• "Je regarde des tableaux depuis mon enfance. Certains, au fil des années, ont rajeuni jusqu'à retrouver la fraîcheur de leur invention. Cette familiarité n'a pu devenir une science : je mêlais toujours un peu de moi-même à l'énigme que j'y découvrais.
    Je ne sais pourquoi, un jour, l'idée que les maisons peintes ne logeaient que des carrés de ciel m'a dicté ce livre.
    Sur quoi ouvrent ces fenêtres ? Un infini déguisé en une source naturelle? Sur le vide dans lequel ces fictions sont suspendues ? La brèche d'un aquarium où notre idée d'une réalité viendrait flotter ?"

  • "Journal de travail, une saison et deux. Tout y passe, ou presque : le tout-venant du travail (parenthèses qui doivent alléger les livres et y épargner les jeux de mots, c'est-à-dire les gammes du matin, à l'heure où Hugo faisait des vers). Journal? Un compagnon encore plus fidèle qu'un chien. Aventures de bibliothèque : je ne voyage plus. Improbable journal de bord : mon navire est à l'encre. Mais je ne sais comment une espèce d'intranquillité du temps lui-même empêche le calme de la nuit : c'est sans doute que l'encrier remue et la main qui jamais ne dort doit suivre et de nouveau courir."

  • 'Je me perds dans mes souvenirs d'enfance comme un vieillard... Je n'attends plus rien de la vie qu'une suite de feuilles de papier à barbouiller de noir. Il me semble que je traverse une solitude sans fin, pour aller je ne sais où. Et c'est moi qui suis tout à la fois le désert, le voyageur et le chameau.' Flaubert.

  • 'Voilà mis en danger ce que j´ai cru aimer de la passion la plus exclusive, qui n´avait cependant de réalité que la douceur, l´espèce de calme ainsi posé dans une fin d´enfance comme le premier brouillon d´une vie des sentiments, l´effet incalculable d´une première séduction qui exigeait d´un enfant qu´il fût déjà le père de ses sentiments, qu´il sût maîtriser des émotions et qui n´a bientôt réussi qu´une capture de son âme ; l´attachement déraisonnable à celle qui tentait de lui montrer de toutes les façons possibles la beauté du monde et dont il voulait surtout croire que la dernière réalité de cette beauté reposait en elle comme si elle en eût été la prêtresse antique, la fileuse au rouet, la dentellière maniant les fuseaux de laines colorées.'

  • Il y a bien eu, dans le refus d'un culte des images en Europe latine, la construction d'un dogme des images portant prescription de leur usage conforme à leur pouvoir d'évocation du passé (un art de mémoire), aux manipulations de figures dans la machinerie des rêves. La théologie et les philosophies en ont fait l'instrument approché de toute connaissance conçue comme la lecture d'un tableau, possible parce que nous en participons par notre nature. Que signifient les formules de la création : l'homme a été fait comme une image - l'homme a été créé selon le mode des images - Dieu a créé l'homme à son image, ou encore, il l'a fabriqué par une image ?

  • Le monde de la mémoire par lequel nous tenons à la réalité passée est un univers dont nous ne sommes pas départagés.
    Le retour du passé (vécu, imaginé) est-il celui d'images dans lesquelles nous sommes pris comme des corps transparents, des semblants d'existence? Que régissent les images? Elles sont au carrefour de tout processus de pensée et comme le substrat sur lequel s'édifie l'interprétation d'un réel qui ne peut exister sans langage et sans imaginaire, c'est-à-dire sans les formes par lesquelles nous l'appréhendons.
    Cet essai n'a d'ordre que celui d'une promenade (méditation d'un promeneur) dans ce que nous croyons le temps : dans ce que la mémoire a immobilisé pour notre éternité.
    Deux tableaux ponctuent ces méditations : le portrait d'une jeune fille par Berthe Morisot, une chambre vide à Venise par Turner. Le texte fait le songe de la réalité que la mémoire invente. Avons-nous jamais été dans les images qui composent nos souvenirs? Elles sont les corps étrangers dont notre mémoire se nourrit.

  • 'Quatrième tome du moi. Les deux volumes précédents, La Cause des portraits, De quel tremblement de terre... avaient pour objet non les souvenirs dont peuvent se composer des récits ou s'esquisser des tableaux. Leur seul sujet est le temps dont je suis l'hypothèse provisoire ou, comme l'on voudra, le cobaye, l'essai expérimental. Cette vie mise en papier n'a pu être un roman. Elle est l'écriture irrégulière de ses passions.'

  • Main courante t.1

    Jean-Louis Schefer

    Tome I : Que fait apparaître la loupe promenée sur les détails de la vie? Des ralentis, des accélérations, des idées, des humeurs, des réseaux de distribution d'images ou d'idées fixes.
    Comment se constitue l'objet d'un texte? Selon la façon dont se transforment les minutes et les heures de la vie. La machine qui écrit, prélève, choisit et disperse ne sert sans doute qu'à faire un portrait du temps, rapide, accéléré : que fait-elle de la vie? Une fiction inachevée parce que l'on a oublié d'en retirer celui qui écrit. Le journal n'est pas le rêve d'un roman : c'est un laboratoire.
    Que garder des heures qui passent, des événements, des détails, des enchaînements de motifs insignifiants? Tout. La mémoire est une occupation de tous les jours.

    Tome II :'Suite discontinue du premier volume. Journal : mauvaises pensées, femmes fatales, la servante, évaporations en tous genres.' Tome III : 'La lecture, autrement dit le XIXe siècle, époque de la littérature. Fin du siècle, dérèglement moral. Aujourd'hui, fin du monde annoncée ; le dérèglement du temps ; un coucher de soleil sur l'océan. Pourquoi écrire? Sommes-nous des moralistes? Restes d'amour. Les figures divines. Mélancolie des dîners, pourquoi? Aventures de papier.'

  • Main courante t.2

    Jean-Louis Schefer

    Tome I : Que fait apparaître la loupe promenée sur les détails de la vie? Des ralentis, des accélérations, des idées, des humeurs, des réseaux de distribution d'images ou d'idées fixes. Comment se constitue l'objet d'un texte? Selon la façon dont se transforment les minutes et les heures de la vie. La machine qui écrit, prélève, choisit et disperse ne sert sans doute qu'à faire un portrait du temps, rapide, accéléré : que fait-elle de la vie? Une fiction inachevée parce que l'on a oublié d'en retirer celui qui écrit. Le journal n'est pas le rêve d'un roman : c'est un laboratoire. Que garder des heures qui passent, des événements, des détails, des enchaînements de motifs insignifiants? Tout. La mémoire est une occupation de tous les jours.

    Tome II :'Suite discontinue du premier volume. Journal : mauvaises pensées, femmes fatales, la servante, évaporations en tous genres.

    Tome III : 'La lecture, autrement dit le XIXe siècle, époque de la littérature. Fin du siècle, dérèglement moral. Aujourd'hui, fin du monde annoncée ; le dérèglement du temps ; un coucher de soleil sur l'océan. Pourquoi écrire? Sommes-nous des moralistes? Restes d'amour. Les figures divines. Mélancolie des dîners, pourquoi? Aventures de papier.

  • Ce livre reprend une conférence faite en octobre 1997 : qu'est-ce que l'image du dieu mourant à l'écran? Quatre conférences imaginaires lui font suite : l'hypothèse d'une machine expliquant ce qu'est un homme, une proposition sur la genèse des rêves en 1806, les fantasmagories du Second Faust, une image de neige fondant sous les yeux de Perceval.
    Jean Louis Schefer développe dans cet essai l'idée que le cinéma appartient à l'histoire de nos poétiques. Il continue, accélère ou modifie, une projection d'images ininterrompue dans toute notre histoire ; et il fait maintenant revenir les images anciennes.

  • Musil, Rousseau, Edgar Poe, Calderon, Joseph de Maistre, Kenzaburo Oé, un spectacle de danse, le Saint-Sacrement, Suétone... Que font-ils ensemble? Pas une histoire de la littérature. Des choses écrites. Quel est ce mélange de bibliothèques? Ce nest pas celui didées, de poétiques, ou dargumentations. Le résultat de ces jeux avec le temps et avec la vérité nous donne non des héros, des psychologies, des témoignages du temps mais ouvre des univers sans preuve.
    La littérature (roman, théâtre, poème) a construit des univers inhabitables ; elle a dû créer un monstre singulier comme leur destinataire ou leur expérimentateur : le lecteur.
    Peut-on autrement répondre à la question 'Quest-ce que la littérature?' dans sa version la plus brutale : 'À quoi ça sert?' Un temps sans contrôle, sans échéance, sans vérification réelle a donné naissance à des personnages, à des constructions dunivers. Sont-ils nos doubles errant dans toute lhistoire? Ils sont notre langage agissant par figures et par actions, hors datteinte de la loi : leurs mondes sont inachevés.
    Souffrance de Sigismond, un pas de danse, origine du langage chez Rousseau, fiction dun corps médical, plaintes de Bérénice : ces mondes sont habités par un seul passager : le lecteur.

  • Reprenant au détail l'analyse systématique d'un tableau vénitien du XVIe siècle, Une partie d'échecs, le présent essai entend déplacer les grilles formelles d'une première publication. Ce travail de jeunesse avait donné lieu à un malentendu qui s'est nommé sémiologie des arts visuels. L'auteur était une ombre, il y manquait la chair, la peinture et la comédie des passions simulées, c'est-à-dire les raisons de notre attachement aux fictions. Ce livre-ci, à son tour, s'annule de lui-même : tout doit s'effacer. Le plaisir est la disparition de son objet, l'assurance de son évanouissement. L'objet d'élection ne meurt pas, il devient le passé. Seule la jouissance en est le présent.

  • Cet ouvrage, considérable, monumental non pas tant par sa taille, que par la somme d'érudition et de savoir qu'il représente, l'ampleur de sa documentation et le très grand intérêt de son sujet, cet ouvrage est un événement.

    Jean Louis Schefer, écrivain, historien, critique d'art, philosophe, s'est engagé totalement dans cette recherche.

    Tout part de la célèbre prédelle de Paolo Uccello, Le Miracle de l'hostie (circa 1467) où l'on voit une hostie consacrée saigner à la suite du sacrilège qu'a commis sur elle un usurier juif à qui elle a été remise pour solder une dette. Jean Louis Schefer s'est interrogé sur la signification de cette réprésentation, ses origines, ses implications, sa postérité (jusqu'au mythe de Dracula, par exemple!). Elles mettent en cause la théologie, le rituel catholique à travers les sacrements, la monnaie (puisque l'agneau, par exemple a longtemps figuré sur les pièces frappées au Moyen-Âge et que la théorie monétaire de Moyen-Âge apparaît inséparable de l'évolution du signe sacré. Elles interrogent la fondation et la gestion morale des images dans notre culture. Elles démontent les mécanismes par lesquels s'est instauré le dogme de l'incarnation, de la transsubstantiation et aussi les stratégies d'accréditation qui s'en sont suivies (les miracles, les légendes).

    L'Hostie profanée, histoire d'une fiction théologique, abondamment illustré in texte et hors texte, contenant de nombreux documents légendaires, rituels ou doctrinaux pour la première fois traduits (du latin, de l'italien, de l'allemand) est un ouvrage irremplaçable pour la compréhension du monde occidental chrétien, notre monde.

  • La peinture a toujours été considérée comme l'inscription d'un "imaginaire" où l'improbabilité d'une articulation interne (la structure) renvoie paradoxalement son texte à des traductions (littéraires, esthétiques) ou à des interprétations (histoire et/ou critique d'art). C'est qu'en effet l'analyse picturale 1/ a sans cesse pris pour objet les constituants formels du tableau, c'est-à-dire une "ratio" de l'image qui n'en consacre que l'altérité (peinture/langage) ; altérité qui n'est essentiellement saisie que comme un déportement de notre lieu élocutoire. 2/ D'autre part elle n'a pu s'articuler que sur un circuit interprétatif supposant l'universalité des termes symboliques : chez Panofsky, par exemple, l'interprétation n'opère jamais que leur connexion. Par le déplacement critique de ces points de vue, l'analyse construit ici, comme probabilité structurale du tableau, la matrice à partir de laquelle tout texte (corpus) non construit sur cet espace s'y réintroduit pour le constituer : lecture et construction du tableau comme système de ses zones d'implicitation ; découverte aussi des conditions structurales d'une "pensée figurative". L'espace propre à cette pensée étant constitué par une implicitation de codes (rhétorique, numéral, géométrique, logique...) - dont la perspective s'est proposée comme la transcription symbolique (au sens analytique) et immédiatement idéologique : c'est donc un travail de désimplicitation de l'image qui articule cette analyse. La sortie en est donc double : réflexion sur le statut de l'image, mais théorie du texte représentatif - définition "structurale" d'une époque du tableau, de ce dont le tableau est aussi "épochè", retenue, suspension : de la "parenthèse" représentative. Le "titre" de ces opérations est "une partie d'échecs", tableau de Paris Bordone, peintre vénitien, élève du Titien.

  • La peinture a toujours été considérée comme l'inscription d'un "imaginaire" où l'improbabilité d'une articulation interne (la structure) renvoie paradoxalement son texte à des traductions (littéraires, esthétiques) ou à des interprétations (histoire et/ou critique d'art). C'est qu'en effet l'analyse picturale 1/ a sans cesse pris pour objet les constituants formels du tableau, c'est-à-dire une "ratio" de l'image qui n'en consacre que l'altérité (peinture/langage) ; altérité qui n'est essentiellement saisie que comme un déportement de notre lieu élocutoire. 2/ D'autre part elle n'a pu s'articuler que sur un circuit interprétatif supposant l'universalité des termes symboliques : chez Panofsky, par exemple, l'interprétation n'opère jamais que leur connexion. Par le déplacement critique de ces points de vue, l'analyse construit ici, comme probabilité structurale du tableau, la matrice à partir de laquelle tout texte (corpus) non construit sur cet espace s'y réintroduit pour le constituer : lecture et construction du tableau comme système de ses zones d'implicitation ; découverte aussi des conditions structurales d'une "pensée figurative". L'espace propre à cette pensée étant constitué par une implicitation de codes (rhétorique, numéral, géométrique, logique...) - dont la perspective s'est proposée comme la transcription symbolique (au sens analytique) et immédiatement idéologique : c'est donc un travail de désimplicitation de l'image qui articule cette analyse. La sortie en est donc double : réflexion sur le statut de l'image, mais théorie du texte représentatif - définition "structurale" d'une époque du tableau, de ce dont le tableau est aussi "épochè", retenue, suspension : de la "parenthèse" représentative. Le "titre" de ces opérations est "une partie d'échecs", tableau de Paris Bordone, peintre vénitien, élève du Titien.

  • La collection "Lieux de l'écrit", dirigée par Régis Durand, se propose de porter un regard nouveau sur l'espace des grands écrivains de notre temps. Qu'il s'agisse de lieux réels ou imaginés, c'est toute une manière d'habiter ou de penser le monde qui est ainsi abordée, par la mise en relation de deux approches différentes. D'une part, un texte, qui parfois prend le parti de l'analyse, parfois, au contraire, se rapproche plutôt d'une fiction, d'un acte d'imagination. D'autre part, un essai photographique qui, plutôt que de produire des documents, cherche à donner corps à un imaginaire, à l'investir de la part de réel que comporte toute photographie.

  • La collection "Lieux de l'écrit", dirigée par Régis Durand, se propose de porter un regard nouveau sur l'espace des grands écrivains de notre temps. Qu'il s'agisse de lieux réels ou imaginés, c'est toute une manière d'habiter ou de penser le monde qui est ainsi abordée, par la mise en relation de deux approches différentes. D'une part, un texte, qui parfois prend le parti de l'analyse, parfois, au contraire, se rapproche plutôt d'une fiction, d'un acte d'imagination. D'autre part, un essai photographique qui, plutôt que de produire des documents, cherche à donner corps à un imaginaire, à l'investir de la part de réel que comporte toute photographie.

  • Ainsi Teste aurait été à l'école ? Non, du moins pas lui-même. Il a dû, comme il l'a toujours fait, emprunter le corps de quelqu'un d'autre. Le corps ou l'esprit écolier débrouillant sa grammaire dans des lectures. ? Alors, pas d'enfance ? Non, il est né vieux ? d'ailleurs avez-vous déjà vu vos fantômes enfants, à la mamelle, au berceau, à l'état de bébé ? Pas l'ombre d'un biberon dans cette vie ? peut-être, après tout, un encrier, un encrier à tétine ? ? Mais alors ? ? il était le confesseur, non le professeur ; le confesseur avant la faute. Quelque chose, si j'osais, comme l'ombre avant le corps, ou bien un corps sans ombre ? une machine ? ? cet emploi d'autrefois qu'on nommait un répétiteur : « Répétez après moi ! »

  • Origine du crime

    Jean-Louis Schefer

    Désastres, guerre qui vit encore en nous, images détachées de notre vie, du temps? Ce que nous avons vécu, ce dont nous ne parvenons à entreprendre exactement d'écrire le roman, doit-il perpétuellement demeurer inaccompli et inachevé jusque sur les images qui en perpétuent la mémoire? Ce livre n'a peut-être d'autre sujet que celui-ci : il est destiné à contenir l'objet le plus fragile du monde, comme si toute notre science résidait cependant en lui. Le lien du passé serait ainsi, tour à tour, une chose et une signification : le lieu où nous revenons par fiction, hors de notre corps, et ce que nous traitons comme le plus étranger, le plus lointain : une partie et seulement la plus énigmatique de ce nous-même dont nous poursuivons l'imagination sous le travestissement habituel de souvenirs, d'époques et de mondes disparus.
    Est-ce parce que les sentiments éveillés sont devenus plus grands que les objets et que, dans cette composition nouvelle, nous ne parvenons à tracer leurs figures?

  • Tome I : Que fait apparaître la loupe promenée sur les détails de la vie? Des ralentis, des accélérations, des idées, des humeurs, des réseaux de distribution d´images ou d´idées fixes.
    Comment se constitue l´objet d´un texte? Selon la façon dont se transforment les minutes et les heures de la vie. La machine qui écrit, prélève, choisit et disperse ne sert sans doute qu´à faire un portrait du temps, rapide, accéléré : que fait-elle de la vie? Une fiction inachevée parce que l´on a oublié d´en retirer celui qui écrit. Le journal n´est pas le rêve d´un roman : c´est un laboratoire.
    Que garder des heures qui passent, des événements, des détails, des enchaînements de motifs insignifiants? Tout. La mémoire est une occupation de tous les jours.

    Tome II :«Suite discontinue du premier volume. Journal : mauvaises pensées, femmes fatales, la servante, évaporations en tous genres.» Tome III : «La lecture, autrement dit le XIXe siècle, époque de la littérature. Fin du siècle, dérèglement moral. Aujourd´hui, fin du monde annoncée ; le dérèglement du temps ; un coucher de soleil sur l´océan. Pourquoi écrire? Sommes-nous des moralistes? Restes d´amour. Les figures divines. Mélancolie des dîners, pourquoi? Aventures de papier.»

  • Jean Louis Schefer emprunte le titre de ce nouveau recueil d'essais (articles, préfaces de catalogue, etc.) au recueil de dessins de Watteau : des esquisses, des poses, des études de mains ou de plis d'étoffes, quelques ébauches de compositions peintes ou des figures de remplois. Comme le dit l'auteur : 'On y trouve une population de figures errantes et de personnages sans rôles, apparemment là pour rien.' Ou encore : 'Un recueil est par privilège du genre une espèce de fourre-tout, un dictionnaire sans usage, un catalogue de repentirs : un peu de peinture, une pincée de littérature, une touche de cinéma, quelques textes à propos de rien ; la roue libre de la pensée et du style et, surtout, la permission donnée à leur irrégularité.' Et aussi : 'C'est un recueil, son objet est donc changeant plus que disparate. Il garde provisoirement, comme tout livre, l'horizon dispersé de cette lubie qui fait la littérature : tout écrire.' Ainsi, de Giacometti à Roland Barthes, de Kandinsky à Tàpies, de Hitchcock à Straub, les comparaisons, les échos et aussi l'arbitraire, composent un livre riche et coloré, dans la littérature, et selon la méthode si bien illustrée dans certaine fameuse maison de peinture.

  • Lensemble de ce livre, promenades de musées, dialogues avec des sujets de peinture, 'lettres' ou réponses à des demandes de commentaires de peinture, ne développe pas de philosophie de lart, namorce pas une théorie de la figure et ne prend pas parti, non plus, dans une querelle sur lart contemporain. Mais quelque chose dautre y est introduit ou construit, à travers un dialogue avec les fragments de ce 'portrait du monde' que fait la peinture par le moyen des corps. Le texte doit en effet, avant de dire la loi ou dorganiser lhistoire, laisser parler ces corps inconnus parce quils sont la séduction même de lhistoire. Quest donc le mélange du sérieux et de la fantaisie, de la constance et du caprice? Est-ce un jeu? Est-ce, autrement, un style? Cest lactivité du portrait.

  • "Saison cinq sur le même scénario.
    Ce qu'est un journal. Le travail ; de la nécessité d'oublier. Sur quelle musique dansaient les morts? Scénario de l'Europe à la fin du Moyen Âge : mise en scène dramatique de la naissance de l'Europe. Amitiés. Vanités. La vie comme elle coule. Un importun festival. Roland Barthes un peu. Mon testament."

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