• Clint Eastwood est aujourd'hui le metteur en scène de cinéma le plus populaire au monde. Sa longévité exceptionnelle - il tourne et joue encore à quatre-vingt-dix ans - lui a permis de traverser les époques et les genres : western, mélodrame, film policier. Il revisite les classiques du cinéma américain tout en les adaptant au contexte social et politique de notre temps. On pourrait le classer à droite si l'on considère ses prises de position politiques et quelques-uns de ses thèmes, comme celui du flic qui ne s'embarrasse guère de légalité, ou celui du mâle blanc sauveur. Pourtant, il serait trop facile de ne retenir que cette image. Des féministes voient en lui le déconstructeur de la masculinité. Les Africains-Américains en font leur acteur préféré.
    Il y a donc un mystère Clint Eastwood, que ce livre tente d'éclaircir, en analysant sociologiquement son parcours et en rendant compte de la manière dont il représente les questions de classe, de genre et de couleur. L'ambivalence est le maître mot de son oeuvre et lui donne son caractère ouvert, susceptible d'appropriations multiples et contradictoires.

  • Loin des clichés et du folklore touristique, la Corse présente une réalité plurielle et complexe. Ce petit livre synthétique, factuel et non partisan en propose une analyse rigoureuse, au croisement de l'ethnologie et de la sociologie pour envisager avec lucidité les possibilités aussi bien que les menaces du futur.
    Loin des clichés, la Corse présente une réalité plurielle et complexe.
    Appuyant son analyse sur un socle historique qui rappelle les contraintes de l'insularité, l'auteur commence par un examen des transformations qui ont marqué le dernier demi-siècle : bouleversement de l'agriculture, développement du tourisme, inversion de la dynamique démographique. Ces constats permettent de comprendre l'essor des revendications nationalistes et la violence politique qui ont marqué la Corse dans un contexte de déclin des " clans " traditionnels. La légitimation de l'autonomie a largement bénéficié de la puissance d'un mouvement culturel (le
    riacquistu), aujourd'hui hégémonique. L'économie corse est à présent largement fondée sur le tourisme : cela entraîne de nouvelles contraintes, liées au développement d'une délinquance économique, à la saisonnalité et à l'augmentation des prix, notamment dans l'immobilier.
    Constamment fondé sur des faits, non partisan, ce livre croise l'ethnologie et la sociologie pour envisager avec lucidité les possibilités aussi bien que les menaces du futur.

  • L'extraordinaire succès de l'oeuvre de Pierre Bourdieu brouille en partie sa lecture. Ses interprètes ne s'encombrent pas toujours d'un examen attentif des textes et encore moins d'une réflexion sur la genèse sociale de concepts désormais classiques : qu'ils s'emploient à célébrer ou à dénigrer l'édifice théorique, ils en mésestiment fréquemment les complexités. À rebours du traitement ordinaire que les routines académiques réservent aux productions intellectuelles, Jean-Louis Fabiani tente d'appliquer à Bourdieu les outils qu'il a lui-même forgés. Cette méthode permet ainsi d'éprouver à la fois leur efficacité pour rendre compte de la trajectoire du sociologue et leur portée heuristique en général. Il s'agit de réintégrer « Bourdieu » dans le cadre analytique qu'il a lui-même construit, non pas pour le transposer de façon mécanique, mais pour en mesurer éventuellement les limites. En interrogeant les ambiguïtés et les inflexions de l'oeuvre comme les ambivalences de ses usages savants et politiques, ce livre en montre une part de la grandeur cachée, et, en ne prenant pas entièrement au sérieux l'ambition héroïque du grand théoricien, il lui donne la possibilité, apparemment paradoxale, de survivre à ses propres contradictions. Directeur d'études à l'EHESS et professeur de sociologie à Central European University (Budapest), Jean-Louis Fabiani est l'auteur d'une dizaine de livres, dont Les Philosophes de la République (Minuit, 1988) et Qu'est-ce qu'un philosophe français ? (Éditions de l'EHESS, 2010).

  • Quelles sont les transformations les plus significatives intervenues dans les sciences sociales depuis vingt-cinq ans ? À partir de comptes rendus d'ouvrages qui ont fait date, Jean-Louis Fabiani propose un récit cohérent de la trajectoire de la discipline en France et aux États-Unis. Bourdieu, Foucault, Abbott, Passeron, Boltanski et Latour sont parmi les grands noms qui font l'objet de ces textes incisifs. Pour l'auteur, la lecture est une pratique sociologique à part entière. L'analyse des notions majeures à l'oeuvre en sociologie témoigne de l'entrelacs permanent de la structure - le macrologique - et de l'événement - le micrologique - aussi bien que des conditionnements durables et des coalitions éphémères. Qu'en est-il alors des promesses d'une théorie générale dans cette discipline redevenue centrale en sciences sociales ? Ce livre dresse un bilan provisoire et dessine l'espace de discussion dans lequel évolue la sociologie contemporaine.

  • Le philosophe constitue l'une des figures les plus remarquables de la vie intellectuelle française. De Bergson à Foucault en passant par Sartre, il est l'ambassadeur à l'étranger d'une forme de « francité », paradoxale pour celui qui s'est installé d'emblée dans une perspective universelle. Au cours du xxe siècle, la discipline qui venait couronner l'enseignement secondaire classique a connu à la fois le succès mondial d'un style de pensée et les affres du déclassement institutionnel en France. Ce récit vivant décrit au plus près ce qu'est la philosophie française : une construction conceptuelle, dont toutes les lectures et réceptions sont à prendre en compte, une institution et des pratiques sociales, de la salle de classe à la scène médiatique. Ce livre est aussi un hommage, ironique et quelquefois impertinent, à ceux qui ont fait une bonne part de notre histoire culturelle.

  • Existe-t-il encore des formes culturelles consacrées dont l'autorité s'imposerait dans la société ? La situation semble au contraire être marquée par une joyeuse anarchie des goûts et des couleurs. Les essais réunis dans ce volume tentent de faire le point sur la question, réexaminant les conceptualisations majeures qui ont marqué récemment la sociologie de la culture (Howard Becker, Pierre Bourdieu, Michel de Certeau, Richard Peterson).

  • La sociologie : histoire, idées et courants Nouv.

    Un livre de référence pour les lycéens et étudiants.
    Un livre complet, facile d'accés, écrit par un grand professeur. Idéal pour entrer dans la sociologie.

    On considère quelquefois la sociologie comme une discipline " dangereuse " ou simplement inutile. Ce livre plaide pour une approche différente : en dépit de leurs divergences, qui font de leur discipline le lieu d'un débat infini, les sociologues partagent l'idée selon laquelle le monde social peut être expliqué, au moins de manière provisoire.

    Dans ce livre, Jean-Louis Fabiani offre une vision globale de la discipline sociologique, permettant aux novices de s'y retrouver, mais également de comprendre le terrain de la sociologie et comment la pratiquer.

  • Les dernières décennies ont vu une banalisation de l' « archive » qui, mise au singulier, tend à désigner toute trace, le plus souvent fragile et périssable, d'un passé qui s'éloigne et trahit ainsi l'essor inquiet d'une patrimonialisation tous azimuts. Je voudrais ici, bien conventionnellement, me référer à l'archive au sens technique, celui de la tradition archivistique, que propose, par exemple, le chartiste Jean Favier aux toutes premières lignes de son petit mémento : « Les archives sont l'ensemble des documents reçus ou constitués par une personne physique ou morale, ou par un organisme public ou privé, résultant de leur activité, organisé en conséquence de celle-ci et conservé en vue d'une utilisation éventuelle ».Si nombre de corpus documentaires peuvent renvoyer aux formes diverses de collection, seul un petit nombre d'entre eux repose sur les logiques, institutionnelles au sens large, de production et de conservation de l'information.

  • La Provence est aujourd'hui l'objet d'une attention universelle. De New York à Tokyo, cette région évoque à la fois la qualité de la vie au soleil et les plaisirs du loisir cultivé. Appuyé sur l'enquête ethnographique, ce livre tente de rendre compte de la constitution de quelques images anciennes ou récentes de la Provence, en portant l'attention sur des objets apparemment mineurs (les cigales, les tomettes, les fenêtres) ou sur l'histoire locale (la maison de Charles Maurras à Martigues).

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