• Ce livre voudrait faire part d'un plaisir. Car c'est un bonheur que d'ouvrir L'Adolescence clémentine, de cueillir au hasard tel rondeau tourné d'hier ou telle chanson fredonnée de la veille. Après cinq siècles, L'Adolescence n'a pas fini de chanter et Marot est plus jeune que jamais. Héritière du Moyen Age et annonciatrice des temps modernes, son oeuvre se situe dans l'intervalle qui sépare Charles d'Orléans de Maurice Scève. Elle s'affranchit des contraintes de la Grande Rhétorique pour affirmer sa liberté souveraine. Divisé en sept chapitres, cet itinéraire critique s'ouvre par deux études générales consacrées à l'oralité et au rire, se poursuit par deux études de cas qui traitent du genre de l'héroïde et de la ballade, et s'achève par deux commentaires qui envisagent, au-delà de L'Adolescence, L'Enfer et son imitation par Étienne Dolet, les Psaumes et leur relecture par Calvin dans le sens d'une autobiographie providentielle. En épilogue, un chapitre de synthèse s'attache à définir le «secret» de Clément Marot, secrétaire et poète, partagé entre le service du Prince et le service de Dieu.

  • Ouvert sur le grand large et distribué en trois volets, respectivement consacrés à la France antarctique du Brésil (1555-1560), à la Floride huguenote (1562-1565) et aux tentatives éparses qui conduisirent à la Nouvelle-France du Canada, ce livre rassemble vingt-et-une études ayant pour objet ce que Marcel Bataillon a appelé le "corpus huguenot des textes sur l'Amérique". A côté de monographies consacrées à Villegagnon, Jean de Léry, Pierre Richer et aux trois martyrs du Brésil, l'ouvrage analyse la réception du nouveau Monde dans la poésie de Du Bartas et d'Agrippa d'Aubigné, décrit l'anthropologie de Du Plessis-Mornay et de Marc Lescarbot, et jette des passerelles, au-delà du XVIe siècle, vers la Nouvelle-Angleterre puritaine et le Bon Sauvage des Lumières. Abondamment illustré, l'ouvrage est complété par un index nominum et locorum.

  • OEuvre exigeante que Les Tragiques d'Agrippa d'Aubigné, qui peignent la France en mère affligée, contemplant la querelle sanglante d'Ésaü et Jacob, ses deux fils ennemis. Il a fallu le recul du classicisme pour que soit revalorisée une poésie âpre et sans concession, indifférente aux chocs qu'elle porte et aux blessures qui la Cette ...

  • This book focuses on the work of the great sixteenth-century traveller and map-maker Andre Thevat and explores the interrelations between representation and power in the age of discovery.

  • La vie d'André Thevet (1516-1592) relève du meilleur picaresque. En relation avec l'Europe des humanistes et des navigateurs, chanté par les poètes de la Pléiade à l'égal d'un nouveau Jason, Thevet accumule sur les nouveaux mondes une somme incomparable de connaissances géographiques, ethnographiques et stratégiques. Puis il est tombé dans le discrédit. Pourquoi ? Enigme qu'éclaire, avec beaucoup d'autres points, cette biographie attendue, fondée sur des documents d'archives inédits et complétée par l'étude de la réception de Thevet, de Montaigne à Flaubert.

  • Cette étude retrace la genèse de l'oeuvre d'André Thevet (1516-1592), pèlerin de Jérusalem et voyageur au Brésil, géographe des derniers Valois.Princes et navigateurs président à une révolution cosmographique qui s'opère au tournant du XVIe siècle et qui, changeant le regard sur le monde, transforme le monde lui-même. La cosmographie est un projet culturel. Quelques idées forces traversent une somme documentaire rassemblée au fil d'une vie de savant : primauté de l'expérience sur les autorités, souveraineté d'un regard ubiquiste enveloppant instantanément le globe terraqué, préférence accordée parmi les sources aux écrits techniques et « populaires » des pilotes et des marins définissent moins une méthode que la résistance opposée par un homme nouveau à la culture humaniste des doctes dont l'âge classique va consacrer le triomphe.En privilégiant une terre à découvrir, le Brésil, ce livre dessine à travers le monde des amazones, des cannibales et des monarques, un espace qui est à la fois mémoire légendaire et théâtre d'action politique. Inventaire de l'inconnu, une carte offre les ignorances d'un temps où les trésors de l'Humanité sont repris par les héritiers. Une civilisation s'évalue à ses cartes : elles montrent sa perception de l'Autre ainsi que l'image qu'elle se fait d'elle-même. À l'égal de Dieu, le géographe crée un univers.Frank Lestringant, professeur de littérature française de la Renaissance à l'Université de Lille III, est aujourd'hui l'un des meilleurs connaisseurs de l'Humanisme et de l'imaginaire des grandes découvertes.

  • Ce livre a pour objet le " corpus huguenot " des textes sur l'Amérique. Au XVIe siècle, la plupart des entreprises conduites par la France au Nouveau Monde sont le fait des protestants, Roberval au Canada, Villegagnon au Brésil, Ribault et Laudonnière en Floride. Or les protestants français apparaissent en butte à une contradiction qui confère à leur action et à leur réflexion un caractère spécifique. D'un côté ils combattent l´impérialisme espagnol et divulguent la " légende noire " de la conquête de l'Amérique. Mais à partir du moment où, chassés de France par les persécutions et la guerre civile, ils s'efforcent eux-mêmes de prendre pied au Nouveau Monde, ils se trouvent à leur tour confrontés au problème de l´altérité indienne. De cette surprise naît une attitude embarrassée, qui oscille entre l'exaltation du libre sauvage et sa condamnation comme héritier de la malédiction de Cham.
    Dans l´histoire de la colonisation, l'expérience huguenote aux Amériques annonce la Virginie de Raleigh et à plus longue échéance la Nouvelle-Angleterre des Puritains et la Pennsylvanie des Quakers. Par-delà le mythe du Bon Sauvage qu'il esquisse et les utopies qu'il invente, cet ensemble incomparable de textes procédant de témoins, d'historiens, de théologiens et de polémistes ouvre des perspectives d'une étonnante modernité.
    À côté de l´histoire événementielle, diplomatique et littéraire, ce livre réserve une large place à ce que La Popelinière appelait " l´histoire des histoires ", la critique de l´histoire par les historiens. De la trame des événements et des écrits, retracée en huit chapitres, se détachent des études monographiques consacrées à Jean de Léry, Urbain Chauveton, René de Laudonnière, Jacques Le Moyne de Morgues, Richard Hakluyt, ainsi qu´à l´oeuvre américaine de Montaigne et du cosmographe André Thevet.

  • On appelle Insulaire (en italien Isolario) un atlas exclusivement composé de cartes d´îles. Plus simplement, l´Insulaire, c´est le Livre des îles, titre de l´atlas nautique rassemblé vers 1420 par le Florentin Buondelmonti. Le genre connaît un essor ininterrompu du XVe au XVIIIe siècle. Non seulement la terre entière est a guisa d´un´Isola, comme une île au milieu des océans, mais la description en archipel favorise aussi une appréhension progressive du monde, émietté et particularisé à l´infini. L´Insulaire va de pair avec l´éloge de la variété. Il se rencontre à une époque où fleurit la bigarrure, où celle-ci apparaît comme le signe du divin dans le monde. Les systèmes de l´âge moderne ont eu raison, semble-t-il, de l´esprit d´archipel. A l´ère de l´homme unidimensionnel et de la globalisation, il est urgent de renouer avec une configuration de la terre parcourue de lacunes et de béances, mais contenant une place pour chaque singularité, fût-ce la plus imprévisible.
    Si l´Insulaire est un atlas, il est aussi un récit. Un récit fragmenté, discontinu, en archipel. Prolongeant l´histoire de l´Insulaire nautique, et tirant de celui-ci un modèle descriptif, ce nouveau Livre des îles conduit de la Genèse à Jules Verne et de l´Odyssée aux Iles Enchantées de Melville. Il a pour escales l´Histoire vraie de Lucien, la Navigation de saint Brandan, le Quart Livre de Pantagruel de Rabelais, les îles tour à tour satiriques et amoureuses de l´âge classique, les Voyages de Gulliver de Swift, l´herbier des îles du botaniste Tournefort et L´Archipel de la Manche de Victor Hugo.

  • Une étude sur l'oeuvre de cet écrivain, notamment sur l'Histoire d'un voyage, témoignage sur un monde perdu, celui d'un Brésil tel qu'il s'offrait aux premiers Européens dans une nature luxuriante et intacte, mais en même temps d'un Brésil irrémédiablement perdu, livré à un déchaînement de forces apocalyptiques.

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