• Henri III régna sur le royaume de France de 1574 à 1589. Il demeure encore aujourd'hui une figure énigmatique de l'histoire. Fils préféré, dit-on, de sa mère, Catherine de Médicis, et frère de Marguerite de Valois, on le connaît surtout par la légende faisant de lui ce souverain décadent entouré de ses mignons. Les recherches historiques récentes remettent pourtant en question cette image du tyran pervers transmise au cours des siècles ; Henri III n'aurait-il pas plutôt été un visionnaire impuissant, tentant malgré les guerres de Religion qui faisaient rage en France de restaurer l'image royale ? Son assassinat, en 1589, mit d'ailleurs fin de façon abrupte à son projet, et la polémique et le discours historique s'emparèrent du personnage afin de le revêtir de costumes dignes du carnaval. Le présent ouvrage ne se veut pas une étude historique ou une biographie du roi Henri III. Notre regard s'est porté sur la façon dont la satire, la polémique, puis l'histoire et la littérature ont construit la légende noire d'un roi que certains disaient monstrueux et que d'autres qualifiaient d'androgyne.

  • À l'Université de Waterloo, en 2005, un peu plus de 10 ans après la première rencontre sur les femmes écrivains de l'Ancien Régime sous l'égide du groupe MARGOT, était organisé le colloque « Dix ans de recherche sur les femmes écrivains de l'Ancien Régime : influences et confluences » sous la présidence d'honneur de Hannah Fournier. C'est à la fois afin de rendre hommage à notre collègue, co-fondatrice du groupe MARGOT et pionnière des études sur les femmes, et de souligner le dynamisme et la diversité des études sur les femmes écrivains de l'Ancien Régime que nous avons décidé de regrouper, au sein du présent recueil, seize articles témoignant de la vitalité d'un champ de recherche si longtemps oublié. Du Moyen Âge au Siècle des Lumières, études d'oeuvres de femmes écrivains, réflexions théoriques et analyses des conditions de production se succèdent afin de mieux explorer les « circonvolutions » du passé des femmes écrivains de l'Ancien Régime.

  • L'équipe du partenariat « Textes missionnaires dans l'espace francophone » explore, dans cette seconde publication, l'envers du décor de la mission. Ses recherches ont ainsi permis de relire certaines oeuvres de l'Ancien Régime avec une perspective nouvelle, tout en rappelant l'importance des contextes de publication et de diffusion de ces ouvrages. De plus, des documents d'archives sont scrutés afin de souligner leur rôle déterminant dans toute entreprise de reconstitution et de compréhension des textes du passé. La diffusion des missions modernes dans la presse et le documentaire et les questions liées à la traduction dans les activités pastorales sont aussi examinées afin de poursuivre notre enquête à l'époque moderne.

  • Dans ce premier recueil d'articles issus des travaux de l'équipe de partenariat « Textes missionnaires dans l'espace francophone », les auteurs scrutent cet univers bien particulier de la rencontre, sous l'Ancien Régime, selon les modalités de l'écriture et de sa transmission. De l'analyse de modèles de représentation et de dialogue aux prémices de l'acculturation, de la réception et de la réécriture des textes missionnaires à l'élaboration de stratégies de conversion, de l'édification à la satire, de la mise en mémoire à l'oubli, nos démarches visent à comprendre, grâce au texte, les éléments et la dynamique de ce qui a constitué, pour le meilleur ou pour le pire, cet univers religieux de la mission qui se développa parallèlement à ce que nous appelons aujourd'hui la francophonie.

  • Le défi de la fragilité se veut un hommage et un témoignage à l'oeuvre critique de François Paré qui a influencé plusieurs générations de chercheurs impliqués dans les études des minorités au Canada et à l'étranger. Les articles, signés tant par des spécialistes reconnus que par des chercheurs émergents, témoignent de l'intérêt continu et toujours très vif que suscitent les propositions de l'auteur des Littératures de l'exiguïté (1992, prix du Gouverneur général). En prolongeant ses réflexions et en les mettant à l'essai sur des corpus de la Renaissance, de la Nouvelle-France, de l'Acadie, du Québec, de l'Ontario, des Caraïbes, de l'Afrique subsaharienne, ou encore de la littérature kurde, les auteurs participant à ce collectif démontrent la productivité des concepts « paréens », ainsi que la diversité de leurs applications. Le livre se divise selon quatre axes d'enquête : l'Ancien Régime; les fragilités; la conscience et l'oubli; et l'exiguïté, concept mondialisable.
    Ont contribué à cet ouvrage : Gerardo Acerenza (Università degli Studi di Trento), Dersim Barwari-Kamil (Université McMaster), Ariane Brun del Re (Université de Montréal), Philip Collington (Niagara University), Tara Collington (Université de Waterloo), Andréanne R. Gagné (Université du Québec à Chicoutimi), Lucie Hotte (Université d'Ottawa), Laté Lawson-Hellu (University of Western Ontario), Élise Lepage (Université de Waterloo), Johanne Melançon (Université Laurentienne), Francois Paré (Université de Waterloo), Marie-Christine Pioffet (Université York), Guy Poirier (Université de Waterloo), Pascal Riendeau (Université de Toronto), Pamela V. Sing (Université de l'Alberta), Jimmy Thibeault (Université Sainte-Anne), Emmanuelle Tremblay (Université de Moncton).

  • Dans son numéro de la rentrée, Relations se penche sur la question de l'idéologie transhumaniste. Confiné il y a peu à des cercles d'initiés, le transhumanisme, qui prône notamment l'augmentation de nos capacités physiques et mentales et l'amélioration de l'espèce humaine par le biais des technosciences, voit son influence croître dans la société. De grandes multinationales, mais aussi des fonds publics, subventionnent grassement de nombreuses recherches qui s'y apparentent. Les neuf auteurs de ce dossier fouillé répondent à l'urgence de réfléchir sur ce mouvement et sur cette idéologie ainsi que sur ses conséquences inquiétantes pour la vie et la société. Aussi au sommaire, un débat sur le mouvement étudiant cinq ans après le «Printemps érable» et deux nouveaux chroniqueurs : la poète Denise Desautels qui signe la chronique poétique et l'écrivain Robert Lalonde, qui signe le Carnet. Ce numéro est illustré par l'artiste multidisciplinaire Lino.

  • À travers une perspective anthropologique et des enquêtes de terrain, ce numéro de Frontières proposera un regard comparatif sur les pratiques, les savoirs et les conceptions de la mort et du deuil chez différents groupes autochtones d'Amérique du Nord, d'Amérique du Sud et d'Australie. Considérant le rituel comme la pierre angulaire de ces pratiques et de ces savoirs, il mettra l'accent sur les rites funéraires, révélateurs de conceptions singulières de la vie et de la mort.

  • Études en marge de «La distance habitée» de François Paré En 1993, François Paré remportait le prix du Gouverneur général pour «Les littératures de l'exiguïté» (1992), un essai sur les cultures et littératures francophones minoritaires au Canada et dans la francophonie mondiale. Dans «Théories de la fragilité» (1994) et «La distance habitée» (2003), il a prolongé et enrichi son thème de prédilection. De nombreux chercheurs se sont inspirés de ses travaux.

    Les articles regroupés ici s'inspirent des grands thèmes de l´essayiste pour éclairer des oeuvres de genres aussi divers que la chanson, le roman et l'essai et d´artistes aussi divers que France Daigle, Michel Ouellette, Daniel Poliquin, Gabrielle Roy, Michel Tremblay et Gisèle Villeneuve. Des réflexions sur la langue, la mémoire, la migration et les frontières tant culturelles, linguistiques que textuelles sont menées par huit chercheurs de l'Ontario, du Québec, de l'Est et de l'Ouest canadiens, dont Catherine Leclerc, Johanne Melançon et Jean Morency. En postface, François Paré prolonge cette réflexion qu´il développe depuis une vingtaine d'années.

  • Le plus récent numéro d'Études littéraires, dirigé par Marie-Christine Pioffet, tourne Autour de Gabriel Sagard. Historien, voyageur, lexicographe, polémiste, anthropologue avant la lettre, Gabriel Sagard était un missionnaire hors du commun. Les articles composant ce dossier s'intéressent aux contextes historique et littéraire qui ont donné naissance au Grand Voyage du pays des Hurons (1632) et à l'Histoire du Canada (1636) ainsi qu'à la portée de ces ouvrages depuis le XVIIe siècle. Les auteurs analysent l'oeuvre sagardienne sous l'angle de ses emprunts à Marc Lescarbot, de la place qu'elle occupe dans la tradition polémique des écrits récollets, du portrait qu'elle dresse de l'enfance et de la filiation chez les Autochtones, et de la valeur documentaire des mots hurons et montagnais qu'elle emploie. Revisitant les écrits de Gabriel Sagard ainsi que les réflexions qu'ils ont engendrées depuis près de quatre siècles, Études littéraires montre aussi à quel point l'oeuvre du récollet, faute d'avoir bénéficié d'une véritable réédition scientifique, est loin d'avoir révélé tous ses secrets.

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