• Vous avez dit République bananière ? Les bonnes âmes, en ces temps de commémoration complaisante, crieront au scandale. Mais comment qualifier autrement cette France qui, deux cents ans après la Révolution, célèbre le culte de ses présidents-monarques et organise l'impuissance du Parlement, la dépendance des juges, la valse des fonctionnaires, les trafics d'influence, le financement clandestin des partis et, le moment venu, l'amnistie ? Comment expliquer la complicité de la classe politique que ces atteintes à la démocratie laissent indifférente ? Et que penser des mystérieux critères qui ont guidé nationalisations ou privatisations et certains choix comme le nucléaire ou le Plan-câble ? Quant aux «affaires» et aux scandales -politiques ou financiers -, on en parle quinze jours, un mois, et on les enterre. «1992», les droits de l'Homme, la «République des petits porteurs», autant d'envolées lyriques qui doivent faire oublier au citoyen sa situation face à l'Etat, à ses grands commis, à sa justice sur mesure et à son culte obsessionnel du secret. Avec un certain sens de la provocation, les auteurs démontrent que la France, aujourd'hui, n'est plus un modèle : c'est une république bananière qui ne le sait pas encore.

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