier Vallat assuma pleinement son action sous l'Occupation, et alla même jusqu'à utiliser ses convictions antisémites comme stratégie de défense. Ayant sauvé de justesse sa tête, il devint le compagnon de cellule de Charles Maurras. Après sa sortie de prison, il termina sa carrière comme éditorialiste vedette de l'organe nationaliste Aspect de la France, et s'illustra une dernière fois en novembre 1967 en reprenant à son compte - tout en les dévoyant - les propos du général de Gaulle sur les Juifs « peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur ». En suivant tout au long du siècle l'itinéraire politique et intellectuel de Xavier Vallat, c'est toute une tradition politique de la France, catholique et antisémite, que ce livre fait revivre et comprendre.

  • Si, depuis une trentaine d'années, la persécution des juifs sous l'Occupation constitue un enjeu mémoriel important de la société française, il n'existe que très peu d'ouvrages analysant la politique antisémite du régime de Vichy. Se fondant sur une exploitation minutieuse de toutes les archives publiques disponibles, ayant mis au jour une série de fonds jusqu'alors inédits (archives judiciaires de la Libération, dossiers du Conseil d'État ou de la préfecture de Police de Paris, dossiers personnels de carrière des agents du commissariat général aux Questions juives, etc.) et découvert plusieurs archives familiales (dont l'exceptionnel fonds Xavier Vallat), Laurent Joly renouvelle considérablement le sujet. La création du CGQJ en mars 1941, à la demande des autorités occupantes, constitue un tournant décisif. Le vice-président du Conseil l'amiral Darlan et le premier commissaire général aux Questions juives Xavier Vallat interprètent à leur façon ce projet en affirmant ouvertement leur désir de « refouler » les juifs étrangers, polonais et autres, qui, selon les mots de Vallat, « sont venus en véritables légions sur notre pays, pour son plus grand malheur ». Dorénavant, la politique antijuive de l'État français dépend intimement de la politique nazie, dans un complexe et ambigu jeu à trois - les orientations du gouvernement de Vichy, la stratégie des autorités occupantes et les ambitions propres au CGQJ -, qui est ici analysé. Jusqu'en décembre 1941, le commissariat général aux Questions juives s'affirme comme un « véritable ministère » et obtient la promulgation d'un nombre impressionnant de lois et de décrets antisémites. À partir de l'hiver 1941-1942 puis définitivement après la rafle du Vel' d'Hiv, le CGQJ se voit marginalisé dans la conduite de la politique antijuive, désormais négociée au plus haut niveau. Son influence législative et politique est pratiquement réduite à néant. L'histoire au quotidien du CGQJ n'avait jamais été faite. Combien cette administration exceptionnelle compta-t-elle d'employés ? Qui étaient-ils ? D'où venaient-ils ? Comment se représentaient-ils leur activité professionnelle ? Quels ont été les résultats et les conséquences humaines de leur politique ? Ayant plus particulièrement étudié le parcours des 180 cadres du CGQJ, Laurent Joly analyse le profil sociologique, la mentalité et les méthodes de travail de tous ces bureaucrates et exécuteurs de la politique antijuive de Vichy.

  • Cet ouvrage éclaire les deux faces, politique et sociale, du phénomène de la délation sous l´Occupation. D´une part, il étudie la pratique en elle-même - qui dénonce qui ? comment ? à qui ?...- et ses conséquences sur les catégories visées par la propagande politique du moment. De l´autre, il restitue le contexte de pénurie et de bouleversements des rapports sociaux favorisant la délation, qui, souvent, trouve son origine dans le sentiment d´injustice vécu par une partie de la population.
    Chacun des 11 chapitres qui composent ce livre explore un aspect particulier de la délation : la délation dans les régimes totalitaires étrangers (Allemagne, URSS, Italie) ; les insultes au Maréchal Pétain ; la place de la délation dans la traque des communistes, des juifs ou des réfractaires au STO, dans la répression du marché noir et des fraudes sur les prix ; l´institutionnalisation de la délation en matière d´avortement et de déviances morales ; son rôle dans la politique de nazification en Moselle annexée ou, à l´inverse, dans le réapprentissage de la citoyenneté française en Alsace en 1945 ; sa banalisation en zone occupée ; enfin, le jugement et l´épuration des délateurs à la Libération.
    Un ouvrage original et inédit sur un pan capital et pourtant méconnu des années noires.

  • L'Action française est assurément, en France, le mouvement d'extrême droite le plus influent du xxe siècle. Née en 1899 sous l'égide intellectuelle de Maurice Barrès, elle tombe rapidement sous l'emprise du royaliste Charles Maurras. Laurent Joly nous livre ici la première étude consacrée à cette naissance, dans le contexte de l'affaire Dreyfus. Fondateur de l'AF, Henri Vaugeois en appelle alors à une dictature militaire ennemie de « l'humanitarisme » judéo-protestant. Maurras, pour sa part, n'hésite pas à encenser l'action antisémite de Jules Guérin, escroc notoire. Quant à Barrès, compromis dans la tentative de coup d'État de Déroulède en février 1899, il reconsidère son nationalisme à la lueur du racisme crépusculaire de Jules Soury. Tous se retrouvent autour de l'Action française, qui s'institue « laboratoire de nationalisme » avant de se convertir à la « monarchie de salut public » (1901). Le petit groupe fait ainsi le lien entre l'extrême droite du xixe siècle, royaliste et cléricale, et celle du xxe siècle, ultra-nationaliste, xénophobe et volontiers athée. À partir d'archives privées et de multiples sources inédites, Laurent Joly restitue, à l'échelle des individus, les conditions sociales et les logiques cachées d'une conversion politique. Battant en brèche le récit héroïque des débuts de l'« école » d'AF, l'enquête fourmille de révélations sur la personnalité et les aspirations du duo Barrès-Maurras à l'aube du xxe siècle. Elle apporte ainsi une contribution décisive à l'étude de la magistrature intellectuelle et du charisme en politique.

  • Omniprésente dans l'imaginaire lié à la France des années noires, la délation contre les juifs n'avait pourtant jamais fait l'objet d'une enquête approfondie. L'ouvrage de Laurent Joly vient combler cette lacune. Omniprésente dans l'imaginaire lié à la France des années noires, la délation contre les juifs n'avait pourtant jamais fait l'objet d'une enquête approfondie. L'ouvrage de Laurent Joly vient combler cette lacune. Croisant approche institutionnelle et études de cas individuels, il examine tour à tour le rôle de la dénonciation dans les pratiques du commissariat général aux Questions juives, de la Gestapo, de la préfecture de Police et du journal Au Pilori. Ayant mis au jour les archives judiciaires concernant les quelque 240 Parisiens jugés, après la guerre, pour dénonciation de juifs sous l'Occupation, Laurent Joly interroge la figure du délateur, décrypte sa mentalité, ses mobiles, ses justifications. À partir de correspondances privées inédites, il fait également revivre le destin de victimes, telle Annette Zelman, dénoncée à la Gestapo par les parents de son fiancé non juif et déportée en juin 1942. Tout un pan de la vie et de la persécution des juifs à Paris est ainsi ressuscité : des contextes sociaux conflictuels, des stratégies de sauvetage anéanties, des vengeances sordides se donnant libre cours jusqu'aux dernières heures de l'Occupation. La délation contre les juifs n'est pas ce phénomène de masse que l'on imagine communément. Instrument de la politique génocidaire des nazis, elle n'en a pas moins provoqué la mort de plusieurs milliers de femmes, hommes et enfants.

  • Préfécture de Police de Paris, 3e étage. Sous la férule d'André Tulard, chef du "service juif", une centaine de fonctionnaires est chargée d'appliquer la réglementation antisémite. Les cadres intermédiaires organisent le recensement des juifs. Les agents d'accueil du bureau 91 examinent les cas "douteux" et reçoivent les délcarations tardives. Des auxiliaires fabriquent le "fichier juif" ; d'autres s'occupent du classement des fiches puis de la préparation des rafles. Au même moment, les mille agents du commissariat général aux Questions juives, organisme politico-administratif créé à la demande des autorités allemandes, mettent en oeuvre les multiples mesures d'interdictions professionnelles et gèrent la spoliation des biens.
    Qui sont ces fonctionnaires et ces agents d'Etat improvisés ? Comment se représentent-ils leur travail ? Quels effets ont, sur les victimes, ces logiques professionnelles, intérêts de service, stratégies de carrière ?
    A partir de sources inédites - dossiers de personnel, archives de l'épuration, fonds privés et entretiens individuels avec d'anciens fonctionnaires de Vichy -, Laurent Joly signe la première étude comparée de ces deux institutions publiques qui ont joué, sous l'Occupation, un rôle majeur dans la politique de persécution antisémite.
    Alternant portraits de bureaucrates et approches quantitatives, cette enquête éclaire d'une lumière originale le fonctionnement de l'Etat et de ses dérives en situation exceptionnelle. Dans le contexte d'occupation et de dictature pétainiste, la porosité entre administrations traditionnelles et organismes nouveaux de la Révolution nationale apparaît ainsi plus importante qu'on ne le pensait, favorisée qu'elle est par l'extrême politisation de l'activité bureaucratique.

  • Compte-rendu d'actions-lecture menées par des documentalistes et des professeurs de collèges, lycées et lycées professionnels. Descriptifs, fiches outils, fichées idées, analyses et commentaires. Avec un guide pour les enseignants et les documentalistes.


  • Intégrer la fonction publique, la collection de votre réussite !

    Cet ouvrage s'adresse aux candidats au concours : Agent des finances publiques, des douanes et de la concurrence

    - Un test-diagnostic pour vous évaluer, personnaliser votre préparation, corriger vos points faibles et faire de vos points forts des atouts ;
    - Une préparation efficace avec les connaissances indispensables, des exercices corrigés et commentés, des sujets de concours ;
    - Toutes les épreuves écrites et orales pour franchir toutes les étapes de la sélection ;
    - L'expérience des auteurs : leurs conseils pour le jour J, les erreurs les plus fréquentes, les pièges à éviter.
    - La mise à jour des données chiffrées (actualités, lois...)

  • Comment l'art s'exprime-t-il pour nous raconter notre histoire? Que ce soit par les autels sculptés de Louis-Amable Quévillon, ces trésors oubliés de l'Atelier des Écores à l'Église de Saint-Joachim-de Shefford ou par le travail du vitrail de Guido Nincheri, que ce soit par l'art public ou l'art médiéval de l'héraldique, l'histoire nous apparaît sous diverses représentations selon les époques. Parmi toutes ces formes d'art, l'art religieux est celui qui nous offre le plus de trésors à préserver. À une époque où les églises disparaissent à une vitesse vertigineuse, qu'advient-il de toutes ces oeuvres d'art? Et qu'en est-il des clochers et leurs cloches?
    En complément, quelques textes aux sujets variés : l'histoire qui change avec le temps et les nouvelles découvertes; la vie de Marie Sirois, « la femme la plus forte du monde »; chercher sa famille à travers le temps, l'histoire d'une passion pour la généalogie et une rubrique économique qui remonte au régime français.

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