• Dépressions

    Herta Müller

    "Cinq heures et demie du matin. Le réveil sonne. Je me lève, enlève ma robe, la pose sur l'oreiller, mets mon pyjama, vais à la cuisine, monte dans la baignoire, saisis une serviette, lave mon visage, prends le peigne, me sèche avec, prends ma brosse à dents, me coiffe avec, prends l'éponge, me lave les dents avec."

    En dix-neuf nouvelles d'une poésie brutale et déroutante, Herta Müller dévoile, à travers le regard d'une petite fille, l'univers clos de la communauté germanophone de Roumanie dans les années 1970, dont le quotidien ne semble être qu'oppression, mensonge et violence.

  • Essais choisis

    Herta Müller

    "Ma patrie, c'est le langage" : cette formule de Jorge Semprún pourrait servir de titre à chacun des onze essais ici réunis.
    Extraits de trois recueils publiés aux alentours des années 2000 et qui constituent un univers de résonances, ces essais relèvent à la fois de l'étude linguistique - notamment entre le roumain et l'allemand -, de la réflexion poétique - sur le pouvoir des mots, qui peuvent surgir quand on s'y attend le moins - et du témoignage historique d'une exilée politique.
    Les lecteurs de Herta Müller y découvriront un ton parfois très personnel, où le récit de la Roumanie des années Ceausescu s'appuie sur certains événements privés bouleversants. Mais ce recueil peut également se lire comme une formidable entrée dans l'oeuvre de la lauréate du prix Nobel de littérature, tant il présente en un seul ouvrage le terrible tableau d'une société servant de matériau à la romancière, le rapport au langage singulier de la poétesse découpant des mots dans le journal, et la pensée analytique fulgurante de la théoricienne.

  • Nous sommes en Roumanie, en janvier 1945 : la population germanophone de Transylvanie vit dans la peur de la déportation. Cette mesure, exigée par le nouvel allié soviétique de Bucarest, vise une population soupçonnée d´avoir soutenu l´Allemagne nazie pendant la guerre. Le jeune Léopold sait qu´il est sur la liste. Il prépare sa petite valise, des affaires chaudes, quelques livres, puis, quand la police roumaine vient le chercher à trois heures du matin, par - 15° C, il reçoit les mots de sa grand-mère 'Je sais que tu reviendras' comme un viatique.
    L´usine de charbon, la tuilerie, la cimenterie, des baraquements élémentaires, une ration de pain et deux rations de soupe par jour, les diarrhées et les poux : tel sera le quotidien de Léopold pendant cinq ans. La Bascule du souffle nous invite à lire la chronique terrifiante de ces années de froid, de faim et de découragement qui tuent dans un camp de travail en Russie. Mais la singularité du livre de Herta Müller réside dans sa faculté incomparable de transcender le réel, de l´illuminer de l´intérieur. Sous sa plume, le camp devient un conte cruel, une fable sur la condition humaine. Ici les arbres parlent, le ciment boit, la pendule a mal à son ressort cassé, la faim voyage dans le corps d´un ange, et le coeur, dans une pelle.
    Herta Müller souhaitait écrire ce livre à quatre mains avec le poète germano-roumain Oskar Pastior - le modèle de Léopold - mais ce projet fut interrompu par sa mort. La prose de Herta Müller, poétique et maîtrisée, sèche et puissante, toujours surprenante, lui rend hommage de la plus belle manière qui soit. Certes, La bascule du souffle aborde un tabou historique, mais s´impose surtout comme une oeuvre de portée universelle. Un événement bouleversant.

  • Animal du coeur

    Herta Müller

    Lola a quitté sa province pour échapper à la misère et faire ses études à Timisoara. Un jour, on la retrouve pendue dans son placard. À cette mort misérable sajoute son exclusion infamante, à titre posthume, du Parti communiste. La narratrice, ancienne camarade de chambre de Lola, ne croit pas à la thèse du suicide, pas plus quEdgar, Kurt et Georg. Mais lamitié qui se noue entre elle et les trois garçons, puis avec Tereza, est menacée par cette société qui broie les individus.

    Animal du cur dépeint le régime de terreur de Ceausescu et ses conséquences sur de très jeunes vies. Lauteur y interroge, dans une langue dune richesse poétique inouïe, la capacité de lhomme à sauver son humanité profonde.

  • Roumanie.
    Depuis que le meunier Windisch veut émigrer, il voit la fin partout dans le village. Peut-être n'a-t-il pas tort. Les chants sont tristes, on voit la mort au fond des tasses, et chacun doit faire la putain pour vivre, a fortiori pour émigrer. Windisch a beau livrer des sacs de farine, et payer, le passeport promis se fait toujours attendre. Sa fille Amélie se donne au milicien et au pasteur, dans le même but. Un jour, ils partiront par l'ornière grise et lézardée que Windisch empruntait pour rentrer du moulin. Plus tard, ils reviendront, un jour d'été, en visite, revêtus des vêtements qu'on porte à l'Ouest, de chaussures qui les mettent en déséquilibre dans l'ornière de leur village, avec des objets de l'Ouest, signe de leur réussite sociale, et, 'sur la joue de Windisch, une larme de verre'.

  • "Ma trajectoire est bizarre, de la petite gardienne de vaches dans sa vallée jusqu'à l'hôtel de ville de Stockholm. Comme bien souvent, je me sens à côté de moi-même." C'est par ces mots, illustrant son origine et l'itinéraire d'une vie consacrée à la littérature, que Herta Müller a commencé son discours de réception du prix Nobel de Littérature en 2009. Un parcours qu'elle retrace dans ce long entretien en évoquant pour la première fois ce qui inspire son écriture : ses expériences, le langage, et la violence d'un quotidien sombre et oppressant sous la dictature roumaine.
    À travers des images inoubliables, Herta Müller mesure de façon inédite l'impact sur l'individu d'un système coercitif emblématique du siècle dernier.

  • Anglais The Passport

    Herta Muller

    From the winner of the Nobel Prize for Literature 2009
    'Just as the father in the house in which we live is our father, so Comrade Nicolae Ceausescu is the father of our country. And just as the mother in the house in which we live is our mother, so Comrade Elena Ceausescu is the mother of our country. Comrade Nicolae Ceausescu is the father of our children. All the children love comrade Nicolae and comrade Elena, because they are their parents.'
    The Passport is a beautiful, haunting novel whose subject is a German village in Romania caught between the stifling hopelessness of Ceausescu's dictatorship and the glittering temptations of the West. Stories from the past are woven together with the problems Windisch, the village miller, faces after he applies for permission to migrate to West Germany.
    Herta Müller describes with poetic attention the dreams and superstitions, conflicts and oppression of a forgotten region, the Banat, in the Danube Plain. In sparse, lyrical language, Herta Müller captures the forlorn plight of a trapped people.
    This edition is translated by Martin Chalmers, with a new foreword by Paul Bailey.
    Also by Herta Müller: Nadirs, The Land of Green Plums, The Appointment, and The Hunger Angel.

  • The fifteen Native women writers in Reckonings document transgenerational trauma, yet they also celebrate survival. Their stories are vital testaments of our times. Unlike most anthologies that present a single story from many writers, this volume offers a sampling of two to three stories by a select number of both famous and lesser known Native women writers in what is now the United States. Here you will find much-loved stories, many made easily accessible for the first time, and vibrant new stories by well-known contemporary Native American writers as well as fresh emergent voices. These stories share an understanding of Native women's lives in their various modes of loss and struggle, resistance and acceptance, and rage and compassion, ultimately highlighting the individual and collective will to endure against all odds.
    Reckonings features short stories by: Paula Gunn Allen, Kimberly M. Blaeser, Beth E. Brant, Anita Endrezze, Louise Erdrich, Diane Glancy, Reid Gomez, Janet Campbell Hale, Joy Harjo, Linda Hogan, Misha Nogha, Beth H. Piatote, Patricia Riley, Leslie Marmon Silko, and Anna Lee Walters.

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