• À travers l'histoire de deux frères, Tikhon et Kouzma, Ivan Bounine dresse le portrait de la campagne russe à la fin du XIXe siècle. Le Village fit scandale à sa parution en 1910 : jamais personne n'avait dépeint le paysan russe, le moujik, traditionnellement idéalisé jusque dans ses défauts, sous des couleurs si crues et si sombres, qui font du premier roman de son auteur un poème noir et désespérant.
    « L'ouvrage le plus puissant de la littérature russe du XXe siècle » (André Gide).
    Traduction intégrale et notes de Maurice Parijanine, 1922.
    EXTRAIT
    Le bisaïeul des Krassov, surnommé le Tsigane parmi la domesticité, avait été traqué en chasse à courre, avec des lévriers, par le capitaine de cavalerie Dournovo. Le Tsigane avait enlevé la maîtresse de cet homme, son seigneur. Dournovo ordonna de conduire le Tsigane dans un champ, hors le village, et de le faire asseoir sur un tertre. Puis, en personne, le propriétaire sortit avec sa meute et cria : « Taïaut ! » Le Tsigane, qui était resté jusque-là immobile, hébété, se mit à fuir. Or, il est mauvais de fuir devant des lévriers.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ivan Bounine, né à Voronèje en 1870, était célèbre quand la révolution de 1917 lui fit prendre le chemin de l'exil. Installé en France de 1920 à sa mort en 1953, il fut le premier écrivain russe à obtenir le Prix Nobel de littérature, en 1933.

  • Ce volume contient Le Calice de la vie, Rupture, Le Berger, Sur le bord de la route et Soukhodol [Au pays des morts].
    Traduction de Maurice Parijanine, 1923.
    EXTRAIT
    Il y a trente ans de cela, quand la petite ville de Stréletzk, chef-lieu de canton, était plus simple d'aspect et plus spacieuse qu'aujourd'hui, le séminariste Kir Iordansky, fils d'un chantre, s'éprit, en vacances, de la fille d'un prêtre retraité, nommée Sania Diespérova, que courtisait déjà, - histoire de passer le temps, - un certain Sélikhov, employé du consistoire en congé. Sania se montrait particulièrement insouciante et, sans motif, heureuse en cet été-là  chaque soir, elle allait en promenade au jardin municipal ou bien au bosquet du cimetière  elle portait un costume brodé de vives couleurs, un large noeud de soie rouge au bout de sa grosse natte d'un blond fauve  et, sentant qu'elle était belle, qu'elle attirait l'attention, elle chantonnait et renversait la tête.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ivan Bounine, né à Voronèje en 1870, était célèbre quand la révolution de 1917 lui fit prendre le chemin de l'exil. Installé en France de 1920 à sa mort en 1953, il fut le premier écrivain russe à obtenir le Prix Nobel de littérature, en 1933.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Ivan Bounine, Prix Nobel de littérature. "Ce jour-là son amour subit une crise terrible. Dès lors, il cessa de suivre tous les changements qu'apportaient autour de lui le printemps et l'été proche. Il les voyait et même les sentait, ces changements, mais ils perdaient leur valeur propre et Mitia n'en tirait plus qu'une jouissance douloureuse: plus il faisait beau, plus il souffrait. Maintenant Katia était devenue une véritable hantise, elle était en tout et derrière tout, jusqu'à l'absurdité, et comme chaque journée nouvelle apportait cette confirmation toujours plus atroce que pour lui, Mitia, Katia n'existait presque plus, qu'elle était au pouvoir d'un autre, qu'elle accomplissait quelque action monstrueuse, donnant à un autre son moi et son amour qui devait appartenir entièrement à lui, Mitia, -- alors tout dans l'univers fut contrarié, sembla inutile, douloureux, et d'autant plus inutile et plus douloureux que tout était plus beau." -- Le Sacrement de l'amour (L'Amour de Nita).

  • Ce recueil contient, outre le célèbre Monsieur de San Francisco, quelques-unes des meilleures nouvelles d'Ivan Bounine, premier écrivain russe à recevoir le prix Nobel de littérature en 1933 : Un compatriote, Frères, Hotami, Les Rêves de Tchang, Le Fils, Un souffle, Un soir de printemps, Le Prophète Elie, Aglaé, La Grammaire de l'amour, Propos nocturnes, Une belle existence, Bouche close, La Mort.

    Traduction de Maurice Parijanine, 1922.

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