• Paru en 1762, le Contrat social, en affirmant le principe de souveraineté du peuple, a constitué un tournant décisif pour la modernité et s'est imposé comme un des textes majeurs de la philosophie politique. Il a aussi acquis le statut de monument, plus célèbre que connu, plus révéré - ou honni - qu'interrogé. Retrouver, dans les formules fameuses et les pages d'anthologie, le mouvement de la réflexion et les questions vives qui nourrissent une oeuvre beaucoup plus problématique qu'affirmative, c'est découvrir une pensée qui se tient au plus près des préoccupations d'aujourd'hui : comment intégrer les intérêts de tous dans la détermination de l'intérêt commun ? Comment lutter contre la pente de tout gouvernement à déposséder les citoyens de la souveraineté ? Comment former en chacun ce sentiment d'obligation sans lequel le lien social se défait ?
    © Flammarion, Paris, 2001, pour la présente édition.
    Édition revue et mise à jour en 2012.
    Couverture : Virginie Berthemet © Flammarion

  • « Je conçois dans l'espèce humaine deux sortes d'inégalité, l'une, que j'appelle naturelle ou physique, parce qu'elle est établie par la nature, et qui consiste dans la différence des âges, de la santé, des forces du corps et des qualités de l'esprit, ou de l'âme, l'autre, qu'on peut appeler inégalité morale, ou politique, parce qu'elle dépend d'une sorte de convention, et qu'elle est établie, ou du moins autorisée, par le consentement des hommes. Celle-ci consiste dans les différents privilèges, dont quelques-uns jouissent, au préjudice des autres ; comme d'être plus riches, plus honorés, plus puissants qu'eux, ou même de s'en faire obéir. » Dans ce discours à portée réaliste, Rousseau nous livre ici ses idées : il n'est pas question comme le dénoncera Voltaire de retomber à quatre pattes, ni de retrouver un état de nature perdu à jamais, mais d'éclaircir l'enchaînement progressif qui vit un homme né libre être bientôt partout dans les fers.

  • On connaît Rousseau comme l'auteur d'un seul roman, La Nouvelle Héloïse, son chef-d'oeuvre de presque mille pages ; on sait moins qu'il pratiqua à plusieurs reprises la forme brève du conte et de la nouvelle, explorant une variété de situations et de modalités d'écriture. On présente ici trois de ces brefs récits, qui livrent un échantillon du savoir-faire littéraire d'un philosophe fasciné par le « pays des chimères », ce monde qui filtrait son rapport au réel.

  • La publication de l'Emile, en 1762, restitue au problème de l'éducation sa place centrale en philosophie.
    De ses premiers mois jusqu'à la rencontre amoureuse, Emile est suivi dans chaque étape, à travers des expériences qui attestent d'abord le souci de considérer « l'enfant dans l'enfant », au lieu de le sortir de son âge. Rousseau montre qu'il est possible d'éduquer un homme selon la nature et de quelle façon les vices et l'inégalité caractérisent désormais la condition humaine : double enjeu qui constitue sa « théorie de l'homme ».
    La richesse incomparable de ce maître-livre tient aussi aux tensions qui le parcourent. Rousseau refuse le péché originel mais il doit rendre raison du mal et de la souffrance que ce dogme interdisait d'ignorer; il critique les philosophes de son temps mais il pousse à ses limites leur méthode empiriste; il proclame: «je hais les livres», mais il fournit le panorama le plus juste et le plus instruit de la culture du XVIIIe siècle, en face de l'Encyclopédie et, pour partie, contre elle.
    Parus ensemble, Emile et le Contrat social furent condamnés à Paris puis à Genève: la force du traité d'éducation n'échappa pas aux censeurs, même si Rousseau prétendait ne livrer que « les rêveries d'un visionnaire ». Car la forme même de la fiction arrache l'ouvrage aux circonstances : pas plus que ses lecteurs des Lumières, nous ne sommes à l'abri de ses leçons.

  • Quatre ans après le Discours sur les sciences et les arts (1750) qui le rend célèbre, Rousseau trouve l'occasion de développer les principes de sa philosophie avec le Discours sur l'inégalité. Il s'y révèle le porte-parole des humiliés et des offensés, l'interprète de ceux que l'ordre social, à Genève comme en France, condamne à vivre en situation d'étrangers. S'adressant à tous les individus, le philosophe vise l'universel et dessine dans ces écrits l'image de l'homme intégral.
    Polémique, raisonnement, érudition, imagination : tout s'assemble dans une ferveur intellectuelle sans égale, faisant de ce texte le point de départ de la réflexion moderne sur la nature de la société.

  • " Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même. "
    À l'automne 1776, Rousseau, alors au crépuscule de sa vie, trouve refuge loin du " torrent du monde ", dans une bienheureuse solitude magnifiée par la beauté de la nature. Au gré de ses promenades, le philosophe marche à la rencontre de lui-même, dans une introspection lyrique, admirablement sensible : entre souvenirs et méditations, il y embrasse le plaisir de la mémoire et de l'écriture, dans la pure conscience d'exister.

  • Comment reconnaître les différentes parties d'une fleur ? Qu'est-ce qu'une Scrofulaire ? À quelle famille de plantes appartient la Ciguë? Comment réaliser un herbier dans les règles de l'art ? Dans ces huit lettres à l'érudition teintée de poésie, Rousseau nous invite à examiner la nature et se fait le "décodeur amusé" d'un monde végétal foisonnant et mystérieux.
    "Il n'y a rien de compliqué ni de difficile à suivre dans ce que j'ai à vous proposer. Il ne s'agit que d'avoir la patience de commencer par le commencement."

  • Rousseau ne voulait pas qu'un portrait de lui figure en tête de ses OEuvres.
    Son vrai portrait, le seul qui ne mentirait pas, c'est en lisant ses Confessions qu'on l'aurait sous les yeux : " Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi. " Mais quelle identité assigner à ce moi qui déclare : " Je suis autre " ? Autre que tous les autres, et pourtant leur semblable. Perpétuellement autre que soi, et pourtant toujours même.
    E Bigarre et singulier assemblage " d'identifications multiples où Narcisse et Caton, Alceste et Céladon, Mentor et le petit Jésus, Socrate et la cigale, Orphée et la fourmi, le rat des villes, celui des champs, le berger extravagant, l'agneau immaculé et le bouc émissaire tiennent tour à tour le devant de la scène, sans nuire pour autant à l'unité d'action, " tant tout se tient, tout est un dans mon caractère ".
    Au lecteur d'en juger.

  • Ces six premiers livres sont le récit de formation du jeune Jean-Jacques, orphelin de mère et fils d´un modeste horloger genevois. Nous retrouvons ici les scènes fameuses que Rousseau a choisies pour nous donner à lire sa nature véritable : la fessée de Mlle Lambercier, le ruban volé, la rencontre avec Mme de Warens, mère et maîtresse tout ensemble... D´aveu en aveu, de découverte en découverte, l´écrivain se peint comme il se voit et comme il veut que nous le voyions. Dans Les Confessions, qui paraissent en 1782, quatre ans après la mort de leur auteur, un territoire tout personnel s´invente où, à l´écriture de l´aveu, viennent se mêler la fantaisie du romancier, le souvenir des vieux mémoires d´aristocrates, sans oublier le goût du siècle pour les romans-mémoires : « Je forme une entreprise qui n´eut jamais d´exemple », écrit Rousseau, et ce qu´il inaugure en effet, c´est un genre littéraire nouveau, celui de l´autobiographie, dont le mot même n´apparaîtra que cinquante ans plus tard.Nouvelle édition 2012.Collection Classiques dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety. Édition de François Raviez.

  • Projet fou, impossible : se peindre « dans toute la vérité de sa nature », afin de mettre un terme aux malentendus. Mais aussi, par delà, réaliser cette « communauté des coeurs » que Rousseau a si ardemment désirée. Ainsi, de juges, les lecteurs tendent, insensiblement, à devenir confidents.

  • « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'éxécution n'aura point d'imitateurs », proclame fièrement Rousseau dans son préambule, montrant par là la nouveauté et l'audace de sa démarche autobiographique. Car l'écrivain, acculé par ses détracteurs se sent obligé de se justifier : il dira donc tout, même « le plus honteux » !
    À la recherche d'une cohérence, d'un sens, il part de l'enfance pour démêler le fil de sa vie, n'ayant de cesse de s'expliquer. Le lecteur accède ainsi aux secrets de son coeur, à ses malheurs bien sûr, mais aussi à de nombreux moments de bonheur, moment tendres, moments drôles parfois.  Dans un style d'une remarquable limpidité, Jean-Jacques Rousseau raconte ainsi sa vie et ses sentiments. En faisant le récit sans fard de son existence, il tend au lecteur un miroir dans lequel il ne lui sera pas toujours agréable de se reconnaître.Bibliolycée propose :
    O le texte intégral des quatre premiers livres, annoté, o un questionnaire bilan de première lecture, o des questionnaires d'analyse de l'oeuvre, o sept corpus accompagnés de questions d'observation et de travaux d'écriture, o une présentation de Rousseau et de son époque, o un aperçu du genre de l'oeuvre et de sa place dans l'histoire littéraire.

  • Solitaire désormais détaché du monde, le Rousseau de ces six derniers livres est toujours en quête de son Moi, mais un autre combat le mobilise aussi : comme les éditions pirates de ses livres ont forgé à ses yeux une fausse idée de sa personne, c´est à se réhabiliter qu´il vise ici, dans une tentative désespérée pour dessiner et imposer sa vraie figure. Face à ses ennemis tapis dans l´ombre, il se met à nu pour ne pas jouer leur jeu, et, pour leur échapper, se montre tel qu´il est. Alors que, dans la première partie des Confessions, il s´attachait à mieux se comprendre et se donner à comprendre par une série de scènes emblématiques, ce qui se découvre ici, c´est l´écrivain qui se croit persécuté, l´homme traqué qui ne trouve la paix que parmi les fleurs des champs, l´éternel expulsé qui s´ouvre à la légende. Et s´il va vers la mort, c´est dans la recherche de l´harmonie qui se puisse établir entre une image de soi constamment haute et les misères de son destin.Nouvelle édition 2012.Collection Classiques dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety. Édition de François Raviez.

  • «J'ai vu les moeurs de mon temps, et j'ai publié ces lettres» : c'est par ces mots que l'«éditeur» Rousseau ouvre La Nouvelle Héloïse, correspondance amoureuse entre Julie d'Étange et son précepteur Saint-Preux. Sur les rives du lac Léman, ces «belles âmes» forment une petite société idéale, où priment les passions douces et la sincérité du sentiment, à l'écart des maux de la civilisation.
    Dans la lignée des Lettres persanes de Montesquieu, Rousseau conçoit son oeuvre comme un laboratoire d'idées nouvelles, qui concentre les questionnements de son époque sur l'homme et ses passions. Roman d'amour, chant élégiaque, mais aussi fiction expérimentale au croisement de l'anthropologie et de la politique : La Nouvelle Héloïse, plus grand succès de librairie de son temps, consacre avec éclat les noces du roman et de la philosophie au XVIIIe siècle.

    Cette édition inclut les Sujets d'estampes, l'Entretien sur les romans, les Observations de Rousseau sur les retranchements voulus par Malesherbes et Les Amours de Milord Édouard Bomston.

  • Rousseau ne voulait pas qu'un portrait de lui figure en tête de ses OEuvres. Son vrai portrait, le seul qui ne mentirait pas, c'est en lisant ses Confessions qu'on l'aurait sous les yeux : « Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi. » Mais quelle identité assigner à ce moi qui déclare : « Je suis autre » ? Autre que tous les autres, et pourtant leur semblable. Perpétuellement autre que soi, et pourtant toujours même. « Bizarre et singulier assemblage » d'identifications multiples où Narcisse et Caton, Alceste et Céladon, Mentor et le petit Jésus, Socrate et la cigale, Orphée et la fourmi, le rat des villes, celui des champs, le berger extravagant, l'agneau immaculé et le bouc émissaire tiennent tour à tour le devant de la scène, sans nuire pour autant à l'unité d'action, « tant tout se tient, tout est un dans mon caractère ».
    Au lecteur d'en juger.

  • Un concept pédagogique efficace :
    Une oeuvre commentée par un spécialiste Un dossier autour de l'oeuvre : biographie de l'auteur, mise en perspective historique, résumé-guide de lecture Un dossier pédagogique : problématiques essentielles, étude des concepts-clés, les grandes thèses, recueil de textes critiques sur l'oeuvre

  • Edition enrichie (Présentation, notes, commentaires, repères biographiques et bibliographie)« L´enfer du méchant est d´être réduit à vivre seul avec lui-même, mais c´est le paradis de l´homme de bien, et il n´y a pas pour lui de spectacle plus agréable que celui de sa propre conscience. » C´est dans cet état d´esprit, mais aussi pour justifier son choix de la « retraite » - si singulier pour les hommes des Lumières -, que Rousseau, en janvier 1762, rédige ces quatre lettres à Malesherbes. Premier texte autobiographique du citoyen ermite, « sommaire » des Confessions, ces lettres sont rarement éditées pour ellesmêmes : elles concentrent pourtant les grands thèmes de la pensée de Rousseau et constituent un excellent moyen d´aborder son oeuvre. Sainte-Beuve considérait qu´il n´avait « rien écrit de plus beau ».

  • Le rousseauisme a nui à la réception de la philosophie de Jean-Jacques, qui avait une conception de l´homme et de la société plus nuancée que celle que lui a prêtée la postérité. C´est ce que nous dévoile admirablement deux lettres méconnues du Genevois qui résument très efficacement sa philosophie politique avant qu´il n´écrive Du contrat social et L´Émile. En 1755, il expose à un naturaliste suisse qui a pour nom de plume Philopolis (Lettre à Philopolis) les principes de vertu que requiert de tous les hommes l´état social, laborieux, forcément laborieux collectivement. En 1757, dans une lettre oubliée (Lettre sur la vertu), il revient sur le passage de l´état de nature à l´état social, et la transformation de la bonté naturelle en un nécessaire rapport à autrui. La vertu et le souci du commun ont une place centrale. On est bien loin de l´idée réductrice propagée ensuite par l´individualisme : la société, c´est mal !

  • Widely regarded as the first modern autobiography, The Confessions is an astonishing work of acute psychological insight. Jean-Jacques Rousseau (1712-78) argued passionately against the inequality he believed to be intrinsic to civilized society. In his Confessions he relives the first fifty-three years of his radical life with vivid immediacy - from his earliest years, where we can see the source of his belief in the innocence of childhood, through the development of his philosophical and political ideas, his struggle against the French authorities and exile from France following the publication of émile. Depicting a life of adventure, persecution, paranoia, and brilliant achievement, The Confessions is a landmark work by one of the greatest thinkers of the Enlightenment, which was a direct influence upon the work of Proust, Goethe and Tolstoy among others.

  • A la recherche de "causes naturelles" nécessaires à la formation du langage, Rousseau refuse de mettre "à l'origine des signes institués" une société déjà établie comme le fait Condillac. C'est même le langage qui va établir le groupement social. La nature a mis peu de soin à rapprocher les hommes, à préparer leur sociabilité. Si l'inégalité parmi les hommes est nullement un fait nécessaire d'après la nature, celle-ci apporte elle-même son lot d'inégalités. Une inégalité naturelle qu'il faut savoir distinguer de la pure inégalité sociale, compliquée en inégalité juridique et politique.

  • After a period of forced exile and solitary wandering brought about by his radical views on religion and politics, Jean-Jacques Rousseau returned to Paris in 1770. Here, in the last two years of his life, he wrote his final work, the Reveries. In this eloquent masterpiece the great political thinker describes his sense of isolation from a society he felt had rejected his writings - and the manner in which he has come to terms with his alienation, as he walks around Paris, gazing at plants, day-dreaming and finding comfort in the virtues of solitude and the natural world. Meditative, amusing and lyrical, this is a fascinating exploration of Rousseau's thought as he looks back over his life, searching to justify his actions, to defend himself against his critics and to elaborate upon his philosophy.

  • Le texte est sans doute aujourd'hui le plus lu de tous ceux que nous a laissés le XVIIIe siècle. Il est présenté ici dans l'édition classique de Jacques Voisine, la seule à prendre en compte les trois manuscrits connus, avec une bibliographie renouvelée et une préface de Jacques Berchtold et Yannick Séité.

  • Dans le Discours sur l'économie politique, Rousseau forme deux éléments essentiels de sa pensée politique: la notion de la volonté générale et la distinction entre souveraineté et gouvernement.
    Pourtant, la place centrale qui revient à cette oeuvre ne lui a pas été reconnue. D'abord publiée (en 1755) comme article de l'Encyclopédie, elle a longtemps été considérée comme marquée par l'influence de Diderot. Son objet, l'économie, semblait étranger aux préoccupations essentielles de Rousseau. Cette nouvelle édition, appuyée sur le brouillon manuscrit, éclaire la genèse du texte. Le commentaire proposé cherche à dégager l'unité et la spécificité de l'oeuvre : il analyse le processus d'invention de la volonté générale et l'émergence des problèmes décisifs liés à cette notion ; il restitue son sens à l'économie politique dans la pensée de Rousseau ; il situe son intervention, centrale parce que singulière, dans les débats de son temps.
    C'est sans doute ce qui fait aussi son intérêt présent : parce que l'administration des choses, à ses yeux, doit dépendre de celle des hommes, Rousseau lie les questions du patriotisme, de l'éducation publique à celles de la propriété ou de l'impôt. Il affirme clairement que l'économie doit être pensée sous la politique parce que l'égalité est la condition de la liberté.

  • En 1762, le Parlement de Paris condamne l´Émileàêtre brûlé ce qui contraint Jean-Jacques Rousseau à se réfugier à Môtiers-Travers. Il est alors invité par son éditeur à rédiger l´histoire de sa vie. Il commence son oeuvre en 1763 et c´est sa querelle avec Voltaire qui va en précipiter l´écriture. Rousseau y raconte ses années d'enfance et d'adolescence, qu'il clôt d'une conclusion provisoire, légitimant que l'on s'intéresse à ces quatre livres comme à un ensemble autonome :
    Livre I : 1712 à Mars 1728.
    Livre II : Mars à Décembre 1728.
    Livre III : Mars 1728 - Avril 1730 Livre IV : Avril 1730 à Octobre 1731

  • En 1749, l'Académie de Dijon met au concours la question suivante : Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les moeurs. Alors qu'il va rendre visite à Diderot prisonnier à Vincennes, Rousseau feuillette le Mercure de France qui publie la question : « Si jamais quelque chose a ressemblé à une inspiration subite, écrira-t-il plus tard, c'est le mouvement qui se fit en moi à cette lecture ; tout à coup, je me sens l'esprit ébloui de mille lumières ; des foules d'idées vives s'y présentèrent à la fois avec une force et une confusion qui me jeta dans un trouble inexprimable. » Ces lumières subites, Rousseau nous les donne à murir dans ce discours qui remporta le premier Prix de l'Académie et le fit connaître du public. On y discerne déjà tous ses talents d'orateur et de grand théoricien.

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