• Ce somptueux roman en forme de requiem pour une photographe défunte est aussi l'occasion d'évoquer le nationalisme corse, la violence des guerres modernes et les liens ambigus qu'entretiennent l'image, la photographie, le réel et la mort.

  • Empire dérisoire que se sont constitué ceux qui l'ont toujours habité comme ceux qui sont revenus y vivre, un petit village corse se voit ébranlé par les prémices de sa chute à travers quelques personnages qui, au prix de l'aveuglement ou de la corruption de leur âme, ont, dans l'oubli de leur finitude, tout sacrifié à la tyrannique tentation du réel sous toutes ses formes, et qui, assujettis aux appétits de leurs corps ou à leurs rêves indigents de bonheur ou d'héroïsme, souffrent - ou meurent - de vouloir croire qu'il n'est qu'un seul monde possible.
    Voir Jérôme Ferrari présente son roman "Le sermon sur la chute de Rome"

  • 1957, Alger. Le capitaine André Degorce retrouve le lieutenant Horace Andreani avec lequel il a affronté l'horreur des combats puis de la détention en Indochine. Désormais, les prisonniers passent des mains de Degorce à celles d'Andreani, d'un tortionnaire à l'autre : les victimes sont devenues bourreaux. Autour de Tahar, figure étonnamment christique de la rébellion, les deux hommes devront trouver les armes pour affronter leurs trahisons intimes.
    A travers trois personnages inoubliables, rassemblés dans la douleur par les injonctions de l'Histoire, Jérôme Ferrari, avec une magnifique intransigeance et dans une écriture somptueuse, invite le lecteur à affronter l'intimidante souveraineté de l'épreuve au prix de laquelle se conquiert toute liberté digne de ce nom.

  • Fasciné par la figure du physicien allemand Werner Heisenberg (1901-1976), fondateur de la mécanique quantique, inventeur du célèbre "principe d'incertitude" et Prix Nobel de physique en 1932, un jeune aspirant-philosophe désenchanté s'efforce, à l'aube du XXIe siècle, de considérer l'incomplétude de sa propre existence à l'aune des travaux et de la destinée de cet exceptionnel homme de sciences qui incarne pour lui la rencontre du langage scientifique et de la poésie, lesquels, chacun à leur manière, en ouvrant la voie au scandale de l'inédit, dessillent les yeux sur le monde pour en révéler la mystérieuse beauté que ne cessent de confisquer le matérialisme à l'oeuvre dans l'Histoire des hommes.

  • Requiem pour une civilisation contemporaine médusée par les sombres mirages de la guerre comme par les formes de la violence inouïe qui se déchaîne au sein du monde de l'entreprise, un roman aux accents mystiques où l'impossible avènement de l'amour entre deux êtres signe la bouleversante faillite de la souveraineté de l'individu dans l'exercice de sa liberté.

  • "Depuis l'attentat contre Charlie Hebdo, nous vivons dans une ambiance détestable que la classe politique, par cynisme ou par simple bêtise, a contribué à rendre plus détestable encore en favorisant ce que Spinoza appelle les passions tristes - la jalousie, le ressentiment et, surtout, la peur. Le pouvoir de ces passions est terrifiant. On ne peut évidemment pas y faire efficacement obstacle en publiant des articles dans les journaux. Mais il est des moments, en dehors de toute considération d'efficacité, où se taire, quand on a le privilège de pouvoir s'exprimer, devient une faute."
    Jérôme Ferrari.

  • Une poignée de destins se croisent et se cognent dans un village corse bercé par les luttes nationalistes dans cette histoire sombre et saisissante où la mémoire et les espoirs sont des blessures qui ne cicatrisent pas.

  • Deux frères font en Corse, chacun à sa façon, l'expérience que les rêves ou la mémoire peuvent enfermer entre leurs murs ceux qui succombent à leurs toxiques sortilèges. Sur la filiation et le secret, le Mal et la mort, la rémanence du sacré et du profane, l'innocence et la faute, un roman baroque et philosophique, rebelle et douloureux.

  • Dans ce texte écrit à quatre mains, Jérôme Ferrari et Oliver Rohe livrent une réflexion commune sur un thème essentiel de leurs oeuvres respectives : la représentation de la guerre.

  • Un contexto que durante mucho tiempo ha sido un tabú en la historia de Francia: la guerra de Argelia, y sus horrores.
    Con Donde dejé mi alma, Jérôme Ferrari (Premio Goncourt 2012) tiene la valentía de construir una novela en un contexto que durante mucho tiempo ha sido un tabú en la historia de Francia: la guerra de Argelia, donde la institucionalización de la tortura o de las ejecuciones sumarias fue un hecho. Lejos de ser una ficción meramente histórica Jérôme Ferrari lanza una luz despiadada sobre la maldición que condena a los hombres a ver cómo se hunden los mundos que construyen, implicándolos directamente en su fracaso. El punto de partida es la relación entre dos hombres de culturas distintas, el capitán Degorce y el jefe del ejército rebelde, Tarik Hadj Nacer, «Tahar». Degorce es un personaje complejo y contradictorio. A través del horror, llega a descubrirse tal y como es, y sufre por esa «verdad» deslumbradora. Por otro lado, el teniente Andreani no comprende la admiración de su capitán hacia quien, para él, no es más que un simple terrorista. Inmersos en un ambiente cuartelario, lejos de sus hogares, los personajes aceptan la violencia cuando para ellos se convierte en una necesidad.
    Descubren una obra que no es meramente histórica pero lanza una luz despiadada sobre la maldición que condena a los hombres a ver cómo se hunden los mundos que construyen, implicándolos directamente en su fracaso.
    FRAGMENTO
    -El tipo que he pescado esta mañana, mon capitaine, ha hablado. No es moco de pavo, creo.
    -¿Ha hablado? ¿Ya?
    -Sí, mon capitaine, no ha sido nada difícil, ¿sabe? Es un tipo fuerte, insondable, de manera que mandé que le pusieran delante de las narices el generador, los electrodos, todo el petate, le pedí a uno que se conectara para ver si todo funcionaba bien, trajimos un cubo de agua, esponjas, y le dije que viendo lo fuerte que era de nada nos serviría sacudirle, que estaba seguro de que era valiente y no iba a hablar, en fin ya ve el plan, y le dije que, como no nos gustaba perder el tiempo, había mandado traer también a su hijo más pequeño y que íbamos a ver juntos cómo soportaba el tratamiento de choque, el crío, e hicimos que entrase en la sala, solo me dio tiempo de decir: «Vamos a quitarte la camisa y el pantalón, campeón, como en la playa, que le vamos a enseñar una cosa a papá», y el tipo dijo que iba a hablar, y ya está, soltó la lengua sin problemas. ¡Casi hubo que mandarlo callar! Como una seda, mon capitaine.
    -Pues eso es, Moreau -dice el capitán-. Se está volviendo un as en psicología, ¿verdad? ¿Y entonces?
    ACERCA DEL AUTOR
    Prolífico escritor de origen corso. Galardonado con el Premio Goncourt 2012, Grand Prix Poncetton y Premio Roman France Télévisions, Jérôme Ferrari es uno de los escritores más interesantes del panorama literario actual. Actualmente reside en Abu Dabi, donde imparte clases de filosofía en un instituto. Como todo gran escritor, sus obras profundizan en la condición humana y plantean conflictos morales sin buscar referentes en los tópicos culturales o los clichés.

  • It is 1957, the savage Algerian War rages on. Captain André Degorce is reunited with Lieutenant Horace Andreani, with whom he experienced the horrors of combat and imprisonment in Vietnam. Captives now pass from Degorce's hands into Andreani's: one-time victims have become torturers. Andreani has fully embraced his new status, but Degorce has lost all sense of himself. He only finds peace when he is with Tahar, a commander in the National Liberation Army who is held in a cell that now acts as a confessional, the jailor opening up to his prisoner. b

  • The mysterious disappearance of Hayet, the manageress of the village bar, presents a conundrum for its owner, who cannot face a return to the days of late nights, lewd customers and greasy dishwater. A succession of would-be hosts and hostesses descend, with disastrous results, before Matthieu and Libero, childhood friends disillusioned with their philosophical studies, return to take up the reins. Initially they are successful, but as lustful, avaricious reality rudely intrudes on their idyll, they too are forced to concede, their senses befuddled by easy women and plentiful liquor, that all empires must inevitably crumble. Meanwhile, Matthieu's grandfather Marcel, who funded their enterprise, perhaps out of spite, still lingers on the island, his memories of the collapse of France's colonial empire still as fresh and bitter as the cancerous ulcers that must one day claim his life. By turns wise, comic, dramatic, tragic and absurd, Ferrari's Goncourt-winning masterpiece reads like a Corsican One Hundred Years of Solitude, covering a century of intimate history with a dazzling, skewering precision even Flaubert would be proud to applaud.

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