• Le « Bairro », ce célèbre quartier inventé par Gonçalo M. Tavares qui rassemble des Messieurs célèbres, - écrivains, dramaturges, poètes ou scientifiques - accueille cette année de nouveaux voisins : Monsieur Henri, Monsieur Juarroz, Monsieur Breton et Monsieur Eliot.

    Réunis pour la première fois, chaque Monsieur apporte sa vision sur notre monde, à la fois philosophique, surréaliste, ironique, voire absurde jusqu'à l'extrême. Mais tous ont un objectif commun : comme le village d'Astérix, ce « bairro » entend bien résister, coûte que coûte, à l'avancée menaçante de la barbarie.

    Une nouvelle fois, Gonçalo M. Tavares nous interroge, avec le talent qu'on lui connaît, sur notre rapport au quotidien et sur notre capacité à nous adapter ou à nous heurter à la réalité.

    Auteur portugais, Gonçalo M. Tavares est né en 1970. Après avoir étudié la physique, le sport et l'art, il est devenu professeur d'épistémologie à Lisbonne.

    Depuis 2001, il ne cesse de publier (romans, poèmes, essais, pièces de théâtre, contes et autres ouvrages inclassables). Il a été récompensé par de nombreux prix nationaux et internationaux dont le Prix Ler/BCP (le plus prestigieux au Portugal).

    Il est considéré comme l'un des plus grands noms de la littérature portugaise contemporaine.

  • « Hanna a cessé de se tenir sur la pointe des pieds et de se regarder dans le miroir. Elle a rangé son bistouri esthétique et a attrapé son petit sac. Elle était, en même temps que six autres femmes, dans un appartement au rez-de-chaussée rue Georg-Lenz.
    - Je vais sortir ? a-t-elle dit. ? Il est trois heures du matin, si je ne suis pas revenue à six, c'est que quelqu'un m'aura tuée. ? Et avec un grand rire, elle claqua la porte. » « Un Kafka portugais. Impossible de résumer ce roman radieusement noir sinon qu'il ne cesse de brouiller les frontières entre la raison et la folie, l'horreur et la dérision, l'absurde et la gravité. », Le Figaro Magazine

  • Lenz B., le grand chirurgien, façonné par l'éducation qu'il a reçue et l'admiration qu'il portait à son père, Frédéric Buchman ? un militaire ayant décrété « la peur est illégale dans cette maison » ?, refusait de porter le même patronyme que son frère, Albert, le jugeant médiocre et faible. C'est seulement lorsque meurt Albert qu'il estime pouvoir enfin recouvrer son identité, être Lenz Buchman, l'unique et digne fils de Frédéric Buchman.
    À la mort de son frère, Lenz Buchman abandonne la chirurgie et devient l'un des premiers dirigeants du Parti. Mais en même temps que la fulgurante ascension de l'homme, une autre force, insidieuse, suit un même chemin. Le chef du Parti est enfin élu, essentiellement grâce à la redoutable intelligence de Buchman. Le lendemain de ce jour, la maladie, elle aussi, avait vaincu. Lenz Buchman, l'homme fort, devient alors l'homme malade, puis l'homme faible, dépendant...

  • " Souvent, il faut choisir entre le bonheur de la lecture et les délices de l'interprétation. Le Portugais Gonçalo M. Tavares invite à mener les deux de front [...] Ajoutez à cela un suspense capable d'aller crescendo, en dépit de ce qui émerge ou surgit, et vous aurez idée du plaisir de lire à nul autre pareil que procure cette prose à la fois sincère et en tapinois. " La Croix

    – C'est votre fille ?
    – Non, répondis-je. Je l'ai trouvée dans la rue. J'ai déjà demandé dans des magasins : personne ne sait qui elle est. Personne ne l'a jamais vue dans le quartier. Elle est à la recherche de son père. Elle s'appelle Hanna. Il y a une institution qui accueille ce genre d'enfant, je vais l'y conduire.

    Cette rencontre déterminante dictée par le hasard va bouleverser la vie des deux protagonistes.

    Marius – qui jusque-là fuyait un danger inconnu – décide de prendre Hanna sous son aile et de l'aider à retrouver son père. Un détail retient son attention : la jeune fille tient entre ses mains une boîte contenant une série de fiches dactylographiées destinées à l'" apprentissage des personnes handicapées mentales. " Mais cette définition,
    handicapée mentale, s'applique-t-elle vraiment à la situation de la jeune fille ? Rien n'est moins sûr.

    Une odyssée moderne et initiatique commence alors, portée par l'écriture " quasi hallucinée " propre à Gonçalo M. Tavares.

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des « messieurs » portant les noms d'écrivains célèbres. Ces petits livres n'ont rien d'une biographie. Ce sont des hommages.
    Ici, c'est Monsieur Walser qui fait son entrée en scène. Voilà un drôle de personnage, solitaire en apparence, qui décide de faire construire sa maison au beau milieu de la forêt. Cette nouvelle demeure, fruit d'acharnement et d'exigence, est le symbole même de la victoire de la civilisation, c'est un espace que l'humanité a conquis sur la forêt !
    Seulement voilà, le jour de l'inauguration les choses vont se compliquer à mesure que l'on sonne à la porte... Alors que Monsieur Walser semble au comble de la félicité, ce sont les professionnel, au lieu des invités, qui font irruption dans la maison afin de réparer les robinets, les murs, les fenêtres, le parquet...

  • Monsieur Swedenborg pense le monde de manière géométrique, tout n'y est que figures et espace en mouvement. Cette fantaisie littéraire s'appuie sur l'oeuvre du scientifique et théologien suédois reconnu comme l'un des précurseurs du spiritisme. Cet opuscule démontre, si besoin était, l'extraordinaire talent de Tavares, esprit hors norme, ambitieux, logique et fou !

  • Des personnages ordinaires aux prises avec le passé. Avec une grande liberté formelle, Tavares nous entraîne dans un voyage où nous suivons d'abord Martha, une jeune fille borderline, au fil de ses errements dans Berlin, pour assister ensuite au transport d'une statue monumentale de Lénine, de Bucarest jusqu'à Budapest, tandis qu'un violoniste rapatrie dans le trajet inverse le corps putréfié de sa mère... Un diptyque qui nous expose sans relâche aux tiraillements du choix et à la difficulté de dépasser les frontières quelles que soient leurs formes. Découvrez sans plus tarder l'oeuvre décalée d'un digne représentant de la littérature portugaise contemporaine ! EXTRAIT Arrivées de Budapest. Deux silhouettes, la nuit. Deux taches sombres sur une grande tache sombre. Mais les deux taches sombres agissent, elles ont un objectif?; alors que, pour la nuit - la grande tache sombre -, tout indique que ce n'est pas le cas?; elle n'a pas d'objectif. Ils commencent par faire sauter le cadenas. La serrure de la porte de l'entrepôt est solide. Ils utilisent le feu. Ensuite, un coup d'épaule enthousiaste, deux corps contre la porte haute et large, mais débarrassée de sa serrure. Pareille à une personne sans défense?: une grande porte sans défense?; une serrure brisée. Les deux hommes pénètrent dans une obscurité nouvelle, une obscurité plus petite, fermée, ordonnée. Dans la nuit, mais à l'extérieur de la nuit. Ils savent bien ce qu'ils cherchent, les deux hommes. De nombreux objets sont stockés dans l'entrepôt, mais les deux hommes ne sont pas là pour visiter, ils ne sont pas perdus. Ils savent ce qu'ils veulent. Et ce qu'ils veulent se trouve ici-même. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Ses romans, baignant dans une atmosphère raréfiée, abstraite, ont la rigueur d'épure et la présence charnelle d'un Kafka qui contemplerait les catastrophes du siècle écoulé et celles qui s'annoncent avec détachement et ironie. - L'Humanité Il y a dans cette écriture une part de jeu qui fait glisser le récit le plus réaliste dans une narration et un climat insensiblement décalés, sur le fil de l'absurde et de son théâtre. - Marc Ossorguine, La Cause littéraire Berlin est une ville palimpseste, celle qui porte sur ses murs, dans ses rues, « l'Histoire, la robuste Histoire, le Siècle et ses grandes enjambées », elle est cette carte qu'évoque Gonçalo M. Tavares dans les premières pages de son Berlin, Bucarest-Budapest : Budapest-Bucarest, la matérialisation mobile et fluctuante « des modifications graphiques sur de la pâte à papier civilisée et préparée à recevoir de nouveaux tracés vigoureux par-dessus de vieux tracés fragiles ». - Christine Mercandier, Mediapart. À PROPOS DES AUTEURS Né en 1970, Gonçalo M. Tavares est considéré comme l'un des plus grands noms de la littérature portugaise contemporaine. Il a été récompensé par de nombreux prix nationaux et internationaux dont le Prix Saramago, le Prix Ler/BCP (le plus prestigieux au Portugal), et le Prix Portugal Telecom (au Brésil). Apprendre à prier à l'ère de la technique (Viviane Hamy, 2010) a reçu le prix du Meilleur Livre Etranger - Hyatt Madeleine 2010. Dominique Nédellec a été responsable du Bureau du livre à l'ambassade de France en Corée et chargé de mission au Centre régional des lettres de Basse-Normandie, avant de devenir traducteur de portugais depuis 2002. Il est également le traducteur de Antonio Lobo Antunes (Mon nom est légion, Christian Bourgois, 2011).

  • Gonçalo M. Tavares nous invite à suivre les aventures extravagantes de ses personnages : un joggeur, un enquêteur sondeur, un enseignant, un collectionneur de cafards... Jusqu'à l'apparition de son héros, le vrai, Matteo, celui qui a perdu son emploi. Vingt-six individus dont les destins sont liés comme dans un jeu de dominos, la chute d'une pièce entraînant celle de la suivante...

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des « messieurs » portant les noms d'écrivains célèbres. Ces petits livres n'ont rien d'une biographie. Ce sont des hommages.
    Monsieur Valéry est petit mais il aurait préféré être grand. Il ne veut pas trop s'attacher à un animal domestique car ils meurent facilement. Il a tendance à confondre son chapeau avec ses cheveux. Et il doit absolument distinguer sa droite de sa gauche. Bref, le quotidien de Monsieur Valéry est ainsi consacré à la construction d'un schéma mental qui l'aiderait à affronter des dilemmes. Grâce à la logique et au dessin, Monsieur Valéry est toujours persuadé de trouver une solution.
    Avec une ironie et un humour mordants, Gonçalo M. Tavares nous impose là une sorte de micro-traité sur la bêtise, ou nous montre comment une intelligence purement logique mais dépourvue de toute émotion et de bon sens tombe dans le piège de l'absurdité absolue.

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des « messieurs » portant les noms d'écrivains célèbres. Ces petits livres n'ont rien d'une biographie. Ce sont des hommages.
    Monsieur Brecht est conteur professionnel. Un jour, il s'installe dans une salle presque vide et commence à raconter des historiettes entre absurde et humour noir. Des personnes entrent, s'installent, l'écoutent, la salle se remplit progressivement. Surgit alors un problème majeur : le public est tellement nombreux qu'il bloque la porte de sortie ! Monsieur Brecht se retrouve prisonnier de son propre succès...

  • Ils s'appellent Klaus Klump et Joseph Walser. L'un est éditeur, l'autre ouvrier. Leur pays est en guerre.
    Gonçalo M. Tavares les surveille, à l'affût des mécanismes de leurs âmes soumises aux vicissitudes de l'Histoire. Et, comme s'il se trouvait devant

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des « messieurs » portant les noms d'écrivains célèbres. Ces petits livres n'ont rien d'une biographie. Ce sont des hommages.
    Monsieur Calvino préfère se promener pour mieux observer le monde et le comprendre. Il est rêveur mais rigoureux, toujours impeccable, jamais rien ne change chez lui. Il s'emporte contre la société moderne, les machines, les comptables, la presse, les écrivains immatures, et il déteste qu'on l'interrompe alors qu'il pense !
    Il se lance des défis techniques à première vue absurdes mais dans le but d'exercer son intelligence. Voilà donc que tous les samedis, il traverse le Quartier en transportant une barre parfaitement parallèle au sol ou bien déplace 10 kg de terre d'un endroit à un autre en utilisant une petite cuillère pour « entraîner les muscles de la patience ».

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des « messieurs » portant les noms d'écrivains célèbres. Ces petits livres n'ont rien d'une biographie. Ce sont des hommages.
    Monsieur Kraus est un journaliste politique, chargé de rendre compte du quotidien d'une campagne électorale. Il est convaincu que « la seule façon objective de commenter la vie politique, c'est d'en faire la satire » ! De courts épisodes nous présentent donc les aventures (comiques) d'un dirigeant politique, « le Chef », borné, outrageusement ignorant et égocentrique.
    Ce livre, furieusement drôle, est surtout un pamphlet contre les agissements irresponsables des dirigeants que l'exercice du pouvoir et la vanité aveuglent. C'est l'archétype du chef absolu qui est dépeint dans les chroniques.

  • L'intense jubilation que l'on éprouve en lisant Un voyage en Inde, le magnifique roman de Gonçalo M. Tavares, doit beaucoup à la scansion qui se dégage de la liberté formelle adoptée par son auteur.
    Un voyage en Inde nous conte l'histoire de Bloom.
    Pourquoi, en l'an 2003, Bloom a-t-il décidé de fuir Lisbonne ? Quel crime a-t-il commis ?
    A-t-il vraiment tué son propre père pour venger sa bien-aimée, morte en de bien mystérieuses circonstances ? Son voyage vers l'Inde lui permettra-t-il de se réconcilier avec lui-même et de trouver un sens à la (sa) vie ?
    Chanceux que nous sommes, de le suivre dans son périple aux escales incertaines, son errance, sa quête inlassable de l'humain...
    Fiction ambitieuse, errance pétrie de mélancholie et de fantaisie, ce voyage accède à l'harmonie magique entre suspense, poésie et philosophie.

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